Sommaire du numéro 181 : Spécial Cogitations estivales prométhéennes
- Edito de Sylvie PUJADE « Des Cogitations estivales prométhéennes véritablement stimulantes » page 2
- Les quatre tribunes de Francis DASPE (Marianne – L’Humanité – La Tribune Dimanche – Marianne) page 3
- Articles des trois conférences / débats (Thuir – Canet-en-Roussillon – Prades) p age 13
- Fiche d’adhésion (facultative mais conseillée…) pour 2026 page 16
Edito: Des Cogitations estivales prométhéennes stimulantes
L’édition 2026 des Cogitations estivales prométhéennes s’est terminée avec la tenue de la troisième réunion publique à Prades, après les deux précédentes qui s’étaient déroulées à Thuir et à Canet-en-Roussillon. Elles ont une fois de plus répondu aux attentes de l’AGAUREPS-Prométhée, se montrant à la fois stimulantes, fécondes et en résonance avec l’actualité politique.
Il faut dire que le sujet choisi s’y prêtait à merveille. Il invitait à établir les liens entre l’hystérisation du débat politique et la lutte des classes à travers les conditions tragiques des morts de Jean Jaurès et de Rosa Luxemburg. Une thématique pleinement d’actualité, dont l’intensification des mouvements sociaux de contestation intergénérationnelle en cette rentrée témoigne de manière éclatante. Un sujet qui s’inscrit également à merveille dans les objectifs des cogitations estivales prométhéennes : un moment de formation militante et d’éducation populaire traitant d’un sujet historique possédant une résonance et une actualité politiques.
Cette édition 2026 a permis de rentrer pleinement dans les débats de la présidentielle à venir. Elle a permis d’appréhender la dureté de l’action politique à des moments historiques charnières. Le moment que nous connaissons est de cet acabit. La réflexion a été riche d’enseignements pour comprendre les leçons du passé, prendre la juste mesure du présent et anticiper au mieux le futur. Les prochains mois qu’il nous faudra affronter sans timidité auront à se nourrir des échanges produits par cet « intellectuel collectif » que sont en réalité les cogitations estivales prométhéennes.
Elles ont été en réalité particulièrement fécondes. En témoignent les quatre tribunes qu’elles ont engendrées et qui ont été diffusées dans les médias nationaux. Les titres constituent à cet égard des invitations directes à poursuivre le travail entrepris : les enjeux de la polarisation du champ politique, les soubresauts de la question mémorielle, l’inclination des possédants radicalisés à ne pas respecter la souveraineté populaire, le concept d’hystérisation orwellienne. Cette Lettre du mois comprend également trois articles relayés par les sites d’information locaux qui rendent compte chacun sous un angle particulier les échanges stimulants tenus au cours des conférences / débats.
L’an prochain, les cogitations estivales prométhéennes seront de nouveau fidèles au rendez-vous. Elles seront comme d’habitude en prise avec l’actualité politique immédiate. Les résultats de la séquence électorale de l’année 2027, présidentielle et sans aucun doute législatives tant la dissolution par le futur président de la République est inévitable, contribueront grandement à en déterminer le sujet. D’ici là, essayons-nous à anticiper…
Sylvie PUJADE 28 / 10 / 2026
Tribune n° 1: Les enjeux de la polarisation du champ politique
Tribune parue sur le site de Marianne le 13 mai 2026 sous le titre « Il faut revenir aux aspirations fondamentales du plus grand nombre ».
La manière d’appréhender le champ politique, de le délimiter et le caractériser, ne constitue pas un acte anodin, et encore moins neutre. L’opération ébauche bien souvent en filigrane la construction d’un récit permettant d’élaborer une stratégie. La France, nation éminemment politique, s’est structurée selon une tradition de clivage gauche / droite affirmé. Pour aller vite, au risque de schématiser à l’excès, le roi ou la souveraineté du peuple, le capital ou le travail, l’Eglise ou la laïcité, voici en quoi résidaient les termes des alternatives offertes. Il en a résulté une bipolarisation, à défaut d’un bipartisme automatique tant la richesse des nuances et des structures politiques caractérise le pays.
Depuis peu, avec le double avènement de l’extrême centre et de l’extrême droite, nous sommes passés à un système à trois blocs grosso modo équivalents. Avec cependant des attendus différents mais conduisant à des réalités identiques. Les lignes de démarcations, mouvantes, passent par le « nous » et « le reste du monde ».
Pour l’extrême centre macroniste, il s’agit, en s’appuyant sur l’antienne que les élections se gagnent forcément au centre, d’apparaître comme la « seule solution raisonnable à perspective majoritaire », les autres faisant figure de repoussoirs symétriques. C’est aussi tendre, plus ou moins subrepticement, à mettre un déplorable signe égal entre la gauche de rupture et l’extrême droite la plus réactionnaire. Le stratagème pouvait donner l’impression de fonctionner tant que le centre incarnait une sorte de modération. Mais le macronisme décomplexé ne possède pas le triomphe modeste, et encore moins l’exercice du pouvoir mesuré : les politiques libérales qu’il impose à la hussarde illustrent sans contestation ce qu’est l’extrême centre au service zélé de la finance. Quant au respect du vote démocratique, il suffit de voir le bloc macroniste diriger les gouvernements bien qu’étant arrivé seulement en troisième position aux élections législatives post-dissolution de 2024.
Pour ce qui est de l’extrême droite, elle s’ingénie à offrir une nouvelle polarisation asymétrique. Elle ne cherche pas à renvoyer dos-à-dos « les deux autres », mais au contraire à les amalgamer tant bien que mal dans un improbable « reste du monde », avec plus ou moins de nuances de gauchisme. Autrement dit, la théorie du « nous » et « le reste du monde » poussé à son paroxysme.
Les visées stratégiques sont multiples. Emerge de la sorte la volonté d’incapaciter la gauche, en la réduisant à une simple composante d’un magma informe, perdant de facto son autonomie et sa singularité. Bref, de la rendre minoritaire ad vitam aeternam, en l’éloignant irrémédiablement de la perspective majoritaire. Un autre objectif est de créer une polarisation factice entre droite et extrême droite. C’est qu’il convient de faire oublier que les deux ont représenté au cours de l’Histoire, l’une pour l’autre, des plans B mutuels. C’est en cela que réside l’essentiel aujourd’hui.
L’orientation du bénéfice des plans B mutuels est fournie par la nature et le sens des déplacements tant idéologiques qu’électoraux de la droite. Certains parleront plus crûment de dérives. Quand la droite reste la principale force, l’extrême droite se contente de faire l’appoint, d’une manière ou d’une autre, pour que l’ennemi de classe n’accède pas au pouvoir. L’appoint peut être classiquement électoral ; il peut aussi prendre des formes plus radicales, comme ce fut le cas des chemises noires mussoliniennes durant le biennio rosso de 1919 et 1920, qui firent la chasse aux mouvements populaires en Italie. Mais quand la droite s’effondre et ne contrôle plus la situation, comme ce fut le cas en Italie juste après le biennio rosso, en Allemagne vers 1932, en Espagne avec la victoire du Frente popular, se produit alors un renvoi d’ascenseur au bénéfice de l’extrême droite davantage conquérante. La justification s’effectue en vertu du principe bien connu et rodé de la préférence accordée à M. Hitler sur l’horrible Front Populaire des rouges.
Aujourd’hui en France, tellement le macronisme ou bloc bourgeois est démonétisé et discrédité, c’est ce qui est en passe de se produire. Même si les apprentis diadoques, du nom des généraux qui tous aspiraient à succéder à Alexandre le Grand après sa mort, ou à tout le moins à démembrer à leur profit son gigantesque empire, s’évertuent sans relâche à se désolidariser de l’encombrante figure tutélaire, à l’image des Philippe, Attal et autres Darmanin. Et ceci dans le seul espoir d’apparaître comme le changement par rapport à l’existant finissant qu’ils ont pourtant soutenu, incarné et construit.
Nous assistons à des mutations profondes des repères politiques et électoraux. Le désistement républicain à gauche se trouve de plus en plus récusé par la (prétendue) gauche sociale-libérale, adepte de la théorie des deux gauches irréconciliables, au motif qu’elle ne l’est plus (de gauche). Sans doute, sont-ils les versions modernes des nouveaux Gustav Noske, ministre de la défense de la république de Weimar en 1919, qui revendiqua et assuma d’être le « chien sanguinaire » haïssant « la révolution comme la peste ». Il orchestra, sans faiblir ni faillir, l’exécution sommaire des leaders de la révolution spartakiste Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht.
Dans une logique semblable, le front républicain est à ranger au musée des vieilleries et autres antiquités. Il faut avouer que l’abus de son usage lui avait ôté son éventuelle force propulsive. En lieu et place, nous voyons fleurir et s’épanouir l’union des droites (traduire la fin du cordon sanitaire à l’encontre de l’extrême droite). Se constituent en réalité sans la moindre vergogne des sortes de fronts communs de préservation du capital. A n’en point douter, un épisode renouvelé de la lutte des classes reposant sur les standards des siècles passés.
Face au défi de ces dérives et mutations du champ politique, des solutions existent cependant. Le premier des préalables nécessite que les catégories populaires prennent conscience, à rebours de toutes les mystifications et les supercheries, de leurs intérêts. Elles pourront alors répudier le venin de la résignation injecté à dessein par la caste des possédants, qu’ils soient bollorisés ou pas. Le bloc le plus prometteur reste celui des abstentionnistes, des méprisés et des dégoûtés. Cet agrégat pour l’heure inconstitué doit chercher à reprendre en main son destin afin de former une force à la puissance largement insoupçonnée. A condition qu’elle ne s’oriente pas vers le pire, ce qui ne peut jamais être totalement écarté…
Car, de quelque manière que l’on tourne et retourne la question posée, il y a urgence à faire retour aux aspirations fondamentales du plus grand nombre, pas de se contenter de satisfaire les appétits d’une minorité toujours plus vorace obnubilée par une accumulation obsessionnelle et sans limite. Ces derniers font office de prestidigitateurs en recomposant le champ politique de manière délibérément erronée pour atténuer ou subvertir les véritables enjeux. La bataille pour une nouvelle hégémonie culturelle passe obligatoirement par le décryptage des véritables polarisations, ne serait-ce que pour récuser tous les funestes subterfuges véhiculés à cet effet par les blocs d’extrême centre et d’extrême centre. Il n’est nullement possible d’en faire l’économie au moment de définir une stratégie opératoire pour la séquence de 2027.
Francis DASPE
Tribune n° 2: Jaurès ou l’éternelle stratégie de diversion et de confusion mémorielles de l’extrême droite
Tribune parue dans L’Humanité le 26 juin 2026 sous le titre « L’extrême droite joue la confusion ».
L’extrême droite est engagée dans un combat pour la reconquête de l’hégémonie culturelle. L’expression « bollorisation » des esprits fournit une illustration éclairante de l’entreprise menée sabre au clair. Elle passe, entre autres, par la manipulation de l’Histoire et de la mémoire, pour mieux opérer à leur dissociation. La question mémorielle liée à Jean Jaurès s’inscrit dans cette optique.
Jaurès fut assassiné le 31 juillet 1914 pour s’être opposé avec vigueur à la marche à la première guerre mondiale. Deux autres assassinats, mémoriels, suivirent. Ce fut d’abord en 1919 à l’occasion du procès de son meurtrier Raoul Villain : acquittement au titre d’un « meurtre patriotique », condamnation de sa veuve à payer les frais judiciaires !
Le second attentat mémoriel survint pour le 23 novembre 1924 lors de son entrée au Panthéon. Juste réparation a posteriori ? Pas si simple. Car le parti communiste refusa que la bourgeoisie et les va-t-en-guerre de 1914 récupèrent dans une instrumentalisation le tribun de la paix. L’initiative s’inscrivait dans le prolongement de la victoire électorale du cartel des gauches, forme d’endiguement du raz-de-marée de la chambre bleu-horizon de 1919 des multiples nuances des droites nationales et conservatrices.
Mais c’est le stratagème du contrefeu de l’extrême droite qui doit retenir l’attention, conviant un révisionnisme de fort mauvais aloi. L’Action française organisa le jour même de la panthéonisation de Jaurès une contre-manifestation sur la tombe de Marius Plateau, au cimetière Vaugirard. Il s’agissait du secrétaire général des Camelots du roi assassiné un an plus tôt par une militante anarchiste qui déclarait avoir voulu venger Jaurès. L’objectif est récurrent et intemporel : ne pas laisser la gauche seule occuper la rue, concurrencer le Panthéon républicain, transformer le cimetière en « sol sacré nationaliste ». En dépit de la présence de tout le gratin de l’extrême droit tenant toujours la République pour la « gueuse » à abattre, Vaugirard ne pouvait évidemment rivaliser avec le Panthéon.
Dans cette basse besogne de falsification mémorielle entreprise par les droites extrêmes et les extrêmes droites en cours de rapprochements intenses, le respect de l’historicité des faits importe peu. C’est le récit « artificialisé » reconstitué qui compte. Car la finalité reste l’instrumentalisation d’un ersatz d’histoire en vue d’édifier un projet de contre-société aux antipodes de l’humanisme s’incarnant dans la devise républicaine. Là aussi, ne cédons pas une once de terrain…
Francis DASPE
Tribune n° 3: Les possédants radicalisés ne respectent jamais la souveraineté populaire
Tribune parue sur le site de La Tribune Dimanche le 24 juillet 2026.
La démocratie peut difficilement s’accommoder de formes de relativismes. Pourtant, elle est sujette à de multiples définitions, quand il ne s’agit pas d’instrumentalisations, dans le but de la dévoyer. Dans une version vertueuse, elle devrait être comprise comme la façon pour le peuple de faire triompher sa volonté commune. Dans ce cas, le concept de souveraineté populaire prend de facto toute sa signification impérieuse, en constituant le pilier le plus solide qui soit. A l’opposé, elle peut servir de subterfuge aux possédants afin d’imposer, ou de maintenir, à moindre frais, leur domination sur le peuple. Les perspectives sont alors radicalement modifiées.
La souveraineté populaire peut contredire les souhaits des possédants. C’est même souvent le cas. Il s’agit en réalité d’une des dynamiques intrinsèques du fait démocratique : le peuple se saisit de ce qu’une minorité confisquait jusqu’alors à son profit plus ou moins exclusif. Qu’à cela ne tienne. Les possédants s’en affranchiront au besoin allègrement, de la manière la plus cynique si nécessaire.
La France offre quelques exemples contemporains particulièrement éclairants. Ce fut le cas du vote référendaire du 29 mai 2005 portant sur le traité constitutionnel européen. La victoire du non fut invalidée par le traité de Lisbonne de 2007 qui reprenait quasiment tel quel le texte rejeté, adopté de surcroit en catimini par la voie parlementaire excluant de ce fait la parole populaire. Plus proche de nous, l’incontestable victoire de la coalition du Nouveau Front Populaire lors des élections législatives de 2024 post-dissolution fut méthodiquement niée par le président Macron. Les perdants, bloc macroniste élargi à la droite républicaine, furent chargés de constituer des gouvernements forcément instables, dépendants d’une éventuelle bienveillance de la part d’autres perdants, le Rassemblement National, à qui la victoire était initialement prétendument assurée.
C’est que les possédants n’ont pas la conscience de l’intérêt général. Ils se contentent de se laisser guider par la boussole de leurs intérêts particuliers, la plupart du temps sonnants et trébuchants, ou liés à l’exercice du pouvoir leur en garantissant un accès privilégié. Ils agissent et réagissent en fonction d’un sentiment de caste. C’est en cela que réside la première étape vers une radicalisation des possédants. Il serait intéressant d’esquisser à grands traits les caractéristiques d’un possédant radicalisé, par delà la diversité des ressorts de cas multiples forcément plus ou moins singuliers. La peur de perdre ses rentes de pouvoir, de puissance et de richesse constitue souvent le point de départ. Les positions privilégiées étaient devenues tellement confortables, au point de les patrimonialiser. La trajectoire est portée par un fort sentiment de haine de classe.
Quelques exemples tirés du passé permettent d’illustrer cet esprit de caste en action. Il suffit de se remémorer les agissements des « 200 familles » ou la réalité du « mur de l’argent », souvent assimilés à l’entre-deux-guerres et la victoire du Front Populaire qu’ils n’ont cessé de vouloir contrecarrer, en dépit du verdict du suffrage universel. Les menaces récurrentes de fuite des capitaux et les rodomontades des exilés fiscaux constituent des versions plus contemporaines, mais inscrites dans une logique similaire. On peut également revenir à 2011 quand le ministre François Baroin perdit le contrôle de la situation à l’Assemblée nationale, avec sa saillie accusant la gauche plurielle d’être parvenue au pouvoir en 1997 par effraction. C’était la même rengaine de la supposée illégitimité de la gauche à exercer le pouvoir, et plus encore à mener sa politique d’un autre partage des richesses, qui affleure constamment. Les possédants s’estiment en quelque sorte propriétaires du pouvoir, à tel point qu’ils finissent par considérer que toute alternance politique, sans même parler d’alternative, s’apparente à une spoliation de leurs droits oligarchiques à gouverner sans discontinuer.
Le sujet de la radicalisation des possédants relève bien entendu d’une question internationale, plus précisément internationaliste. Il est nécessaire de sortir des frontières de l’hexagone pour aborder des situations dans lesquelles la violence monte en proportion en intensité. Les exemples abondent. La guerre civile en Espagne, entre 1936 et 1939, se déclencha quand les possédants optèrent pour le coup d’état militaire franquiste pour liquider le Frente Popular et la II° République espagnole qui leur paraissaient totalement insupportables. Il en était de même au Chili, avec la victoire du socialiste Salvador Allende, aggravée par un contexte de guerre froide, ce qui occasionna un putsch militaire mené par le général Pinochet, orchestré en sous-main par la CIA. Le scénario devait se répéter dans l’Amérique latine dans les années 1970 et 1980. L’exécution sommaire du Che, Ernesto Guevara, en Bolivie avait servi de répétition. L’ordre américain régnait, avec l’application de l’opération Condor et son cortège de répression et d’assassinats…
Arrêtons-nous un moment sur le cas du Venezuela. Hugo Chavez a remporté huit scrutins nationaux (élections présidentielles, référendums constitutionnels, et même un référendum révocatoire). Il n’en perdit qu’un seul, référendum constitutionnel de 2007, de très peu. Malgré cette assise populaire électorale indiscutable, Chavez dut subir une multitude d’entreprises de déstabilisation, sans parler de la tentative du coup d’état d’avril 2002 dont il se sortit en raison d’une forte mobilisation populaire dans la rue. Pour les adversaires de Chavez, peu importait l’expression de la souveraineté populaire, l’intrus devait être exclu par tous les moyens du pouvoir.
Plus récemment, au Brésil, l’arme du lawfare, c’est-à-dire de l’utilisation de la justice à des fins de combat politique dans une perspective de revanche, fut utilisé. Il conduisit à l’emprisonnement de Lula pour l’empêcher de concourir à l’élection présidentielle de 2018, après avoir destitué son ancienne vice-présidente devenue présidente, Dilma Rousseff en 2016. C’est à ce prix que Javier Bolsonaro, le nostalgique de la dictature militante et ami de Donald Trump, parvint au pourvoir. Ce qui n’empêcha pas Lula de prendre sa revanche en 2022 dans les urnes.
Gardons enfin en mémoire le triste sort qui furent réservés aux leaders anticolonialistes tiers-mondistes d’Afrique, Patrice Lumumba au Congo belge et Thomas Sankara au Burkina-Faso. Ils furent sommairement liquidés par la coalition des intérêts impérialistes et des bourgeoisies nationales émergentes.
Les possédants n’ont que faire de la démocratie et de la souveraineté populaire. Ils sont prêts à tout en cas de défaite menaçant leurs intérêts de classe et de caste. Capitalisme, impérialisme et fascisme s’unissent alors dans un front de classe, faisant cause commune dans un attelage improbable relevant de l’union sacrée réactionnaire.
Le possédant radicalisé se croit tout permis, persuadé qu’il possède tout et dispose de tout. Obnubilé par sa soif d’accumulation compulsive, aveuglé par son arrogance innée, tenaillé par son esprit de caste, il peut en venir à exalter un culte de la violence. A cet égard, la forte polarisation du débat politique français en vue de la présidentielle de 2027, qui est la déclinaison de cette radicalisation des possédants, peut fournir des motifs légitimes de crainte. Car pour les possédants radicalisés, les moyens utilisés importent peu, pourvu que l’objectif visé soit atteint…
Francis DASPE
Tribune n° 4: Dissection de l’hystérisation orwellienne du débat politique
Tribune parue sur le site de Marianne le 20 août 2026 sous le titre « la radicalité des idées n’a rien à voir avec l’hystérisation présente du débat ».
Le débat politique français se durcit, plus encore avec l’approche de la prochaine élection présidentielle. C’était plutôt prévisible, et même attendu. Il en résulte une polarisation accentuée. Le principal aspect de cette polarisation s’incarne dans un profond antagonisme entre, d’un côté, le bloc central et l’extrême droite, et de l’autre, une gauche de rupture incarnée par La France insoumise. Elle structure désormais une part croissante du débat public.
Le phénomène ne concerne pas seulement les réseaux sociaux ou quelques polémistes surexcités. Le plus alarmant est qu’il se propage aux institutions pour aller jusqu’à en déformer le langage ordinaire du pouvoir. Le théâtre permanent de l’outrance transforme chaque désaccord en procès moral ; chaque adversaire est dépeint et repeint en ennemi intérieur. La simple polarisation se drape alors des atours d’une véritable hystérisation de la vie politique. Il convient de prendre au sérieux ce qui est en train de se produire dans notre pays afin de poser le bon diagnostic en vue d’en prendre la juste mesure.
La polarisation n’est pas forcément négative. La démocratie repose en effet sur le conflit. Le dépassement du conflit ne signifie pas absence de conflit, mais sa transposition en délibération, en vote, en confrontation argumentée. En dispute démocratique, au sens noble du terme. Mais tout cela n’a rien à voir avec l’hystérisation à laquelle on assiste. Par quoi se caractérise ce phénomène d’hystérisation ? De quelle manière s’effectue le glissement de la polarisation (une démocratie sans conflit devient une démocratie morte) vers l’hystérisation (une démocratie où tout conflit est transformé en guerre morale permanente est gravement malade) ? Il nous faut regarder attentivement la mécanique à l’œuvre. Plusieurs caractéristiques peuvent être relevées dès à présent, la liste n’étant pas exhaustive.
C’est d’abord la négation de l’alternative, qui se traduit par la prééminence de l’argument d’autorité constamment allégué. Est ressassée la tyrannie de la seule politique possible, jadis popularisée par le TINA thatchérien. A défaut, triomphe l’alternance sans alternative possible. Ces ruptures démocratiques conduisent au désenchantement populaire, au désabusement militant, à la perte de confiance dans la politique et au refuge dans l’abstention. L’impact des dénis démocratiques a été particulièrement fort en France.
Le plus grossier a été l’invalidation de la victoire du non au référendum du 29 mai 2005 portant sur le traité constitutionnel européen avec l’adoption en catimini, par la voie parlementaire, du traité de Lisbonne, quasiment identique au texte rejeté. La victoire du Nouveau Front Populaire aux élections législatives de 2024 à la suite de la dissolution post-européenne fut niée : le Président Macron porta son choix sur des gouvernements minoritaires issus de son camp pourtant défait. En termes de désillusion, comment ne pas citer la trahison de la promesse du « mon ennemi c’est la finance » de François Hollande pour appliquer une fois élu une politique de l’offre favorable aux possédants ? Et dire que les mêmes qui ont perpétré cette forfaiture n’ont pas abdiqué l’idée de perpétuer l’infamie pour 2027 !
Le mécanisme malhonnête de l’amalgame est également convié pour mieux brouiller les réalités les plus tangibles. Tout devient « extrême ». Toute critique radicale du système est suspecte. Toute mobilisation populaire est décrite comme une menace. Toute colère sociale devient une dérive porteuse de chaos, avec le réflexe pavlovien de la supposée « prise en otage de la population ». Et lorsqu’une voix discordante refuse de rentrer dans le cadre fixé par le commentaire dominant, c’est l’hallali.
Plus la peine de répondre aux arguments. Il suffit de la disqualifier en la rendant moralement infréquentable, en vertu de l’application d’une vieille technique de pouvoir. Criminaliser, déshumaniser, vouer aux gémonies, tel est le triptyque appliqué sans ménagement. Les dangers de telles postures (ou impostures) sont considérables. C’est actionner la symétrie paresseuse qui consiste à renvoyer dos à dos toutes les forces politiques comme si elles portaient les mêmes projets et les mêmes menaces.
Il en résulte en fin de compte la promotion de la redoutable inversion orwellienne. Il y a en effet quelque chose de profondément orwellien dans la manière dont certains mots changent de sens, par d’improbables tours de passe-passe. L’autorité serait la liberté. La surveillance équivaudrait à la protection. La restriction des droits se confondrait avec l’État de droit. La mise au pas du débat serait la condition sine qua non de l’apaisement. La stigmatisation d’une partie de la population se justifierait par l’urgence de la défense de la République. On voudrait faire croire que la violence serait du côté de celles et ceux qui contestent, par des voies pourtant démocratiques et constitutionnelles, l’ordre établi.
L’usage immodéré de la peur, par l’intermédiaire de basses instrumentalisations, s’impose alors comme une évidence. La peur est devenue une matière première électorale. Peur de l’immigré. Peur du jeune des quartiers populaires. Peur du militant. Peur du musulman. Peur du désordre. Peur du déclassement. Peur du voisin. Peur du lendemain. Lorsqu’une société est contaminée par la peur généralisée, la désignation compulsive de coupables octroie un avantage comparatif considérable à ceux qui s’y livrent sans modération. Il nous faut éradiquer ces sinistres et avilissantes politiques de la peur.
Tout cela concourt à dérouler le tapis rouge à l’extrême droite. Cette dernière a parfaitement compris la puissance de ces inversions. Elle peut désormais reprendre des thèmes autrefois considérés comme infréquentables tout en se présentant comme la force de la modération, de l’ordre et du bon sens (sic !). C’est ainsi que fonctionnent la dédiabolisation et la banalisation de l’extrême droite. Lui est offert de la sorte un espace de respectabilité inespéré. Car, pour elle, cela ne consiste pas à abandonner les vieilles obsessions nauséabondes, juste à en changer l’emballage. Autrement dit à remplacer le vocabulaire de la haine par celui de la « protection », celui de l’exclusion par celui de la « maîtrise », celui de la discrimination par celui de la « priorité », celui de l’autoritarisme par celui de la « fermeté ».
Dans cette dérive préoccupante le fourvoiement coupable (et intéressé) du bloc central bourgeois est accablant. Il participe à cette transformation du vocabulaire politique. À force de courir derrière l’extrême droite sur l’immigration, la sécurité ou l’identité, il contribue à déplacer continuellement la frontière de ce qui peut être dit, puis de ce qui peut être fait. Cette tendance de la droite traditionnelle à s’aligner sur des positions maximalistes de l’extrême droite est désormais incontestablement avérée.
L’antidote à ces maux est connu : faire retour dans la voie de la souveraineté populaire. Une société est apaisée lorsque les citoyens ont le sentiment que leur parole compte, que leur travail est reconnu, que leurs enfants auront un avenir meilleur, que les institutions ne sont pas confisquées par quelques-uns. En conséquence, il faut parler des salaires, des retraites, de l’hôpital public, de l’école, du logement, de l’industrie, de l’écologie, des services publics, de la paix. Et défendre la liberté, l’égalité, la fraternité non comme des slogans décoratifs, mais comme des principes matériels concrets.
Il faut impérativement récuser le piège grossier consistant à choisir entre l’ordre autoritaire du bloc central et l’ordre identitaire de l’extrême droite. Car refuser pied-à-pied l’extrême droite ne signifie pas renoncer à combattre le macronisme, le bloc central ou les politiques libérales. Critiquer les politiques menées par le bloc central ne signifie évidemment pas relativiser le danger représenté par l’extrême droite. La confusion serait en fin de compte une victoire pour l’extrême droite, une fois « l’effet castor » des multiples barrages républicains devenu inopérant en raison d’un usage abusif et insincère.
Lorsque les mots ne servent plus à décrire le monde mais à fabriquer des ennemis, la première résistance démocratique consiste à leur rendre leur sens. La politique doit redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : le moyen pacifique par lequel un peuple décide de son avenir. Il n’y a pas à s’excuser de vouloir transformer radicalement la société. La radicalité des idées n’a rien à voir avec l’hystérisation présente du débat.
Francis DASPE
Articles des réunions des Cogitations estivales prométhéennes
La 5° édition des Cogitations estivales prométhéennes portait sur le thème « Hystérisation du débat politique et lutte des classes : de Jean Jaurès à Rosa Luxemburg ». Elles ont donné lieu à 3 réunions publiques qui se sont tenues dans les Pyrénées-Orientales, à Thuir le 29 juillet, Canet-en-Roussillon le 3 septembre et Prades le 18 septembre.
Vous trouverez ici rassemblés les trois articles en ayant résulté et qui ont été diffusés sur les sites d’information locaux.
Article n°1: Thuir. Les Cogitations estivales prométhéennes analysent un débat publique délétère
La 5° édition des « Cogitations estivales prométhéennes » organisées en partenariat par l’AGAUREPS-Prométhée et La France Insoumise, se sont ouvertes ce mercredi 29 juillet à Thuir. C’est devenu la tradition que cet événement politique se fasse dans la capitale des Aspres, en plein milieu des vacances d’été. Le thème retenu cette année s’intitule « Hystérisation du débat politique et lutte des classes : de Jean Jaurès à Rosa Luxemburg ».
Francis Daspe, par ailleurs président de l’AGAUREPS-Prométhée en plus de ses responsabilités à La France Insoumise dans les Pyrénées-Orientales, débutait son intervention à l’aide d’un diaporama retraçant les principaux jalons historiques et politiques de l’œuvre de ces deux militants dont la vie a été dévouée à la révolution sociale afin d’améliorer les conditions de vie des ouvriers. Ils y ont d’ailleurs laissé leur vie, le premier lâchement assassiné le 31 juillet 1914, la seconde sommairement exécutée le 15 janvier 1919.
« Ces deux événements tragiques témoignent des méthodes expéditives utilisées par les possédants dès lors qu’ils se sentent menacés dans leurs intérêts et leur pouvoir. Dans un contexte d’accroissement des tensions politiques poussées à leur paroxysme, ces réactions s’inscrivent dans une logique de lutte des classes », expliquait l’orateur. Le terme d’hystérisation n’est alors nullement excessif.
La mise en perspective avec la situation actuelle montre la résonance politique des pages d’histoire du début du XX° siècle. Des similitudes sont mises en avant par Francis Daspe dans la fin de son exposé, tout en veillant à éviter de verser dans l’anachronisme. L’objectif affiché est d’inciter à la réflexion sur les différentes stratégies en vue de la présidentielle de 2027. « Certaines des conditions du débat public entre ces deux périodes offrent des parallélismes évidents. Aujourd’hui, on observe une presse, possédée à près de 90% par un petit nombre de milliardaires, dont une partie « bollorisée » est clairement radicalisée, déroulant sans complexe l’agenda politique de l’extrême droite ». Francis Daspe citait également l’existence d’une sorte d’internationale brune d’extrême droite, aussi bien en Europe qu’en Amérique. « Les contradictions internes d’un système capitaliste en recherche perpétuelle, mais inassouvie, de profits démesurés accentue les tensions. Ces possédants sont animés par un esprit de revanche contre les dispositifs qui concourent à une répartition des richesses plus équilibrée : services publics, fiscalité plus redistributive, systèmes de protection sociale solidaires, droit du travail protecteur pour les salariés etc. ».
D’où le déploiement récent, et sans aucun doute à venir encore plus intensément, de quelques séquences politiques sombrant dans l’hystérisation du débat public en vue notamment de l’échéance de 2027. C’est alors le règne sans limites de l’argument d’autorité, de la manipulation et du mensonge. Bref, de la négation de la démocratie.
Article n° 2 : Canet-en-Roussillon. Les Cogitations estivales prométhéennes décryptent un contexte géopolitique tendu
La 5° édition des « Cogitations estivales prométhéennes » effectuait sa rentrée ce jeudi 3 septembre avec une deuxième conférence / débat à Canet-en-Roussillon. Le désormais traditionnel événement est organisé en partenariat par l’AGAUREPS-Prométhée et La France Insoumise. Le thème retenu cette année s’intitule « Hystérisation du débat politique et lutte des classes : de Jean Jaurès à Rosa Luxemburg ».
Francis Daspe décrivait les éléments majeurs des trajectoires politiques de ces deux personnages historiques, jusqu’à leurs destins tragiques, le premier assassiné le 31 juillet 1914, la seconde exécutée le 15 janvier 1919. En toile de fond pour les deux, se trouvent les questions essentielles de la paix et de la révolution.
« Jean Jaurès et Rosa Luxembourg ont été victimes de leurs engagements à la fois pacifistes et révolutionnaires. En cela, il s’agit bien d’événements à inscrire dans une logique de lutte des classes », expliquait-il en préambule. Il poursuivait en décrivant les heurts des nationalismes portés à leur paroxysme, des impérialismes décomplexés et des concurrences commerciales renforcées par une crise des débouchés. « Et tout cela, dans un climat de diabolisation de l’adversaire présenté comme un corps étranger à la nation contre lequel il faut lutter par tous les moyens, y compris les moins regardants ».
Conformément au principe fondateur même des Cogitations estivales prométhéennes, un sujet historique possédant une résonance et une actualité politiques dans le moment présent, ces premiers éléments de contextualisation incitaient à établir des parallèles avec la situation d’aujourd’hui. « On assiste clairement à la volonté de créer un parfum d’atmosphère belliciste visant à légitimer le recours à la guerre, à s’armer en conséquence, à préparer les mentalités à des conflits jugés nécessaires par le biais d’une propagande sans guère de limites ». Autrement dit, l’hystérisation du débat public est conviée par certains « va-t-en guerre » sans la moindre vergogne, puisque chacun sait que la première victime de la guerre est toujours la vérité.
Pour illustrer ses propos, Francis Daspe indiquait deux citations pour l’occasion véritablement éclairantes. Celle de Paul Valéry d’abord : « La guerre, c’est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent et ne se massacrent pas ». Et ensuite celle d’Anatole France écrivant dans le journal L’Humanité en 1922 : « On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels. ».
Il ne fait pas de doute que les considérations géopolitiques auront un impact certain, à ne pas négliger, sur les échéances électorales de l’année 2027.
Article n°3 : Prades Les Cogitations estivales prométhéennes montrent le lien entre lutte des classes et hystérisation du débat politique
La 5° édition des « Cogitations estivales prométhéennes » se clôturait avec une troisième conférence / débat à Prades, vendredi 18 septembre, soit quelques jours avant le passage à l’automne. L’événement, organisé en partenariat par l’AGAUREPS-Prométhée et La France Insoumise, portait cette année sur le thème « Hystérisation du débat politique et lutte des classes : de Jean Jaurès à Rosa Luxemburg ».
Le principe des Cogitations estivales prométhéennes réside dans le choix d’un sujet historique possédant une résonance et une actualité politiques. L’objectif est d’établir, dans une logique de formation militante et d’éducation populaire, le lien entre le passé et le présent afin de débattre des enjeux et des perspectives politiques immédiates. La tournure des échanges a montré que le contrat a été plus que rempli.
« Le lâche assassinat de Jean Jaurès en 1914 et l’exécution sommaire de Rosa Luxembourg en 1919 s’inscrivent pleinement dans un épisode de la lutte des classes qui a débouché sur une forme d’hystérisation du débat politique que l’on retrouve aujourd’hui », introduisait l’Insoumis Francis Daspe, par ailleurs président de l’AGAUREPS-Prométhée. La relation était de la sorte effectuée avec le climat politique caractérisant la campagne de la présidentielle actuelle.
Il expliquait en quoi l’hystérisation du débat public résulte d’une réaction émanant de possédants inquiets du cours des événements de nature à remettre en cause leurs intérêts sonnants et trébuchants. Il s’agit de disqualifier par tous les moyens les perturbateurs appelant à des réformes structurelles du système économique dominant en vue d’un autre partage des richesses. « Et quand l’appel se fait en faveur d’une révolution, la haine de classe porte à son paroxysme cette hystérisation. Comme ce fut le cas à cette époque, comme c’est le cas aujourd’hui », ajoutait-il.
Un des objectifs immédiats vise à réinventer un récit partisan contredisant dans un même élan les faits historiques et les réalités politiques afin de reconfigurer le champ politique en sa faveur. Aujourd’hui, pour Francis Daspe, pour échapper au blocage occasionné par l’existence de trois blocs équivalents, le bloc d’extrême droite voudrait promouvoir une nouvelle polarité entre « nous qui n’avons jamais été essayés et le reste du monde », tandis que le bloc central bourgeois s’échine à réduire le choix à « nous qui sommes le cercle de la raison et les extrêmes ». « Ce grossier subterfuge doit être enrayé par un sursaut populaire que la dynamique de la campagne de Jean-Luc Mélenchon porte en elle », concluait Francis Daspe.
ASSOCIATION POUR LA GAUCHE REPUBLICAINE ET SOCIALE– Prométhée
Chez Francis Daspe 19 avenue Carsalade du Pont, porte 2, 66100 PERPIGNAN
Site internet : www.agaureps.org
Courriel : agaureps@orange.fr
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