La Nupes en réunion à Saint-Laurent de la Salanque poursuit son travail de conviction et d’éducation populaire sur les retraites 

Trois organisations membres de la Nupes organisaient une réunion publique sur les retraites mardi soir 31 janvier à Saint-Laurent de la Salanque. A la tribune, un représentant de chacune de ces formations politiques : Mickaël Valade pour Génération.s, Charlélie Causse pour EELV, Francis Daspe pour La France Insoumise. Dans la salle, étaient notées avec satisfaction les présences de membres de GDS (Gauche démocratique et sociale) et de l’animatrice du courant favorable au sein du Parti Socialiste à Olivier Faure et donc pro-Nupes, Anne-Marie Brignon. Satisfaction et enthousiasme décuplés après le succès éclatant de la manifestation intersyndicale du matin à Perpignan avec plus de 20 000 participants venus clamer leur franche et résolue opposition à cette réforme.

« Il s’agit d’une réforme absolument pas nécessaire, brutale et inefficace ». C’est par ces termes que Charlélie Causse introduisait son exposé en s’appuyant sur les constatations effectuées par le COR (Conseil d’orientation des retraites) dans son rapport. Pour lui, elle s’inspire d’une conception libérale de la société, en opposition aux services publics, aux salaires et à l’emploi. « Moins d’emplois, moins de masse salariale, c’est surtout moins de cotisations pour financer les retraites et les autres branches de la sécurité sociale », faisait-il remarquer. La question des retraites renvoie bien à un enjeu de civilisation, qui pose la question du travail dans la société, et en demandant s’il fallait « vivre pour travailler ou travailler pour vivre ».

Mickaël Valade rappelait quelques unes des déclarations (antérieures) du Président Macron, notamment celle (pourtant pas si lointaine) où il jugeait inopportun de reculer l’âge de départ à la retraite. « Ces propos constituent un parfait argumentaire contre l’actuel projet de réforme des retraites présenté par le gouvernement Borne ». Il poursuivait en insistant sur la malhonnêteté intellectuelle du Président de la République qui voudrait faire croire après coup qu’il aurait été élu par les françaises et les français pour réformer les retraites. « Il n’a certainement pas reçu mandat pour une telle réforme qui est récusée par environ 80 % de nos concitoyens ! Qu’il écoute d’abord le peuple ! ». Il rappelait l’urgence de rehausser bon nombre de retraites agricoles réduites à portion congrue dans un département rural et de surcroit frappé par une forte précarité comme les Pyrénées-Orientales.

Pour sa part, Francis Daspe rappelait les conditions dans lesquelles le système par répartition de retraites avait été mis en place au lendemain de la Libération, dans le cadre de la création de la Sécurité sociale. « La France était alors un pays ruiné par les effets cumulatifs de la crise économique des années 30, de la seconde guerre mondiale et de l’occupation, dans lequel le rationnement des produits de première nécessité était une réalité quotidienne ». Un choix de société et de civilisation présida à cette décision. A rebours de l’idée véhiculée par les adversaires acharnés des retraites par répartition, l’argent des pensions de retraites versées chaque mois, provenant des cotisations, n’est pas de l’argent stérile, inutile, improductif et donc perdu pour l’économie. « Au contrainte, par leurs dépenses de consommation, les retraités contribuent à alimenter l’économie en réinjectant ces sommes reçues, d’autant plus qu’elles restent hors de portée de la voracité des marchés financiers spéculatifs », expliquait-il.  

Les échanges stimulants qui s’engagèrent avec l’assistance conduisirent à confirmer l’idée que cette réforme est davantage franchement dogmatique que purement idéologique, car elle repose « plus sur de simples croyances que sur des arguments rationnels ».

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Francis Daspe en réunion à Thuir : « L’inanité des prétendus arguments démographiques »

Après le double succès de la journée d’action intersyndicale de jeudi 19 janvier et de la marche à Paris à l’appel des organisations de jeunesse de samedi 21 janvier, La France Insoumise / Nupes poursuivait son cycle de réunions publiques dans les Pyrénées-Orientales sur les retraites ce mardi 24 janvier à Thuir. Francis Daspe, à l’aide du diaporama mis à disposition par l’AGAUREPS-Prométhée, s’est évertué à dynamiter les arguments démographiques utilisés par les partisans de la réforme afin de justifier les régressions sociales projetées.

En effet, dans la stratégie qui consiste à dramatiser délibérément la situation pour mieux faire passer comme inéluctables des réformes contestées par la majorité des Français, les données démographiques sont utilisées abondamment. « Elles sont mêmes employées à l’égal d’arguments d’autorité contre lesquels aucune vision contradictoire ne pourrait être apportée », précisait-il en indiquant que les arguments d’autorité révèlent en réalité une absence d’argumentation rationnelle.

Et de commencer par rappeler que si l’espérance de vie a augmenté, c’est en raison aussi du fait que l’on parte plus tôt à la retraite. « Que l’on retarde encore davantage l’âge de départ à la retraite et l’on verra une baisse de l’espérance de vie, comme c’est le cas dans certains pays pour les catégories les plus modestes ! ». Pour Francis Daspe, d’autres réalités doivent être prises en compte, comme l’espérance de vie en bonne santé et l’espérance de vie par classes sociales. Il incite également à se méfier des apparences trompeuses. « Si l’espérance de vie globale a augmenté depuis un siècle, c’est avant tout en raison de la forte diminution des décès à de très jeunes âges (baisse de la mortalité infantile) ou au stade de jeunes adultes (par les décès à la guerre). L’espérance de vie au départ à la retraite a en réalité beaucoup moins progressé que l’espérance de vie à la naissance ».   

Pour l’Insoumis, nous devrions nous réjouir au contraire de vivre plus longtemps et dans de meilleures conditions. « Depuis quand l’allongement de l’espérance de vie deviendrait-elle un problème ? », questionnait-il.  D’autant plus que la situation démographique de la France est bien meilleure que celle de beaucoup de ses voisins européens. « La génération du baby-boom de l’immédiat après-guerre va peu à peu entrer mécaniquement dans une phase de mortalité Cela coïncidera avec l’arrivée sur le marché du travail des générations nées à partir des années 2000 qui s’étaient caractérisées par un rebond de la natalité ». En outre, contrairement à l’idée complaisamment véhiculée par les partisans zélés des contre-réformes, un système par capitalisation serait encore plus confronté aux contraintes démographiques. « L’allongement de l’espérance de vie rendrait le capital patiemment accumulé au cours de sa vie finalement trop chiche. Dans un système par répartition, des solutions existent par des choix politiques volontaristes et collectifs, pas dans un système par capitalisation fondé sur une épargne longue et individuelle ».

Les prétendus arguments démographiques ne sauraient donc être invoqués pour justifier la nécessité de repousser l’âge légal de départ à la retraite et allonger la durée de cotisation. « Cette logique confine même à l’absurde. Car on serait alors en droit de demander aux femmes de cotiser plus longtemps au motif que leur espérance de vie est supérieure à celle des hommes ! ».  Les réalités démographiques qu’on veut nous présenter comme objectives et implacables sont au contraire d’une inanité confondante.

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Francis Daspe en réunion à Prades : « Une réforme des retraites qui instaure la triple peine »

Ce mercredi 18 janvier à Prades se tenait une nouvelle étape du cycle de réunions publiques portant sur la question des retraites organisé par La France Insoumise / Nupes. Elle était animée par Francis Daspe, à l’aide d’un diaporama mis à disposition par l’AGAUREPS-Prométhée.

Cette  réunion se déroulait quelques jours après l’intervention de la Première Ministre Elisabeth Borne qui avait dévoilé le projet gouvernemental.  Et juste avant deux moments forts de la mobilisation qui va s’enclencher, d’une part la manifestation intersyndicale de jeudi 19 janvier à Perpignan, d’autre part la marche pour les retraites à l’appel d’organisations de jeunesse samedi 21 janvier à Paris.

Francis Daspe a pu ainsi tirer à boulets rouges sur le projet proposé par la Macronie. « C’est une réforme injuste et brutale », estimait-il en rappelant qu’elle n’était même pas nécessaire selon les analyses du COR (Conseil d’orientation des retraites) qui précisait que les caisses de retraites étaient excédentaires l’an passé et le seront encore cette année. Seul un léger déficit est pronostiqué pour l’an prochain, sans que l’on puisse parler de « trajectoire incontrôlée ». Autrement dit, rien qui nécessite les discours alarmistes et des réformes à l’emporte pièce. Pour l’Insoumis, « Les projets tels qu’ils sont présentés par le gouvernement instaurent une forme de triple peine ».

D’abord avec le recul de l’âge à la retraite de 62 à 64 ans. « C’est véritablement absurde car une proportion significative des catégories populaires est déjà décédée et qu’une majorité des personnes ne possèdent plus d’emploi au moment de liquider ses droits à la retraite ! ». Ensuite avec l’accélération de l’allongement de la durée de cotisation pour arriver jusqu’à 43 annuités. « Avec l’entrée de plus en plus tardive sur le marché du travail, avec les périodes de chômage touchant un nombre de plus en plus élevé des travailleurs, avec les carrières discontinues et précaires touchant une majorité de femmes, atteindre le nombre de trimestres cotisés suffisants équivaudra à un parcours du combattant voué beaucoup trop souvent à l’échec ». Ensuite, avec le maintien de la décote. « La décote ampute la pension de retraite de 1,25% par trimestre cotisé manquant. La perte peut aller jusqu’au 25 % maximum de perte. Sans compter une première amputation de la pension en fonction du pourcentage de trimestres manquants, ce qu’on appelle dans la novlangue technocratique la prorotisation. La conséquence évidente sera l’augmentation non négligeable du nombre de retraités avec des pensions nettement inférieures au seuil de pauvreté ! », poursuivait-il.

Francis Daspe se demandait à quel âge pourra-t-on parvenir à une pension à taux plein. « Pour beaucoup, ce sera à 67 ans, c’est-à-dire à l’âge de d’annulation de la décote. Et même, pour d’autres dont le nombre n’est pas à négliger, ce ne sera même pas le cas, avec la prorotisation qui fera sentir ses effets les plus cruels avec l’allongement de la durée de cotisation à 43 annuités ». Et de mettre en avant le sordide mensonge de la (prétendue) garantie d’une retraite à 85 % du SMIC. Il s’agit en réalité d’une disposition qui concernera très peu de monde tant les conditions sont drastiques (une carrière complète passée entièrement au SMIC). Et d’autant plus que la mesure existe déjà dans la loi Fillon de 2003 et qu’elle n’a jamais eu le début du commencement d’une quelconque application… Triple peine ? Peut-être même quadruple ou quintuple peine !

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LETTRE DU MOIS DE L’AGAUREPS-PROMÉTHÉE N° 161 JANVIER / FÉVRIER 2023

En 2023, l’AGAUREPS-Prométhée ne battra pas en retraite !  

En cette nouvelle année 2023, c’est un numéro spécial consacré à la question des retraites que l’AGAUREPS-Prométhée vous propose. L’actualité politique immédiate, aux allures d’urgence sociale, s’impose et l’impose en quelque sorte. Car, en effet, le combat politique, idéologique et militant reprend ses droits. Depuis désormais trente ans, et la réforme Balladur de 1993, nous y sommes conviés régulièrement par l’offensive néolibérale ininterrompue. Nous y subissons à l’occasion quelques défaites, ce qu’il faut admettre quand bien même cela nous irrite. Mais il existe également des victoires indiscutables, qu’il convient de ne sous-estimer aucunement. Ce fut effectivement le cas en 1995 avec la réforme Juppé ou en 2020 avec celle de la retraite par points.

Un numéro spécial consacré aux retraites avait été déjà réalisé en novembre 2018, en prévision de la précédente réforme qui s’annonçait alors. Nous faisons allusion bien évidemment à la réforme visant à instaurer un système à points, antichambre de retraites par capitalisation. Cette tentative s’était fort heureusement fracassée autant sur l’intense mobilisation sociale que sur la crise sanitaire. La Lettre en question est toujours disponible sur le site de l’AGAUREPS-Prométhée au lien suivant :

https://agaurepspromethee.wordpress.com/2018/11/12/lettre-du-mois-de-lagaureps-promethee-n-134-novembre-decembre-2018/. Ce nouveau numéro spécial est composé de tribunes effectuées au cours des dernières années, de 2109 à 2021. Elles témoignent des ultimes luttes, ou alors anticipent sur les futures, c’est-à-dire les présentes.

Le gouvernement a conscience de la difficulté qu’il aura à imposer une réforme forcément régressive et brutale. Il devait en dévoiler les principales orientations le 15 décembre dernier. Il a préféré en reporter l’annonce le 10 janvier de la nouvelle année. Il s’agit de pure tactique. Nous demandons un retrait sans conditions des projets gouvernementaux. Cette Lettre rappelle également la pétition toujours en cours de l’AGAUREPS-Prométhée revendiquant une retraite à taux plein à 60 ans.

L’AGAUREPS-Prométhée s’efforcera de contribuer à parvenir à cet objectif. A cet effet, il met à disposition un déjà très utile et très apprécié diaporama pour alimenter les différentes réunions publiques. Il est intitulé de manière fort significative et éclairante « Retraites, un combat politique, un enjeu de civilisation ». Cet outil d’éducation populaire sera donc mis au service de la cause commune. Des réunions publiques ont déjà eu lieu au cours des deux derniers mois. Un autre cycle va débuter dès la rentrée. Car si l’AGAUREPS-Prométhée exigera le retrait des réformes régressives, elle ne battra absolument pas en retraite. Ni ne prendra une quelconque retraite militante…

L’AGAUREPS-Prométhée adresse à chacun et à tous ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2023. Des vœux qui seront forcément combatifs, souhaitant la plus éclatante des victoires possibles sur cette question des retraites. 

Francis DASPE 02 / 01 / 2023

Retraites : perdant et perdant

Tribune diffusée sur le site de Politis 29 août 2019. 

Francis Daspe est secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée et initiateur des « Assises itinérantes de la Table renversée ». Auteur de « La Révolution citoyenne au cœur » (Editions Eric Jamet, 2017).

Les craintes concernant la réforme des retraites s’avèrent hélas fondées. Les préconisations présentées jeudi 18 juillet par le haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye constituaient déjà une nouvelle étape dans le processus de démantèlement du pacte républicain et social. Il en va de même de l’annonce surprise faite par le Président Macron à l’issue du sommet du G 7 à Biarritz. Contrairement à ce qui a été véhiculé, les deux options ne sont pas en contradiction ou en concurrence. Il ne s’agit pas non plus d’une concession, encore moins d’un quelconque geste d’ouverture. Il faut davantage y voir une complémentarité dans le cadre d’un jeu de rôle parfaitement rodé.

            Dans la logique du recours aux tentatives d’enfumage caractéristiques du « parler macronien », cette réforme nous avait été présentée comme une réforme systémique (nécessaire car structurelle) qui ne serait pas paramétrique (insuffisante car conjoncturelle). Elle est en réalité les deux à fois, démultipliant de la sorte sa portée dévastatrice.

            C’est d’abord une réforme systémique. L’introduction d’un système par points vise de manière prioritaire à casser le système solidaire intergénérationnel de retraites par répartition. C’est faire triompher une logique d’individualisation des retraites, à rebours du logiciel du programme du conseil national de la Résistance.

C’était aussi déjà une réforme paramétrique qui ne voulait certes pas avouer sa nature profonde. La définition d’un âge pivot (64 ans) était une manière déguisée et insidieuse de repousser l’âge (légal et réel) de départ à la retraite et d’augmenter la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein. D’autres mesures envisagées, comme la décote ou la valeur fluctuante du point, favorisaient les conditions d’une baisse quasi générale des pensions de retraites.

La récente sortie du Président Macron renforce la dimension paramétrique de la réforme. Chacun sait de quoi il en retournera : en indiquant sa préférence pour un accord sur la durée de cotisation plutôt que sur l’âge de départ, Emmanuel Macron veut rendre inéluctable (et significative) une augmentation du nombre d’annuités de cotisation. L’âge de départ à la retraite en sera d’autant plus repoussé pour la très grande majorité de nos concitoyens.

            Par conséquent, avec cette double dimension systémique et paramétrique, la réforme ne fait quasiment que des perdants sur tous les tableaux. Perdant car la retraite solidaire par répartition disparaît. Perdant car il faudra travailler plus longtemps et partir plus tard. Et même très tard pour espérer une pension à taux plein. Perdant car les conditions sont créées pour des pensions rabougries. Perdant car on passe d’un système à prestations définies (on sait quel niveau de pensions on touchera) à un système à cotisations définies (on ne sait pas combien on touchera car cela sera fonction de la valeur du point).

L’engagement de la réforme ne vise pas à donner du mieux-vivre au plus grand nombre et à améliorer les parcours de vie. La recherche du progrès ne constitue pas la véritable préoccupation : au contraire, dans une logique orwellienne, ce mot des progrès est grossièrement tordu. Les réels objectifs de la réforme sont pourtant clairs, bien qu’ils soient parfois volontairement masqués ou obscurcis. Il s’agit de faire partir plus tard à la retraite. Il faut réduire le montant des pensions versées pour diminuer la part globale allouée aux retraites (la déclinaison de l’idée de « charge »…). On veut arriver à moyen terme à un système par capitalisation, le mot n’étant pour l’instant pas accepté dans l’opinion publique, ce qui demande des stratégies de contournement. On s’échine à offrir sur un plateau doré aux marchés ces sommes considérables que représentent les cotisations : elles y échappent pour le moment du fait de la logique de répartition.

Il n’est donc pas possible de parler à propos des déclarations du Président Macron d’apaisement. Le ministre de l’économie Bruno Le Maire l’a à sa manière révélé en affirmant qu’« il ne faut pas en rabattre sur l’ambition ». Comme pour ADP, c’est un enjeu d’intérêt général supérieur que de lutter contre les politiques de régression sociale et démocratique conçues pour satisfaire les intérêts des marchés et d’une minorité de nantis. La question des retraites possède à cet égard une place centrale

Francis DASPE

Comment la réforme des retraites va briser notre pacte démocratique

Tribune parue sur le site de Marianne le 10 septembre 2019

François COCQ est Président de l’AGAUREPS-Prométhée et membre des Constituants.. Co-auteur de La laïcité pour 2017 et au-delà, de l’insoumission à l’émancipation (Eric Jamet éditions, 2016) et auteur de L’impératif démocratique, De la crise de la représentation aux Gilets jaunes (Editions du Borrego, 2019).

Emmanuel Macron est en grande partie fils de la réforme des retraites. De celle de 2010 bien plus encore que de celle à venir. La conduite à l’époque de la réforme par Nicolas Sarkozy avait largement participé du rejet dont il fût l’objet deux ans plus tard dans les urnes. Emmanuel Macron en profitait alors pour prendre ses marques à l’Élysée aux côtés d’un président par accident, qu’il évinça ensuite faute de combattant.

L’héritier de Sarkozy

Emmanuel Macron est tout autant l’héritier de 2010 en matière de pratiques et d’exercice du pouvoir. Jusque-là, lors des grandes mobilisations et contestations populaires sur des enjeux structurants, le pouvoir entendait l’incapacité à créer du consensus et remettait l’ouvrage sur le métier : le projet de loi Savary retiré par François Mitterrand en 1984, la réforme Devaquet abandonnée par Jacques Chirac en 1986, Alain Juppé et les retraites, déjà, en 1995, De Villepin et le CPE promulgué mais jamais appliqué en 2006… Mais avec Sarkozy, tout change : le passage en force se substitue à la prise en compte d’une volonté populaire.

Le renforcement de la prédominance de l’exécutif avec le quinquennat, et plus encore l’inversion du calendrier électoral, se traduit par une concentration monarchique du pouvoir, entendue au sens du pouvoir d’un seul, qui fait du refus de céder une question personnelle. Sarkozy s’assoie sur les mobilisations de 2010 sur les retraites comme aucun autre avant lui. La boîte de Pandore est ouverte. Hollande avec la loi travail en 2016, ou Macron face au mouvement des Gilets jaunes, lui emboîteront le pas. La recherche du consensus laisse place à l’exercice du pouvoir par un dissensus assumé.

Appliquer une telle méthode à la réforme des retraites, élément structurant du corps social et donc politique, c’est participer de l’effondrement démocratique destituant que nous

connaissons. Car la réforme des retraites va réviser rien moins que le contrat d’engagement professionnel initial de chaque citoyen, contrat individuel qui s’inscrivait dans un cadre collectif. Chacun a fait, en conscience et de manière raisonnée, un choix personnel d’orientation professionnelle. Celui-ci intégrait naturellement parmi d’autres éléments la retraite. Prenons un exemple : celui ou celle qui choisissait il y a quelques années l’enseignement ne le faisait pas pour le traitement, largement en dessous de la moyenne de ses collègues professeurs dans les autres pays de l’OCDE.

Participation et émancipation

Au-delà de la vocation et de la volonté de participer à l’œuvre émancipatrice, il le faisait pour une organisation du temps de travail (dont les vacances), et pour pouvoir bénéficier à l’époque d’une retraite à 60 ans, au bout de 37,5 annuités, et calculée sur les six derniers mois. Ce métier, comme les autres, avait ses avantages et ses inconvénients, mais tel était le contrat initial d’engagement. Ce contrat a certes évolué par le passé, mais il s’apprête cette fois à être triplement rompu de manière unilatérale : la durée de cotisation est dans la ligne de mire de Macron, celle de l’âge pivot dans celle d’Agnès Buzyn, et le calcul du montant des pensions sur les 25 dernières années est revendiqué par Jean-Paul Delevoye. Autrement dit, le contrat est rendu caduque.

Cette rupture est la négation d’un élément constituant du peuple. La mise en place des retraites ouvrière et paysannes de 1910, le principe de répartition entériné en 1945, les lois Auroux de 1982, participent de la structuration et de la cohésion du peuple suite à des périodes de fermentation active. Le changement en cours de route des règles du jeu, sans adhésion citoyenne, rompt avec cette logique. Les retraites deviennent alors un objet de confrontation et de compétition là où elles représentaient la solidarité : l’introduction de la réforme par point là où le système par répartition représentait un ciment commun, ou la rupture de la solidarité intergénérationnelle, sont autant d’éléments déconstructeurs de la société.

Choisir la démocratie

Les répercussions dans la sphère démocratique en seront l’immanquable corollaire. La rupture dans le consentement aux différentes formes de représentation, y compris la personnalisation monarchique, désagrège la légitimité. S’attaquer de front aux retraites pour en nier l’essence comme s’apprête à le faire le président Macron, à travers un nouveau débat biaisé dont les tenants et aboutissants sont imposés par avance, c’est nier au peuple le fait d’être la matrice d’une volonté générale définissant un intérêt général. C’est prétendre que ce dernier doit émaner de « décisionnaires éclairés ». Bref, c’est changer le titulaire de la souveraineté.

A l’heure où l’atomisation individualiste se heurte aux blocages électoraux et à la soif exprimée par le mouvement des gilets jaunes de recréer du commun, la réforme des retraites ne saurait être appréhendée comme un exercice comptable ou un simple ajustement économique. Elle doit permettre de mettre sur la table le modèle de société dans lequel nous souhaitons vivre, et en conséquence les moyens que nous acceptons d’y consacrer. En un mot le pacte qui nous lie collectivement. L’allongement de la durée de vie qui induirait de travailler plus longtemps est une fausse évidence purement idéologique pour refermer le débat. La question des retraites recèle au contraire des vertus constituantes. Entendons qu’elle représente, au regard de l’état de décomposition de la politique, un impératif démocratique.

François COCQ

Les retraites, un avant-goût de la révolution citoyenne ?

Tribune parue sur le site de Marianne le 10 décembre 2019, sous le titre « La lutte contre la réforme des retraites : un combat intrinsèquement républicain et démocratique ».

Francis DASPE est Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée (Association pour la Gauche Républicaine et Sociale – Prométhée) et initiateur des « Chroniques prométhéennes de la Révolution citoyenne ». Impliqué dans La France Insoumise, il est également auteur de l’ouvrage « La Révolution citoyenne au cœur » (Eric Jamet éditeur, 2017).

L’intense mobilisation populaire contre le projet gouvernemental de réforme des retraites est depuis jeudi 5 décembre un formidable moment d’expression citoyenne. Les annonces du Premier Ministre Edouard Philippe sont plutôt de nature à démultiplier les colères qui ne peuvent plus se contenir. C’est sûrement un des traits particuliers du génie français que d’être en capacité de se ménager à intervalles réguliers ces instants de forte cristallisation démocratique qui donnent au fonctionnement de toute démocratie digne de ce nom vitalité et vigueur. Le message délivré par la rue ne saurait être ignoré, d’autant plus que la séquence parlementaire n’a pas encore débuté. 

C’est pourtant ce à quoi nous convient dans un même élan les responsables gouvernementaux et autres professionnels de la résignation à bon marché. Jusqu’à présent, ils attendaient que la loi soit votée et promulguée pour mettre en demeure le peuple de baisser le rideau. Une étape supplémentaire est désormais franchie : c’est avant même que la loi n’ait commencée à être discutée que l’on s’échine à disqualifier toute tentative de contestation. Au nom de la démocratie, on voudrait nous persuader qu’il serait bienséant que les citoyens rentrent chez eux pour que d’autres plus éclairés décident au final de leur avenir. Silence dans les rangs du peuple, sans quoi il doit être congédié sans ménagement ! Une posture en somme très « premiers de cordée »…

Cette assertion prétendant défendre la démocratie correspond en réalité à un véritable contresens de nature à alimenter la regrettable distorsion, déjà activée en 2005 lors du référendum sur le traité constitutionnel européen, entre la représentation politique et la vox populi trop souvent méprisée. Car tout le monde est en capacité de faire sien ce lieu commun s’apparentant plutôt à un argument d’autorité : les démocrates réellement sincères comme les despotes les plus endurcis. Les seconds sûrement davantage encore que les premiers qui ne peuvent, eux, par exigence principielle se limiter à un tel slogan lapidaire. Un régime dictatorial s’y cramponne d’autant plus facilement que quand la loi en question existe, c’est exclusivement et sans partage la sienne ! L’application d’une forme de verticalité, jupitérienne ou pas peu importe…

L’honneur d’une démocratie consiste à garantir des espaces de discussion, et même de contestation, par delà même le champ de la loi, voire par delà les institutions légitimes. Au nom de quoi ? De l’intérêt général et de la souveraineté populaire, principes dont il est difficile d’affirmer qu’ils soient globalement respectés en ce qui concerne ce projet de réforme des retraites, mais aussi plus largement depuis le début du quinquennat du Président Macron. Symétriquement, ils servent aussi de rempart au risque de dislocation de la res publica par le maintien d’un lien avec la société dite abusivement civile. Quand la loi d’airain de la chose votée s’abat sur les peuples, on y reconnaît la marque des régimes autoritaires. Ou tout du moins des régimes à bout d’arguments coupés des aspirations et des ressentis du plus grand nombre… Convenons que la 5° République, véritable monarchie présidentielle, ne favorise pas le dialogue avec la société.

Le gouvernement n’a pu pour l’heure instrumentaliser, en vue de discréditer le mouvement social, des éventuels accès de violence ou autres dérapages. Attendons-nous à ce qu’il le fasse très prochainement. La contestation a été à cet égard exemplaire. Le discours prononcé par Jean Jaurès en 1906 devant les députés offre un éclairage bienvenu d’une actualité brûlante. Le tribun républicain et socialiste opposait « la brutalité visible et saisissable des actes » des ouvriers à celle des grands patrons qui « se décide à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration et s’évanouit dans une sorte d’obscurité ». On pourrait rajouter aussi les cénacles des cabinets gouvernementaux qui valident sans sourciller des régressions sociales d’ampleur. Laquelle des deux formes est la plus brutale, à défaut d’être la plus répréhensible ? Comme avec Jaurès, poser la question équivaut à y apporter en creux un commencement de réponse.

Pour nous, militants résolus de l’alternative humaniste radicale, la visée est claire : les luttes sociales s’inscrivent pleinement dans les combats républicains conduisant à des approfondissements démocratiques. Nous percevons la stratégie de la révolution citoyenne comme une ardente nécessité. Celle-ci passe par une puissante implication populaire dont les boussoles doivent être plus que jamais l’intérêt général et la souveraineté populaire. Nous ne considérons pas qu’il s’agisse de vieilleries populistes face à la supposée « seule politique possible » dont l’idéologie dominante libérale n’a de cesse de nous imposer les rigueurs dévastatrices.

La révolution citoyenne entend renouer avec les sources de la démocratie pour en faire « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Un programme effectivement révolutionnaire que le projet de réforme des retraites remet opportunément à l’ordre du jour. Un après le mouvement des Gilets jaunes qui avait conduit le gouvernement à repousser ce projet réellement explosif. La convergence et l’accumulation des exaspérations se trouvent en capacité d’offrir un avant-goût de révolution citoyenne afin de donner un nécessaire surplus d’oxygène à notre démocratie.

Francis DASPE

Faire de feu de tout bois contre la citadelle enseignante : de la retraite au statut

Tribune parue dans L’Humanité le 17 janvier 2020.

Francis DASPE est président de la Commission nationale éducation du Parti de Gauche et co-auteur de deux livres sur le sujet, « L’école du peuple. Pour l’égalité et l’émancipation » (éditions Bruno Leprince, 2012) et « Manifeste pour l’école de la 6° République » (éditions du Croquant, 2016).Il est également impliqué dans La France Insoumise.

La réforme des retraites constitue à l’évidence une des dispositions majeures de l’offensive néo-libérale incarnée par le prétendu nouveau monde du Président Macron.  Elle est actuellement à l’œuvre, suscitant un fort rejet populaire. Un autre angle de ces attaques d’ampleur est la destruction du code du travail. La loi El Khomri de 2016 (qu’il est toujours bon de rappeler qu’elle aurait dû se nommer loi Macron sans les concurrences pré-présidentielles qui opposaient l’ancien ministre de l’économie à la fois au président François Hollande et au premier ministre Manuel Valls) et la loi Travail de 2017 promulguée dès l’élection présidentielle terminée en sont une illustration éclairante.

Pour les enseignants, ce qui fait office de code du travail, ce sont les statuts des personnels. Ils sont dans la ligne de mire de la majorité macronienne, comme ils le furent avec constance lors des quinquennats précédents, de Jacques Chirac à François Hollande en passant par Nicolas Sarkozy. Convenons d’un sens avéré de l’opportunisme du ministre Blanquer en la matière : l’occasion des retraites fait le larron. Pour le ministre de l’éducation nationale, il y eut d’abord une lettre adressée aux enseignants le 3 décembre, qui fut perçue à juste titre comme injurieuse et mensongère. Elle a sans aucun doute contribué à intensifier la colère et la mobilisation. Il était proposé sans vergogne aux enseignants un marché perdant et perdant. Il s’agissait de faire feu de tout bois à l’encontre des enseignants jugés bien trop récalcitrants.

Les enseignants sont parmi les catégories qui auront le plus à perdre de la réforme des retraites. La lettre ministérielle l’avouait même clairement, davantage qu’à demi-mot. Des salaires nettement inférieurs aux qualifications, surtout en début de carrière désormais pris en compte pour le calcul de la valeur du point, un gel du point d’indice quasiment sans discontinuer depuis une dizaine d’années, une absence quasiment générale de primes, des perspectives de compensations salariales indigentes à la fois sur le montant et sur la proportion des personnels concernés : tout concourt à administrer de sérieux coups de rabot aux futures pensions des enseignants.

Mais dans les pistes ministérielles l’indigence le disputait aussi à l’indécence. Les quelques concessions relevant davantage du champ de la charité condescendante s’accompagnaient de contreparties résonant comme du chantage. Déjà perdants avec l’architecture générale de la réforme des retraites, les enseignants le seraient plus radicalement via les dommages collatéraux provoqués par la remise en cause des statuts selon le principe « travailler beaucoup plus pour perdre un peu moins que beaucoup ». Ce qui laisse beaucoup de marge pour perdre de manière significative. Les vieilles lunes depuis le temps de Claude Allègre sont convoquées dans ce marché de dupes : instauration brutale du « new management public », annualisation du temps de travail, extension des missions imposées au mépris des qualifications, logique de l’individualisation etc. Aux antipodes de la prétendue la revalorisation du métier pour les enseignants du XXI° siècle, véritable supercherie, c’est en définitive transformer le professeur en pompier à tout faire, au moindre coût, et surtout sans vagues. 

La question du statut est un copié / collé de la nature profonde de la réforme des retraites, à la fois systémique et paramétrique. Et à chaque fois pour le pire. La casse du statut des enseignants équivaut à une rupture systémique : c’est indiscutablement un autre métier qui s’imposerait alors aux professeurs. Elle conduirait également de manière mécanique à un alourdissement des conditions d’exercice au quotidien, c’est-à-dire à une autre rupture de nature constamment paramétrique. C’est une façon de tenir les deux bouts de l’entreprise de destruction visée par le Président des riches s’évertuant à casser méthodiquement les uns après les autres les cadres du pacte républicain et social qui relie encore les citoyens entre eux dans un contexte d’atomisation et de dislocation de la société.

Pour les enseignants, à mesure que se dévoilent et s’accumulent sans retenue mensonges et chantages, l’école de la confiance promise l’an passé s’éloigne irrémédiablement et définitivement. Pour les naïfs qui auraient pu y croire un instant, le divorce est prononcé. Cette majorité et ce ministre ne sont plus en capacité d’impulser des politiques conformes à l’intérêt général dans l’éducation nationale.

Francis DASPE

Les retraites ou l’indécence de tous les Champagne de la présidentielle

Tribune diffusée sur le site de Marianne le 16 décembre 2021, sous le titre « Réforme des retraites : il y a urgence à redonner la parole au peuple ».

Francis Daspe est secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée. Auteur de « La Révolution citoyenne au cœur » (Eric Jamet éditeur, 2017) et de « 2022. Pour renverser la table à la présidentielle » (Eric Jamet éditeur, 2020).

Dans le fragment 18 de ses Caractères et le chapitre consacré aux « Biens de Fortune », La Bruyère livre un portrait satirique d’un dénommé Champagne dans les termes suivants : « Champagne, au sortir d’un long dîner qui lui enfle l’estomac, et dans les douces fumées d’un vin d’Avenay ou de Sillery, signe un ordre qu’on lui présente, qui ôterait le pain à toute une province si l’on n’y remédiait. Il est excusable : quel moyen de comprendre, dans la première heure de la digestion, qu’on puisse quelque part mourir de faim ? ».

Cette tirade, datant du siècle de Louis XIV et de la monarchie absolue de droit divin triomphante, symbolise à l’excès la morgue aristocratique des privilégiés de l’Ancien Régime. Elle possède, à n’en point douter, une actualité, autant incontestable que consternante. En effet, les débuts de la campagne de la présidentielle le démontrent clairement à propos de la question des retraites.

            La réforme des retraites, sujet tout aussi incontournable qu’épineux, fournit l’occasion d’une surenchère déplorable. Elle fait office de concours Lépine de la régression sociale tous azimuts. C’est à qui promet d’aller le plus loin dans la contre-réforme : à qui fera partir le plus tard, à qui fera cotiser le plus longtemps, à qui réduira au maximum la pension finale. L’ingéniosité le dispute sans vergogne à l’indécence.

Emmanuel Macron, mortifié d’avoir dû renoncer à sa réforme des retraites sous les effets conjugués de la crise sanitaire mais aussi de l’intense mobilisation populaire, promet d’en réaliser une resucée douloureuse une fois que l’élection lui aura, espère-t-il en dépit de son impopularité, redonné une quelconque légitimité. La primaire de la droite a vu des aspirants candidats s’évertuer à convaincre par tous les moyens un auditoire captif de la férocité de réformes qu’ils s’engageraient à réaliser, sans mollir ni barguigner. Valérie Pécresse s’inscrit dans cette ligne d’autant plus dure qu’elle est aussi revancharde, se réclamant d’un hybride de Thatcher et de Merkel. Il y a pour l’occasion identité pleine et entière de points de vue avec Eric Zemmour, en bon valet du grand capital qu’en fin de compte il est, comme d’ailleurs son alter ego du Rassemblement National / Front National Marine Le Pen.

            Il n’y a malheureusement que très peu de réconfort à espérer du côté de supposés représentants du camp progressiste. Ils en usurpent leur appartenance. C’est le cas d’Anne Hidalgo, elle qui fut un soutien fidèle et sincère du quinquennat prétendument socialiste de François Hollande qui a aggravé la situation en apportant une sinistre contribution à l’entreprise de destruction par la loi Touraine de 2014. Toute honte bue, elle n’hésite pas  à promettre de « sanctuariser la retraite à 62 ans ». Tartufferie réitérée, car il ne s’agit pas de garantir la pension à taux plein à cet âge là que l’on peut déjà considérer en retrait des revendications légitimes. Au contraire, car au regard des réalités concrètes du monde du travail (entrée dans la vie active tardive, récurrence des périodes en dehors de l’emploi au cours des carrières etc.), c’est acter pour une très grande partie des français et surtout des françaises un départ à la retraite à plus de 65 ou 67 ans, voire plus si l’idée venait de rehausser un des paramètres éludés (trimestres de cotisations, âge de départ légal). Il en va de même avec Yannick Jadot et EELV qui trouvent des vertus à la retraite par points, optant pour une réforme systémique afin de parvenir à durcir les paramètres permettant de bénéficier d’une pension digne.

            Mais ces représentants d’une caste aux allures de privilégiés d’un Ancien Régime pourtant révolu ont-ils véritablement conscience que l’immense majorité du peuple ne veut pas d’une telle contre-réforme ? Que les citoyens sont profondément attachés au système solidaire intergénérationnel mis en place dans le cadre du programme du Conseil National de la Résistance au lendemain de la Libération ? Et ce malgré un pilonnage intensif, aux atours de propagande grossière, pour persuader qu’une réforme allant dans le sens d’une casse est inévitable, constituant la déclinaison de la tyrannie de la seule politique possible ! On constate, pour une grande majorité des candidats, et plus largement de la classe politique, une éclatante illustration de la déconnexion totale des réalités quotidiennes vécues, ainsi que des aspirations profondes du plus grand nombre.

La question des retraites se trouve au fondement d’un projet de société. Elle induit un autre partage des richesses, radicalement différent de celui projeté par ces héritiers des privilégiés. Il y a urgence à redonner la parole au peuple. Cela pourrait passer par un référendum pour le retour de la retraite à 60 ans à taux plein. Il s’agit de la seule manière raisonnable de rétablir la souveraineté populaire. Disons résolument à tous les imitateurs tellement anachroniques de Champagne qu’il est impossible de gouverner indéfiniment contre le peuple. Sans quoi ce dernier trouvera les ressources pour renverser la table par la mise à bas des survivances et des reliquats d’Ancien Régime en vue d’effectuer l’indispensable révolution citoyenne.

Francis DASPE

Pétition pour une retraite à taux plein à 60 ans

Les réformes des retraites se sont toutes traduites par des régressions sociales de grande ampleur (recul de l’âge légal de départ, recul de l’âge permettant de toucher une pension à taux plein, augmentation du nombre de trimestre de cotisations, baisse des pensions avec le système de la décote). Ces réformes ont été toutes imposées contre la volonté du peuple français. A chaque fois, la souveraineté populaire a été bafouée malgré les promesses des  différents candidats devenus présidents et les immenses mobilisations populaires.

L’AGAUREPS-Prométhée, dans le cadre de ses Assises itinérantes de la Table renversée, s’oppose au démantèlement de cet acquis social hérité du programme du Conseil National de la Résistance au lendemain de la Libération. Elle exige le retour pour toutes et tous à une retraite à 60 ans à taux plein.

La pétition est à signer à ‘adresse suivante :

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-p%C3%A9tition-pour-une-retraite-%C3%A0-taux-plein-%C3%A0-60-ans

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Contacts : AGAUREPS-Prométhée 19 avenue Carsalade du Pont, 66100 Perpignan – agaureps@orange.fr

ASSOCIATION POUR LA GAUCHE REPUBLICAINE ET SOCIALE– Prométhée

Chez Francis Daspe  19 avenue Carsalade du Pont, porte 2, 66100 PERPIGNAN

Site internet : www.agaureps.org

Courriel : agaureps@orange.fr  

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Retraites : pour un retrait, pas une temporisation

Le gouvernement devait annoncer les principales orientations de la réforme des retraites le 15 décembre. Il a décidé de repousser ces annonces au 10 janvier de cette nouvelle année. Ce report montre la difficulté pour le Président de la République et son gouvernement à imposer une réforme dont la grande majorité des français ne veut pas. Les mesures envisagées sont en effet massivement rejetées : recul de l’âge légal du départ en retraite, allongement et accélération de la durée de cotisation, dispositions du calcul des retraites visant à amoindrir le niveau des pensions etc.

En cet hiver, le terrain est glissant pour la Macronie. Pour peu, le climat peut devenir électrique et surchauffé. Le gouvernement manœuvre à cet effet, entre temporisation forcée, fausse reculade et vraie manipulation. Nous exigeons qu’il batte réellement en retraite avec le retrait pur et simple de ses projets régressifs et brutaux.

La France Insoumise / Nupes entend se mobiliser et mobiliser dans les Pyrénées-Orientales. .

Elle apporte son soutien aux organisations de jeunesse appelant à une marche pour la défense des retraites le samedi 21 janvier à Paris. L’identité des initiateurs de la marche montre, si besoin était, la dimension intergénérationnelle de la question des retraites. 

Dans les Pyrénées-Orientales, elle poursuit le cycle de réunions publiques sur la question des retraites intitulées « Un combat politique, un enjeu de civilisation », avec de nouveaux rendez-vous à partir de la rentrée, à Perpignan, Prades, Thuir, Saint-Laurent de la Salanque et Elne.

Francis DASPE, animateur de groupe d’action La France Insoumise / NUPES

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En 2023, l’AGAUREPS-Prométhée ne battra pas en retraite !  

En cette nouvelle année 2023, c’est un numéro spécial consacré à la question des retraites que l’AGAUREPS-Prométhée vous propose. L’actualité politique immédiate, aux allures d’urgence sociale, s’impose et l’impose en quelque sorte. Car, en effet, le combat politique, idéologique et militant reprend ses droits. Depuis désormais trente ans, et la réforme Balladur de 1993, nous y sommes conviés régulièrement par l’offensive néolibérale ininterrompue. Nous y subissons à l’occasion quelques défaites, ce qu’il faut admettre quand bien même cela nous irrite. Mais il existe également des victoires indiscutables, qu’il convient de ne sous-estimer aucunement. Ce fut effectivement le cas en 1995 avec la réforme Juppé ou en 2020 avec celle de la retraite par points.

Un numéro spécial consacré aux retraites avait été déjà réalisé en novembre 2018, en prévision de la précédente réforme qui s’annonçait alors. Nous faisons allusion bien évidemment à la réforme visant à instaurer un système à points, antichambre de retraites par capitalisation. Cette tentative s’était fort heureusement fracassée autant sur l’intense mobilisation sociale que sur la crise sanitaire. La Lettre en question est toujours disponible sur le site de l’AGAUREPS-Prométhée au lien suivant :

https://agaurepspromethee.wordpress.com/2018/11/12/lettre-du-mois-de-lagaureps-promethee-n-134-novembre-decembre-2018/. Ce nouveau numéro spécial est composé de tribunes effectuées au cours des dernières années, de 2109 à 2021. Elles témoignent des ultimes luttes, ou alors anticipent sur les futures, c’est-à-dire les présentes.

Le gouvernement a conscience de la difficulté qu’il aura à imposer une réforme forcément régressive et brutale. Il devait en dévoiler les principales orientations le 15 décembre dernier. Il a préféré en reporter l’annonce le 10 janvier de la nouvelle année. Il s’agit de pure tactique. Nous demandons un retrait sans conditions des projets gouvernementaux. Cette Lettre rappelle également la pétition toujours en cours de l’AGAUREPS-Prométhée revendiquant une retraite à taux plein à 60 ans.

L’AGAUREPS-Prométhée s’efforcera de contribuer à parvenir à cet objectif. A cet effet, il met à disposition un déjà très utile et très apprécié diaporama pour alimenter les différentes réunions publiques. Il est intitulé de manière fort significative et éclairante « Retraites, un combat politique, un enjeu de civilisation ». Cet outil d’éducation populaire sera donc mis au service de la cause commune. Des réunions publiques ont déjà eu lieu au cours des deux derniers mois. Un autre cycle va débuter dès la rentrée. Car si l’AGAUREPS-Prométhée exigera le retrait des réformes régressives, elle ne battra absolument pas en retraite. Ni ne prendra une quelconque retraite militante…

L’AGAUREPS-Prométhée adresse à chacun et à tous ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2023. Des vœux qui seront forcément combatifs, souhaitant la plus éclatante des victoires possibles sur cette question des retraites. 

Francis DASPE

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Francis Daspe en réunion à Ille-sur-Têt : « Il existe une infinité de mesures pour financer les retraites »

Ce jeudi 8 décembre à Ille-sur-Têt se tenait la quatrième étape du cycle de réunions publiques portant sur la question des retraites organisées par La France Insoumise / Nupes. Elle était animée par Francis Daspe, à l’aide d’un diaporama mis à disposition par l’AGAUREPS-Prométhée. Ce travail d’éducation populaire et de sensibilisation militante sur une question d’actualité, et qui sera amenée à être encore davantage sur le devant de la scène au cours des prochaines semaines, s’inscrit également dans le prolongement des Vendémiaires Insoumises tenues début octobre à Canet-en-Roussillon et au cours desquelles un atelier avait déjà été consacré aux retraites.

Francis Daspe a cette fois ci beaucoup insisté sur les mesures à prendre pour assurer le financement du système par répartition des retraites. Il a commencé par rappeler une réalité trop souvent occultée. « Aujourd’hui, le système par répartition des retraites n’est pas en déficit, contrairement aux messages alarmistes insidieusement véhiculés par ses opposants ». En effet, dans son dernier rapport, le Conseil d’orientation des retraites, organisme qui fait autorité en la matière, prévoit même un excédent de 3 milliards d’euros en 2022, même s’il envisage ensuite un déficit du système pour l’année prochaine. Autrement dit, rien de dramatique, en tout cas très loin de certaines prédictions catastrophiques !

Et ce d’autant plus que pour Francis Daspe il existe « une infinité de mesures permettant de financer de manière pérenne les retraites ». « La plupart d’entre elles, prises isolément, seraient suffisantes pour cela », ajoutait-il pour enfoncer le clou dans sa démonstration. Plusieurs exemples ont été pris et examinés. « La hausse des salaires qui permettrait des rentrées supplémentaires de cotisations et l’alignement par le haut des salaires des femmes sur ceux des hommes constituent un premier levier. Un second levier réside dans la création d’emplois, aussi bien dans le privé par la relocalisation de productions stratégiques que dans le public en vue de satisfaire des besoins socio-économiques nécessaires, en passant par le partage du travail par une baisse du temps de travail ». D’autres mesures furent abordées : en finir avec la défiscalisation et la désocialisation du travail qui réduisent les moyens, la taxation des revenus du capital au même niveau que ceux du travail, la modification de la répartition de la valeur ajoutée entre travail et capital, l’élargissement de l’assiette etc.

Au cours des échanges, à noter que les représentants de deux formations politiques impliquées localement dans la stratégie de la Nupes, le POI (Parti ouvrier indépendant) et GDS (Gauche démocratique et sociale), ont apporté pleinement leur contribution à la réflexion commune. L’occasion sera donnée à partir de la mi janvier d’approfondir cette liste pour le moins conséquente de mesures avec un nouveau cycle de réunions publiques sur le sujet qui sont d’ores et déjà prévues à Prades, Thuir, Saint-Laurent de la Salanque, Cabestany et Perpignan.

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Francis Daspe en réunion à Céret : « Ils veulent mettre la main sur le magot des retraites ! »

Ce mercredi 30 novembre, s’est tenue la troisième étape du cycle de réunions publiques portant sur la question des retraites organisées par La France Insoumise / Nupes. Elle s’est déroulée à Céret, avec une conférence / débat animée par Francis Daspe. Une initiative plus que jamais d’actualité, avec les intentions dévoilées par le gouvernement d’accélérer au cours des prochaines semaines, après une phase d’attente tant la question reste potentiellement explosive.

Francis Daspe, dans son exposé, s’est évertué à mettre en exergue les enjeux politiques et idéologiques véhiculés par la réforme des retraites. Il a dénoncé les effets de communication présentés comme vertueux, mais qui tendent en réalité à obscurcir la compréhension des véritables objectifs poursuivis. « L’objectif n’est bien évidemment pas de sauver le système par répartition, mais bien au contraire de le fragiliser, voire de le casser, ceci afin de faire apparaître, in fine, comme la seule solution viable un système par capitalisation », expliquait l’Insoumis de Perpignan.

Pour expliquer cette mystification ardemment recherchée, il montrait comment toutes les contre-réformes, depuis celle de Balladur de 1993, tous les dispositifs convergent vers une baisse effective des pensions versées ou à verser (recul de l’âge légal de départ à la retraite, allongement de la durée de cotisation, système de la décote, modes de calcul des pensions toujours plus défavorables etc…). « En fait, partir plus tard n’est en définitive pas le but recherché, mais plutôt de créer les conditions pour partir avec des pensions toujours plus amoindries. La pension à taux plein devient désormais pour beaucoup quasiment inatteignable ».

Pour Francis Daspe, l’enjeu est d’une autre nature et n’a que peu à voir avec la question stricto sensu des retraites. « Les cotisations retraites génèrent des flux d’argent considérables qui échappent pour l’instant aux tentacules du marché en raison de la nature même du système par répartition fondé sur la solidarité. L’argent des cotisations est immédiatement reversé aux retraités dans l’année : il n’est donc utilisable entretemps par personne d’autres que les bénéficiaires ». Ce qui, bien sûr, ne serait pas le cas avec un système par capitalisation. Ces sommes gigantesques font évidemment des envieux : les marchés financiers et autres vautours. Elles pourraient être mobilisées pour la spéculation des fond de pension, même si les plus naïfs ou les plus hypocrites selon les cas, diront que ce serait pour l’investissement productif… ». Bref, la volonté est forte et solidement chevillée au corps d’offrir aux marchés financiers via les assurances privées et les fonds de pensions des ressources qui leur étaient jusqu’alors interdites. « En d’autres termes, ils veulent mettre la main sur le magot que représente le financement d’une système de retraites », synthétisait Francis Daspe. La question des retraites possède bien une dimension incontestablement idéologique.

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Francis Daspe en réunion à Estagel : « Attachés aux retraites par répartition, les Français ne veulent entendre parler de capitalisation ».

Mardi 22 novembre, à Estagel, se tenait la deuxième étape du cycle de réunions publiques portant sur la question des retraites organisées par La France Insoumise / Nupes. La conférence / débat était animée par Francis Daspe. Elle réunissait, parmi les forces politiques impliquées nationalement et / ou localement dans la Nupes, des militants de GDS (Gauche démocratique et sociale), du POI (Parti ouvrier indépendant), du PCF (Parti communiste français) et de LFI (La France Insoumise).

L’Insoumis Francis Daspe, à l’aide d’un diaporama mis à disposition par l’AGAUREPS-Prométhée, a surtout insisté sur la nécessité de s’inscrire résolument en faux contre la résignation ambiante répercutée par les libéraux qui peuplent le gouvernement. « On voudrait nous faire croire qu’il n’existe pas d’autres possibilités que d’accepter des réformes qui ne cessent de dégrader notre système de retraites par répartition. Il s’agit en réalité d’une déclinaison du fameux TINA porté en son temps en Grande-Bretagne par Margaret Thatcher, comme quoi il n’y aurait pas d’alternative, en anglais there is no alternative ».

S’il y a eu en France depuis 1993 des réformes qui ont réduit le caractère protecteur du système d’assurance-vieillesse mis en place au lendemain de la Libération par le Conseil National de la Résistance, comme les réformes Balladur en 1993, Fillon en 2003, Sarkozy / Fillon en 2010 et Hollande / Touraine en 2014, il y a eu également d’incontestables succès de la part du camp social. « Il serait nécessaire d’évoquer davantage ces victoires, plus particulièrement dans un contexte de résignation et de morosité savamment entretenu ». Ce fût en effet le cas du grand mouvement de 1995 qui fit reculer un Premier Ministre pourtant droit dans ses bottes, Alain Juppé, et de l’échec de la réforme voulant instaurer une retraite par points en 2020. « L’abandon de cette réforme systémique ne s’explique pas seulement par le déclenchement de la crise sanitaire, mais aussi par l’intense mobilisation sociale qui s’était alors déployée ».

Francis Daspe évoquait des signes d’espoir sur lesquels s’appuyer afin de renforcer la mobilisation. « Nous devons intégrer le fait rassurant que la capitalisation est très majoritairement rejetée par l’opinion publique. C’est pourtant l’objectif, plus ou moins masqué, des différents gouvernements ». Si bien que les gouvernements n’osent pas utiliser ouvertement le mot capitalisation. « Ils sont contraints d’emprunter un double détour, relevant certes de l’enfumage, afin de rendre inévitable à moyen terme un système par capitalisation : un détour paramétrique durcissant les conditions d’accès à la retraite, un détour systémique avec la réforme à points voulue en 2020 », expliquait Francis Daspe.

Ce travail d’éducation populaire et de sensibilisation militante mené par La France Insoumise, dans le prolongement des Vendémiaires Insoumises tenues le mois dernier à Canet-en-Roussillon, se révèle fort précieux. La mobilisation sociale doit correspondre à un débouché politique. Celui-ci peut s’incarner dans le programme porté par Jean-Luc Mélenchon aux dernières élections, « L’Avenir en commun ». Car comme l’indiquait une syndicaliste de la santé, « Nos victoires, pour réelles et incontestables qu’elles soient, ne sont jamais définitives en raison de l’instinct de revanche des possédants. Par contre, ils s’acharnent à rendre nos défaites irrémédiables ».

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Francis Daspe en réunion à Toulouges : « La réforme des retraites constitue un enjeu de civilisation »

Ce mardi 15 novembre à Toulouges se tenait la première étape du cycle de réunions publiques portant sur la question des retraites organisées par La France Insoumise / Nupes. Elle était animée par Francis Daspe, à l’aide d’un diaporama mis à disposition par l’AGAUREPS-Prométhée.

L’orateur débutait en précisant le cadre de ces conférences / débats. « La réforme des retraites va prendre une actualité brûlante avec la nouvelle tentative du gouvernement de casser le système par répartition, après l’échec de la réforme précédente de 2020, victime tout autant des effets de la crise sanitaire que de l’intense mobilisation sociale. Il s’agit également d’un sujet susceptible de fédérer un grand nombre de citoyens sur un objectif commun aux différentes composantes de la Nupes ». Ce travail d’éducation populaire et de sensibilisation militante s’inscrit également dans le prolongement des Vendémiaires Insoumises tenues le mois dernier à Canet-en-Roussillon et au cours desquelles un atelier était consacré aux retraites.

Francis Daspe débutait son intervention en insistant sur la dimension idéologique des nécessaires choix politiques en matière de réforme des retraites. « L’instauration en 1945 du système de retraites par répartition s’explique à la fois par un choix de société et d’un rapport de force politique. Dans un pays ruiné par la guerre et la grave crise économique des années 1930, les solutions libérales nommées alors déflationnistes (c’est-à-dire l’austérité d’aujourd’hui) étaient discréditées, d’autant plus qu’une partie du patronat s’était perdue dans la collaboration ». Il en a résulté la priorité donnée à la solidarité qui s’est incarnée dans la mise en place de la Sécurité sociale avec ses 4 branches : assurance-maladie, assurance-familiale, assurance accidents du travail / maladies professionnelles, et enfin pour ce qui nous concerne, assurance-vieillesse (autrement dit les retraites).

Reprenant le titre de ce cycle de réunions publiques, « Retraites : un combat politique pour un enjeu de civilisation », Francis Daspe listait un certain nombre d’enjeux de société. « Cela renvoie d’abord essentiellement à un enjeu de partage des richesses ». En effet une grande partie des solutions envisagées passent par une autre manière de répartir les fruits du travail et les richesses ainsi produites. « Il s’agit ensuite de la juste aspiration à pouvoir vivre une partie de sa vie sans travailler. Cette aspiration est en réalité un droit garantissant la dignité de l’existence de tout un chacun. Ce n’est pas peu de choses ! ».

Réforme les retraites équivaut bien à proposer un projet de société global. Ce n’est pas une procédure purement technique ou étroitement comptable. Mais bien d’un enjeu de civilisation qui doit s’appuyer sur une alternative politique en rupture avec les préceptes libéraux dominants portés par les anciens présidents de la République, de Nicolas Sarkozy à Emmanuel Macron en passant par François Hollande ou Jacques Chirac. Bref, un prétendu « cercle de la raison » contre lequel s’inscrit en faux le programme de La France Insoumise / Nupes porté par Jean-Luc Mélenchon aux dernières élections. Et peut-être aux prochaines élections législatives en cas de dissolution ?

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