Francis Daspe en réunion à Estagel : « Attachés aux retraites par répartition, les Français ne veulent entendre parler de capitalisation ».

Mardi 22 novembre, à Estagel, se tenait la deuxième étape du cycle de réunions publiques portant sur la question des retraites organisées par La France Insoumise / Nupes. La conférence / débat était animée par Francis Daspe. Elle réunissait, parmi les forces politiques impliquées nationalement et / ou localement dans la Nupes, des militants de GDS (Gauche démocratique et sociale), du POI (Parti ouvrier indépendant), du PCF (Parti communiste français) et de LFI (La France Insoumise).

L’Insoumis Francis Daspe, à l’aide d’un diaporama mis à disposition par l’AGAUREPS-Prométhée, a surtout insisté sur la nécessité de s’inscrire résolument en faux contre la résignation ambiante répercutée par les libéraux qui peuplent le gouvernement. « On voudrait nous faire croire qu’il n’existe pas d’autres possibilités que d’accepter des réformes qui ne cessent de dégrader notre système de retraites par répartition. Il s’agit en réalité d’une déclinaison du fameux TINA porté en son temps en Grande-Bretagne par Margaret Thatcher, comme quoi il n’y aurait pas d’alternative, en anglais there is no alternative ».

S’il y a eu en France depuis 1993 des réformes qui ont réduit le caractère protecteur du système d’assurance-vieillesse mis en place au lendemain de la Libération par le Conseil National de la Résistance, comme les réformes Balladur en 1993, Fillon en 2003, Sarkozy / Fillon en 2010 et Hollande / Touraine en 2014, il y a eu également d’incontestables succès de la part du camp social. « Il serait nécessaire d’évoquer davantage ces victoires, plus particulièrement dans un contexte de résignation et de morosité savamment entretenu ». Ce fût en effet le cas du grand mouvement de 1995 qui fit reculer un Premier Ministre pourtant droit dans ses bottes, Alain Juppé, et de l’échec de la réforme voulant instaurer une retraite par points en 2020. « L’abandon de cette réforme systémique ne s’explique pas seulement par le déclenchement de la crise sanitaire, mais aussi par l’intense mobilisation sociale qui s’était alors déployée ».

Francis Daspe évoquait des signes d’espoir sur lesquels s’appuyer afin de renforcer la mobilisation. « Nous devons intégrer le fait rassurant que la capitalisation est très majoritairement rejetée par l’opinion publique. C’est pourtant l’objectif, plus ou moins masqué, des différents gouvernements ». Si bien que les gouvernements n’osent pas utiliser ouvertement le mot capitalisation. « Ils sont contraints d’emprunter un double détour, relevant certes de l’enfumage, afin de rendre inévitable à moyen terme un système par capitalisation : un détour paramétrique durcissant les conditions d’accès à la retraite, un détour systémique avec la réforme à points voulue en 2020 », expliquait Francis Daspe.

Ce travail d’éducation populaire et de sensibilisation militante mené par La France Insoumise, dans le prolongement des Vendémiaires Insoumises tenues le mois dernier à Canet-en-Roussillon, se révèle fort précieux. La mobilisation sociale doit correspondre à un débouché politique. Celui-ci peut s’incarner dans le programme porté par Jean-Luc Mélenchon aux dernières élections, « L’Avenir en commun ». Car comme l’indiquait une syndicaliste de la santé, « Nos victoires, pour réelles et incontestables qu’elles soient, ne sont jamais définitives en raison de l’instinct de revanche des possédants. Par contre, ils s’acharnent à rendre nos défaites irrémédiables ».

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