Pour renverser la Table avec ADP !

L’AGAUREPS-Prométhée poursuit sa campagne d’action dans le cadre des « Assises itinérantes de la Table renversée ». L’actualité lui offre un exemple concret pour illustrer l’expression « renverser la Table » : la procédure visant à obtenir un référendum d’initiative partagée pour s’opposer à la privatisation d’ADP (Aéroports de Paris)  prévue par la loi Pacte.

 

La privatisation annoncée d’ADP serait un rude coup porté à l’intérêt général. Elle ne vise qu’à satisfaire les intérêts privés d’une petite oligarchie, celle qui constitue le soutien du président des riches, Emmanuel Macron.

 

D’ici le mois de mars 2020, il faut obtenir plus de 4,7 millions de signatures (soit 10% du corps électoral) à la pétition afin d’obtenir ensuite l’organisation un référendum permettant de s’opposer à la privatisation d’ADP.

 

L’AGAUREPS-Prométhée appelle à la mobilisation la plus large possible afin d’empêcher cette mesure nocive et injustifiable. C’est une occasion unique de commencer à renverser la table. En effet, le peuple souverain doit reprendre collectivement le pouvoir dont on essaie de le déposséder. L’urgence démocratique ne peut se résoudre que le retour du peuple aux affaires : il est la solution à la crise actuelle qui exige plus que jamais de renverser la table.

 

Le lien pour signer la pétition :

https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1

 

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée  

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A Narbonne, la stratégie pour la révolution citoyenne au menu des « Assises itinérantes de la Table renversée » de l’AGAUREPS-Prométhée

Dans le cadre de sa campagne nationale de réflexion et d’action intitulée « Assisses itinérantes de la Table renversée », l’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Narbonne mercredi 26 juin 2019, salle Cheyton (Palais des sports, des arts et du travail, 1 boulevard Frédéric Mistral), à 19 heures.

 

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée et animateur de groupe d’action à La France Insoumise, interviendra sur le thème « Stratégie pour la révolution citoyenne ».

 

Les incertitudes de la situation sociale et politique montrent qu’il y a véritablement urgence à « renverser la table ». Le mouvement des Gilets Jaunes et les résultats des élections européennes témoignent de l’aspiration au plus profond du peuple à proposer des ruptures radicales porteuses d’une véritable alternative. Quel projet politique humaniste et émancipateur est aujourd’hui en capacité d’incarner cette alternative ? Avec quelles orientations stratégiques ? Pour quelles perspectives politiques ?

 

Francis DASPE est également auteur du livre intitulé « La Révolution citoyenne au cœur » (Eric Jamet éditeur, octobre 2017).

 

Entrée libre.

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LETTRE DU MOIS DE L’AGAUREPS-PROMÉTHÉE N° 138 MAI / JUIN 2019

Sommaire du numéro 138 : Assises itinérantes de la Table renversée

  • Editorial de Francis DASPE : « La Macronie et l’Europe sans le peuple, contre le peuple» page 2
  • Tribune collective : « Gilets jaunes : c’est au peuple qu’il appartient d’écrire la suite de l’histoire» page 4
  • Appel collectif des Landestransmis par Céline PIOT: « Ne touchez pas à la loi de 1905 ! » page 6
  • L’interview prométhéenne : François COCQ « Que fleurissent les comités constituants !» page 7
  • Tribune de François COCQ : « Européennes : les partis politiques rattrapés par la marée» page 9
  • Tribune de Francis DASPE : « L’Union européenne ou le paradis terrestre des droites» page 11
  • Agenda de l’AGAUREPS-Prométhée (Alès – Bordeaux – Narbonne – Montpellier) page 13
  • Une fiche d’adhésion (facultative mais conseillée…) pour 2019 page 15

 

 

La Macronie et l’Europe sans le peuple,

contre le peuple

 

 

Nous avions prévu de faire de ce numéro 138 de la Lettre du mois de l’AGAUREPS-Prométhée un spécial consacré aux élections européennes. Il se serait agi d’en tirer les enseignements de la manière la plus conventionnelle qui soit, dans une logique analytique avec l’inventaire de la situation de chacune de forces politiques. Nous avons finalement modifié notre approche. Les résultats de ces élections européennes sont porteurs de confusions et d’incertitudes. Les enseignements sont difficiles à décrypter. Mais il ne fait aucun doute que décrypter le confus et l’incertain constitue la sève et l’honneur de la réflexion politique.

Dans cette optique exigeante, nous avons préféré poursuivre la réflexion dans le cadre plus global des « Assises itinérantes de la Table renversée » lancées il y a un an de cela par l’AGAUREPS-Prométhée. C’est dans ces conditions que nous sommes amenés à nous confronter réellement à l’incertain et au confus. Une autre raison nous pousse à opter logiquement pour cette démarche. Le verdict de dimanche 26 mai, conjugué aux récents événements de la crise sociale et politique actuellement à l’œuvre de manière si visible, montre à l’évidence que les élections ne sont pas tout. Plus précisément, qu’elles sont de moins en moins tout. Et, peut-être même ne sont-elles plus l’essentiel.

 

C’est un dur constant pour un républicain émérite considérant le suffrage universel comme l’arche sainte de la démocratie. N’en déplaise au laïque tout aussi émérite. Le taux d’abstention a été l’objet d’interprétations diverses. La plupart des commentateurs et des acteurs se sont réjoui d’une participation en hausse de 10 points par rapport aux européennes précédentes de 2014, et même de 2009. Malgré ce regain de participation, nous avons quelque difficulté à adopter un point de vue identique. Drôle de démocratie dans laquelle on peut se satisfaire qu’un électeur sur deux reste à la maison et se désintéresse de la chose publique, quel que soit le niveau d’attractivité de l’élection considérée ! Un témoignage plus flagrant indiquant que la  Macronie et l’Union européenne se trouvent bien privées de peuple. Le pire, c’est qu’elles s’en accommodent aisément !  La réalité est davantage celle d’une grève civique froide à laquelle nous assistons. Une démocratie sans peuple est à l’œuvre, plaçant plus que jamais l’impératif démocratique au rang d’urgence, comme l’avait laissé pressentir l’insurrection citoyenne des Gilets jaunes.

 

Macronie et Union européenne appartiennent au même monde des oligarchies. Les liens de solidarité les unissant sont nombreux et puissants. Elles se donnent même à l’occasion des alliés de circonstances. Le pseudo duel entre l’extrême marché (La République en marche) et l’extrême droite (Rassemblement national) n’était bien en définitive qu’un duo jouant l’assurance vie du système vermoulu de l’Ancien Monde. Le subterfuge a même fonctionné au delà des espérances. En s’échinant à instaurer des clivages factices opposant entre elles d’improbables catégorisations politiques, le Président de la République prend ainsi le risque de rehausser le plafond de verre qui limitait fort heureusement le Rassemblement National / Front National. Il reste le fidèle rempart d’un système à bout de souffle.

Emmanuel Macron n’est soutenu que par 20% des électeurs des 50% des participants, soit à peine 10% du corps civique. A part les ultimes tenants de l’ancien monde, tous les autres ont manifesté d’une manière ou d’une autre, leur opposition résolue au macronisme. Dans ces conditions, comment peut-on gouverner, et qui plus est réformer à la hache, un pays dont les trois quarts des citoyens vous détestent ? C’est clairement impossible ! La Macronie et l’Union européenne se trouvent dans une impasse tragique. Ce n’est pas seulement sans le peuple que la Macronie agit, mais aussi contre le peuple !

 

Cette impasse tragique se traduit par la mise en concurrence de souverainetés. Subsiste toujours la souveraineté issue du vote des élections présidentielle et législatives de 2017. Elle s’est effritée avec l’exercice du pouvoir. Les bravacheries jupitériennes rappellent qu’elle existe encore. Elle garde sa part de légitimité, institutionnelle bien plus que populaire. Elle voudrait cependant reléguer une autre souveraineté, véritablement permanente et inaliénable, celle du peuple. Les citoyens seraient invités à se taire pendant cinq ans. A subir sans broncher pendant la durée d’un quinquennat. A attendre 2022 avant de se taire à nouveau. L’irruption des Gilets jaunes s’explique par une double absurdité, celle du cadre institutionnel à tendance monarcho-présidentielle et celle des politiques menées unilatéralement en faveur des plus riches. Ce n’est même pas la démocratie représentative qui est en cause dans l’affaire. Car depuis la réforme constitutionnelle appliquée depuis 2002 (passage au quinquennat, inversion du calendrier électoral reléguant les législatives immédiatement après la présidentielle, concordance des mandats du président et des députés), nous sommes passés à une démocratie purement délégative. L’expression n’est-elle pas en fin de compte un parfait oxymore ? Car les chances sont grandes qu’une délégation de pouvoir se passe aux dépends des prérogatives du peuple en théorie dernier souverain. Les dérives monarchiques ont par la suite franchi des seuils décisifs avec l’hyper-président Sarkozy, les promesses mensongères de campagne de Hollande et l’imperium jupitérien de Macron. Pour revenir à quelques unes des sources du mal démocratique de ce siècle engagé, n’y a-t-il pas plus éclatant symbole que cet éditorial soit écrit un 29 mai, jour anniversaire du vote des citoyens français par référendum contre le projet de traité constitutionnel européen, qui fut ensuite honteusement bafoué par le traité de Lisbonne ?

 

Le projet de « fédérer le peuple » constitue un horizon nécessaire.  Il passe par la capacité d’incarner concrètement un espoir de changement radical. Ce changement radical se nomme révolution citoyenne. La révolution citoyenne consiste principalement en deux éléments incontournables. Elle appelle d’abord à une nécessaire implication populaire. Elle se fonde ensuite sur l’évidence de la radicalité alimentée par un « ça ne peut plus continuer comme avant ! ». Nous en sommes clairement à ce stade à la fois de profonde exaspération et d’intense prise de conscience.

Quand le peuple, faute d’espérance mobilisatrice, fait défaut, ce sont les nuances de droite et d’extrême droite qui occupent le devant de la scène. La stratégie de « fédérer le peuple » doit être approfondie. C’est elle qui permettra l’avènement du changement radical auquel nos concitoyens aspirent, et qui se nomme révolution citoyenne.

L’AGAUREPS-Prométhée entend y prendre sa part. Elle contribue pour l’heure à la cause commune notamment avec un travail de réflexion, consultable dans cette lettre, sur son site ou à venir, avec des réunions déjà prévues dans son agenda ou à venir. Décidément, une riche idée de l’AGAUREPS-Prométhée que ces Assises itinérantes de la Table renversée

 

Francis DASPE  29 / 05 / 2019

 

 

 

 

 

 

Gilets jaunes : c’est au peuple qu’il appartient d’écrire

la suite de l’histoire

Tribune collective parue dans Libération le 8 mai 2019.

Des citoyens engagés dans le mouvement des gilets jaunes, la plupart proches ou membres de La France insoumise, appellent à créer, non un parti ou une association, mais des «cercles constituants» pour lancer une réflexion collective sur les institutions et le partage des richesses.

Le 17 novembre 2018 a marqué l’entrée dans une nouvelle ère : celle du retour du peuple sur la scène de ce qui était devenu un théâtre d’ombres. Le mouvement des gilets jaunes a percuté de plein fouet l’atomisation libérale de la société en réouvrant une perspective collective. Les gilets jaunes ont donné à voir la volonté de constitution d’un corps politique refondé par le contrat social. Ce faisant, ils mettaient radicalement en cause l’organisation, ou plutôt la désorganisation de la société par l’émiettement individualiste, qui, depuis plus de trente ans maintenant, laisse les coudées franches à la finance galopante et à la caste qui la sert.

Les conclusions solitaires qui ont été tirées du «grand débat» par le monarque présidentiel n’ont apporté aucune réponse à cette exigence démocratique. Pire, toute proposition en ce sens a été immanquablement rejetée. Il faut dire que le cadre proposé était avant tout un corset : les gens étaient certes appelés à discuter, mais étaient «en même temps» privés de la liberté de décider. Face à l’irruption populaire, le pouvoir n’a proposé qu’un groupe de parole.

Le débouché politique du mouvement des gilets jaunes n’en reste pas moins un enjeu majeur pour l’ensemble du pays. Ce mouvement continue en effet à imprégner l’ensemble de la société. Par sa capacité à muter au fur et à mesure qu’il agrège, il a tiré sa force dynamique en s’affranchissant du cadre institutionnel. C’est donc une matrice nouvelle qu’il convient de fabriquer et qui rassemble le plus grand nombre.

Car si les gilets jaunes ne sont pas le peuple, ils en sont la pointe avancée, celle qui a formulé cet impératif démocratique : «Nous ne nous contentons plus d’être des individus. Nous revendiquons notre droit à la citoyenneté !» Dès lors, le seul débouché politique à la hauteur de cet élan est l’appropriation par l’ensemble du corps social et politique de cette exigence.

Nécessité fait loi : nous pensons que la République doit faire retour à ses commencements et s’engager sans attendre dans un processus constituant afin que la multitude se refonde en un corps politique décidant de son destin. L’élection d’une «assemblée constituante citoyenne» sera bien sûr, le moment venu, l’outil de sa mise en œuvre. Mais si l’on considère que la volonté générale procède du peuple et que c’est au sein de celui-ci que se forge l’intérêt général et non simplement dans la représentation, une assemblée constituante ne peut agir par délégation de souveraineté.

Ce mouvement nous met face à l’urgence d’inventer un modèle démocratique et social juste, respectueux de l’humain et de la planète. Il convient d’investir dès à présent et sans attendre l’étape préalable, celle de la maturation collective, de l’appropriation par le dialogue, de l’émergence dans le peuple de contenus émancipateurs et de droits de l’homme et du citoyen nouveaux : c’est au peuple qu’il appartient d’écrire la suite de l’histoire.

Nous, citoyens engagés dans le mouvement des gilets jaunes pour la Res publica et le bien commun, appelons à initier dès à présent, et partout où il n’existe pas déjà sur le territoire de structures qui puissent se saisir de cette question, des cercles constituants pour lancer la réflexion collective, tant sur le cadre institutionnel futur dont la France devra se doter, que sur les règles de vie collective pour les mettre en partage. Pas un parti, pas un mouvement, pas même une association, ces cercles constituants se retrouveront librement en réseau via une plateforme numérique pour faire circuler les propositions et enrichir la réflexion commune. Le temps constituant ne peut être capté par aucun : il appartient au peuple !

François Cocq auteur de l’Impératif démocratique, Catherine David Confédération paysanne, Nathalie Dinner conseillère départementale (PCF-FDG-LFI) déléguée au logement et à l’habitat, présidente d’un office public de l’habitat, Romain Dureau agroéconomiste, Christophe Gache secrétaire départemental du Mouvement des citoyens, Charlotte Girard universitaire et coresponsable du programme de LFI, Nicolas Guillet juriste, Mickael Idrac doctorant en sociologie des migrations à l’université Paris-Descartes, Manon Le Bretton responsable de l’école de formation de La France insoumise, Jeannick Le Lagadec conseillère départementale (PCF-FDG-LFI) déléguée à la santé, Walter Mancebon militant pour une VIe République, Alphée Roche-Noël auteur de Géographie de l’histoire de France, Jonathan Urbach avocat, Frédéric Viale coauteur de la Gauche à l’épreuve de l’Union européenne

 

 

 

Ne touchez pas à la loi de 1905 !

Tribune libre des associations landaises et des syndicats départementaux unis pour la défense de la Loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État. Transmise par Céline PIOT.

 

Même si lors de sa récente intervention télévisée rendant ses conclusions à l’issue du « grand débat » Emmanuel Macron, président de la République, vient de dire que la loi de 1905 reste « un pilier », il a aussi précisé qu’il « ne changerait pas de cap » et continuerait les « réformes » qu’il a envisagées depuis son élection. Or, en 2018, il a annoncé qu’il entendait modifier cette loi sur des aspects financiers et de labellisation de cultes « reconnus ». Par conséquent, il s’agirait d’une remise en cause profonde de la loi de séparation des Églises et de l’État ainsi que d’une violation du respect des libertés individuelles et démocratiques. Le seul chef d’État à avoir modifié la loi de 1905 pour lui porter un terrible coup sur la question des financements est Philippe Pétain en 1942 sous le régime de Vichy !

 

La loi de 1905, évitant que les principes religieux soient imposés à tous et véritable             rempart républicain contre les tentatives d’installer un régime anti-laïque, repose sur deux principes essentiels que doit mettre en œuvre la République pour garantir à tous la liberté de conscience et de culte : la non-reconnaissance des cultes et le non-financement des religions.  Or, le projet d’Emmanuel Macron remet précisément en cause ces deux principes essentiels. Par le biais d’une fiscalité dérogatoire, il mettrait en effet en place un financement public déguisé des cultes. Un « label gouvernemental » serait également donné à certains cultes reconnus qui pourraient ainsi bénéficier d’aides financières et matérielles. Dès lors, la République reconnaîtrait certaines religions et les financerait. Ce système porte un nom : le  Concordat. Ce financement des cultes sur les deniers publics, remettant en cause l’universalisme et renforçant le communautarisme, interviendrait nécessairement au détriment des services sociaux universels dans lesquels les mêmes sommes auraient pu être investies. Ce qui reviendrait à faire reculer le principe d’égalité.

 

C’est pour réaffirmer la volonté de défendre la loi de 1905 que nous (membres d’associations et/ou de syndicats) restons vigilants, organisons régulièrement des actions             publiques (comme le rassemblement à Mont-de-Marsan le 8 décembre 2018 devant la                   Préfecture des Landes) et appelons tous les citoyens à se mobiliser avec nous car les questions relatives à la Laïcité posées par le Gouvernement à l’occasion du « grand débat » et le fait qu’Emmanuel Macron n’ait pas dit clairement qu’il oubliait ses propositions de modifications ne peuvent que nous inquiéter. La loi de Séparation de 1905 n’a pas besoin d’être modifiée, juste d’être appliquée !

Signataires de la tribune :

La Fédération des Landes de la Libre Pensée, La Fédération des Landes de la Ligue de l’Enseignement, Le Conseil départemental des Associations familiales laïques des Landes, L’Association familiale laïque du Marsan, Les Délégués départementaux de l’Éducation nationale des Landes, Le Mouvement pour la Paix des Landes, L’Union départementale des syndicats cgt-FO des Landes      

 

 

 

 

 

L’interview prométhéenne : François COCQ

 

« Que fleurissent les comités constituants ! »

 

Interview de François COCQ à la suite des deux réunions publiques qu’il a animées à Céret et à Canet-en-Roussillon sur le thème « Europe : souveraineté populaire et impératif démocratique ». Il est élu de La France Insoumise à Champigny-sur-Marne et auteur d’essais politiques dont le dernier « L’impératif démocratique : de la crise de représentativité aux Gilets jaunes », mars 2019, Eric Jamet éditeur.

 

  1. Quelle place accordez-vous à la crise démocratique dans la crise globale ?

 

Le mouvement des Gilets Jaunes a agi comme un révélateur. Il a donné à voir que la crise du contenu est aussi une crise du contenant, que la négation du bien commun puis son appropriation marchande par la caste opéraient une rupture dans le consentement populaire. En interrogeant la légitimité des politiques menées, les gens ont remis en question la légitimité de celles et ceux qui les appliquent, Emmanuel Macron en premier chef.

Est alors apparu au grand jour le hiatus croissant, désormais insupportable, entre deux légitimités : d’un côté celle issue de cadres institutionnels, et en premier lieu l’élection présidentielle, et de l’autre celle de la souveraineté populaire que les citoyens entendent exercer de manière inaliénable et permanente. Parce qu’on leur a trop mangé le pain sur le dos, parce qu’ils ont été trop humiliés, les gens ont dit stop : nous ne vous faisons plus confiance car nous ne pouvons plus vous faire confiance. Désormais, nous ne voulons plus de votre interface, nous voulons décider par nous-mêmes !

 

  1. Quelle est la transcription de cette crise démocratique au niveau européen ?

 

Nous devons mesurer que ce que nous connaissons en France s’inscrit dans un mouvement profond qui traverse l’ensemble des démocraties dites libérales du continent et sans doute même au-delà. L’alignement des politiques de droite comme de gauche sur le diktat de la seule politique possible imposée par Bruxelles a asséché le politique en même temps qu’elle reléguait le citoyen au rang de spectateur. Le système y a répondu au début des années 2010 par le modèle des grandes coalitions devenues la règle pour contourner cet effritement électoral. Mais celles-ci ne suffisent déjà plus et nous voilà entrés dans l’ère des « démocraties minoritaires » : imaginez qu’aujourd’hui la moitié des pays de l’union européenne, 14 sur 28, sont dirigés par des gouvernements qui sont minoritaires au sein même de leur propre parlement.

Les gens refusent désormais de déléguer leur souveraineté à ceux qui ne sont que les émissaires coloniaux de l’imperium technocratique bruxellois. Cette mutation de la démocratie n’est pas tenable sur le temps long. La démocratie se disloque parce que l’oligarchie a écarté le demos, le peuple. Il est temps de remettre la cabane sur le chien avant que l’abyme du repli identitaire représente pour trop de gens la seule alternative.

 

  1. Quelles solutions proposez-vous à ce que vous nommez l’impératif démocratique ?

 

Au stade où nous en sommes réduits, après 40 ans d’atomisation libérale et de mise sous l’éteignoir progressive par les tenants de l’ordre établi, les gens aspirent à se redéfinir en tant que corps politique. Le mouvement des Gilets jaunes parle au plus grand nombre parce que justement il offre enfin, pour la première fois depuis 2005, cette perspective collective pour recréer du commun. Il faut s’accrocher à ce fil vital démocratique qui n’est jamais que celui de la liberté : les gens veulent pouvoir décider ! Décider des règles du jeu démocratique, autrement dit du cadre institutionnel qui permet la participation active, permanente et sans entrave de la communauté politique des citoyens, et discuter de ce qui est bien pour eux et de ce qui est bon pour tous, autrement dit remettre la question des droits à l’ordre du jour.

Plus encore qu’une assemblée constituante, nous avons besoin d’un processus constituant. Que partout sur le territoire fleurissent des cercles constituants. Là ce seront des groupes déjà constitués qui s’empareront de cette question. Ailleurs d’autres verront le jour dans ce but de refaire du citoyen un acteur à part entière de la décision. Hors les champs institutionnels qui visent à le corseter, c’est en maintenant et en portant au plus haut cette dynamique collective et cette exigence républicaine que le peuple peut se refonder et briser les chaînes qui l’enserrent. C’est là un impératif démocratique en ce que c’est pour la démocratie un besoin vital que de se régénérer au souffle populaire quand elle est à ce point abîmée.

 

 

 

 

 

 

Européennes : les partis politiques rattrapés par la

marée

 

Tribune parue sur le site de Marianne le 27 / 05 / 2019. François Cocq est Président de l’AGAUREPS-Prométhée et co-auteur de La laïcité pour 2017 et au-delà, de l’insoumission à l’émancipation (Eric Jamet éditions, 2016).

 

C’est souvent un bruit sourd. Puis de forts remous. Et la marée tourne. Le processus destituant qui se prolonge et continue à tout emporter. Les vieux partis, comme les nouveaux qui ont fait le choix de s’institutionnaliser. Ne subsiste plus dans ce paysage d’un côté qu’un président qui a fait le choix de cliver la société pour pouvoir gouverner de manière minoritaire, et de l’autre la force qui accepte d’être l’expression de ce dégagisme pour mieux porter sa vision identitaire des choses. Mais cette fois, une bascule s’opère : émerge en contrepoint l’esquisse du processus constituant.

Comme le dit la chanson, à essayer de vivre comme si de rien était, on se fait un beau jour, emporter par la marée.

 

La fin du bipartisme

Le mouvement des gilets jaunes a commencé à redonner le goût du politique au pays. L’intérêt pour la chose publique, revigoré ces six derniers mois, s’est traduit par un regain de participation. Limité certes. Mais la courbe s’est inversée. Alors certes le reflux prendra du temps. Mais la marée tourne.

Le PS avait déjà disparu du paysage en 2017. C’est au tour de LR de capituler devant le rejet populaire. Les frères siamois du bipartisme sont cette fois pareillement emportés. Des vieux partis il ne reste rien. Quant aux nouveaux, pour avoir préféré vouloir leur chiper leur place plutôt que de cultiver leur jardin, ils les accompagnent dans l’abîme.

DLF a disparu des écrans radars. LFI, en s’institutionnalisant au détriment du mouvement et de la promesse de 2017 d’être le chaînon démocratique manquant entre les gens et la représentation, est passée à côté du souffle populaire. L’échec de sa tentative de satellisation des autres formations de gauche avec sa stratégie du « leadership à gauche » la ramène au même état de nature que ceux-là : celui d’un astre mort. Comme le dit la chanson, à essayer de vivre comme si de rien était, on se fait un beau jour, emporter par la marée.

Les vieilles cartes électorales ont été brûlées.

Les vieux blocs ne valent pas mieux. La droite est en capilotade, écartelé sur chacun de ses flancs. La gauche ? Pas même 30 % toute mouillée en comptant en son sein EELV, qui pèse 45 % du total, et qui a fait campagne en se revendiquant ni de gauche ni de droite. La gauche électorale est arasée.

Un champ de ruine

Le Pen et Macron peuvent pavoiser. Ils ont construit autour d’eux un champ de ruines. Leur victoire ne tient ainsi pas tant à leur succès qu’à l’auto-destruction qui s’est manifestée autour d’eux. Macron n’avait plus qu’à ancrer son socle. Le Pen à capitaliser sur ce rôle de sparring-partner si gentiment affublé par le président, et compter sur le rabattage opéré par les stratégies du référendum anti-Macron que d’autres formations lui servaient sur un plateau. Quant à Jadot, malgré son allégeance au marché, il a su se mettre à distance du bourbier du système et récolte de ce fait les fruits de l’aspiration écologique que d’autres auraient légitimement pu prétendre cueillir. Les vieilles cartes électorales ont été brûlées.

Pour autant l’histoire vacille. La soif de politique, de discussion, d’échange qui s’est emparée du pays depuis 6 mois avec le mouvement des gilets jaunes s’est traduite par une disponibilité nouvelle pour s’investir dans le devenir de la Cité. La participation progresse de 10 points. Pour la première fois depuis trop longtemps, un processus constituant est engagé. Il est encore volatile. Nul ne doit pourtant le craindre. La preuve, le RN n’est pas aujourd’hui porté par cette dynamique quand bien même il capitalise dessus. L’urgence est donc à offrir un débouché naturel à cette soif de refonder du commun.

 

En évitant l’écueil des barrages à Le Pen ou des barrages à Macron pour être enfin soi, puisse le flot de cette reconquête de notre souveraineté collective, cette liberté républicaine chère à Rousseau, demain tout emporter.

 

L’élection européenne ne doit pas refermer la parenthèse. Au contraire, l’irruption populaire a créé une brèche. Partiellement encore, des franges du peuple se reconstituent en corps politique, sur des ronds points ou dans les élections. L’espoir renaît et le mouvement ne demande qu’à essaimer. En évitant l’écueil des barrages à Le Pen ou des barrages à Macron pour être enfin soi, puisse le flot de cette reconquête de notre souveraineté collective, cette liberté républicaine chère à Rousseau, demain tout emporter.

 

 

 

 

 

L’Union européenne ou le paradis terrestre des droites

Il s’agit d’une tribune qui a été diffusé sur le site de Marianne le 9 mai  2019. Le 9 mai est la journée de l’Europe : un bon moyen de faire la fête à l’Union européenne, en rétablissant quelques faits.

Francis Daspe est Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée et auteur de « La Révolution citoyenne au cœur » (Eric Jamet éditeur, 2017).

 

 

Au-delà des soubresauts circonstanciels de l’immédiateté politique, il devient parfois nécessaire de réinscrire les constructions politiques dans le temps long. Cela doit être le cas de l’Union européenne.

Sur la longue durée, la construction européenne peut être considérée comme le subterfuge de la droite en quête de revanche et de reconquête. Après 1945, les idées et les aspirations de gauche étaient dominantes. L’intervention de l’Etat, les nationalisations, la planification, l’Etat-Providence étaient unanimement reconnus comme des solutions incontournables dans un continent fortement traumatisé. Il faut dire que la droite était alors prise dans la nasse de la collaboration (pour une partie) et de l’échec des politiques libérales appelées « déflationnistes » (on dirait aujourd’hui austérité) à juguler la grave crise des années 30.

 

Les débuts de la construction européenne furent l’œuvre de la mouvance démocrate-chrétienne (avec en France Schumann, en Allemagne Adenauer, en Italie De Gasperi). Certains contemporains et historiens utilisèrent à cette occasion l’expression « internationale noire » pour décrire l’initiative, au regard de l’action déterminante de représentants de la démocratie-chrétienne. En témoigne l’histoire du drapeau européen. Il est d’une inspiration religieuse. La couleur bleue et les étoiles sont une référence à la Vierge, comme l’a reconnu plus tard son créateur, Arsène Heit. Précisons que les 12 étoiles ne représentent pas les Etats membres (au moment de son adoption en 1985 comme drapeau officiel de la CEE).

La droite libérale n’a pas été en reste. Vaincue idéologiquement au lendemain de la seconde guerre mondiale, elle a flairé l’occasion de retrouver des positions perdues. La concurrence libre et non faussée, la religion du libre-échange, la liberté de circulation des capitaux s’imposèrent alors comme la colonne vertébrale dans la mise en place du Marché commun. Pour sa part, la droite conservatrice s’est saisi de l’outil pour promouvoir une vision de la société réactionnaire, freinant autant qu’il était possible les évolutions sociétales allant dans le sens de l’émancipation et de l’autonomisation de l’individu. Encore aujourd’hui, ces forces conservatrices sont à l’œuvre, notamment au Sud et à l’Est du continent. Le groupe du PPE (parti populaire européen) ne s’en démarque pas réellement ; encore moins il ne les exclue, en dépit de vaines rodomontades relevant de la communication.

 

Cette union des forces de droite à l’échelle européenne résulte des valeurs et du contexte qui ont présidé à la construction européenne. Il est bon de les rappeler. En dehors des aspirations légitimes à la paix et à la démocratie, la valeur cardinale fut l’acceptation de l’économie de marché dont il était obligatoire de passer sous les fourches caudines. Le contexte fut celui d’un monde bipolaire marqué par le début de la guerre froide : la construction européenne correspondit aussi à l’organisation du bloc de l’Ouest dont témoignent le plan Marshall et l’OTAN. L’atlantisme en est également une valeur cardinale que les traités répètent jusqu’à aujourd’hui à l’envi.

Après cette première étape, d’autres vagues sont venues parachever l’édifice européen. Une accélération décisive se produisit dans les années 70 et 80 avec la contre-révolution néo-libérale (parfois appelée de manière significative conservatrice) incarnée par les figures du monde anglo-saxon de Reagan et de Thatcher. L’insertion dans la mondialisation en fut intensifiée. Une nouvelle phase s’enclencha avec la fin de la guerre froide en 1989 / 1991 que certains interprétèrent comme la fin de l’Histoire et le triomphe universel du capitalisme. La rengaine de la seule politique possible prit de l’épaisseur avec la conversion définitive d’un quatrième courant de droite, la « gauche sociale-libérale » de Clinton et Blair. Car c’est bien de droite qu’il s’agit en fin de compte. Conversion déjà entamée en France avec le tournant de la rigueur de 1983, parenthèse libérale jamais refermée qui a favorisé le ralliement décomplexé de la plus grande partie de la social-démocratie incarné jusqu’à la nausée dans le quinquennat Hollande Valls … Macron.

 

« Droites de tous les pays d’Europe, unissez-vous ! ». Cela se réalisa par la construction européenne, déclinaison continentale avant l’heure de la mondialisation néo-libérale. Les fondements de l’opération en sont la cogestion autour des critères de Maastricht et de la réalité pesante de l’ordo-libéralisme austéritaire. Des faux universalismes furent alors conviés : le marché, le souvenir idéalisé d’une Chrétienté médiévale. En récusant farouchement tout internationalisme, pour lui préférer ses exacts opposés, le fédéralisme et le supranationalisme présentés sous le masque de l’improbable oxymore de « fédération d’États-nations ».

Francis DASPE  07 / 05 / 2019

 

 

 

 

 

Agenda : les débats des Assises itinérantes de la Table

renversée de l’AGAUREPS-Prométhée

 

1/ Conférence / débat à Alès (30)

Avec François COCQ, Samedi 15 juin 2019 à 16 heures, Salle du Capitole

Thème du débat : « L’impératif démocratique »

 

 

 

2/ Conférence / débat à Bordeaux (33)

Avec Francis DASPE, Lundi 24 juin 2019 à 19 heures, Athénée municipal, place Saint-Christoly

Thème du débat : « Stratégie pour la révolution citoyenne »

 

 

3/ Conférence / débat à Narbonne (11)

Avec Francis DASPE, Mercredi 26 juin 2019 à 19 heures, Salle Cheytion, Palais des Sports, des Arts et du Travail

Thème du débat : « Stratégie pour la révolution citoyenne 

 

 

4/ Conférence / débat à Montpellier (34)

Avec Francis DASPE, A l’invitation de Muriel RESSIGUIER, député France Insoumise de l’Hérault

Jeudi 27 juin 2019 à 19 heures, Permanence parlementaire, 9 rue de Belfort, Montpellier

Thème du débat : « Contre le vol des mots, l’urgence de l’antidote au parler macronien »

 

 

 

 

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A Bordeaux, la stratégie pour la révolution citoyenne au menu des « Assises itinérantes de la Table renversée »

Le Parti de Gauche Bordeaux-Médoc et l’AGAUREPS-Prométhée organisent en partenariat une conférence / débat à Bordeaux lundi 24 juin 2019 à l’Athénée municipal (Place Saint-Christoly), à 19 heures. Elle s’inscrit dans le cadre de la campagne nationale de réflexion et d’action lancée par l’AGAUREPS-Prométhée, les « Assisses itinérantes de la Table renversée ».

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée, interviendra sur le thème « Stratégie pour la révolution citoyenne ».

Les incertitudes de la situation sociale et politique montrent qu’il y a véritablement urgence à « renverser la table ». Le mouvement des Gilets Jaunes et les résultats des élections européennes témoignent de l’aspiration au plus profond du peuple à proposer des ruptures radicales porteuses d’une véritable alternative. Quel projet politique humaniste et émancipateur est aujourd’hui en capacité d’incarner cette alternative ? Avec quelles orientations stratégiques ? Pour quelles perspectives politiques ?

Francis DASPE est également auteur du livre intitulé « La Révolution citoyenne au cœur » (Eric Jamet éditeur, octobre 2017).

Entrée libre.

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La Macronie et l’Europe sans le peuple, contre le peuple

Nous avions prévu de faire de ce numéro 138 de la Lettre du mois de l’AGAUREPS-Prométhée un spécial consacré aux élections européennes. Il se serait agi d’en tirer les enseignements de la manière la plus conventionnelle qui soit, dans une logique analytique avec l’inventaire de la situation de chacune de forces politiques. Nous avons finalement modifié notre approche. Les résultats de ces élections européennes sont porteurs de confusions et d’incertitudes. Les enseignements sont difficiles à décrypter. Mais il ne fait aucun doute que décrypter le confus et l’incertain constitue la sève et l’honneur de la réflexion politique.

Dans cette optique exigeante, nous avons préféré poursuivre la réflexion dans le cadre plus global des « Assises itinérantes de la Table renversée » lancées il y a un an de cela par l’AGAUREPS-Prométhée. C’est dans ces conditions que nous sommes amenés à nous confronter réellement à l’incertain et au confus. Une autre raison nous pousse à opter logiquement pour cette démarche. Le verdict de dimanche 26 mai, conjugué aux récents événements de la crise sociale et politique actuellement à l’œuvre de manière si visible, montre à l’évidence que les élections ne sont pas tout. Plus précisément, qu’elles sont de moins en moins tout. Et, peut-être même ne sont-elles plus l’essentiel.

 

C’est un dur constant pour un républicain émérite considérant le suffrage universel comme l’arche sainte de la démocratie. N’en déplaise au laïque tout aussi émérite. Le taux d’abstention a été l’objet d’interprétations diverses. La plupart des commentateurs et des acteurs se sont réjoui d’une participation en hausse de 10 points par rapport aux européennes précédentes de 2014, et même de 2009. Malgré ce regain de participation, nous avons quelque difficulté à adopter un point de vue identique. Drôle de démocratie dans laquelle on peut se satisfaire qu’un électeur sur deux reste à la maison et se désintéresse de la chose publique, quel que soit le niveau d’attractivité de l’élection considérée ! Un témoignage plus flagrant indiquant que la  Macronie et l’Union européenne se trouvent bien privées de peuple. Le pire, c’est qu’elles s’en accommodent aisément !  La réalité est davantage celle d’une grève civique froide à laquelle nous assistons. Une démocratie sans peuple est à l’œuvre, plaçant plus que jamais l’impératif démocratique au rang d’urgence, comme l’avait laissé pressentir l’insurrection citoyenne des Gilets jaunes.

 

Macronie et Union européenne appartiennent au même monde des oligarchies. Les liens de solidarité les unissant sont nombreux et puissants. Elles se donnent même à l’occasion des alliés de circonstances. Le pseudo duel entre l’extrême marché (La République en marche) et l’extrême droite (Rassemblement national) n’était bien en définitive qu’un duo jouant l’assurance vie du système vermoulu de l’Ancien Monde. Le subterfuge a même fonctionné au delà des espérances. En s’échinant à instaurer des clivages factices opposant entre elles d’improbables catégorisations politiques, le Président de la République prend ainsi le risque de rehausser le plafond de verre qui limitait fort heureusement le Rassemblement National / Front National. Il reste le fidèle rempart d’un système à bout de souffle.

Emmanuel Macron n’est soutenu que par 20% des électeurs des 50% des participants, soit à peine 10% du corps civique. A part les ultimes tenants de l’ancien monde, tous les autres ont manifesté d’une manière ou d’une autre, leur opposition résolue au macronisme. Dans ces conditions, comment peut-on gouverner, et qui plus est réformer à la hache, un pays dont les trois quarts des citoyens vous détestent ? C’est clairement impossible ! La Macronie et l’Union européenne se trouvent dans une impasse tragique. Ce n’est pas seulement sans le peuple que la Macronie agit, mais aussi contre le peuple !

 

Cette impasse tragique se traduit par la mise en concurrence de souverainetés. Subsiste toujours la souveraineté issue du vote des élections présidentielle et législatives de 2017. Elle s’est effritée avec l’exercice du pouvoir. Les bravacheries jupitériennes rappellent qu’elle existe encore. Elle garde sa part de légitimité, institutionnelle bien plus que populaire. Elle voudrait cependant reléguer une autre souveraineté, véritablement permanente et inaliénable, celle du peuple. Les citoyens seraient invités à se taire pendant cinq ans. A subir sans broncher pendant la durée d’un quinquennat. A attendre 2022 avant de se taire à nouveau. L’irruption des Gilets jaunes s’explique par une double absurdité, celle du cadre institutionnel à tendance monarcho-présidentielle et celle des politiques menées unilatéralement en faveur des plus riches. Ce n’est même pas la démocratie représentative qui est en cause dans l’affaire. Car depuis la réforme constitutionnelle appliquée depuis 2002 (passage au quinquennat, inversion du calendrier électoral reléguant les législatives immédiatement après la présidentielle, concordance des mandats du président et des députés), nous sommes passés à une démocratie purement délégative. L’expression n’est-elle pas en fin de compte un parfait oxymore ? Car les chances sont grandes qu’une délégation de pouvoir se passe aux dépends des prérogatives du peuple en théorie dernier souverain. Les dérives monarchiques ont par la suite franchi des seuils décisifs avec l’hyper-président Sarkozy, les promesses mensongères de campagne de Hollande et l’imperium jupitérien de Macron. Pour revenir à quelques unes des sources du mal démocratique de ce siècle engagé, n’y a-t-il pas plus éclatant symbole que cet éditorial soit écrit un 29 mai, jour anniversaire du vote des citoyens français par référendum contre le projet de traité constitutionnel européen, qui fut ensuite honteusement bafoué par le traité de Lisbonne ?

 

Le projet de « fédérer le peuple » constitue un horizon nécessaire.  Il passe par la capacité d’incarner concrètement un espoir de changement radical. Ce changement radical se nomme révolution citoyenne. La révolution citoyenne consiste principalement en deux éléments incontournables. Elle appelle d’abord à une nécessaire implication populaire. Elle se fonde ensuite sur l’évidence de la radicalité alimentée par un « ça ne peut plus continuer comme avant ! ». Nous en sommes clairement à ce stade à la fois de profonde exaspération et d’intense prise de conscience.

Quand le peuple, faute d’espérance mobilisatrice, fait défaut, ce sont les nuances de droite et d’extrême droite qui occupent le devant de la scène. La stratégie de « fédérer le peuple » doit être approfondie. C’est elle qui permettra l’avènement du changement radical auquel nos concitoyens aspirent, et qui se nomme révolution citoyenne.

L’AGAUREPS-Prométhée entend y prendre sa part. Elle contribue pour l’heure à la cause commune notamment avec un travail de réflexion, consultable dans cette lettre, sur son site ou à venir, avec des réunions déjà prévues dans son agenda ou à venir. Décidément, une riche idée de l’AGAUREPS-Prométhée que ces Assises itinérantes de la Table renversée

 

Francis DASPE  

29 / 05 / 2019

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LETTRE DU MOIS DE L’AGAUREPS-PROMÉTHÉE N° 137 MARS / AVRIL 2019

Sommaire du numéro 137 : Assises itinérantes de la Table renversée

  • Editorial de Francis DASPE : « Se saisir de leviers pour renverser la table…» page 2
  • L’interview prométhéenne : François COCQ page 3
  • Les tribunes de François COCQ : page 6
  • Tribune de Francis DASPE : « Place Publique, ou le nouveau plan B de l’oligarchie» page 10
  • Librairie AGAUREPS-Prométhée : « L’impératif démocratique. De la crise de représentativité aux Gilets jaunes» : page 12
  • Agenda de l’AGAUREPS-Prométhée (Mont-de-Marsan – Bazas – Prades) page 13
  • Une fiche d’adhésion (facultative mais conseillée…) pour 2019 page 14

 

Se saisir de leviers pour renverser la table…

La situation sociale et politique du moment présent n’est décidément pas un long fleuve tranquille. Le peuple a fait irruption sur la scène publique, tel un torrent impétueux destiné à modifier le cours du fleuve de l’Histoire. La crise est multiforme : économique, sociale, écologique, diplomatique. Mais l’aspect le plus significatif s’incarne dans la crise démocratique qui réduit par tous les moyens la souveraineté populaire. L’enjeu est évident : c’est celui de la réappropriation par les citoyens de leur capacité à décider de leur avenir, sans avoir à subir les injonctions comminatoires des représentants des oligarchies.

En effet, des résistances subsistent pour que rien ne change au final. Le système se recroqueville sur lui-même pour mieux conserver les positions acquises. Ces résistances sont celles de forces qu’il convient de regrouper sous l’appellation, certes ancienne mais tellement pertinente et en aucun cas dépassée, de « parti de l’ordre ». Il est intéressé par la préservation de ses rentes de situation. Mais il sait également s’adapter au contexte mouvant, pouvant faire preuve de trésors d’imagination à la recherche de plan B dès lors les peuples démasquent ses sombres desseins. C’est par exemple le but de ma tribune qui figure dans cette Lettre du mois, intitulée de manière si évocatrice « Place publique ou le plan B de l’oligarchie ».

Il y a donc bien urgence à renverser la table. L’AGAUREPS-Prométhée avait eu décidément le nez creux en lançant il y tout juste un an ses « Assises itinérantes de la Table renversée ». Celles-ci se poursuivent, constituant par divers moyens un des fils rouges de l’activité de l’AGAUREPS-Prométhée. C’est ce à quoi contribue le dernier livre de François Cocq sorti le mois dernier. Intitulé « L’impératif démocratique. De la crise de la représentativité aux Gilets jaunes », il place la crise démocratique comme le premier défi à relever. Actant la réalité d’une paralysie démocratique partout en Europe qui entraîne une perte du consentement populaire, cet ouvrage propose des pistes pour revitaliser les formes démocratiques amenées à se réinventer.

Une série de réunions publiques est planifiée pour le mois d’avril. Elles vont aborder un spectre suffisamment diversifié des problématiques nourrissant le débat public. La question des retraites est structurante : sans la crise des Gilets jaunes, nous serions sans aucun doute dans la rue pour s’opposer à une réforme qui était prévue (Mont-de-Marsan jeudi 11 avril). Ce n’est que partie remise d’ici peu. Une autre réunion s’attachera à réfléchir collectivement sur la stratégie pouvant faire surgir la nécessaire révolution citoyenne (Bazas samedi 13 avril). Elle passe entre autres par un combat déterminé pour dénoncer le vol du sens des mots par les tenants de l’idéologie dominante dans une logique clairement orwellienne (Prades mardi 16 mai). « L’antidote au parler macronien » est véritablement d’intérêt général.

Pour renverser la table, l’AGAUREPS-Prométhée entend se saisir de tous les leviers.

Francis DASPE  04 / 04 / 2019

 

 

L’interview prométhéenne : François COCQ

Il s’agit d’une interview de François COCQ publiée le 22 mars 2019 dans le journal Première heure.

Adjoint (La France insoumise) au maire de Champigny, François Cocq publie «L’Impératif démocratique. De la crise de la représentativité aux Gilets jaunes» (156 pp, Eric Jamet Editeur, 11 €). «Les  problématiques posées par les Gilets jaunes sont tout sauf anodines, prévient l’auteur dans sa Préface. Partant d’une étincelle réclamant plus de justice fiscale et donc sociale, elles ont quasi immédiatement embrasé la plaine des revendications démocratiques.» Dans cet entretien, M. Cocq donne son interprétation de l’origine du mouvement des Gilets jaunes, évoque leurs revendications, et s’explique sur la montée de la violence réciproque Gilets jaunes/Gouvernement. Enfin, M. Cocq, dont les relations ont été houleuses avec Jean-Luc Mélenchon, dit un mot des désaccords avec lui. Outre ce livre consacré aux Gilets jaunes, l’élu a publié «Alerte à la souveraineté européenne! La chimère de Macron contre la souveraineté populaire» (120 pp. Eric Jamet Editeur) dans la perspective des élections européennes.

 

Première Heure : Avez-vous vu venir le mouvement des Gilets jaunes?

François Cocq : Sans nul doute. Mais, vous savez, avoir eu raison trop tôt sans avoir été capable d’en convaincre le grand nombre, c’est avoir eu tort. Donc j’assume cette part d’échec. Car bien évidemment tous les ingrédients étaient sous nos yeux qui ne pouvaient que conduire à une irruption citoyenne. Début 2018, je sortais un essai, «Alerte à la souveraineté européenne», qui analysait les blocages électoraux structurels qui traversent toute l’Europe. Ce qui apparaît, c’est un hiatus entre deux légitimités : celle des urnes, indiscutable, et la volonté populaire, inaliénable et qui s’en défie de plus en plus. Cela conduit immanquablement à une perte du consentement, source de confrontation. La France pouvait d’autant moins échapper au phénomène que M. Macron est une synthèse de tous ces maux. Or en France et en Europe, nous dévalons la pente démocratique en vitesse accélérée. Mon dernier ouvrage, «L’Impératif démocratique», part d’un phénomène structurel qui change la nature des principes d’organisation de la cité humaine : la moitié des pays d’Europe, 14 sur 28, sont gouvernés par des coalitions qui n’ont pas de majorité au sein de leur propre parlement. Nous entrons dans le temps de la démocratie minoritaire. La France en est certes protégée par le verrou démocratique que sont les institutions de la Ve République. Pour autant, M. Macron n’a recueilli l’adhésion que de 18% des inscrits au premier tour et le vote de 45% d’entre eux au second tour. Dès lors, quand il applique une «impolitique», c’est-à-dire une politique qui sert les intérêts d’une caste et non l’intérêt général, il suscite une réaction populaire : le mouvement des Gilets jaunes.

 

PH : Quelles sont les revendications qui vous semblent légitimes?

FC : Ce mouvement est né d’une double revendication : sociale d’un côté, démocratique de l’autre. Fidèle à notre histoire, le peuple s’est saisi de l’aspiration partagée à plus de justice fiscale et à une meilleure répartition des richesses pour remettre sur la table le substrat fédérateur et républicain qui nous lie par le contrat social : la capacité de décider collectivement de ce qui est bien pour soi et de ce qui est bon pour tous. Par-delà le retour de l’ISF, la révision de la TVA ou l’augmentation du nombre de tranches de l’impôt sur le revenu, les gens n’en peuvent plus de subir la monarchie présidentielle. Ils demandent à être traités en citoyens actifs et être associés à ce titre à la décision de manière permanente. Le référendum d’initiative citoyenne (RIC) participe de cela mais il n’est qu’une porte d’entrée pour penser la fabrique d’une volonté commune et la réappropriation collective de la décision.

 

PH : De quoi aurait besoin ce mouvement pour aboutir au plan politique?

FC : Ne vous y trompez pas : la réussite du mouvement des Gilets jaunes ne se jugera pas à sa capacité à entrer dans les cases traditionnelles ou à formaliser une liste pour les élections européennes. Au contraire, c’est en mobilisant les énergies en dehors du champ institutionnel qu’il a ramené la solidarité sur les ronds-points et la «politeia» dans la vie de la cité. La puissance du mouvement réside dans sa capacité à infuser dans la durée. En cela, les Gilets jaunes ont déjà gagné.

 

PH : Certains sont frappés par la brutalité dont le mouvement des Gilets jaunes a été l’objet.

FC: Très vite, le niveau de conflictualité a été élevé. Le pouvoir a sciemment fait le choix d’une répression féroce qui visait à placer le chef de l’Etat à la tête du Parti de l’ordre. Pour un gain politique supposé, le président Macron et son ministre de l’Intérieur Christophe Castaner étaient près à infliger des dégâts humains considérables : des dizaines de personnes éborgnées, mutilées, traumatisées. Le recours à une violence a été théorisé comme une manière de faire taire toute opposition populaire. Ce faisant, M. Macron a rejoint le clan des libéraux qu’il prétend pourtant combattre, ceux qui, à l’image du hongrois Viktor Orbàn, sont des dévots de la mondialisation libérale et recentrent l’action de l’Etat autour des questions de «sécurité intérieure» pour faire taire toute contestation de leur action. Condamnée par le Parlement européen, sommée de rendre des comptes par le Haut-commissariat aux Nations-Unies pour les Droits de l’Homme pour un «usage excessif de la force», la France a été manipulée par ceux qui devraient la servir : la République a été abaissée.

 

PH : Certains ont cru voir la réapparition d’une lutte des classes. Etes-vous d’accord avec cette analyse?

FC : Ce qui est sûr, c’est que la peur a changé de camp avec la réapparition de l’expression visible et matérielle de la colère populaire. Une certaine caste a pris peur de la dimension insurrectionnelle des Actes III et IV les 1er et 8 décembre. D’ailleurs, le plan d’action et le Grand Débat annoncés dans la foulée en sont la résultante. Le président Macron a été obligé de lâcher du lest mais à sa manière, sans rien céder sur le fonds : les 10 milliards d’euros ne touchent pas à la répartition des richesses, les gens se paient eux-mêmes avec leur propre argent. «En même-temps», le grand débat est un artifice qui autorise la parole mais sans donner la décision finale au peuple. Non seulement rien n’est réglé, mais la réapparition de la violence en dit long sur l’incapacité de nos cadres institutionnels à créer du consensus. La confrontation chère à Machiavel et qui nourrit la politique n’a plus aujourd’hui comme vecteur d’expression que la rue. C’est le résultat de pratiques qui ont confisqué l’exercice de souveraineté au peuple. Il est urgent de répondre à cet impératif démocratique en complétant notre modèle par une capacité d’intervention citoyenne directe permanente, faute de quoi la démocratie elle-même sera sous la menace de tentations autoritaires et identitaires.

 

PH : Samedi a donné lieu à de graves débordements sur les Champs-Elysées. Les condamnez-vous?

FC : Premier constat : la répression par la violence théorisée par MM. Macron, Castaner & Co ne ramène ni la sécurité, ni la sûreté. Au contraire, le degré de violence s’est intensifié. Deuxième constat : comme M. Macron ne règle rien, nous voilà repartis de zéro. Entre les Actes III et IV de décembre qui étaient déjà violents et l’Acte XVIII, quelles réponses ont été apportées? Aucune ou presque. Le Grand Débat est confiscatoire puisque c’est le président qui en tirera les conclusions. Dans le même temps, le Premier ministre s’exprime contre le RIC et le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, annonce qu’il n’y aura pas de «redistribution». La colère ne peut pas retomber face aux provocations d’un président qui se pavane dans un restaurant d’altitude à La Mongie, tandis que le peuple se mobilise au même moment pour la fin du mois et pour le climat. Au-delà, lors de l’Acte XVIII, ce sont des casseurs, pas des Gilets jaunes, qui ont agi. Comment les en empêcher?

 

PH: Vos relations avec Jean-Luc Mélenchon paraissent compliquées

FC : La noblesse de la politique, c’est de pouvoir avoir des confrontations intellectuelles et stratégiques. Il y a presque un an de cela, j’ai posé à la fois un diagnostic sur le fonctionnement de La France insoumise, et j’ai aussi affiché d’abord en interne puis publiquement un désaccord sur la réinscription affichée de La France insoumise dans un paysage gauche-droite insuffisant à englober l’ensemble des demandes populaires. En décidant d’araser la gauche pour en ramasser les débris, Jean-Luc Mélenchon s’est repositionné dans un camp sans pour autant chercher à le rassembler. Il a pour cela mis (temporairement?) de côté l’idée de fédérer le peuple sinon par petits bouts. Mais le peuple est indivisible. Cela s’est vu, et l’échec est double comme on le constate. La politique politicienne n’a plus droit de cité à l’heure où les gens recherchent de la cohérence dans l’action et dans la durée pour accepter de revenir dans le jeu politique. Ce désaccord m’a valu injures et oukases mais qu’importe : rien ne m’a jamais et ne me fera jamais dévier de mon engagement républicain pour l’humanisme émancipateur. Celui-ci ne passe plus par la recherche de majorités électorales introuvables et factices, mais par l’émergence d’une majorité populaire pour faire sens commun et porter l’intérêt général. Je m’y attelle…

Propos recueillis par Hervé Guénot

 

 

 

Les tribunes de François COCQ

 

Tribune 1 : Agonie démocratique : la France prise en sandwich entre l’Espagne et la Belgique

La crise démocratique n’en finit plus de frapper les pays de l’Union Européenne. Ce 13 février, c’est conjointement la Belgique et l’Espagne qui donnent à voir les derniers soubresauts de modèles institutionnels incapables de satisfaire l’impératif démocratique porté par les peuples. Dans un cas une grève générale apparaît comme la seule réponse possible à la vacuité du pouvoir, dans l’autre le rejet du budget conduit l’Espagne a un troisième retour aux urnes en à peine trois ans pour des élections générales. La démocratie représentative s’est muée en une démocratie minoritaire qui n’est ni viable, ni souhaitable.

 

Le point commun à la Belgique et à l’Espagne ? Avoir été dirigé par des gouvernements minoritaires, c’est-à-dire avec des coalitions minoritaires au sein de leur propre Parlement national. C’était le cas en Belgique jusqu’au mois de décembre 2018. La coalition minoritaire ne disposait que de 52 sièges sur 150 à la Chambre avant d’exploser. C’est le cas en Espagne, où le PSOE ne dispose que de 84 députés au Cortes sur 350 soit moins de 25 %. L’alliance bancale avec les indépendantistes n’a donc pas résisté au premier budget. Ne croyons pas que ce sont là des phénomènes isolés : désormais, la moitié des pays de l’UE est dans ce cas. Je produis (notamment) l’analyse de cette nouvelle étape de l’effondrement démocratique et ses conséquences dans le livre qui sortira dans quelques jours aux éditions du Borrego : L’impératif démocratique. De la crise de la représentation aux Gilets jaunes.

Dans un cas comme dans l’autre, c’est retour aux urnes. En Belgique, ce sera le 26 mai, jour des élections européennes, après donc six mois sans gouvernement autre que « technique ». Entre-temps, on le voit, le blocage institutionnel se propage à l’ensemble de la société, aucun accord salarial n’ayant pu être trouvé entre patronat et syndicats. En Espagne, PSOE et Podemos n’ont pu faire aboutir leur budget, leurs forces d’appoint indépendantistes ayant saisi l’occasion pour porter plus avant leurs revendications. Là encore, c’est la crise démocratique qui se déverse dans l’ensemble de la société au travers de la résurgence de la question indépendantiste et non l’inverse comme on voudrait nous le faire croire. Après les élections générales de décembre 2015, puis de juin 2016, et nonobstant un changement de gouvernement via la motion de censure à l’encontre de Rajoy et du PP en juin 2018, les Espagnols seront donc re-convoqués aux urnes vraisemblablement le 28 avril prochain.

 

Partout la crise de la représentation fait des ravages. La représentation n’est plus en capacité à elle seule d’exprimer l’ensemble des demandes démocratiques. La France n’est pas en reste comme en a témoigné le mouvement des Gilets Jaunes. Alors jusqu’où ira cet effondrement démocratique ? La Caste sera-t-elle butée au point de continuer à défaire les souverainetés politiques et corseter la démocratie jusqu’à ce que l’extrême-droite tire les marrons du feu ? Ou le peuple pourra-t-il enfin recouvrer sa capacité collective de décision et d’action pour, en complément de la Représentation, agir directement et traduire la volonté générale que celle-ci s’avère incapable d’exprimer ?

Tout l’enjeu de la période est là. Le RIC (référendum d’initiative citoyenne), qui faisait aujourd’hui l’objet d’une proposition de loi de la part de La France Insoumise, participe de cette transformation nécessaire. Mais le RIC n’est qu’une porte d’entrée pour revivifier la démocratie. Le peuple doit pouvoir se ré-instituer à nouveau à travers ses propres demandes. Cela s’appelle un processus constituant et il est urgent. Processus car l’élaboration populaire doit irriguer l’Assemblée constituante appelée à sortir du terreau citoyen. Je plaide par ailleurs pour ma part, en complément de l’Assemblée nationale appelée à continuer à représenter l’Unité du peuple et de ses représentants, pour une Assemblée citoyenne, émanation des assemblées citoyennes locales, qui se réunirait annuellement, en temps limité, avec droit de regard et de proposition législative. Je vous en dis plus dans mon livre.

 

D’ici là, soyons assuré que nous sommes rendus au point où des changements profonds doivent intervenir sauf à voir le principe démocratique lui-même être mis en danger. Partout ce sont des signaux forts qui en attestent. Qu’ils clignotent en jaune ou qu’ils s’entendent dans la langue de Verhaeren ou de Cervantes. Nous ne sommes pas seuls. Nous sommes même plus que le nombre. Nous sommes le peuple qui a rendez-vous avec l’Histoire.

François COCQ 13 / 02 / 2019

 

Tribune 2 : Macron, du phénix au vautour

Emmanuel Macron s’est donc fendu d’une tribune publiée dans l’ensemble de la presse européenne pour relancer sa campagne européenne. Bien sûr, ses propositions apparaissent à tous comme un exact contrepoint aux politiques qu’il met en œuvre depuis 18 mois, voire six ans et demi, depuis l’Elysée. Macron continue de la sorte à sa façon à dévitaliser la démocratie en accentuant volontairement le hiatus entre la parole et les actes. Mais qu’importe au final. Il est plus urgent d’entendre dans sa tribune la répétition comme une litanie des termes « civilisation » et « renaissance » qui donnent à voir en quoi le président Macron reprend le fil de son projet européen mis sur la table dans son discours de la Sorbonne le 26 septembre 2017 : celui d’une identité et d’une souveraineté européennes pour mieux corseter les souverainetés populaires existantes et les livrer à l’imperium technocratique européen. Dans mon ouvrage Alerte à la souveraineté européenne, La chimère de Macron contre la souveraineté populaire, j’analysais déjà cette référence forcée à l’idée de civilisation européenne. Extrait :

« Je suis venu vous parler d’Europe. Encore diront certains. Ils devront s’habituer parce que je continuerai. Et parce que notre combat est bien là, c’est notre histoire, notre identité, notre horizon, ce qui nous protège et ce qui nous donne un avenir » lançait-il alors M. Macron. Dès lors, pour incarner sa souveraineté européenne, M. Macron s’est attelé à définir une identité européenne à défaut du peuple européen qu’il ne pouvait faire émerger : « Il y a une souveraineté européenne à construire, et il y a la nécessité de la construire. Pourquoi ? Parce que ce qui constitue, ce qui forge notre identité profonde, cet équilibre de valeur, ce rapport à la liberté, aux Droits de l’Homme, à la justice est inédit sur la Planète ».

 

Cette identité européenne, ce n’est rien moins que celle d’une civilisation selon M. Macron : « A nous, ensemble, de tracer un nouveau modèle de civilisation où les inégalités et les insécurités seront contenues, où la justice sera défendue et la planète protégée, où la culture, la création, la mémoire seront respectées. Ce projet, c’est cela notre identité ». Notons que cette identité, si elle renvoie à « la qualité de ce qui est le même », se définit dans la bouche de M. Macron par la négative et donc par une contradiction : si la civilisation désigne le résultat d’un processus vers un état social, donc un objectif à atteindre, l’identité européenne serait ce qui n’est pas et qu’il faudrait donc « contenir », « défendre », « protéger ».

Mais l’identité renvoie aussi au fait de « pouvoir être reconnu comme tel ». Lorsqu’on met en parallèle l’aspiration d’Europe-puissance que revendique M. Macron et la juxtaposition en une même phrase des termes « civilisation » et « identité », on ne peut s’empêcher de voir ressurgir vingt-et-un ans après Samuel Huntington et sa théorie du choc des civilisations. M. Macron, pour justifier la souveraineté européenne, cherche à forger un peuple sur la base d’une identité assimilée à celle d’une civilisation, laquelle civilisation se définit d’abord par son extériorité avec le monde qui l’entoure. Le cheminement est brutal. Et dangereux. Là où le modèle républicain universaliste porte en lui l’émancipation de l’humanité toute entière, la version civilisationnelle porte en germe les conflits à venir.

 

Ce 5 mars 2019, la « civilisation » a été convoquée trois fois par Emmanuel Macron dans sa tribune européenne, affublée de l’épithète « européenne ». La « Renaissance » est quant à elle intervenue à quatre reprises. En se faisant le chantre d’une « Renaissance civilisationnelle », Emmanuel Macron rompt ainsi concrètement avec le triptyque républicain à vocation universaliste Liberté / Egalité / Fraternité pour lui substituer un nouveau triptyque Liberté / Protection / Progrès. Là où le premier affirme le primat de l’Homme et de ses droits naturels, le second habille une Europe abstraite, entité technocratique à qui il délègue la tâche d’organiser la vie en société. Le contenant se substitue au contenu pour mieux annihiler ce dernier et laisser en dernière instance libre cours aux forces du marché. Une rupture d’humanité par une délégation de souveraineté en somme. Là où par cette « renaissance civilisationnelle » Macron voudrait passer pour phénix, il est une fois encore un vautour.

François COCQ 05 / 03 / 2019

 

Tribune 3: Macron ou l’insécurité permanente

Où que l’on regarde, le gouvernement Macron installe un climat d’insécurité permanente. C’est bien sûr vrai dans sa gestion de l’ordre public. Cela l’est dans sa manière d’appréhender le cadre institutionnel. Cela l’est enfin dans l’ordre économique et social où les récentes saillies contre les retraites menacent tant les salariés que les agents publics. Partout la société en est réduite à subir les affres d’une politique qui fragilise les individus comme les cadres collectifs. Le modèle macroniste n’était déjà pas souhaitable pour le grand nombre. On constate qu’il n’est désormais viable pour personne.

 

Après 18 semaines de mobilisation populaire au cours desquelles M. Macron a voulu s’ériger en fer de lance du parti de l’ordre, preuve est faite que la stratégie de la répression par la violence n’apporte ni sécurité et encore moins sûreté. La confrontation voulue par M. Macron a augmenté le degré de violence dans le pays sans qu’une issue positive apparaisse. M. Macron est en train de figer le pays après l’avoir fracturé. L’insécurité est ressentie tant chez les Gilets jaunes qui expriment les revendications populaires, que du côté des forces républicaines qui savent qu’elles ne représentent en tant que telles pas d’issue au conflit démocratique et social. La population tout entière se trouve prise en otage par l’inertie et l’entêtement présidentiel.

La même incertitude pèse sur l’édifice institutionnel. Pour sauver le soldat Castaner, Macron a épuré l’ensemble de la préfecture de police de Paris : l’administration paie pour son incurie politique. Auparavant, Macron avait outrepassé la séparation des pouvoirs en s’en prenant au Sénat au mois de janvier à l’occasion de l’un des innombrables soubresauts de l’affaire Macron-Benalla. Il a depuis façonné un « grand débat » à sa main, laissant aller la discussion mais se gardant la conclusion : la souveraineté n’est plus démocratique mais monocratique, elle n’est plus populaire mais redevient un apanage monarchique. Il a surtout laissé apparaître aux yeux de tous le conflit de légitimité qui mine les démocraties européennes et la France en particulier malgré le verrou institutionnel de l’Elysée qu’est la 5e République : le hiatus entre la légitimité, réelle, naît de l’élection, et la légitimité populaire, qui refusant d’être désormais délégative, revendique la dimension permanente et inaliénable dont elle n’aurait jamais dû se voir spoliée. Le cadre où s’organise la vie dans la Cité humaine continue à se déliter à mesure qu’il est livré à l’utilisation anarchique qu’en fait le président Macron.

 

Depuis dimanche, c’est désormais l’avenir de tout un chacun et la possibilité d’enfin pouvoir profiter de sa retraite qui disparaît dans les brumes de l’orthodoxie libérale. Le 17 mars, la ministre des Solidarités et de la Santé en charge de la réforme des retraites Agnès Buzyn, se prononçait en faveur d’un « allongement de la durée de travail ». Deux jours après, elle faisait marche arrière assurant qu’ « aucune modification de l’âge minimal de départ à la retraite n’était envisagée ». Pourtant dès le lendemain c’était au tour du porte-parole du gouvernement de rouvrir la porte en affirmant que « l’âge de départ à la retraite est au menu », prenant en cela le contrepied des engagements de campagne d’Emmanuel Macron. L’après-midi même, le Premier ministre le contredisait depuis l’Assemblée.

Au-delà du pataquès politique d’un gouvernement de pieds nickelés, au-delà des ballons d’essais d’idéologues libéraux extrémistes, il convient de s’interroger sur la perception par les gens de cette nouvelle incertitude sur leur futur individuel et sur le devenir de notre système de protection sociale collectif. Il faut vivre dans une tour d’ivoire pour ne pas imaginer le ressenti des salariés et des agents qui, partant le matin travailler, voit l’avenir se dérober à mesure qu’il s’éloigne. On ne gouverne pas ce pays comme on dirige un conseil d’administration ! L’Humain ne peut être en permanence insécurisé si l’on veut qu’il fasse encore société.

 

A tous niveaux, la politique macroniste est une politique d’insécurité permanente. Dans une certaine mesure celle-ci répond aux nécessités de l’atomisation et de la pagaille libérales. Mais point trop n’en faut. C’est aujourd’hui une brutalisation de nos vies et de notre collectif humain. Le retour à l’ordre des droits est plus que jamais une nécessité. Macron en est à l’heure actuelle le principal obstacle.

François COCQ  20 / 03 / 2019

 

 

Place Publique, ou le nouveau plan B de l’oligarchie  

Il s’agit d’une tribune qui a été diffusé le 18 mars 2019 sur le site de Marianne.

 

Le fondateur de « Place Publique » a obtenu la tête de liste pour les prochaines élections européennes du 26 mai 2019. Le Parti socialiste s’est en effet effacé au profit de Raphaël Glucksmann. La faible combativité du PS, étrange au premier abord, peut aisément s’expliquer. Elle signifie la fin des rentes électorales garanties à bon compte pour une formation politique peu habituée à un militantisme en tension. Le temps des alternances mécaniques, sans alternatives et surtout sans grands risques, est terminé : c’est la fin irrémédiable d’une séquence longue inaugurée par le congrès d’Epinay de 1971. Ce monde là est définitivement révolu.

 

Il nous faut chercher à comprendre de quoi Raphaël Glucksmann est le nom. Il surgit comme l’avait fait auparavant Emmanuel Macron. On sait désormais qui était Emmanuel Macron : le plan B de l’oligarchie et un des ultimes remparts du système confronté à la fin du bipartisme anémiant. « Place Publique » est sans aucun doute de cet acabit. Le parcours de Raphaël Glucksmann en atteste : lui le néo-libéral et néo-conservateur, avouant sa faible sensibilité aux questions sociales, le petit télégraphiste de l’atlantisme, que vient-il faire dans le marigot de la gauche ? Mais plus encore, c’est sa fulgurante mise en orbite par les médias dominants qui pousse à s’interroger.

L’oligarchie, devant la dégradation de la situation sociale et politique, s’alarme à juste titre pour la conversation de ses positions. Elle élabore en conséquence une nouvelle stratégie pour reconfigurer l’échiquier politique conformément à ses intérêts. Elle fait preuve d’un pragmatisme chirurgical, de surcroît constamment renouvelé. Après avoir pris acte de l’obsolescence même pas programmée du bipartisme classique UMP / PS avec les déceptions des quinquennats précédents de Nicolas Sarkozy (le président bling bling tellement velléitaire) et de François Hollande (le président normal si médiocre), elle avait d’abord misé sur le prétendu monde nouveau d’Emmanuel Macron. L’échec du Président de la République, désormais prévisible et probable, est en voie d’être froidement acté. La crise des Gilets Jaunes n’a fait que renforcer une conviction déjà alimentée par des gaffes à répétition et des outrances jupitériennes relayées dans leur domaine par les ministres Castaner, Belloubet ou Blanquer. Raphaël Glucksmann apparait alors une roue de secours au plan B de l’oligarchie.

 

Une double mission lui incombe dans ce meccano machiavélique. Il s’agit d’abord d’isoler, de marginaliser et d’extérioriser La France Insoumise d’un prétendu cercle de la raison politique, en réalité délimité par des formes de connivence et de consanguinité caractéristiques des élites. L’autre objectif, plus structurel, impose de rétablir une apparence de bipartisme afin de donner le change à un débat démocratique notoirement abîmé. Le « et en même temps » macronien s’est révélé en fin de compte contre-productif tant le Président a satellisé le débat public pour mieux le réduire. Le but reste peu ou prou identique : créer les conditions d’une nouvelle alternance, mais toujours sans alternative. Elle impliquerait Emmanuel Macron qui vient de la gauche (du moins d’un gouvernement s’en réclamant) et fait le boulot de la droite (avec détermination) et Raphaël Gluksmann surgissant de la droite mais qui ne fera pas le boulot de la gauche (c’est une certitude).

L’oligarchie se rend compte qu’il n’est pas possible d’occulter aussi brutalement que ne le fait la majorité de La République en marche la question démocratique étroitement liée à l’expression de la souveraineté populaire. Les élections de 2017 se révèlent après coup des victoires à la Pyrrhus. Emmanuel Macron a dévasté le champ politique : il suffit d’observer à quoi sont réduits les corps intermédiaires et les humiliations subies par des parlementaires réduits à l’insignifiance. La pensée unique dominante, pour agir à l’égal d’un véritable carcan, doit rester modeste, et certainement ne pas devenir ostentatoire. Pour s’appliquer pleinement, elle ne doit pas être exagérément intrusive et envahissante.

 

Il n’est décidément pas  envisageable de dissoudre ou d’abolir le peuple, cet obstacle si tenace à la réalisation des desseins des oligarchies conquérantes et avides. Il convient alors d’instaurer une fausse alternance, se résumant à donner seulement l’impression de la vitalité du débat démocratique et la possibilité d’un choix politique. Jupiter ne peut être seul sur l’Olympe présidentiel. Dans le scénario issu de la féconde imagination de l’oligarchie inquiète, « Place Publique » doit compenser cette asymétrie résultant de la pratique quelque peu déséquilibrée par l’arrogance du pouvoir macronien.

Francis DASPE 18 / 03 / 2019

 

 

Librairie AGAUREPS-Prométhée

 

« L’impératif démocratique. De la crise de représentativité aux Gilets jaunes »

François COCQ Eric Jamet éditeur, mars 2019

Le 17 novembre 2018, l’irruption citoyenne du mouvement des Gilets jaunes s’imposait comme révélateur de la paralysie démocratique qui s’installe en France et plus largement en Europe. Les citoyens, trop longtemps cantonnés à leur seul rôle électoral, affirment leur volonté et la nécessité de reprendre en main leur souveraineté de manière entière, inaliénable et permanente.

Il faut dire que des signaux d’alerte avaient préalablement été envoyés : les blocages électoraux sont devenus le quotidien au sein de l’UE et se traduisent désormais par des gouvernements minoritaires, théorisés en nouvel ordre a-démocratique. Partout la perte du consentement populaire frappe les formes représentatives qui ne suffisent plus à elles seules à retranscrire l’ensemble de l’exigence démo-cratique. À peine élu, Macron y est à son tour confronté.

À l’heure où le modèle démocratique ancien marque une forme d’incomplétude, un signal impératif est envoyé pour la reconquête par le peuple de sa souveraineté et de son exercice, afin de revivifier la démocratie et de la restaurer dans ses fondements.

 

 

Agenda : les débats des Assises itinérantes de la Table

renversée de l’AGAUREPS-Prométhée

 

 

1/ Conférence / débat à Mont-de-Marsan (40)

Jeudi 11 avril 2019 à 19 heures, Maison des associations, 39 boulevard Martin Luther King

Thème du débat :

« Retraites : un combat politique pour un enjeu de civilisation »

 

 

2/ Conférence / débat à Bazas (33)

Samedi 13 avril 2019 à 19 heures, Salle Gérard Bonnac, place de la cathédrale

Thème du débat :

« Stratégie pour la révolution citoyenne »

 

 

3/Conférence / débat à Prades (66)

Mardi 16 avril 2019 à 19 heures, Salle Lousa, plaine Saint-Martin

Thème du débat :

« Contre le vol des mots, l’urgence de l’antidote au parler macronien »

 

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Se saisir de leviers pour renverser la table…

La situation sociale et politique du moment présent n’est décidément pas un long fleuve tranquille. Le peuple a fait irruption sur la scène publique, tel un torrent impétueux destiné à modifier le cours du fleuve de l’Histoire. La crise est multiforme : économique, sociale, écologique, diplomatique. Mais l’aspect le plus significatif s’incarne dans la crise démocratique qui réduit par tous les moyens la souveraineté populaire. L’enjeu est évident : c’est celui de la réappropriation par les citoyens de leur capacité à décider de leur avenir, sans avoir à subir les injonctions comminatoires des représentants des oligarchies.

En effet, des résistances subsistent pour que rien ne change au final. Le système se recroqueville sur lui-même pour mieux conserver les positions acquises. Ces résistances sont celles de forces qu’il convient de regrouper sous l’appellation, certes ancienne mais tellement pertinente et en aucun cas dépassée, de « parti de l’ordre ». Il est intéressé par la préservation de ses rentes de situation. Mais il sait également s’adapter au contexte mouvant, pouvant faire preuve de trésors d’imagination à la recherche de plan B dès lors les peuples démasquent ses sombres desseins. C’est par exemple le but de ma tribune qui figure dans cette Lettre du mois, intitulée de manière si évocatrice « Place publique ou le plan B de l’oligarchie ».

 

Il y a donc bien urgence à renverser la table. L’AGAUREPS-Prométhée avait eu décidément le nez creux en lançant il y tout juste un an ses « Assises itinérantes de la Table renversée ». Celles-ci se poursuivent, constituant par divers moyens un des fils rouges de l’activité de l’AGAUREPS-Prométhée. C’est ce à quoi contribue le dernier livre de François Cocq sorti le mois dernier. Intitulé « L’impératif démocratique. De la crise de la représentativité aux Gilets jaunes », il place la crise démocratique comme le premier défi à relever. Actant la réalité d’une paralysie démocratique partout en Europe qui entraîne une perte du consentement populaire, cet ouvrage propose des pistes pour revitaliser les formes démocratiques amenées à se réinventer.

Une série de réunions publiques est planifiée pour le mois d’avril. Elles vont aborder un spectre suffisamment diversifié des problématiques nourrissant le débat public. La question des retraites est structurante : sans la crise des Gilets jaunes, nous serions sans aucun doute dans la rue pour s’opposer à une réforme qui était prévue (Mont-de-Marsan jeudi 11 avril). Ce n’est que partie remise d’ici peu. Une autre réunion s’attachera à réfléchir collectivement sur la stratégie pouvant faire surgir la nécessaire révolution citoyenne (Bazas samedi 13 avril). Elle passe entre autres par un combat déterminé pour dénoncer le vol du sens des mots par les tenants de l’idéologie dominante dans une logique clairement orwellienne (Prades mardi 16 mai). « L’antidote au parler macronien » est véritablement d’intérêt général.

Pour renverser la table, l’AGAUREPS-Prométhée entend se saisir de tous les leviers.

 

Francis DASPE  

04 / 04 / 2019

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A Bazas, la stratégie pour la révolution citoyenne au menu des « Assises itinérantes de la Table renversée » de l’AGAUREPS-Prométhée

Dans le cadre de sa campagne nationale de réflexion et d’action intitulée « Assisses itinérantes de la Table renversée », l’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Bazas samedi 13 avril 2019, salle Gérard Bonnac (place de la Cathédrale), à 19 heures.

 

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée et animateur de groupe d’action à La France Insoumise, interviendra sur le thème « Stratégie pour la révolution citoyenne ».

 

Les incertitudes de la situation sociale et politique montrent qu’il y a véritablement urgence à « renverser la table ». Le mouvement des Gilets Jaunes témoignent de l’aspiration au plus profond du peuple à proposer des ruptures radicales porteuses d’une véritable alternative. Quel projet politique humaniste et émancipateur est aujourd’hui en capacité d’incarner cette alternative ? Avec quelles orientations stratégiques ? Pour quelles perspectives politiques ?

 

Francis DASPE est également auteur du livre intitulé « La Révolution citoyenne au cœur » (Eric Jamet éditeur, octobre 2017).

 

Entrée libre.

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Conférence / débat de l’AGAUREPS-Prométhée à Prades sur le « parler macronien » avec Francis DASPE

L’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Prades mardi 16 avril 2019, salle Lousa (plaine Saint-Martin), à partir de 19 heures.

 

Le thème sera intitulé « Contre le vol des mots, l’urgence de l’antidote au parler macronien ».

Francis DASPE présentera son nouveau livre, co-écrit avec Céline PIOT, intitulé « Antidote au parler macronien » (éditions du Croquant, octobre 2018).

 

Cet ouvrage se compose d’un abécédaire de trente mots au sens dévoyé, qui donnent à voir en creux un contre-projet de société. La pensée dominante s’est désormais dotée pour héraut du Président Emmanuel Macron. Ce livre se veut un nécessaire antidote au « parler macronien » afin de participer à la reconquête du sens des mots. C’est donc à une salutaire entreprise de désenfumage visant à démasquer les impostures que cet ouvrage s’attache.

 

Entrée libre.

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Mener la bataille des retraites pour renverser la Table ! Réunion publique à Mont-de-Marsan

Dans le cadre des « Assises itinérantes de la Table renversée » qu’elle a lancées, l’AGAUREPS-Prométhée a fait du combat pour les retraites une de ses priorités. La majorité du Président Macron envisage en effet une réforme qui constituerait une nouvelle étape dans le processus de démantèlement du pacte républicain et social en cassant encore davantage le système solidaire de retraites par répartition.

 

L’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat sur la question des retraites jeudi 11 avril 2019 à Mont-de-Marsan, Maison des Associations Joëlle Vincens, à 19 heures (salle de réunion du rez-de-chaussée, 39 boulevard Martin Luther King). Elle sera animée par Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée. Elle sera intitulée « Retraites : un combat politique pour un enjeu de civilisation ».

 

Jeudi 11 avril 2019, Mont-de-Marsan, Maison des Associations Joëlle Vincens, à 19 heures (salle de réunion du rez-de-chaussée, 39 boulevard Martin Luther King). Entrée libre. 

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