Sortir des traités européens pour renverser la Table ?

Dans le cadre de sa campagne nationale de réflexion et d’action intitulée « Assisses itinérantes de la Table renversée », l’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Narbonne jeudi 18 octobre 2018, salle Cheytion, Palais des sports, des arts et du travail (1 boulevard Frédéric Mistral), à partir 19 heures.

Elle portera sur la question de l’Europe. Francis DASPE, secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée et impliqué dès le début dans La France Insoumise, introduira la réunion par une intervention intitulée « Europe : déficit démocratique et souveraineté populaire ».

A moins d’un an des élections européennes de mai 2019, les réflexions porteront sur les principaux enjeux liés à l’Union européenne. Si par l’administration de politiques d’austérité l’Union Européenne fait la chasse aux dépenses publiques et aux déficits par l’application de critères de Maastricht dépourvus de tout sens politique, elle cumule des déficits dans d’autres domaines, démocratiques et sociaux principalement.

Entrée libre.

 

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LETTRE DU MOIS DE L’AGAUREPS-PROMÉTHÉE N° 133 SEPTEMBRE / OCTOBRE 2018

Sommaire du numéro 133 : Spécial « Assises itinérantes de la Table renversée » 

  • Editorial de Francis DASPE : « La Macronie au bord du rebord de la Table» page 2
  • Chroniques de François COCQ : Ecologie, Suède page 3
  • Dossier rentrée scolaire Francis DASPE: Parcoursup, CAP 22 et New management public, Professeur nouveau de Blanquer page 8
  • Communiqué de l’AGAUREPS-Prométhée : Retraites page 12

La Macronie au bord du rebord de la Table

Nous étions partis en vacances avec une désagréable impression. L’affaire Benalla n’était qu’une goutte d’eau qui, s’ajoutant à une multitude de mesures relevant d’une lutte des classes totalement assumée par le Président des riches, avait fait déborder le vase. Le même sentiment prédomine en cette rentrée. La Macronie semble plus que jamais vaciller. Une actualité surabondante le confirme. Les malheurs de la Macronie apparaissent sans fin, dans un renouvellement incessant.

La nécessité de rompre avec ces politiques inspirées par une idéologie d’extrême finance décomplexée s’impose à l’évidence. Plus que jamais, il y a urgence à renverser la table. L’interview du Premier ministre Edouard Philippe parue fin août dans le Journal du Dimanche met de l’huile sur le feu. Les pyromanes ne peuvent plus espérer passer pour des pompiers.

C’est dans cette optique d’alternative radicale que l’AGAUREPS-Prométhée avait décidé de lancer quelques semaines auparavant une campagne nationale de réflexion et d’action qu’elle avait intitulée fort à propos « Assisses itinérantes de la Table renversée ». Elle se poursuit en cette rentrée. La rentrée scolaire aurait de quoi à elle seule lui conférer une légitimité. L’annonce par le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer de la suppression de 1 800 postes montre cruellement qu’il n’y a rien qui soit sanctuarisé pour une telle majorité. Les trois tribunes de cette Lettre témoignent de l’entreprise de destruction d’une institution de la République qui est menée avec méthode. Il en résulte une nette dégradation pour tous, élèves, étudiants, parents, communes, professeurs, et autres catégories de personnels.

Mais sans nul doute l’offensive majeure qui se prépare concerne la réforme des retraites prévue pour le début de l’année 2019. Elle a toutes les chances d’être la « mère des batailles ». Le communiqué de l’AGAUREPS-Prométhée commence à démonter la mécanique infernale que s’apprête à utiliser le gouvernement pour procéder à un enfumage malsain. Dans cette logique d’éducation populaire, la prochaine Lettre du mois de l’AGAUREPS-Prométhée sera un numéro spécial consacré à la question des retraites. Les retraites constituent un levier idéal pour espérer renverser la table. Ce sera au cours des prochains mois un des fils rouges des Assises itinérantes de la Table renversée de l’AGAUREPS-Prométhée.

La Macronie est vraiment au bord du rebord de la table. Toutes les deux, Macronie et Table, seront renversées d’un même élan. L’AGAUREPS-Prométhée entend y contribuer à sa manière.

Francis DASPE  19 / 09 / 2018

 

 

Les chroniques de François COCQ

Chronique n° 1 – Ecologie : l’hégémonie à petits pas

Rien ne sert d’avoir raison tout seul si l’on ne s’attelle pas à la tâche de contribuer à la propagation et à l’imprégnation des idées par le plus grand nombre. Là où l’on fait preuve de constance et de résolution, les premières grappes arrivent à maturité en cette rentrée.  En effet, après les évolutions du discours macronien en termes de géopolitique, le clan du président se voit progressivement contraint d’envisager la question écologique comme un effet de système. En atteste le constat désormais partagé par Jean Pisani-Ferry, rédacteur du programme du candidat Macron, dans le JDD : « La transition écologique doit structurer la mutation de notre modèle de développement ». De telles évolutions, fussent-elles circonstancielles, doivent être lues avec gourmandise : elles participent de la mutation du sens commun. Ce n’est en effet pas rien que M. Pisani-Ferry, débauché il y a tout juste 18 mois par Emmanuel Macron, en arrive à la conclusion que c’est une bifurcation « de notre modèle de développement, des mobilités, de notre logique industrielle, d’une économie agricole dépassée et en retard sur les attentes des consommateurs ».

Ainsi donc, l’analyse produite il y a maintenant près d’une dizaine d’années par Jean-Luc Mélenchon  selon laquelle la grande crise écologique dès à présent engagée remet sur le devant de la scène le concept de finitude de notre espace de vie et donc la perpétuation de l’espèce humaine elle-même, appelle en conséquence à ce que la question écologique soit appréhendée comme un paradigme refondateur des courants de pensée de l’humanisme et de l’émancipation, et se traduise par une transformation radicale des objets et des fonctions sociales et donc de l’appareil de production, cette analyse se voit reprise à leur compte au moins dans ses finalités par des acteurs publics qui non seulement ne participent pas du même espace politique a priori, mais qui ont encore récemment été les propagateurs de politiques publiques contraires à cette analyse. La propagation de l’idée qu’une bifurcation économique de l’ensemble de l’appareil productif est nécessaire est donc un important pas en avant. Venant de l’ancien commissaire général à la stratégie et à la prospective de France stratégie, on est même conduit à penser que l’idée d’une planification écologique telle que proposée par la France insoumise ne devrait logiquement pas le rebuter.

Rincé par un exercice du pouvoir sclérosé faute de s’affranchir des ruptures nécessaires, Nicolas Hulot quittait quelques jours auparavant le ministère de l’écologie sur pareil constat sans appel : « Je pars parce qu’on n’a pas changé de trajectoire ». Ainsi donc l’objet, la transformation des rapports de production, s’installe comme un nouveau sens commun au moment même où le départ du gouvernement de ce dernier interrogeait la méthode et plus encore la volonté de sa mise en œuvre corrélée à la rupture avec l’ordre –ou plutôt le désordre –  existant. Dès lors la nomination à venir du successeur de M. Hulot apparaît comme déconnectée des enjeux réels et ne peut être vue que comme un pis-aller de la politique gouvernementale.

L’imprégnation sédimentaire conduisait même ce 3 septembre 200 personnalités à lancer dans Le Monde un appel pour une action politique « ferme et immédiate » pour faire face au changement climatique et relever « le plus grand défi de l’histoire de l’humanité ». Si cette prise de position collective ne donne pas suite directement à l’analyse produite par untel ou untel, elle marque néanmoins une étape supplémentaire en mettant en adéquation la réception des signaux par la frange « intellectuelle » avec le bon sens populaire de celles et ceux qui ont passé l’effet à constater de leurs yeux la multiplicité des situations « extra-ordinaires » en matière d’environnement.

Le glissement de sens commun sur les questions écologiques fait suite à celui constaté le 27 août lors du discours d’Emmanuel Macron devant les ambassadeurs. Cette fois, c’est le président lui-même qui semblait convenir du besoin vital en termes d’indépendance et de souveraineté de s’affranchir de la mainmise nord américaine sur notre défense : « l’Europe ne peut plus remettre sa sécurité aux seuls Etats-Unis […] Nous devons tirer toutes les conséquences de la fin de la guerre froide ». Bien sûr le président Macron n’est pas encore allé au bout du raisonnement qui in fine ne peut que conduire la France à quitter cette organisation obsolète qu’est l’OTAN comme LFI tâche d’en convaincre le plus grand nombre. Mais ce faisant il en a déjà à son corps défendant accrédité l’idée, permettant demain à celle-ci de devenir l’issue naturelle à la situation.

Dans un cas comme dans l’autre, LFI aura joué son rôle. Oh bien sûr il n’est pas dit qu’elle en tire immédiatement bénéfice électoral. Voyez les questions écologiques par exemple : en 2017, selon Ipsos, seuls 38% des électeurs ayant affiché une proximité partisane avec EELV avaient par exemple glissé un bulletin Mélenchon dans l’urne. L’observatoire national de la politique nationale d’août 2018 publié cette semaine  par BVA indique lui qu’en matière d’écologie et de protection de l’environnement, 31% des gens font encore le plus confiance à EELV contre seulement 17% à LFI et 15% encore à LREM !

Seulement voilà : la perception de la juste méthode à employer grandit en même temps que s’installe dans les esprits la finalité nouvelle de l’action. La plus grande compréhension actuelle de la nécessité de la rupture avec le modèle productiviste libéral entraîne quasi mécaniquement le souci de la mise en œuvre effective de celle-ci. EELV, qui refuse la désobéissance unilatérale avec les traités européens qui agissent pourtant comme autant de pousse-au-crime envers le climat, se trouve pieds et poings liés. Comme la formation écologiste en avait pourtant fait les frais en cotisant aux gouvernements Hollande. Comme Nicolas Hulot a fait le constat de son incapacité à agir au sein d’un gouvernement servile envers Bruxelles.

LFI a au contraire là l’occasion de faire la démonstration, en affichant clairement sa cohérence et sa résolution de mise en œuvre, que la construction de nouvelles volontés collectives au service de l’intérêt général peut demain se traduire par une politique concrète d’action. Bref que, en termes gramscistes,  la « petite politique » doit être mise au service de la « grande politique ».

François COCQ 03 / 09 / 2018

 

 

 

Chronique n° 2 – Suède : la paralysie démocratique se propage

Les yeux des observateurs de toute l’Europe étaient hier rivés sur la Suède à l’occasion des élections législatives. C’était là beaucoup de pression pour un si petit pays. Le climat ambiant a sans doute permis de contenir, sans la stopper loin s’en faut, l’ascension de l’extrême-droite qui, progressant de 4,9%, pointe désormais à 17,8%. Mais il ne faut pas s’y tromper : les résultats suédois font à leur tour basculer le pays dans la longue liste de ceux qui se retrouvent dans une situation de blocage démocratique, incapables de dégager des majorités de gauche ou de droite qui continuent leur érosion, tandis que l’extrême-droite poursuit elle tranquillement son installation.

Il est trop facile de dire que l’extrême-droite n’atteint pas le niveau que l’emballement médiatique a bien voulu lui prêter ces derniers jours pour construire la mobilisation à son encontre. Ses presque 18%, sa progression de 30% depuis les dernières législatives avec un taux de participation de près de 85% ne sauraient constituer un motif de satisfaction pour le camp de l’humanisme radical ! Ces résultats ne traduisent pas une simple poussée de l’extrême-droite mais un enracinement et une progression constante et régulière.

En 1998, 6 pays de l’Union européenne étaient confrontés à une extrême-droite entre 10 et 15 %. Aujourd’hui, l’extrême-droite qui atteint de tels scores se trouve en situation d’avoir des élu.e.s au parlement national et européen dans 24 des 27 pays ! Et là où l’extrême-droite faisait des scores compris entre 10 et 15% en 1998, partout ceux-ci atteignent et dépassent désormais les 20% (source Philippe Poirier, université du Luxembourg, France culture 30 août 2018). L’exemple suédois, après celui de l’Autriche ou de l’Allemagne par exemple, atteste par ailleurs que la situation économique prétendument florissante d’un pays ne suffit pas à se prémunir contre ce phénomène qui se nourrit d’un rejet identitaire.

Car pendant ce temps, les camps anciens poursuivent leur lente érosion. Des sociaux-démocrates aux Modérés ou aux Libéraux, tous les thuriféraires de la glorieuse mondialisation sans foi ni loi sont progressivement rejetés par les peuples. En Suède, le parti social-démocrate avec ses 28,2% fait là son plus mauvais score depuis un siècle sans toutefois s’effondrer (-2,8%). Si le Parti de Gauche allié de LFI progresse et obtient désormais 8,1%, les Verts reculent d’autant (2,5%) si bien que le total gauche du bloc « rouge-vert » continue lui aussi à reculer. Il pointe désormais à 40,7 %, là où il était encore à 43,6% en 2014 et 2010, à 46,1% en 2006, à 53% en 2002 etc… La droite n’est pas mieux lotie avec là aussi un recul de son principal parti (19,5% pour les Modérés, contre 23,3% en 2014 et 30,1% en 2010) et un total droite de 40,1%.

Bref comme je l’évoquais dans mon livre Alerte à la souveraineté européenne ! La chimère de Macron contre la souveraineté populaire, après l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche, et tant d’autres pays européens, voici la Suède confrontée à son tour à une paralysie démocratique. C’est là un mouvement qui frappe l’ensemble du champ européen depuis une dizaine d’années et qui se propage et s’accélère : l’alliance des gauches ou l’alliance des droites n’y suffit plus pour dégager des majorités et contenir l’extrême-droite. L’affaiblissement continu des partis du système rend même inopérante la mise en place de gouvernements de grande coalition, palliatif éphémère au discrédit démocratique qui s’est abattu sur eux. En Suède, les sociaux-démocrates ont 15 jours pour trouver des alliances de circonstance faute de quoi se profilera le spectre du retour aux urnes. Comme ce fût le cas en Espagne en 2015 et 2016. Comme cela était encore envisagé en début d’année en Allemagne ou au printemps en Italie !

Le tableau est alarmant alors que se profile dès le mois d’octobre les élections régionales en Allemagne sous pression de l’AFD avant les élections européennes du printemps 2019. Pourtant certains feignent de ne pas voir pour gagner du temps, tandis que d’autres voudraient se rassurer avec des vieilles recettes. C’est ignorer que le bloc des gauches ou le bloc des droites qui sont prêtes à sacrifier leur peuple à la mondialisation sont effondrés (Italie, Autriche, Hongrie, Pologne…) ou déjà fissurés (Espagne, Allemagne, Belgique, Suède…). Le modèle de représentation lui-même est à bout de souffle : il n’est plus de construction majoritaire qui puisse exister dans ces vieux cadres. L’oxygène démocratique est à chercher du côté de la construction de majorités populaires qui, hors du clivage gauche-droite qui immobilise ou de l’affrontement binaire artificiellement construit entre libéraux et illibéraux, permettent de dessiner une issue positive et humaniste en rendant aux peuples leur souveraineté et donc leur liberté et leur dignité.

Les phénomènes politiques sont rarement la résultante d’actions isolées. Il est une vague qui traverse l’Union européenne et qui continue à se propager. Ne pas l’analyser comme telle conduit à proposer des réponses éculées et inopérantes. Certes ce blocage démocratique accompagné de l’installation à un haut niveau de l’extrême-droite n’est pas exclusivement propre à l’UE. Mais force est de constater que c’est d’abord au sein de celle-ci qu’il s’ancre et se déploie. L’UE, en ce qu’elle est un carcan qui contraint les peuples par le glaive des traités, est source de nombreux de ces maux. Or un peuple enserré se ferme sur lui-même quand un peuple libre se sent suffisamment fort pour s’ouvrir aux autres et porter les valeurs de l’universel. Dès lors, c’est dans le recouvrement de cette souveraineté sur soi, cette souveraineté populaire qui s’exprime d’abord dans le cadre national, que l’on pourra mettre un coup d’arrêt à cette lente mais régulière descente aux enfers démocratiques.

François COCQ 10 / 09 / 2018

 

 

 

 

 

 

 

Dossier rentrée scolaire

 

De quoi Parcoursup est-il le nom ?

Tribune parue sur le site de Politis le 30 août 2018

Parcoursup, le nouveau dispositif d’orientation des étudiants vers l’enseignement supérieur, peut désormais être qualifié de fiasco retentissant. Cette plateforme était sensée pallier les insuffisances du dispositif antérieur APB (Admission Post Bac). Ces insuffisances notoires avaient été symbolisées de manière spectaculaire dans les filières sous tension par le recours au tirage au sort. En fin de compte, le remède administré a été pire que le mal qu’il était censé soigner : les dysfonctionnements se sont considérablement aggravés.

Le naufrage de Parcoursup ne relève pas de contraintes purement ou fortuitement techniques. Les raisons en sont plus profondes. L’examen de la nature du dispositif révèle une forte dimension idéologique, et ceci en contradiction flagrante avec les tentatives du ministre Jean-Michel Blanquer (et de son alter ego pour l’enseignement supérieur Frédérique Vidal) d’affirmer n’être guidé que par la prétendue boussole du bons sens. Les mesures cumulent erreurs et autres malfaçons.

 

Parcoursup incarne d’abord une conception froidement technocratique de l’orientation. Les choix d’orientation ne relèvent d’aucune manière qui soit d’une simple démarche administrative. C’est pourtant ce qui s’est très souvent passé, avec des vœux à effectuer coûte que coûte et qui n’étaient pas classés par ordre de priorité. Peu importe les projets des futurs étudiants, pourvu que chaque case finisse par être occupée !

Il promeut également des pratiques cyniquement bureaucratiques. Il s’agit d’un dispositif fondamentalement anxiogène à toutes les étapes. Anxiogène pour les élèves de Terminale qui n’ont pas passé les épreuves du baccalauréat dans de bonnes dispositions d’esprit ; anxiogène pour les nouveaux bacheliers dont beaucoup restent plongés dans l’angoisse à quelques jours de la rentrée universitaire (et à qui il a parfois été reproché d’être parti en vacance cet été…) ; anxiogène pour les familles qui restent dans l’expectative quant aux démarches et investissements pour préparer l’entrée dans l’enseignement supérieur.

 

Parcoursup traduit le triomphe du déni de réalité à tous les étages. Il a servi à occulter les vrais défis : celui des conditions de l’accès démocratique à l’enseignement supérieur. Il a été utilisé à dessein pour ne pas y affecter les moyens nécessaires dans une logique de poursuite de l’austérité. Il est le prétexte pour tenter de masquer les échecs de cette majorité en la matière, dans une perspective de volonté auto-réalisatrice démentie par les faits. Pour tenter de sauver un tant soit peu la face, la culture de la triche et de la dissimulation a été érigée en règle d’or : n’a-t-on pas trouvé comme ultime expédient de rayer des listes près de 50 000 étudiants pour ne pas avoir suffisamment manifesté leur désarroi cet été ? Voilà que les méthodes éprouvées de radiation des chômeurs pour lutter contre le chômage sont désormais déclinées à l’orientation des étudiants.

Plus pernicieux encore, Parcoursup introduit la primauté de la règle de la stratégie individuelle. L’orientation prend des airs de jeu, comme s’il agissait d’un immense casino. On y avance en aveugle, au fur et à mesure que tombent des réponses négatives pour les uns et que des places se libèrent en raison de réponses positives pour d’autres ailleurs. Ou alors comme à la bourse, chacun doit se tenir au courant au jour le jour du cours de ses actions personnelles… En filigrane de cette individualisation de façade en réalité totalement désincarnée, se profilent une responsabilisation et une culpabilisation, éloignées de tout critère pédagogique, des étudiants se retrouvant sans affectation. Se trouve là une rupture essentielle : c’est un renoncement à l’ambition collective qu’est l’école de la République.

 

En effet, Parcoursup continue à favoriser les initiés des arcanes de l’enseignement supérieur. Pour ces familles au sens du placement immédiat particulièrement aigu, les solutions et les dérogations seront encore plus accessibles. La reproduction du capital social, pour reprendre une phraséologie bourdieusienne, en sera d’autant plus aisément réalisée.

C’est aussi accroître le processus de marchandisation qui affecte la sphère éducation. Voilà en effet que des officines déguisées en bon samaritain ont commencé à proposer contre espèces sonnantes et trébuchantes des modèles de lettres de motivation. Et plus particulièrement à celles et ceux qui ne sont pas des initiés et qui ne possèdent pas le capital social requis pour un tel exercice purement formel. Il est évident que l’offre va s’élargir avec par exemple des propositions de « coaching » afin de mieux se mouvoir dans un tel labyrinthe.

Mais en fin de compte un des objectifs inavoués de Parcoursup n’est-il pas de favoriser le privé dans son offre de formation post-bac ? C’est ce qui se passe déjà en réalité : un nombre de familles non négligeable n’en pouvant plus de cette incertitude éprouvante a fait le choix de se rabattre sur des formations privées. Le développement du privé permet d’atténuer, de manière certes profondément inégalitaire et antirépublicaine, les ravages des politiques d’austérité appliquées à l’enseignement supérieur public.

 

Ces nouvelles modalités d’orientation et d’affectation dans l’enseignement supérieur s’inscrivent pleinement dans le projet de société porté par la majorité constituée autour du Président de la République Emmanuel Macron. Elles ne s’en extériorisent pas. Elles contribuent à reconfigurer l’enseignement supérieur dans une logique accentuée de marché. Les sept erreurs et malfaçons que nous venons d’identifier n’en sont pas en réalité : elles doivent être plutôt qualifiées d’outils pour parvenir en pleine conscience à une fin de plus en plus assumée. C’est une casse du service public d’éducation qui est visée, quand bien même elle serait présentée comme une simple refonte radicale au nom même de l’intérêt général. Parcoursup est le nom de cette entreprise brutale, comme le sera très bientôt CAP 22 (Comité Action Publique) dont le contenu du rapport a été dévoilé incidemment. Après tout, l’éducation, elle aussi, ne coûte-t-elle pas « un pognon de dingue » ?

Francis DASPE

 

 

 

CAP 22, terra incognita pour l’Ecole

Tribune parue sur le site de Libération le 7 septembre 2018, sous le titre « Macron ou le new public management de l’école ».

Il existe un repère quasi infaillible pour connaître au mieux l’état d’une société : c’est la manière avec laquelle on considère le Service Public en général, et le sort qui est réservé à l’école en particulier. Ce qui se prépare ne doit hélas guère inciter à l’optimisme.

Dans le cadre de CAP 22 (comité action publique 2022), le rapport « Service Public » est désormais dévoilé. Son contenu est totalement déséquilibré : il s’agit d’un parfait bréviaire libéral appliqué aux services publics. Il est dominé par un seul et unique mot d’ordre : réduire par tous les moyens ! Il faut réduire le coût financier, réduire le nombre de fonctionnaires, réduire le service rendu, réduire le déploiement territorial au risque de réduire la continuité et l’égalité républicaines. A l’image de Diafoirus dans Le Malade imaginaire de Molière ne cessant de préconiser des saignées qui finissaient par tuer le patient, CAP 22 scande à longueur de page « Réduisons ! Réduisons ! » Les propositions étant d’ailleurs si peu avouables, le gouvernement a affecté mettre de côté le rapport. Stratagème éculé : le contenu du texte irriguera puissamment les prochaines orientations de notre système éducatif.

 

L’école ne se situe nullement en dehors de la société ; elle n’est en aucune manière sanctuarisée. Elle subit frontalement l’offensive libérale par le biais d’attaques transversales. Trois d’entre elles sont aisément identifiables.

L’austérité reste à l’ordre du jour, à l’égal d’une contrainte indépassable. L’obsession de réaliser des économies par le passage à un « pilotage par la masse salariale » imprègne le rapport. La signification est claire : le gisement d’économies par moins de profs et moins de recrutements ayant tendance à se tarir (on est souvent arrivé à l’os), le prochain filon consistera à agir à la baisse sur les salaires. L’opération passera par une remise en cause des règles de l’avancement des personnels afin de les faire davantage stagner dans des échelons inférieurs. Comme pour la SNCF, le statut des professeurs est dans la ligne de mire. Un procédé identique est convié à la rescousse pour accomplir la besogne : la création d’un nouveau corps composé d’enseignants intégrés sur la base du volontariat ou recrutés sur la base de contrats de droit privé. Ceci pour mettre en concurrence le corps des enseignants sous statuts, afin de leur imposer une intensification des tâches et des missions, une augmentation de la durée du temps de travail, afin de satisfaire les besoins inassouvis de l’austérité. Dans la logique de la réforme territoriale, le démantèlement des cadres nationaux républicains est visé pour favoriser la régionalisation du système éducatif. L’autonomie de gestion est alors parée de toutes les vertus.

A ces trois objectifs purement idéologiques, un point commun fait office de ciment : l’introduction d’une gestion managériale. Le chef d’établissement transmuté en manager, jouerait sa crédibilité sur sa capacité à réaliser des économies, son habileté à mettre à bas dans la pratique quotidienne les statuts, sa faculté à promouvoir l’école des territoires.

 

Il n’y a cependant pas grand-chose de nouveau dans ce projet. La continuité est plutôt de mise, entre la RGPP (révision générale des politiques publiques) de Nicolas Sarkozy, la MAP (modernisation de l’action publique) de François Hollande et aujourd’hui CAP 22. En somme, à chaque fraction de l’oligarchie son arme de destruction massive des services publics et de l’école de la République…

L’avenir promis à l’école ne fait pas de doute. Elle est invitée à devenir plus que jamais une entreprise, un marché et une marchandise. Une entreprise modulée par l’application d’un « new management public » débridé ne jurant que par une déréglementation tous azimuts ; un marché réglé par la loi d’airain de la concurrence favorisant la dérégulation ; une marchandise mue par la seule recherche du profit ouvrant la voie à des privatisations décomplexées. Plus que jamais, avec CAP 22, on s’éloigne des missions de l’école de la République pour s’aventurer sur des terres inconnues.

Francis DASPE

 

 

 

 

Le « prof nouveau » de Blanquer

Tribune parue dans L’Humanité le 21 septembre 2018 sous le titre « Une logique de gouvernance kafkaïenne ou orwellienne. Le « prof nouveau » de Blanquer ».         

Il fut un temps où certains eurent la faiblesse de croire à la possibilité de pouvoir créer un « homme nouveau ». Il apparaît que le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer a visiblement le dessein faire émerger un « professeur nouveau » afin de faire passer le système éducatif sous les fourches caudines du marché et du new management public. Il est vrai que les entreprises de démolition passent souvent par des créations hors sol.

Le « prof nouveau » de Blanquer appartiendra à un nouveau corps d’enseignants officiant en dehors des statuts de la fonction publique. Il évoluera au quotidien en tension permanente, précaire et instable, car dépendant du bon vouloir du chef d’établissement pour la reconduction de son poste. Celle-ci dépendra de sa capacité à travailler plus dans le cadre de l’annualisation, pour gagner (peut-être dans un premier temps) un peu plus en valeur absolue, mais avec un ratio salaire / temps de travail qui aura diminué. Ses missions se seront d’abord intensifiées, enseignant, au nom de la polyvalence, des matières pour lesquelles il n’a pas fait d’études, n’a pas passé de concours et n’a pas été formé. Elles se seront ensuite diversifiées, s’élargissant à des tâches non pédagogiques, de nature administrative ou relevant du vaste champ des relations publiques. Submergé par l’obligation de rédiger des projets d’action ou des rapports pour justifier a posteriori ce qu’il aura pu faire, il deviendra en fin de compte de moins en moins enseignant.

Les différentes étapes de sa carrière tomberont sous le contrôle du chef d’établissement devenu manager (et pouvant se transformer à l’occasion en manager option petit chef). Recruté sur profil par celui-ci, il connaîtra comme règle le contrat de droit privé. Payé en fonction des avis de son manager, il subira les rigueurs de la règle d’or du (supposé) mérite stipulant que l’avancement et les récompenses doivent concerner un petit nombre afin rehausser leur mérite, et surtout pour en écarter le plus grand nombre dans la logique du « pilotage par la masse salariale ». Et révocable à tout instant, de surcroît de manière éventuellement arbitraire.

Chaque ministre possédant sa marotte, le prof nouveau de Blanquer devra être féru de neurosciences. Cela lui sera présenté comme la condition sine qua non pour faire réussir les élèves. Par conséquent, s’il n’y parvient pas, il sera mécaniquement stigmatisé et culpabilisé pour ne pas avoir ingurgité la potion miracle de la réussite.

Il devra également abandonner la pratique de la revendication collective découlant de l’action syndicale. La voie du dialogue social passera par l’individualisation de la relation avec son supérieur hiérarchique qui lui fera bien sentir le lien de subordination dans la logique des lois El Khomri et Travail. Ses revendications seront aux mieux des requêtes ; ses satisfactions seront des aumônes. Il devra être en toute circonstance raisonnable.

Le prof nouveau sera pris dans une logique de gouvernance kafkaïenne ou orwellienne, c’est selon. En filigrane de ce renversement des bases du métier de professeur, se dessine un changement total de paradigme pour l’école de la République. Cette école ne sera plus celle de la chose publique, mais une start up pour le marché, par le marché et dans le marché.

Francis DASPE

 

 

 

 

 

 

 

 

Communiqué de l’AGAUREPS-Prométhée

Mener la bataille des retraites pour renverser la Table !

            L’AGAUREPS-Prométhée lance une alerte sur la réforme des retraites qu’envisage de réaliser la majorité du Président Macron. Il s’agit d’une nouvelle étape dans le processus de démantèlement du pacte républicain et social.

 

L’objectif est de casser le système solidaire de retraites par répartition. La visée ultime est bien sûr d’arriver à un système par capitalisation. Mais c’est inavouable en l’état actuel de l’opinion publique, attachée au système mis en place dans le cadre de la Sécurité sociale au lendemain de la Libération.

Le gouvernement va donc biaiser et enfumer. Il va utiliser des étapes intermédiaires, qui remettront en cause la logique par répartition, tout en se défendant d’utiliser le mot capitalisation. Mais le loup sera hélas bel et bien entré dans la bergerie.

 

Le stratagème consistera à proposer un système de retraite par points. Notre pension de retraite dépendrait de la valeur d’un point qui pourrait fluctuer. Il n’y aurait plus d’âge limite de départ à la retraite : ce serait fonction du nombre de points et de leur valeur ! Par conséquent, plus de garantie collective et l’individualisation à outrance !

D’autres pistes seront conviées à l’occasion, comme celle de la fiscalisation. C’est une vraie fausse bonne idée ! Car les retraites financées par l’impôt, et plus par les cotisations, pourraient alors dépendre de choix budgétaires au gré des majorités parlementaires. Là aussi, destruction des garanties collectives !

La capitalisation serait alors le couronnement de l’entreprise de destruction. Le but est de livrer au marché et à la spéculation les sommes gigantesques des cotisations qui y échappent pour l’instant, car affectées au paiement des pensions immédiatement.

 

L’AGAUREPS-Prométhée prendra part au combat collectif, notamment dans le cadre des « Assises itinérantes de la Table renversée » qu’elle a lancées. Fidèle à sont travail de pédagogie et d’anticipation, une prochaine Lettre du mois de l’AGAUREPS-Prométhée y sera consacré.

La raison d’être de l’AGAUREPS-Prométhée est de lutter contre les politiques de régression sociale et démocratique conçues pour satisfaire les intérêts d’une minorité de nantis.

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée  06 / 09 / 2018

 

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La Macronie au bord du rebord de la Table

Nous étions partis en vacances avec une désagréable impression. L’affaire Benalla n’était qu’une goutte d’eau qui, s’ajoutant à une multitude de mesures relevant d’une lutte des classes totalement assumée par le Président des riches, avait fait déborder le vase. Le même sentiment prédomine en cette rentrée. La Macronie semble plus que jamais vaciller. Une actualité surabondante le confirme. Les malheurs de la Macronie apparaissent sans fin, dans un renouvellement incessant.

 

La nécessité de rompre avec ces politiques inspirées par une idéologie d’extrême finance décomplexée s’impose à l’évidence. Plus que jamais, il y a urgence à renverser la table. L’interview du Premier ministre Edouard Philippe parue fin août dans le Journal du Dimanche met de l’huile sur le feu. Les pyromanes ne peuvent plus espérer passer pour des pompiers.

 

C’est dans cette optique d’alternative radicale que l’AGAUREPS-Prométhée avait décidé de lancer quelques semaines auparavant une campagne nationale de réflexion et d’action qu’elle avait intitulée fort à propos « Assisses itinérantes de la Table renversée ». Elle se poursuit en cette rentrée. La rentrée scolaire aurait de quoi à elle seule lui conférer une légitimité. L’annonce par le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer de la suppression de 1 800 postes montre cruellement qu’il n’y a rien qui soit sanctuarisé pour une telle majorité. Les trois tribunes de cette Lettre témoignent de l’entreprise de destruction d’une institution de la République qui est menée avec méthode. Il en résulte une nette dégradation pour tous, élèves, étudiants, parents, communes, professeurs, et autres catégories de personnels.

 

Mais sans nul doute l’offensive majeure qui se prépare concerne la réforme des retraites prévue pour le début de l’année 2019. Elle a toutes les chances d’être la « mère des batailles ». Le communiqué de l’AGAUREPS-Prométhée commence à démonter la mécanique infernale que s’apprête à utiliser le gouvernement pour procéder à un enfumage malsain. Dans cette logique d’éducation populaire, la prochaine Lettre du mois de l’AGAUREPS-Prométhée sera un numéro spécial consacré à la question des retraites. Les retraites constituent un levier idéal pour espérer renverser la table. Ce sera au cours des prochains mois un des fils rouges des Assises itinérantes de la Table renversée de l’AGAUREPS-Prométhée.

 

La Macronie est vraiment au bord du rebord de la table. Toutes les deux, Macronie et Table, seront renversées d’un même élan. L’AGAUREPS-Prométhée entend y contribuer à sa manière.

 

Francis DASPE

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Mener la bataille des retraites pour renverser la Table !

L’AGAUREPS-Prométhée lance une alerte sur la réforme des retraites qu’envisage de réaliser la majorité du Président Macron. Il s’agit d’une nouvelle étape dans le processus de démantèlement du pacte républicain et social.

 

L’objectif est de casser le système solidaire de retraites par répartition. La visée ultime est bien sûr d’arriver à un système par capitalisation. Mais c’est inavouable en l’état actuel de l’opinion publique, attachée au système mis en place dans le cadre de la Sécurité sociale au lendemain de la Libération.

Le gouvernement va donc biaiser et enfumer. Il va utiliser des étapes intermédiaires, qui remettront en cause la logique par répartition, tout en se défendant d’utiliser le mot capitalisation. Mais le loup sera hélas bel et bien entré dans la bergerie.

 

Le stratagème consistera à proposer un système de retraite par points. Notre pension de retraite dépendrait de la valeur d’un point qui pourrait fluctuer. Il n’y aurait plus d’âge limite de départ à la retraite : ce serait fonction du nombre de points et de leur valeur ! Par conséquent, plus de garantie collective, remplacée par l’individualisation à outrance !

D’autres pistes seront conviées à l’occasion, comme celle de la fiscalisation. C’est une vraie fausse bonne idée ! Car les retraites financées par l’impôt, et plus par les cotisations, pourraient alors dépendre de choix budgétaires au gré des majorités parlementaires. Là aussi, destruction des garanties collectives !

La capitalisation serait alors le couronnement de l’entreprise de destruction. Le but est de livrer au marché et à la spéculation les sommes gigantesques des cotisations qui y échappent pour l’instant, car affectées immédiatement au paiement des pensions.

 

L’AGAUREPS-Prométhée prendra part au combat collectif, notamment dans le cadre des « Assises itinérantes de la Table renversée » qu’elle a lancées. Fidèle à sont travail de pédagogie et d’anticipation, une prochaine Lettre du mois de l’AGAUREPS-Prométhée y sera consacré.

La raison d’être de l’AGAUREPS-Prométhée est de lutter contre les politiques de régression sociale et démocratique conçues pour satisfaire les intérêts d’une minorité de nantis.

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Les « Assises itinérantes de la Table renversée » de l’AGAUREPS-Prométhée à Paris

Dans le cadre de sa campagne nationale de réflexion et d’action intitulée « Assisses itinérantes de la Table renversée », l’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Paris jeudi 19 juillet 2018, à 18 heures 30, au « Bar 11° Avenue », au 46 avenue Parmentier (Paris 11°).

Les élections de 2017 ont modifié en profondeur le paysage politique en France. La vague « dégagiste » annoncée a bien eu lieu. Mais l’élection à la présidence de La République d’Emmanuel Macron n’a pas purgé le système. Depuis un an, l’ancien monde, s’il s’est paré de nouveaux visages, se perpétue en réalité sur le fond. La déception et la résignation démocratiques n’ont jamais été aussi présentes. La restauration du peuple comme sujet politique reste plus que jamais d’actualité.

 

Il y a véritablement urgence à « renverser la table ». Quel projet politique humaniste et émancipateur est aujourd’hui en capacité d’incarner cette alternative ? Avec quelles orientations stratégiques ? Pour quelles perspectives politiques ?

 

Les débats de ces « Assisses itinérantes de la Table renversée » seront introduits par Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée.

 

Entrée libre.

 

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Les « Assises itinérantes de la Table renversée » de l’AGAUREPS-Prométhée à Metz

Dans le cadre de sa campagne nationale de réflexion et d’action intitulée « Assisses itinérantes de la Table renversée », l’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Metz mercredi 18 juillet 2018, à 19 heures 30, au Pub La Schannon (1° étage), 19 avenue Robert Schumann.

Les élections de 2017 ont modifié en profondeur le paysage politique en France. La vague « dégagiste » annoncée a bien eu lieu. Mais l’élection à la présidence de La République d’Emmanuel Macron n’a pas purgé le système. Depuis un an, l’ancien monde, s’il s’est paré de nouveaux visages, se perpétue en réalité sur le fond. La déception et la résignation démocratiques n’ont jamais été aussi présentes. La restauration du peuple comme sujet politique reste plus que jamais d’actualité.

 

Il y a véritablement urgence à « renverser la table ». Quel projet politique humaniste et émancipateur est aujourd’hui en capacité d’incarner cette alternative ? Avec quelles orientations stratégiques ? Pour quelles perspectives politiques ?

 

Les débats de ces « Assisses itinérantes de la Table renversée » seront introduits par Alain MIH, délégué territorial de l’AGAUREPS-Prométhée en Moselle, et Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée. Tous deux sont également impliqués dans La France Insoumise.

 

Entrée libre.

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LETTRE DU MOIS DE L’AGAUREPS-PROMÉTHÉE N° 132 MAI / JUIN 2018

Sommaire du numéro 132 : Spécial « Assises itinérantes de la Table renversée » 

  • Editorial de Francis DASPE : « Les Assises itinérantes de la Table renversée» page 2
  • Chroniques de François COCQ : Contestation sociale, pacte girondin, Européennes page 3
  • Tribunes de Francis DASPE : Programmes et Unité, Révolution citoyenne page 8
  • Communiqué de l’AGAUREPS-Prométhée : Palestine page 12
  • Agenda de l’AGAUREPS-Prométhée : Narbonne, Marmande page 13

Les Assises itinérantes de la Table renversée

L’AGAUREPS-Prométhée a décidé de lancer une campagne nationale de réflexion et d’action qu’elle a intitulée « Assisses itinérantes de la Table renversée ». L’initiative correspond à la fois à un besoin et une nécessité. Un besoin d’abord, au regard de l’envie qui s’exprime chez beaucoup de débattre et d’échanger sur le moment politique que nous vivons. L’AGAUREPS-Prométhée, conformément à sa vocation « d’intellectuel collectif », offre un tel cadre avec ces « Assisses itinérantes de la Table renversée ». Une nécessité ensuite, au vu des enjeux qui occupent aujourd’hui notre énergie militante et des perspectives qui nous attendent dans les prochains mois.

 

Les élections de 2017 ont modifié en profondeur le paysage politique en France. La vague « dégagiste » annoncée a bien eu lieu. Mais l’élection à la présidence de La République d’Emmanuel Macron n’a pas purgé le système. Depuis un an, l’ancien monde, s’il s’est paré de nouveaux visages, se perpétue en réalité sur le fond. La déception et la résignation démocratiques n’ont jamais été aussi présentes. La restauration du peuple comme sujet politique reste plus que jamais d’actualité. Il y a véritablement urgence à « renverser la table ». Quel projet politique humaniste et émancipateur est aujourd’hui en capacité d’incarner cette alternative ? Avec quelles orientations stratégiques ? Pour quelles perspectives politiques ?

 

L’AGAUREPS-Prométhée offre la possibilité d’échanger et d’en débattre dans le cadre des « Assisses itinérantes de la Table renversée ». Cette campagne d’action nationale se traduit par un certain nombre d’actions militantes, de tribunes médiatiques (dont certaines sont incluses dans cette Lettre du mois) à des réunions publiques ou des présences sur les marchés. Une première réunion publique a eu lieu fin avril dans les Landes, à Mont-de-Marsan. Une seconde s’est déroulée début juin en Gironde, à Bordeaux. D’ici la fin du mois, deux autres sont prévues à Marmande (Lot-et-Garonne) et à Narbonne (Aude). Au cours des prochains mois, que ce soit dans l’été ou à la rentrée, des projets existent dans d’autres départements comme le Val-de-Marne, la Moselle, les Pyrénées-Orientales ou Paris.

 

Les « Assisses itinérantes de la Table renversée » initiées par l’AGAUREPS-Prométhée sont à appréhender comme une contribution à l’œuvre de pédagogie que nul de saurait esquiver. Et comme chacun sait bien que des travaux de l’AGAUREPS-Prométhée il en sort et il en reste toujours quelque chose de concret, qui le souhaite aura de saines et stimulantes lectures pour les vacances ! Et certainement au-delà …

Francis DASPE   09 / 06 / 2018

 

 

 

 

Les chroniques de François COCQ

Chronique n° 1 – « Libres pensées »

Je préfère prendre les devants et poser par écrit mes réflexions avant que la semaine ne commence. Je le fais car cette semaine s’annonce décisive en termes de mobilisation et pour autant, je ne suis pas à ce stade convaincu que les leviers les plus efficaces aient été activés pour faire de ce moment une étape dynamique. Je m’explique.
Plusieurs rendez-vous vont rythmer la semaine : un meeting politique ce lundi soir, les défilés du 1er mai le lendemain, des rassemblements cheminots jeudi, la marche Stop Macron ce samedi 5 mai… Prenons-les dans l’ordre.

 

Lundi soir, la gauche de gauche se donne à voir en meeting commun à Paris. Très bien, même si je passe sur les sordides traditionnelles manœuvres qui ont émaillé la préparation de cette réunion, des gens non-intervenants étant volontairement annoncés, des partis politiques voulant faire des coups pour donner à voir un prétendu rôle pivot, bref la résurgence de tout le dégoût politicard s’affichant de nouveau au grand jour. Mais malgré tout l’initiative se tient. Qu’apporte-t-elle comme force dynamique au mouvement de lutte contre la politique de M. Macron ? Rien auprès des militants de ces différentes forces, déjà très largement engagés dans le combat contre cette politique sous l’une OU l’autre de leurs casquettes, syndicale, associative ou politique. Elle circonscrit par contre le périmètre de la lutte en donnant à voir à celles et ceux qui sont pourraient entrer dans le mouvement, ou a minima s’inscrire progressivement dans un soutien plus rapproché de celui-ci, une identification politique dans laquelle pour beaucoup ils refuseront de se reconnaître. La politique non pas d’un camp mais ici de l’étiquette est une erreur qui ne peut rien apporter d’utile.

Le traditionnel 1er mai, journée internationale des travailleurs, est une date qui tombe à pic : le moment rêvé de donner à voir, sur un jour férié symbolique, l’unité syndicale et par-delà l’appui de l’ensemble du mouvement social. Seulement voilà : patatras ! Si l’unité existe et se fait à la base, le message est atténué par la désunion au sommet entre les différentes confédérations. Inexplicable et pour tout dire inexcusable en de pareilles circonstances de lutte.

Cette unité, on la retrouvera pourtant jeudi à l’appel de l’intersyndicale de la SNCF. Mais ce qui aura lieu ce jour-là s’avère inextensible aux autres secteurs. Du moins sur la base de la « convergence des luttes ». La convergence des luttes qui était une méthode d’action est devenue une expression vide de sens car elle ne correspond plus à la période. Refuser de le voir c’est s’enfermer dans l’échec. L’agrégation aujourd’hui ne se fait plus selon la classe (et dire cela, je préfère le dire pour tous les esprits chagrins adeptes de raccourcis, ce n’est pas nier la structuration en classes sociales) mais selon une chaîne d’équivalence. Le dénominateur commun n’en est donc pas forcément l’appartenance à une classe commune mais le point de cristallisation qui empêche de lever l’obstacle de ces politiques.

 

C’est justement en cela que la marche Stop Macron du 5 mai revêt tout son sens. Elle s’inscrit bien sûr dans l’agenda de mobilisation sociale en permettant qui plus est la mobilisation non seulement des salariés mais aussi du reste de la population à leurs côtés. Mais surtout, elle dessine ou du moins devrait dessiner le point de jonction pour lever l’hypothèque de la politique de M. Macron. On se souvient qu’à l’automne, la France insoumise avait proposé de faire coaguler le rejet de la politique macroniste en se plaçant dans le champ politique. Le recours aux ordonnances pour faire passer en force le démantèlement du droit du travail et des salariés permettait un tel rassemblement. Les forces du mouvement social n’avaient à l’époque pas daigné reprendre la balle au bond. Si elles sont aujourd’hui plus nombreuses à participer au 5 mai, chacun-e doit aussi entendre que la bataille sociale est l’un des champs, essentiel certes, mais l’un des champs seulement du rapport de force qu’il nous faut établir. Et ce rapport de force sera d’autant plus favorable que l’ensemble des champs sera étendu.

Car les gens ont aussi en parallèle conscience que M. Macron continue à avancer selon son propre calendrier comme si de rien n’était : alignement sur l’OTAN aux côtés de Trump, centralisation européenne via Bruxelles aux côtés de Merkel, réforme de l’assurance chômage, réforme constitutionnelle pour asseoir la monarchie présidentielle, réforme des retraites à venir… En prévision de cela, une défaite du mouvement social serait catastrophique et chacun-e doit cette semaine se mobiliser comme je le ferai en dépit des préventions qu’il peut avoir. Mais c’est justement parce que l’issue du combat surdétermine l’ensemble du combat politique à venir qu’il faut trouver les leviers d’action qui permettent l’élévation du niveau de conscience et l’entrée dans le mouvement du plus grand nombre pour combattre la résignation.

 

Ce vendredi, alors que je distribuais avec mes ami-e-s du groupe d’action de La France insoumise de Champigny pour promouvoir le 5 mai et collecter des dons pour les cheminots, nombreux étaient ceux qui prenaient les tracts avec bienveillance mais qui ne pouvaient s’empêcher d’exprimer leur dégoût de la politique et de la descente aux enfers démocratique dont M. Macron n’est que l’ultime avatar. Et cette attitude chacun-e le sait n’est jamais favorable à la mobilisation. C’est donc ce terrain là qu’il nous faut refuser d’abandonner. Car en l’espèce, les choix qui sont aujourd’hui imposés par la bande à Macron contreviennent avec l’essence démocratique de ce pays : parce qu’ils sont l’émanation directe du pouvoir bruxellois, parce qu’ils sapent les fondements du pacte républicain dont le service public est l’outil privilégié, parce qu’ils sont le fait d’une « effraction » électorale pour reprendre les termes de M. Macron lui-même. L’enjeu démocratique, et donc celui de la souveraineté, irrigue chacun de ces combats pour le respect du droit à vivre dignement et à décider collectivement de ce qui est bon pour soi et bon pour tous. Tel doit être le sens aussi du combat à venir pour rendre crédible l’issue victorieuse de la lutte, la présente et celles à venir.

 

Je termine en partageant aussi ce que cette semaine pour moi, celle d’une double commémoration : celle des 200 ans de la naissance de Karl Marx bien sûr. Je ne m’étendrai pas sur le sujet mais je me permets de vous renvoyer au blog de mon ami le philosophe Benoît Schneckenburger qui donne à cette occasion une lecture éclairée et éclairante de Marx dans le texte. Celle aussi le lendemain des 260 ans de la naissance de Maximilien Robespierre que je ne manque pas une année de louer pour l’inestimable héritage de la pensée et de la vertu républicaines qu’il nous a confiés en héritage. Deux penseurs qui dans leur registre ont pensé l’émancipation et la lutte comme des constructions à vocation majoritaire inscrites dans leur période.

François COCQ  30 / 04 / 2018

 

 

 

Chronique n° 2 – « Le pacte girondin cible l’Etat »  

Tribune publiée dans le magazine La gazette des communes du 30 avril

Le premier ministre M. Philippe présentait le 4 avril le projet de réforme constitutionnelle. Sous couvert de continuité avec l’existant, l’exécutif entend en réalité, à travers notamment le « pacte girondin », faire muter le cadre commun qui régit la vie des Français pour le mettre en adéquation avec les visées européistes M. Macron.

A première vue, les ajustements apparaissent cosmétiques. Ainsi de l’introduction d’une faible dose de proportionnelle, 15 %, loin des « 20-25% minimum » que François Bayrou jugeait nécessaires « autrement cela veut dire qu’on ne changerait rien ». Pareil pour le non-cumul des mandats, limité à trois exercices consécutifs d’un même mandat, et dont l’entrée en vigueur effective pourrait n’intervenir qu’en 2038 !

L’abaissement du nombre de parlementaires est plus significatif. Démagogique, il cible la représentation nationale au moment même où M. Macron entend imposer une « souveraineté européenne ». La représentation du peuple français est ainsi affaiblie tandis que s’opère un transfert de souveraineté, du cadre national vers l’Européen. Le calendrier en atteste : les projets de loi seront présentés en Conseil des ministres le 9 mai, jour de la fête de l’Europe. Quant à l’adoption de la réforme, elle est désormais reculée à 2019 pour mieux coller aux échéances européennes.

 

Quant au « pacte girondin », il est la pierre angulaire du dispositif. Selon M. Philippe, « le projet de loi constitutionnelle devra permettre aux collectivités locales d’adapter elles-mêmes les règles qui régissent leurs domaines de compétence ». Après que M. Hollande a en 2015 octroyé aux régions un pouvoir règlementaire local d’adaptation à travers la loi NOTRe, M. Macron souhaite désormais étendre la mesure. Est-ce à dire que chaque niveau de collectivité pourrait édicter ses propres règles et normes, quitte à ce qu’elles deviennent contradictoires les unes avec les autres ? Ce n’est pas rien quand on sait que le pouvoir règlementaire possède une compétence de droit commun sur l’ensemble des domaines qui échappent au pouvoir législatif. Ainsi, lorsque la Loi fixe uniquement les grands principes, comme pour l’enseignement, la préservation de l’environnement ou le code du travail par exemple, le pouvoir règlementaire a le champ libre. Un tel processus rajouterait donc encore de la mise en concurrence entre territoires et entre citoyens. Ce ne serait plus seulement un puzzle de réglementations, mais le risque d’une atomisation anarchique qui pourrait semer une grande pagaille et désorganiser le pays.

Le premier ministre a également annoncé la possibilité de pérenniser localement les expérimentations législatives. Circonscrites à un objet précis et une durée limitée, elles ont aujourd’hui vocation soit à être étendue à l’ensemble du territoire, soit à être abandonnées. Demain, elles pourraient devenir permanentes sur certains territoires. La Loi cesserait d’être commune pour devenir parcellaire et à géométrie variable. Elle ne serait plus l’expression de la volonté générale telle que définie depuis Rousseau, fondant en cela la Nation en tant que corps politique, mais une addition de particularismes qui désagrègerait l’édifice républicain. Une telle mesure affaiblirait en outre encore un peu plus la représentation nationale en fractionnant la tâche qui est la sienne de fabrique de la Loi commune.

 

C’est une offensive contre l’Etat à laquelle se livre M. Macron, en cherchant à affaiblir le cadre national pour mieux préparer les transferts de souveraineté à venir. C’est un contresens historique qui va encore diviser les Français.es à l’heure où le peuple aurait au contraire plus que jamais besoin d’une Constituante pour se refonder.

François COCQ Adjoint-au-maire de Champigny-sur-Marne (94)30 / 04 / 2018

 

 

Chronique n° 3 – « Sondages européennes : tour d’horizon des possibles »

Valeurs actuelles publiait aujourd’hui un sondage IFOP pour les élections européennes. Comme toujours, et a fortiori lorsqu’on est si loin de l’échéance, il n’est d’aucun intérêt de rentrer dans le détail de l’enquête, inexploitable, mais il peut par contre être utile d’observer les grandes masses. Et dès lors, en s’affranchissant des représentations traditionnelles, des lignes de force extrêmement marquées apparaissent qui ne sont pas sans rappeler le vote contre le TCE de 2005.

Inutile je le disais de conjecturer sur les 27% accordés à LREM, les 17% donnés au FN, les 15% de LR, les 14% de LFI, les 7% du PS ou les 6% de DLF, et encore moins sur les 3% de Hamon ou de EELV qui ne leur donneraient aucun élu ni même de gloser sur les 2% du PCF. Aucun sens non plus, sinon pour celles et ceux qui extrapolent sur leur élection future, de faire « la règle de trois » (NB : d’ailleurs si on pouvait appeler cela la quatrième proportionnelle cela permettrait d’harmoniser les choses et faciliterait la tâche des profs de maths dont je suis…) en ne prenant en compte que les scores supérieurs à 5% pour calculer le nombre d’élus potentiels. La belle affaire : du nombre de sièges à Strasbourg ne dépend pas une majorité sinon pour les bénis oui-oui de l’UE, mais bien une volonté de subvertir la parole et l’action au sein de l’institution pour faire entendre la voix des peuples et préparer les rapports de force pour les échéances électorales directement à venir et susceptibles dans les cadres nationaux d’inverser le rapport de force.

 

Le premier constat est par contre que la latéralisation gauche/droite n’a plus de sens à elle-seule. Après un an d’exercice du pouvoir par M. Macron, toutes les enquêtes expriment que les Français.es considèrent qu’il applique une politique de droite. Ainsi, on aurait un assentiment LREM + LR +FN+DLF qui atteindrait 65%, tandis que la somme LFI + PS + EELV + Générations + PCF plafonnerait en deçà des 30 %. Et ce en plein mouvement social, donc a priori favorable à ces derniers. Il est donc heureux que le dégagisme ait rebattu les cartes faute de quoi le camp du progrès social aurait du souci à se faire avec aussi peu de réserves en son sein !

Le second est que M. Macron a bien acté la permanence du vote de 2005 dans la structuration de la vie politique. Un sondage IPSOS publié il y a quelques jours sur le bilan de son action depuis un an le confirmait : 55 % (tiens donc) des Français.es sont mécontents du chef de l’État. Et comme en 2005, les centristes plébiscitent à 93 % son action tandis que LR (51 % de favorables, 49 % mécontents) et le PS (41 % de favorables, contre 59 %) sont déchirés. A l’inverse seuls 22 % des électeurs du FN et 15 % des sympathisants de la France insoumise sont satisfaits de son action. Impossible pour lui de se soustraire à cet état de fait sur l’élection européenne. L’enquête IFOP du jour confirme à son tour le rejet de l’U.E. telle qu’elle est et telle qu’elle va : le NON de 2005 reste non seulement majoritaire dans ce pays, mais s’est sans nul doute renforcé dans l’intervalle.

 

A défaut de pouvoir de pouvoir bousculer ce rapport de force, M. Macron a donc mis en place une stratégie politicienne qui vise à capter de manière hégémonique la représentation du OUI de manière à sortir non seulement le plus haut possible dans l’élection, mais aussi devant tous les autres en jouant sur les différences d’approches existant dans l’ancien camp du NON. Il a pour cela pris les devants en posant sur la table un objet clivant, la souveraineté européenne. Celle-ci est un véritable piège visant à instaurer une conflictualité et créer un double amalgame : autour de lui pour les anciens tenants du OUI ; en niant les différences entre les NON et en agrégeant grossièrement tous ceux qui, à quelque degré que ce soit, jugent nécessaire de rompre avec l’actuel fonctionnement de l’UE et ses politiques, ce spectre allant de ceux qui, comme La France insoumise, plaident pour une Europe des peuples basée sur la souveraineté populaire en s’appuyant sur la désobéissance aux traités, jusqu’à ceux qui veulent sortir du projet européen pour redessiner des frontières de la haine et de l’ignorance. Bref à désigner par amalgame à la vindicte médiatique tous ceux qui n’adhèrent pas à sa souveraineté européenne comme des anti-européens.

Force est de constater que le piège s’avère efficace. Les principaux dirigeants de EELV ont ainsi cosigné une tribune ce dimanche dans le JDD revendiquant haut et fort leur souhait d’une souveraineté européenne. Dans Libération et le même jour, M.Hamon se déclarait lui aussi « comme EELV européen et fédéraliste ». Autrement dit, sauf à ce que les mots n’aient plus de sens, il adhérait lui aussi à l’idée d’un peuple européen auquel il faudrait dès lors affecter une souveraineté propre. Pas étonnant dans ces conditions que ces deux là se retrouvent broyés par l’omnipotence de LREM sur le sujet. Comme le PS qui à défaut de tenir un discours audible est entendu comme portant le même. Ajoutez-y un soupçon de LR même si celles et ceux qui peuvent se reconnaître dans cette ligne ont déjà franchi le Rubicon vers chez M. Macron et vous retrouverez peu ou prou les 45% du OUI au TCE. L’OPA de M. Macron sur ce total est donc réussie puisqu’il s’en arroge près des deux-tiers.

 

Mais le piège est aussi grossier et finalement pas si différent de celui qui avait été déjoué en 2005. La perspective est donc d’autant plus encourageante qu’à l’époque le NON progressiste attaché à la souveraineté populaire avait été largement majoritaire (autour de 60 à 70 % selon les estimations) devant le Non ethnique et du repli sur soi. Voilà qui, par delà toutes les estimations, est d’autant plus porteur d’espoir pour le camp de l’humanisme radical qu’il affirmera clairement son refus de se soumettre à l’Union Européenne et à ses politiques au service de la Caste, tout en rendant aux peuples d’Europe leur liberté et leur droit de décider par eux-mêmes : leur souveraineté.

François COCQ 16 / 05 / 2018

 

 

 

 

 

 

Les tribunes de Francis DASPE

 

L’unité sur des programmes incompatibles ?

Tribune parue sur le site de Mediapart le 17 mai 2018

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée, est co-animateur des « Assises itinérantes de la Table renversée ». Il est aussi auteur de « La Révolution citoyenne au cœur » (Eric Jamet éditeur, octobre 2017).

Il est des formules en politique qui à force d’être ressassées de manière incantatoire peuvent finir par donner l’apparence d’une vérité. Il n’y a pourtant rien qui n’entraine plus de confusions regrettables, rien qui n’obscurcisse davantage le débat argumenté en raison. C’est le cas de cette phrase, rituellement lancée comme une injonction à l’unité et au rassemblement, indiquant que « nous avons plus de choses qui nous rassemblent que d’éléments qui nous divisent ». Il n’est pas anodin de signaler qu’elle est souvent prononcée dans un contexte de préparation d’échéances électorales… A un moment où le quantitatif indifférencié et (faussement) naïf s’impose au qualitatif raisonné, faisant l’impasse sur les questions essentielles. Quelles sont les choses qui finalement pourraient nous diviser ? A partir de quel seuil rendraient-elles l’union impossible sur la base de l’incompatibilité avérée des programmes ?

Les tentatives de Benoît Hamon de coller de manière pavlovienne au programme « L’Avenir en commun » de La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon représentent un cas d’école éclairant. L’opération vise à justifier sur ces bases un rapprochement électoral dont il serait bien évidemment le principal bénéficiaire au regard de sa supposée capacité à rassembler plus largement. Sans doute au nom d’un « avenir désirable » maintenu qui n’a pourtant obtenu que 6% des suffrages. Puisque 95% seraient communs aux deux programmes, jetons un coup d’œil sur les 5% qui font divergence.

 

Benoît Hamon propose une 6° République, mais pas de processus constituant ni d’assemblée constituante. Sans intervention populaire en amont, l’opération se résumerait en un exercice convenu, sans réelle rupture, d’essence technocratique et administrative. Il s’agirait alors d’alimenter les sources déjà abondantes du désintérêt de la chose politique qui constitue par son inertie la meilleure forteresse des oligarchies. Il ne s’agit clairement pas de la même 6° République que propose La France Insoumise.

La constance, voire l’entêtement, de Benoît Hamon à rappeler que son projet pour l’Europe s’inscrit résolument dans le cadre des institutions actuelles de l’Union Européenne (et donc des traités qui sont la colonne vertébrale de l’acquis communautaire) constitue une autre des divergences à placer dans le quota des 5% visiblement autorisés. A telle enseigne qu’il a mis en demeure Jean-Luc Mélenchon de modifier dare-dare sa vision de l’Europe et des traités européens, pour mieux s’y soumettre. La possibilité même d’un plan B de rupture, comme le préconise La France Insoumise, équivaudrait à un véritable casus belli. Se conformant au final au cadre des traités européens, dont la logique est celle de l’austérité des critères de Maastricht, de la concurrence libre et non faussée, de l’indépendance de la Banque centrale européenne, le projet de Benoît Hamon se révèle à l’usage incompatible avec la majorité des chapitres de « L’Avenir en commun ». Est-il sérieux et crédible de parler dans ces conditions de partage des richesses en faveur du travail, de sauvegarde et de promotion des services publics, de progrès humain et de planification écologique ?

Le soutien aux bombardements de la Syrie sans résolution de l’ONU repousse Benoît Hamon dans le camp de l’atlantisme et de l’unilatéralisme. Cette doctrine des relations internationales se situe à l’exact opposé de la théorie du nouvel indépendantisme fondée sur les concepts de sécurité collective et de multilatéralisme que prône « L’Avenir en commun ». La géopolitique commandant très souvent à la politique, que ce soit en droite ligne ou par des incidences collatérales, une telle orientation rend caduque la réalisation d’une politique humaniste et progressiste en opposition frontale avec l’ordre international actuel dont les piliers sont économiques, avec les traités de libre-échange, et géopolitiques, avec l’atlantisme.

Il en résulte une incompatibilité avec la quasi-totalité du programme de La France Insoumise. Dans cette configuration, qu’on nous dise alors quels sont les points qui rassembleraient !

 

La stratégie hamoniste relève davantage de la basse tactique visant à refaire le match (largement perdu) de la présidentielle. Dire qu’il s’agit de carambouille électoraliste est parfaitement juste, mais insuffisant pour aller plus en avant dans la nécessaire caractérisation politique réclamée par tout débat éclairé. On peut y déceler la persistance compulsive de la pratique de la synthèse émolliente qui avait fini par avoir raison de la crédibilité du Parti Socialiste. La synthèse socialiste n’était-elle pas en réalité une autre façon de pratiquer avant l’heure le « et en même temps » d’Emmanuel Macron ? Bien qu’ayant quitté le Parti Socialiste, bien que le Parti Socialiste ait quitté la rue Solferino, Benoît Hamon est nettement resté dans l’âme un solférinien. Drôle d’unité qui se ferait entre programmes incompatibles ! Pire qu’un malentendu, pire qu’une escroquerie, ce serait une faute politique. La politique mérite mieux que cela ; sa réappropriation par les citoyens passe aussi par le respect des « 3 C » : clarté, cohérence et constance.

Francis DASPE

 

 

 

 

Histoires de carburants et de leviers Pour renverser la table par la révolution citoyenne 

Tribune parue sur le site de Politis le 31 mai 2018.

Francis DASPE est animateur des Assisses itinérantes de la Table renversée de l’AGAUREPS-Prométhée et auteur du livre « La Révolution citoyenne au cœur » (Eric Jamet éditeur, octobre 2017).

Si l’inertie des peuples est la meilleure forteresse des tyrans, le mépris social constitue de manière symétrique le meilleur carburant possible des révoltes et des révolutions. L’aveuglement et la suffisance sont à y ajouter. C’est la stratégie actuellement adoptée par le Président de la République Emmanuel Macron. Son monde incarne à l’excès cette prétention de caste.

 

En réalité, c’est un bien petit monde, particulièrement binaire, entre « les gens qui sont rien » et « les premiers de cordée ». L’évidence saute pourtant aux yeux : les premiers de cordée sont si peu de choses, tandis que les gens qui sont rien sont presque tout. Le parallèle avec la situation prévalant en 1789 prend toute sa signification. Dans sa célèbre brochure publiée début 1789 dans le cadre de la préparation des Etats-Généraux, l’abbé Sieyès s’interrogeait en posant la question suivante : « Qu’est-ce que le Tiers-Etat ? ». Il y répondait en trois temps pour indiquer que, s’il était en réalité tout, le Tiers-Etat n’avait été jusqu’à présent dans l’ordre politique rien, mais qu’il demandait désormais à y devenir simplement quelque chose. La révolution qui survint procéda à un grand chamboulement de l’ordre social et politique. Est-ce à dire que nous sommes dans une situation similaire ?

 

Le moment révolutionnaire ne se décrète pas ; il lui faut une étincelle. Il dispose cependant de conditions favorables. Celles-ci se résument en une affirmation : l’idée tenace ancrée dans les mentalités que tout peut continuer comme avant doit être invalidée et balayée. En d’autres termes, la reproduction à l’infini du réel n’est plus possible. La seule issue consiste à inventer pour rompre en profondeur. La situation caractérisant aujourd’hui la France s’y rattache. La colère atteint un tel paroxysme que le désenchantement et la résignation sont en capacité de se transformer en mobilisation. Les marées populaires de samedi 26 mai doivent être comprises comme une étape supplémentaire, et peut-être décisive, dans la construction et dans l’expression d’une alternative radicale.

 

Ces marées populaires qui ont essaimé sur l’ensemble du territoire ont activé de concert trois leviers indispensables pour espérer renverser la table. Il s’agit à la fois de converger, de décloisonner et de fédérer.

La convergence dans les luttes représente un préalable trop longtemps minimisé dans les réflexions et malmené dans les pratiques ; toutes constituent une partie inaliénable de l’intérêt général, lui-même un et indivisible. Ce qui survient aux uns peut arriver aux autres ; il concerne en toute hypothèse tous quand bien même certains n’en seraient pas directement affectés.

Le décloisonnement des contestations et des revendications exprimées par les  forces associatives, syndicales et politiques a produit des effets revigorants. Il se situe à rebours de l’absurde séparation qui nie la communauté de destin de l’action collective, oubliant la nécessaire double besogne (quotidienne et d’avenir) de la charte d’Amiens si mal comprise. Il est également à l’opposé de la théorie (ou de la réalité) de la conception insensée et « rabougrissante » de la courroie de transmission qui ne possède aucun fondement réel opératoire.

La dynamique visant à fédérer le peuple pour un avenir en commun mobilisateur est alors rendue possible. Il s’agit d’infuser dans la société, tel un mouvement de masse touchant au plus profond les consciences des populations. La politique n’étant pas une question d’arithmétique mais au contraire de dynamique à construire, fédérer le peuple ne consiste pas à rassembler dans d’improbables cartels les petites chapelles éparses, en déshérence ou pas peu importe, dont la somme reste très loin du compte.

 

Pour autant, tous les leviers et les carburants du monde ne seraient que peu de choses sans perspective majoritaire. La formation d’une nouvelle conscience collective doit s’incarner dans une nouvelle majorité populaire et la promesse d’un avenir en commun. Aujourd’hui, seule La France Insoumise se retrouve en capacité de proposer de telles perspectives.

Celles-ci se nourrissent autant qu’elles nourrissent la décomposition et le délitement du vieux monde à balayer. C’était le cas de l’Ancien Régime en 1789 avec Louis XVI qualifiant la prise de la Bastille de révolte, occultant la réalité de la révolution naissante. Avec un aveuglement identique, mais avec un supplément de morgue en prime, le Premier Ministre Edouard Philippe attribuait aux marées populaires un « petit coefficient ». Le régime actuel possède cependant une capacité de résistance supérieure à la monarchie brinquebalante ; les oligarchies du temps présent reconnaissent Emmanuel Macron comme leur ultime rempart. Dans un réflexe de classe ou de caste, elles font bloc en conséquence avec lui. Il n’en allait pas de même des privilégiés à l’égard d’un roi faible et affaibli. Il faudra donc avec une énergie redoublée converger, décloisonner et fédérer pour parvenir à renverser la table par la réalisation de la révolution citoyenne qui serait alors à portée de main.

Francis DASPE

 

 

 

 

Communiqué de l’AGAUREPS-Prométhée

 Connaître les enjeux du conflit israélo-palestinien 

            L’AGAUREPS-Prométhée dénonce la répression militaire sanglante utilisée par Israël qui s’est traduite par de nombreuses victimes palestiniennes. La complexité de la situation ne soit cependant pas empêcher d’identifier quatre des principaux enjeux.

  • le tracé des frontières du futur Etat palestinien (composé de la bande de Gaza et de la Cisjordanie). Deux problèmes se posent, en lien avec la recherche d’un minimum de continuité et de cohérence territoriales à l’Etat palestinien : un passage entre les deux parties, la présence de nombreuses colonies israéliennes parsemant la Cisjordanie.
  • le démantèlement des colonies de peuplement israélien en Cisjordanie. Il s’agira dans un premier temps de stopper la construction de colonies et de logements, puis dans un second temps d’abandonner des colonies déjà existantes par ailleurs installées de manière illégale.
  • le statut de Jérusalem. La ville est revendiquée par les deux parties. La construction par Israël en 2005 d’un mur de séparation a compliqué les données. La décision irresponsable de Donald Trump de transférer l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem a envenimé la situation.
  • le sort des réfugiés palestiniens et de leurs descendants. Il s’agit de la question du « droit au retour » pour les Palestiniens qui ont dû quitter le pays principalement après 1948 (création de l’Etat d’Israël) ou 1967 (guerre des Six Jours). Les Israéliens craignent un déséquilibre démographique qu’un retour massif provoquerait, préférant même concéder des aides financières pour favoriser l’installation des réfugiés dans les pays d’accueil.

Pour l’AGAUREPS-Prométhée, la paix dans cette région passe par la reconnaissance de deux Etats coexistant pacifiquement dans le cadre du respect des résolutions de l’ONU. La stabilité doit être garantie par une sécurité collective s’appuyant sur une conception multilatérale des relations internationales.

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée 

 

 

 

 

Agenda AGAUREPS-Prométhée

Les Assises itinérantes de la Table renversée

 

Conférence/débat 20 juin à Narbonne

Dans le cadre de sa campagne nationale de réflexion et d’action intitulée « Assisses itinérantes de la Table renversée », l’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Narbonne mercredi 20 juin 2018, salle Cheytion, Palais des sports, des arts et du travail (1 boulevard Frédéric Mistral), à partir 19 heures.

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée, introduira ces « Assisses itinérantes de la Table renversée ».

 

Conférence/débat 22 juin à Marmande

Dans le cadre de sa campagne nationale de réflexion et d’action intitulée « Assisses itinérantes de la Table renversée », l’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Marmande vendredi 22 juin 2018, salle Damouran (square Verdun, rue de la Libération) à partir 19 heures.

Deux intervenants introduiront ces « Assisses itinérantes de la Table renversée », Céline PIOT et Francis DASPE.

 

 

 

 

 

 

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Les « Assises itinérantes de la Table renversée » de l’AGAUREPS-Prométhée à Narbonne

 

Dans le cadre de sa campagne nationale de réflexion et d’action intitulée « Assisses itinérantes de la Table renversée », l’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Narbonne mercredi 20 juin 2018, salle Cheytion, Palais des sports, des arts et du travail (1 boulevard Frédéric Mistral), à partir 19 heures.

 

Les élections de 2017 ont modifié en profondeur le paysage politique en France. La vague « dégagiste » annoncée a bien eu lieu. Mais l’élection à la présidence de La République d’Emmanuel Macron n’a pas purgé le système. Depuis un an, l’ancien monde, s’il s’est paré de nouveaux visages, se perpétue en réalité sur le fond. La déception et la résignation démocratiques n’ont jamais été aussi présentes. La restauration du peuple comme sujet politique reste plus que jamais d’actualité.

 

Il y a véritablement urgence à « renverser la table ». Quel projet politique humaniste et émancipateur est aujourd’hui en capacité d’incarner cette alternative ? Avec quelles orientations stratégiques ? Pour quelles perspectives politiques ?

 

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée, introduira ces « Assisses itinérantes de la Table renversée ».

 

Entrée libre.

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Les « Assises itinérantes de la Table renversée » de l’AGAUREPS-Prométhée à Marmande

Dans le cadre de sa campagne nationale de réflexion et d’action intitulée « Assisses itinérantes de la Table renversée », l’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Marmande vendredi 22 juin 2018, salle Damouran (square Verdun, rue de la Libération) à partir 19 heures.

 

Les élections de 2017 ont modifié en profondeur le paysage politique en France. La vague « dégagiste » annoncée a bien eu lieu. Mais l’élection à la présidence de La République d’Emmanuel Macron n’a pas purgé le système. Depuis un an, l’ancien monde, s’il s’est paré de nouveaux visages, se perpétue en réalité sur le fond. La déception et la résignation démocratiques n’ont jamais été aussi présentes. La restauration du peuple comme sujet politique reste plus que jamais d’actualité.

 

Il y a véritablement urgence à « renverser la table ». Quel projet politique humaniste et émancipateur est aujourd’hui en capacité d’incarner cette alternative ? Avec quelles orientations stratégiques ? Pour quelles perspectives politiques ?

 

Deux intervenants introduiront ces « Assisses itinérantes de la Table renversée », Céline PIOT et Francis DASPE.

 

Entrée libre.

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Les « Assises itinérantes de la Table renversée » de l’AGAUREPS-Prométhée à Bordeaux

Dans le cadre de sa campagne nationale de réflexion et d’action intitulée « Assisses itinérantes de la Table renversée », l’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Bordeaux samedi 2 juin 2018 (salle du Grand Parc, place de l’Europe).

 

Les élections de 2017 ont modifié en profondeur le paysage politique en France. La vague « dégagiste » annoncée a bien eu lieu. Mais l’élection à la présidence de La République d’Emmanuel Macron n’a pas purgé le système. Depuis un an, l’ancien monde, s’il s’est paré de nouveaux visages, se perpétue en réalité sur le fond. La déception et la résignation démocratiques n’ont jamais été aussi présentes. La restauration du peuple comme sujet politique reste plus que jamais d’actualité.

 

Il y a véritablement urgence à « renverser la table ». Quel projet politique humaniste et émancipateur est aujourd’hui en capacité d’incarner cette alternative ? Avec quelles orientations stratégiques ? Pour quelles perspectives politiques ?

 

Trois intervenants introduiront ces « Assisses itinérantes de la Table renversée », Marin AURY, Patrice KADIONIK et Francis DASPE.

 

Entrée libre.

 

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée  

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