Conférence / débat de l’AGAUREPS-Prométhée à Mont-de-Marsan sur « Quelles recompositions politiques pour renverser la table ? »

L’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Mont-de-Marsan jeudi 26 avril 2018, Maison des Associations, salle de réunion Bâtiment Joëlle Vincens (39 rue Martin Luther King, ancienne caserne Bosquet), à 18 heures 30.

 

Elle portera sur le thème « Quelles recompositions politiques pour renverser la table ? ».

 

Les débats seront introduits par Céline PIOT co-secrétaire départementale du Parti de Gauche des Landes et conseillère municipale de Mont-de-Marsan, Xavier DUMOULIN citoyen de la gauche républicaine et sociale, et Francis DASPE, secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée.

 

Les élections de 2017 ont modifié en profondeur le paysage politique en France. La vague « dégagiste » annoncée a bien eu lieu. Mais l’élection à la présidence de La République d’Emmanuel Macron et la majorité obtenue par « La République en marche » montrent la capacité de résistance de l’ancien monde à se perpétuer.

Il revient aux forces de transformation sociale, démocratique, écologique porteuse d’un nouveau monde militant de proposer une véritable alternative. Ce projet politique reste à construire. Sur quels contenus programmatiques ? Avec quelles orientations stratégiques ? Pour quelles perspectives politiques ?

Venez en débattre à l’occasion de cette réunion publique à l’initiative de l’AGAUREPS-Prométhée.

 

Entrée libre.

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Lula, un épisode au Brésil du combat internationaliste contre les oligarchies

L’AGAUREPS-Prométhée dénonce la condamnation à 12 ans de prison de l’ancien Président de la République du Brésil, Lula.

 

Cette décision de justice inique est en réalité une tentative désespérée d’empêcher Lula de concourir à la prochaine élection présidentielle pour laquelle il est très largement favori. Cette manœuvre politicienne montre à quel point les oligarchies ne reculent devant aucun expédient pour préserver leur pouvoir. Cela avait déjà été le cas avec la destitution de Dilma Roussef, qui avait succédé à la présidence de la République à Lula.

 

Cette sombre machination fait penser aux heures les plus noires de la dictature militaire qui a assombri l’histoire récente du Brésil. C’est également un nouvel épisode d’un combat de classe poussé à son paroxysme qui fracture les sociétés latino-américaines.

 

L’AGAUREPS-Prométhée apporte son soutien internationaliste à Lula dans ce combat  vital contre la morgue et la haine des oligarchies. Elle en fait de même à toutes celles et tous ceux qui militent pour ouvrir une alternative aux politiques de régression sociale et démocratique conçues pour satisfaire les intérêts d’une minorité de nantis.

 

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée  

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LETTRE DU MOIS DE L’AGAUREPS-PROMÉTHÉE N° 131 MARS / AVRIL 2018

Sommaire du numéro 131 

  • Editorial de Céline PIOT : « Ce que cache la contre-réforme du baccalauréat» page 2
  • Dossier de Francis DASPE « Les Droites» page 3
  • Chroniques de François COCQ : Ordonnances et Grande coalition page 6
  • Communiqués AGAUREPS-Prométhée « Evasion fiscale » et « Ferroutage » page 9
  • Librairie de l’AGAUREPS-Prométhée : François COCQ « Alerte à la souveraineté européenne ! L a chimère de Macron contre la souveraineté populaire »  page 11
  • Agenda de l’AGAUREPS-Prométhée : Thuir et Mont-de-Marsan page 12
  • Une fiche d’adhésion (facultative mais conseillée…) pour 2018 page 13

 

 

 

Ce que cache la contre-réforme du baccalauréat  

Prenant le prétexte que tous les postes ouverts aux concours de recrutement des enseignants n’ont pas été pourvus, le ministre de l’Éducation nationale annonce la suppression de 2 600 postes aux concours du CAPES et de l’agrégation. Or, l’an prochain, il y aura 20 000 collégiens et lycéens supplémentaires.

À elle seule, cette décision donne le vrai contenu de la contre-réforme du baccalauréat que le ministre Blanquer a présenté dans la continuité du plan « étudiants » de la ministre Vidal. Le nombre de disciplines donnant lieu à des épreuves nationales en fin de Terminale sera considérablement réduit ; tout le reste sera évalué dans le cadre du contrôle continu. Il est vrai que, dans la « Macronie », l’enseignement des disciplines et les diplômes nationaux sont en trop ! Comme l’enseignement disciplinaire sera réduit, comme les parcours individualisés ne déboucheront sur aucune qualification, nul besoin pour cela d’enseignants qualifiés et, donc, de postes aux concours. D’où ce plan massif de suppression de postes.

En outre, avec l’évaluation en contrôle continu, le diplôme ne vaudra plus que ce que vaut la réputation de l’établissement dans lequel l’élève aura suivi sa scolarité. Et, en plus de diplômes « maison », cette contre-réforme instaure aussi le lycée « à la carte » : les voies générales seront remplacées par des parcours individuels choisis par les lycéens. Procédé qui met les disciplines, et de fait les enseignants, en concurrence entre elles, mais qui s’inscrit bien dans la société « ubérisée », atomisée voulue par ceux de LREM.

Il est donc bien vain pour le député macroniste et mathématicien Cédric Villani de se pavaner dans les médias sur la nécessaire revalorisation de l’enseignement des mathématiques car, avec cette contre-réforme, un lycéen pourra passer le baccalauréat sans avoir suivi une seule heure de cours de mathématiques en Première et en Terminale !

Tout concourt à des suppressions massives d’heures de cours permettant ainsi pour le Gouvernement de réaliser les 25 000 suppressions de postes d’enseignants dans le cadre du plan de 120 000 suppression de postes dans la Fonction publique. Dans la continuité de la contre-réforme Peillon qui, avec les activités périscolaires différentes d’une commune à l’autre, avait commencé la territorialisation de l’École, la contre-réforme Blanquer aggravera la fin de l’égalité républicaine. En finir avec l’École publique, tel est l’objectif ; et c’est inacceptable !

Céline PIOT 07 / 03 / 2018

(co-secrétaire départementale du Parti de Gauche dans les Landes, conseillère municipale « Mont2Gauche » à Mont-de-Marsan)

 

 

 

 

Dossier : Les Droites

Trois droites qui en font deux mais voudraient n’en faire qu’une

Tribune diffusée sur le site de Politis le 6 février 2018.

https://www.politis.fr/articles/2018/02/trois-droites-qui-en-font-deux-mais-voudraient-nen-faire-quune-38309/

Les divergences affichées ce samedi au sein de Les Républicains entre Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse sur le nombre de droites relèvent du maintien de simples querelles de chapelles internes. A ce titre, elles n’ont qu’une importance relative, témoignant d’une forme de nombrilisme caractéristique de l’ancien monde politique qui vient de s’effondrer. En effet, les événements de l’année 2017, entre la défaite impensable du candidat issu de la primaire François Fillon, l’élection pour le moins opportuniste d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, l’accession de Laurent Wauquiez à la tête de l’ancien grand parti Les Républicains, ont notoirement rebattu les cartes à droite. Ils devraient inviter ses responsables à s’interroger sur la réalité du moment politique avant d’envisager toute perspective. En élargissant la réflexion, pas en se repliant.

 

Depuis les analyses de René Rémond dans les années 1960, il était habituel de distinguer trois racines historiques à la droite en France : légitimiste, orléaniste et bonapartiste. Ces catégories sont seulement indicatives : il faut n’y voir aucune étanchéité, mais au contraire une forte porosité. L’exemple de François Fillon est à cet égard édifiant : il a commencé sa carrière politique au sein de la droite bonapartiste, s’est rallié à la droite orléaniste en adoptant un programme libéral décomplexé, s’est rapproché à l’occasion de la droite légitimiste au moment de l’émergence de « La Manif pour tous ». C’est en cela que résidait sans aucun doute l’équation gagnante de la primaire de la droite, aux antipodes d’un Alain Juppé persistant à confondre primaire de la droite et premier tour de la présidentielle.

 

En 2018, il n’existe désormais plus que deux droites. Mais elles ne se réduisent pas à celles prétendument incarnées par Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse. La droite orléaniste et la droite bonapartiste sont en passe de ne faire qu’une sous la houlette du nouveau Président de la République Emmanuel Macron. Les accents jupitériens relèvent bien de la veine bonapartiste comme en témoigne l’incroyable concours de circonstances qui l’a porté au pouvoir. Le qualificatif de « Président des riches » prouve bien qu’il constitue l’ultime rempart des oligarchies et des marchés, n’ayant à proposer aux Français qu’une resucée de l’incantation de Guizot sous la monarchie de juillet au milieu du XIX° siècle, « Enrichissez-vous ! », transformée pour l’occasion en une invitation lancée aux jeunes à devenir millionnaire. Pour revenir à des repères plus contemporains, Emmanuel Macron a réalisé le tour de force d’une synthèse inédite, devenant en quelques semaines le plan B des centristes (après la défaite d’Alain Juppé à la primaire de la droite et du centre), du Medef (avec les déboires tant juridiques qu’éthiques de François Fillon) et des sociaux-libéraux (après la défaite de Manuel Valls à la primaire de la gauche).

La seconde droite est pour sa part l’avatar de la droite légitimiste (celle qui s’était rallié bon gré mal gré à la République entre la fin du XIX° siècle et la première moitié du XX° siècle) que Laurent Wauquiez a conquise au prix d’une stratégie de droitisation décomplexée, mais aussi de rétrécissement. Sa stature de  « chef à la petite semaine » et son manque de charisme lui interdisent de revendiquer l’étoffe et l’héritage bonapartistes, tout autant que ses marottes radicales inféodées à la toute puissance de la loi du marché. Le départ ou la mise en retrait de représentants de la tendance libérale-centriste de feue l’UMP sert ses intérêts : c’est ainsi qu’il se garantit à court et moyen terme un leadership sur les débris de la droite institutionnelle. Et ce au risque de perdre une vocation majoritaire au fur et à mesure de ces défections et d’une plus grande porosité avec l’extrême droite (c’est en cela que consistera l’œuvre de réunification avec les fragments de la droite légitimiste n’ayant par contre jamais accepté l’idéal républicain).

 

Ce qui caractérise ces deux droites est leur asymétrie. L’une a montré sa capacité à s’accaparer le pouvoir. La stratégie du « et en même temps » indique qu’elle fait tout pour éviter d’être cataloguée uniquement à droite et de droite. Il en va de son inscription dans la durée. Si son point de départ est présenté comme situé au centre gauche, elle réalise cependant des politiques indiscutablement de droite.

L’autre crée les conditions d’un enfermement dans un réduit sectaire. La droite légitimiste est en réalité à la fois  en voie de « cornerisation » et de reconstitution. Laquelle des deux tendances l’emportera ? Son rétrécissement la conduit à vouloir reconstituer son identité à l’original et à l’origine : « fier d’être de droite » a-t-il clamé. Cela passe par une réintégration de la droite traditionnaliste, une composante de l’extrême droite. Pour compenser un risque d’isolement mortifère, elle adopte une stratégie opposée. Il ne doit y avoir qu’une droite et c’est elle qui doit l’incarner exclusivement. Elle a à repousser toute concurrence en dehors du champ de la droite, quitte à faire passer l’actuelle majorité macronienne pour crypto-socialiste (c’est loin d’être gagné…).

 

Ces deux droites vont inévitablement entrer en concurrence ou en confrontation. Une droite (provisoirement ?) conquérante et une droite (temporairement ?) désarticulée peuvent-elles cohabiter ? Le choc des ambitions personnelles et l’esprit de rentes particulières tendraient à l’empêcher. Mais cela peut se révéler au final un leurre. Car que l’une ou l’autre exerce le pouvoir, les politiques menées seront soit de droite soit de droite, toujours au service des marchés. Les nuances seront pas  question d’intensité des (contre) réformes, mais simplement d’habileté tactique à satisfaire les intérêts des oligarchies sans déclencher des réactions populaires d’opposition.

Francis DASPE

 

Droites et République, une histoire contrariée

Tribune dont une version plus réduite a été diffusée dans L’Humanité le 26 février 2018.

https://www.humanite.fr/tribune-libre-et-la-revolution-francaise-droites-et-republique-une-histoire-contrariee-651034 .

L’année 2017 s’annonçait pour la droite comme celle de la conquête par une élection imperdable. Les faits ont cruellement contredit cet horizon radieux. La nouvelle direction de Les Républicains sous la houlette de Laurent Wauquiez entend faire de 2018 l’année d’une reconquête revancharde. La « fierté retrouvée d’être de droite », proclamée comme boussole, invite à un examen de l’Histoire : elle a souvent correspondu à des périodes de fort antagonisme avec la République. La droite s’est en effet constituée dans une opposition à l’héritage de la Révolution française, et dans sa déclinaison institutionnelle, la République. Elle possède rapport particulièrement mouvementé avec la République, l’assimilant plus d’une fois à la « Gueuse ».

Aux XIX° et XX° siècles, la droite a oscillé entre périodes de rejet de la République (monarchie constitutionnelle, écrasements des ateliers nationaux de la II° République et de la Commune, détestation du Front Populaire, parenthèse pétainiste etc.) et moments de ralliement plus ou moins contraints. Mais à chaque fois que des pans de la droite finissaient par accepter la République, la contrepartie était que celle-ci soit rétrécie dans ses principes. Moins de République sociale avec la formule de Thiers au moment de la Commune indiquant que la République serait conservatrice ou ne serait pas. Moins de République laïque avec le refus d’étendre la loi se séparation de l’Etat et des Eglises de 1905 aux trois départements alsaciens et mosellan au lendemain de la première guerre mondiale ou le vote de la loi Debré de 1959 qui permet le financement de l’école privée religieuse. Moins de République démocratique avec les institutions de la monarchie présidentielle de la  5° République.

 

Sans verser dans l’anachronisme, ces impensés antirépublicains sont toujours opératoires. Bien entendu sous des formes différentes. Ils s’incarnent dans la droite décomplexée ravivée par Nicolas Sarkozy et désormais portée par Laurent Wauquiez, la « zemmourisation des esprits ou la « sainte-alliance » des oligarchies en vue de maintenir la prééminence de leurs intérêts de caste. Au fond, c’est la devise républicaine qui n’a jamais été totalement acceptée. Liberté signifie trop souvent anarchie, pertes des valeurs traditionnelles et désordre. L’égalité serait porteuse de tyrannie de la masse en raison d’un prétendu égalitarisme et d’un nivellement par le bas voués aux gémonies. La fraternité équivaudrait à un cosmopolitisme honni et à une perte d’identité fantasmée ou instrumentalisée.

L’interpellation adressée par Léon Bourgeois au début du XX° siècle à cette droite ralliée à la République prend toute sa signification : « Vous acceptez la République, fort bien ! Mais acceptez-vous le bilan de la Révolution ? ». Visiblement, pour certains, le chemin est encore bien long et parsemé d’embûches. De la République sociale, la majorité macronienne s’en occupe avec le démantèlement méthodique du droit du travail et une politique de partage des richesses asymétrique au profit des riches. De La République fraternelle, la droite décomplexée, aux confins de la droite extrême et de l’extrême droite, s’en charge avec vigueur et hargne. De la République démocratique et de la souveraineté populaire, ces deux droites sont à l’unisson pour les dissoudre par tous les moyens.

 

Selon le principe bien établi que l’on finit par se nommer par ce que l’on n’a pas toujours été ou ce que l’on n’est pas encore totalement, les uns ont adopté le nom « Les Républicains », les autres se sont qualifié de « République en marche ». Ce « vol des mots » est un grossier subterfuge. Il ne parviendra pas à masquer l’histoire contrariée et contrariante qui lie les droites à la République.

Francis DASPE

 

 

Les chroniques de François COCQ

De quoi le recours aux ordonnances est-il le nom ?

Edouard Philippe annonçait ce lundi qu’il recourrait aux ordonnances pour appliquer brutalement à la SNCF le rapport de démantèlement et de privatisation qu’il avait commandé à M. Spinetta. La méthode, loin d’être anodine, révèle en profondeur les objectifs multiformes de M. Macron qui souhaite faire de ce dossier un combat emblématique de sa présidence.

 

La forme rejoint en effet ici le fond. Les ordonnances ont toujours été appelées à la rescousse pour mettre en œuvre les mesures les réformes les plus libérales, comme en 1986 quand Jacques Chirac Premier Ministre souhaitait privatiser 65 groupes industriels, redécouper les circonscriptions électorales et déjà flexibiliser le temps de travail, comme en 2006 quand il avait fallu que le peuple fasse rengorger à Dominique de Villepin son contrat première embauche (CPE).

Macron lui en est un adepte. Eminence grise en matière économique de François Hollande lorsqu’il était secrétaire général adjoint de l’Elysée, il avait insufflé l’idée du recours aux ordonnances pour assouplir les normes administratives relatives aux entreprises ou qui touchent au domaine de l’urbanisme. A l’automne dernier, il initiait son quinquennat par pareil court-circuit démocratique pour imposer sa loi travail. Cette fois c’est pour privatiser la SNCF, car telle est immanquablement l’issue du changement de statut de la SNCF ou du gestionnaire de réseau. Mais aussi pour fermer à terme près de 9000 km de lignes utiles aux usagers mais jugées non rentables. Personne ne peut en effet croire le premier ministre lorsqu’il fait mine de ne pas toucher à celles-ci et que dans le même temps il annonce que l’Etat ne prendra sa part dans le désendettement que lorsque la SNCF l’aura fait au préalable, étant entendu qu’elle aura optimisé son rendement par de telles fermetures, conception antagonique avec celle du service public. Comme Nicolas Sarkozy avant lui, M. Macron s’en prend à la SNCF et au statut des cheminots un an en amont de la nouvelle réforme des retraites qu’il entend imposer à tous. L’attaque portée à quelques uns est un coup de semonce qui doit être entendu de tous.

Dans un cas comme dans l’autre, M. Macron fait le choix des ordonnances alors même, ou plutôt justement, parce qu’il s’attaque à un bien commun qui lie les Français entre eux : hier en s’en prenant au code du travail qui organise la vie sociale de 22 millions de nos concitoyens, aujourd’hui en voulant démanteler la SNCF, patrimoine commun qui en tant qu’entreprise publique appartient à l’ensemble des Français.es. Or en droit constitutionnel français, une ordonnance est une mesure prise par le gouvernement dans des matières relevant normalement du domaine de la loi. En faisant le choix des ordonnances, M. Macron impose une procédure législative qui se substitue au Parlement, c’est-à-dire à la représentation nationale, sur un bien économique et social qui est la propriété collective de tous les Français.es. Ce faisant, il nie aux Français.es et à leur représentation le droit de s’exprimer et de décider sur ce qui les concerne en premier lieu.

 

L’attitude de M. Macron s’inscrit dans une démarche globale : il assume de rompre avec la démocratie représentative qui, toute imparfaite qu’elle soit, vise à articuler la possession de la souveraineté par le peuple et son exercice par le gouvernement. Le président assume de lui préférer le glissement vers une conception délégative de la souveraineté dans laquelle la fonction civique se limite à placer un bulletin dans une urne en attendant l’élection suivante. Bref M. Macron assume sa pratique césariste du pouvoir qui trouve naturellement à s’exprimer par le biais des ordonnances, pratiques de l’Ancien Régime, à l’époque où le pouvoir royal les édictait au titre de lois. Les ordonnances allèrent ensuite de pair avec la mise en place de la monarchie parlementaire. C’est d’ailleurs sous la Restauration que le terme d’« ordonnance » est rétabli pour mieux marquer la rupture avec la Révolution. Ordonnances, décrets impériaux, décrets-lois des IIIème et IV République, voilà la lignée historique dans laquelle M. Macron choisit de s’inscrire.

Et ce n’est pas fini, comme en attestent son projet de réduire le nombre de députés dans sa réforme constitutionnelle, ou la souveraineté européenne qu’il prône désormais ouvertement pour mieux contrebalancer la souveraineté populaire. L’Europe libérale n’est d’ailleurs jamais loin avec M. Macron. Cette réforme de la SNCF répond ainsi aux injonctions de mise en concurrence des grandes lignes prévue pour 2020 et des lignes TER prévue pour 2023. En montant à l’assaut de la SNCF et en se défiant du peuple à coup d’ordonnances, M. Macron entend donner des gages à Bruxelles.

 

Macron est finalement l’archétype de la Vème République agonisante. Si uniquement 102 ordonnances ont été prises durant les quarante premières années de la Vème République (1958-1999), le rythme s’est singulièrement accéléré depuis. Au pouvoir depuis à peine 10 mois, M. Macron fait lui déjà figure de Lucky Luke des ordonnances en y recourant pour la seconde fois et quand bien même il dispose d’une majorité pléthorique à la chambre.

Avec les ordonnances, M. Macron engage une triple épreuve de force : avec les cheminots en voulant faire passer la SNCF sous les fourches caudines libérales, avec les usagers en niant leur souveraineté et leur choix concernant un service public qui leur appartient, avec les Français en installant une pratique du pouvoir qui contourne la souveraineté populaire pour mieux appliquer la doxa bruxelloise. Faire en sorte qu’il échoue apparaît dès lors comme un objectif d’intérêt général.

François COCQ  27 / 02 / 2018

 

La grande coalition dévale la pente

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer dans ces chroniques la paralysie démocratique que génèrent désormais les gouvernements de type grande coalition. Béquilles des social-démocraties européennes et gardiens du temple du bipartisme, ceux-ci se sont généralisés au tournant des années 2010. Au point qu’en 2014, 16 des 28 pays de l’Union européenne étaient dirigés par des gouvernements de ce type. Depuis, celles et ceux qui se sont engagés dans de tels mécanos politiciens sur la base de la soumission aux politiques européennes ont été sanctionnés dans les urnes. En résultent les situations de paralysie démocratique que nous avons connues ces derniers mois en Italie ou en Autriche, ou que nous connaissons encore aujourd’hui en Espagne … et en Allemagne.

 

Le cas allemand mérite d’être regardé avec une grande attention car l’usage du gouvernement de grande coalition fait dévaler la pente démocratique en accéléré. Pour mémoire, les combinards Angela Merkel (CDU), Horst Seehofer (CSU) et Martin Schulz (SPD) sont sortis très affaiblis élections du 24 septembre 2017. Chacun des trois partis a obtenu son score le plus faible depuis 1949. A eux trois, CDU, CSU et SPD totalisaient 53,4% des voix, soit 13,8 points de moins qu’aux législatives de 2013. S’en sont suivis des mois sans gouvernement avant que la CDU de Mme Merkel et le SPD de M. Schulz se résolvent en janvier 2018 à un énième compromis pourri, abandonnant notamment toute ambition en matière de transition énergétique.

Depuis, tout part à vau l’eau. Martin Schulz qui négociait son poste de ministre des affaires étrangères a été mis en minorité dans son parti et contraint à quitter la direction du SPD. Pendant ce temps, son collègue Olaf Scholz se place pour succéder à Wolfgang Schäuble au ministère des Finances et garantir l’équilibre des comptes budgétaires si cher aux conservateurs. Naturellement, le SPD se disloque sur fond du vote interne, organisé du 20 février au 2 mars, de ses quelques 450.000 adhérents devant ratifier ou non la participation au gouvernement de grande coalition : il n’est pas sûr qu’à l’annonce des résultats (le 4 ou le 5 mars), la base du SPD n’ait pas refusé la direction prise par ses dirigeants, marquant ainsi une étape supplémentaire de l’effondrement de la social-démocratie allemande.

Alors tout est bon pour mettre au pas les militants. Et notamment en ce début de semaine un sondage de l’institut Insa pour le journal Bild, qui place pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale l’extrême-droite de l’AfD devant le SPD (16% contre 15,5%) ! Mais il faut aussi noter que le total CDU/CSU + SPD continue à chuter et devient minoritaire à 47,5 % ! Même la grande coalition ne serait plus suffisante pour disposer d’une majorité à la chambre en cas de nouvelles élections législatives !

 

Ne nous y trompons pas : il n’y a là rien de réjouissant tant l’échec des gouvernements de grande coalition, résurgence de Bruxelles dans las cadres nationaux, participent partout en Europe de la remontée des extrêmes-droites : c’était le cas en Autriche et en Italie après de pareils processus, c’est désormais le cas en Allemagne. Ajoutez-y la Hongrie, la Pologne ou encore la Bulgarie et le spectre qui hante l’Europe ne manque pas de se matérialiser au fil de l’eau.

Les grandes coalitions se voulaient être un amortisseur à l’effondrement de la social-démocratie et dans une moindre mesure de la démocratie chrétienne. Elles sont en train de rompre. Quelle qu’en soit leur forme, laisser-aller-espagnol, fusion allemande ou macronisme vampirisateur en France, c’est le fond des politiques de soumission aux traités européens qui les discrédite. Dès lors La coalition européenne des grandes coalitions se conjugue déjà au passé. Car pour M. Macron, qui plus encore que sur l’Allemagne avait misé sur Mme Merkel pour rassembler autour du couple qu’il entend fonder avec elle afin d’enraciner l’ordo-libéralisme à l’échelle du continent, l’échec de la grande coalition serait aussi celui de sa vision de l’Europe.

François COCQ 27 / 02 / 2018

 

 

 

Communiqués AGAUREPS-Prométhée

Ni se résigner ni se soumettre à l’évasion fiscale !

            La décision de l’Union Européenne d’enlever de sa « liste noire » des paradis fiscaux 8 Etats (sur un total de 17…) dévoile son manque de volonté de lutter véritablement contre l’évasion fiscale. C’est ainsi que Panama, Corée du Sud, Emirats-Arabes Unis, Tunisie Mongolie, Macao, Barbade et Grenade ne sont plus ciblés. Mais il ne s’agit que de la partie émergée de l’iceberg. Il va de soi que Malte, Chypre ou Luxembourg ne font partie d’aucune de ces listes. Ce serait faire de la peine à Jean-Claude Juncker, le luxembourgeois devenu Président de la Commission européenne après avoir été Premier ministre de son pays pendant près de 20 ans…

On se souvient des rodomontades de l’ancien Président Nicolas Sarkozy au moment de la crise financière de 2008 qui se faisait fort de régler la question de l’évasion fiscale. Il n’en fut rien. On se souvient également de l’ancien Président François Hollande qui se faisait fort de traiter la finance en ennemie. Il n’en fut bien évidement rien. On observe le nouveau Président Emmanuel Macron faire quelques simagrées ici ou là, et notamment à Davos. Mais le Président des riches reste l’ami de la finance et des oligarchies, ne cessant de donner quitus à l’Union européenne. Ces gens là n’apprennent rien des différents scandales qui se succèdent : Lux Leaks, Panama Papers, Paradise Papers etc.

La lutte contre l’évasion fiscale constitue un impératif. Il y a urgence, car l’évasion fiscale, dont les frontières entre fraude et optimisation sont très poreuses, ronge le pacte républicain et social issu du programme du Conseil national de la Résistance. L’évasion fiscale n’est pas une fatalité à laquelle il faudrait se soumettre. Elle ne se perpétue que par les renoncements et les hypocrisies de gouvernants qui agissent pour satisfaire les intérêts particuliers de la finance, des multinationales et des oligarchies. Evasion fiscale, mais surtout dissolution des principes, évaporation de la volonté !

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée  27 / 02 / 2018

 

Neige ou pas, les camions sur les trains !

Les précipitations neigeuses qui se sont abattues ces derniers jours dans le Languedoc ont provoqué paralysie et panique. La situation permet cependant de rappeler quelques évidences de bon sens. Il y a urgence à infléchir la politique de transports en faveur du développement du ferroutage.

Une des causes majeures des blocages de l’A 9 provient de l’afflux incontrôlé et incontrôlable de camions (accidents ou immobilisations sur l’autoroute, stationnement et arrêt aux alentours des échangeurs autoroutiers). Cette noria de camions occasionne de tels désagréments et dangers qu’un changement des politiques publiques doit être prioritaire. Le ferroutage est une solution conjuguant à la fois vertu écologique et efficacité logistique : combien de poids lourds pourraient-ils être absorbés à moindres coûts par un seul convoi ferroviaire ?

Les camions sur les trains, c’est une orientation stratégique qui doit être favorisée, et pas uniquement quand il neige ! Pour cela, la volonté et les moyens doivent être attribués à un grand service public ferroviaire. Hélas, ce n’est pas la voie retenue par le gouvernement avec son projet dogmatique de casse de la SNCF inspiré par la recherche d’économies à courte vue et de profits immédiats.

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée  02 / 03 / 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

Librairie de l’AGAUREPS-Prométhée

 

Alerte à la souveraineté européenne !

Livre de François COCQ, « Alerte à la souveraineté européenne ! La chimère de Macron contre la souveraineté populaire », Eric Jamet éditeur, sortie le 10 mars 2018.

En lançant dès le début de son quinquennat une vaste offensive idéologique et médiatique pour imposer l’idée d’une « souveraineté européenne », M. Macron frappe fort : il s’attelle à une redéfinition complète du concept de souveraineté pour mieux le vider de ce qui en est pourtant l’essence, la souveraineté populaire.

La souveraineté européenne de M. Macron n’est dès lors pas une souveraineté de plus, une forme de souveraineté supranationale : c’est un étouffoir démocratique qui nie les souverainetés existantes et s’affranchit des peuples pour parachever la délégation de pouvoir à l’Union européenne.

Pour que les élections européennes qui se profilent en 2019 ne soient pas pour les peuples un scrutin sans retour, le décryptage du projet de M. Macron s’impose.

 

 

Agenda AGAUREPS-Prométhée Les débats de l’AGAUREPS-Prométhée

 

Conférence/débat 15 mars à Thuir

L’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Thuir jeudi 15 mars 2018, Maison des Jeunes et de la Culture (MJC), salle des aînés, à 19 heures.

Elle portera sur le thème « Quel mouvement social pour quelle alternative ? ».

Les débats seront introduits par Mickaël IDRAC, animateur du groupe d’action de La France Insoumise « Vite, la 6° République ! », Alain MIH, animateur du RCP (Rassemblement Citoyen et Politique), et Francis DASPE, secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée.

 

Conférence/débat 26 avril à Mont-de-Marsan

L’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Mont-de-Marsan jeudi 26 avril 2018, Maison des Jeunes et de la Culture (MJC), salle des aînés, à 19 heures.

Elle portera sur le thème « Quelles recompositions politiques pour renverser la table ? ».

Les débats seront introduits par Céline PIOT co-secrétaire départementale du Parti de Gauche des Landes, conseillère municipale de Mont-de-Marsan, Xavier DUMOULIN citoyen de la gauche républicaine et sociale, et Francis DASPE secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée.

 

 

 

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Conférence / débat de l’AGAUREPS-Prométhée à Thuir sur « Mouvement social et alternative politique »

L’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Thuir jeudi 15 mars 2018, Maison des Jeunes et de la Culture (MJC), salle des aînés, à 19 heures.

Elle portera sur le thème « Quel mouvement social pour quelle alternative ? ». Les débats seront introduits par Mickaël IDRAC, animateur du groupe d’action de La France Insoumise « Vite, la 6° République ! », Alain MIH, animateur du RCP (Rassemblement Citoyen et Politique), et Francis DASPE, secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée.

Les élections de 2017 ont modifié en profondeur le paysage politique en France. La vague « dégagiste » annoncée a bien eu lieu.

Mais l’élection à la présidence de La République d’Emmanuel Macron et la majorité obtenue par « La République en marche » montrent la capacité de résistance de l’ancien monde à se perpétuer, parfois sous des formes se présentant abusivement comme nouvelles. Les premières mesures de la nouvelle majorité montrent clairement une politique de classe au service de l’oligarchie.

Il revient aux forces de transformation sociale, démocratique, écologique porteuse d’un nouveau monde militant de proposer une véritable alternative. Elle demande une articulation renouvelée entre mouvement social et débouchés politiques, loin des pesanteurs traditionnelles.

Ce projet politique reste à construire. Sur quels contenus programmatiques ? Avec quelles orientations stratégiques ? Pour quelles perspectives politiques ?

Venez en débattre à l’occasion de cette réunion publique à l’initiative de l’AGAUREPS-Prométhée.

Entrée libre.

 

Francis DASPE, Secrétaire de l’AGAUREPS-Prométhée  

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LETTRE DU MOIS DE L’AGAUREPS-PROMÉTHÉE N° 130 JANVIER / FEVRIER 2018

Sommaire du numéro 130 

  • Editorial de François COCQ : « 2018, année de l’ambition républicaine et sociale, entre processus destituant et horizon constituant» page 2
  • Texte de Francis DASPE « La double besogne syndicale» page 3
  • Chroniques de François COCQ : Champigny-sur-Marne et élections partielles page 8
  • Critique de Jean-Michel DEJENNE « Le jeune Karl Marx » page 11
  • Agenda de l’AGAUREPS-Prométhée : Marmande – « La Révolution citoyenne au cœur » page  12

 

 

 

2018, année de l’ambition républicaine et sociale entre processus destituant et horizon constituant 

Chers amis,

Nous ne nous étions pas trompés quand nous avions diagnostiqué pour 2017 une année de grands bouleversements. Le calendrier électoral, et plus encore la volonté populaire de bousculer l’ordre établi, s’y prêtaient. Ce fût le cas.

2018 ne recèle sans doute pas aux premiers abords les mêmes attraits. Ce sera pourtant une année importante du point de vue de la définition collective d’un nouveau sens commun.

Le processus destituant qui a balayé la vieille carte des états-majors politiques continue à déferler. Les élections de l’année passée n’ont pas suffi à purger la sphère démocratique. Dans le même temps, M. Macron, parce qu’il prolonge les politiques de casses sociale et écologique et de destruction du service public de ses prédécesseurs, participe du moment destituant non sur le plan institutionnel mais du point de vue politique. Il échoue et échouera donc à se porter constituant.

Mais celui là est trop au fait de ces questions pour ne pas vouloir y substituer un biais : là c’est la réforme institutionnelle à venir et son affaissement programmée de la vie parlementaire pour laisser libre cours au régime monarquo-présidentiel ; plus loin c’est la souveraineté européenne qui vise à annihiler la souveraineté nationale en lui retirant son ferment, la souveraineté populaire ; plus tard ce sera le CETA déjà entré en vigueur sous couvert de l’UE et il faudra confirmer l’application quand bien même il ne serait pas permis d’en sortir.

2018 est l’année où M. Macron entend remodeler le champ social et le champ démocratique pour mettre le premier à la botte de la finance et tenir le second à sa main. Autant de sujets sur lesquels les réflexions de l’AGAUREPS-Prométhée devront continuer à infuser le débat public pour ne pas perdre le fil de l’ambition républicaine et sociale qui est l’âme commune de notre peuple.

François COCQ  07 / 01 / 2018

 

 

 

La double besogne syndicale

Il s’agit des Actes des réunions publiques de l’AGAUREPS-Prométhée des 25 avril 2013 à Mont-de-Marsan et 1° octobre 2013 à Perpignan. Cette question a retrouvé une actualité certaine avec les séquences électorales et les luttes sociales de l’année 2017.

 

Cette question de la « double besogne syndicale » renvoie à des enjeux que l’actualité met en exergue de manière récurrente ; elle possède également un caractère éminemment sensible propice aux querelles. En effet, les projets de transformation sociale, raison d’être de l’AGAUREPS-Prométhée et pour laquelle elle contribue dans son champ d’action, buttent très souvent sur l’obstacle de l’articulation entre l’action syndicale et le débouché politique. En ce domaine, la tradition française reste marquée du sceau de l’anarcho-syndicaliste. Celle-ci résulte pour grande partie de la charte d’Amiens adoptée en 1906 au congrès de la CGT (confédération générale du travail).

La charte d’Amiens vise à déterminer la conception de l’action et les objectifs du syndicalisme. A cette occasion, elle fixe une « double besogne » à l’action syndicale. Une besogne immédiate et une besogne à long terme. L’existence de cette double besogne syndicale a en réalité été trop souvent occultée par l’autre grande orientation qui a fini par rester dans les mémoires comme la décision principale, si ce n’est unique : la détermination de la nature des relations entre syndicat et partis politiques.

L’AGAUREPS-Prométhée souhaite faire de ces enjeux au carrefour du syndical et du politique un fil rouge des réflexions à venir, comme cela avait été le cas par le passé avec la promotion des valeurs républicaines, l’identification des méthodes d’intrusion des idées libérales à la fois dans l’action politique et dans la vie quotidienne, ou la construction d’une alternative à la mondialisation. Ces Actes sont donc partiels et provisoires ; ils doivent être compris comme s’inscrivant dans un chantier de construction permanente et sans cesse renouvelé. Deux réunions publiques y ont été déjà consacrées. Ces Actes ont donc vocation à être enrichis par les réflexions des membres de l’AGAUREPS-Prométhée qui ambitionne de fonctionner en « intellectuel collectif ».

Besogne quotidienne et besogne d’avenir…

La thématique de « la double besogne » syndicale est bien inscrite dans la charte d’Amiens. Ce texte fondateur pour le syndicalisme français évoque en effet une double besogne, « quotidienne et d’avenir ».

La besogne quotidienne concerne « l’accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation d’améliorations immédiates telles que la diminution des heures de travail, l’augmentation des salaires etc ». Immédiatement à la suite est stipulée la besogne d’avenir. « Mais cette besogne n’est qu’un côté de l’œuvre du syndicalisme ; il prépare l’émancipation intégrale qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste ». Un plus loin, les deux besognes ainsi définies sont mises en perspective : « Le Congrès déclare que cette double besogne, quotidienne et d’avenir, découle de la situation des salariés qui pèse sur la classe ouvrière et qui fait à tous les travailleurs, quelles que soient leurs opinions ou tendances politiques et philosophiques, un devoir d’appartenir au groupement essentiel qu’est le syndicat. »

De la sorte, la CGT refuse de se limiter à la besogne quotidienne, c’est-à-dire aux tâches immédiates, sans quoi elle serait un syndicat uniquement réformiste. Elle vise donc à une subversion totale de la société, s’affirmant clairement révolutionnaire, imprégnée de l’idéologie socialiste. Elle fait reposer son action sur la lutte des classes, militant pour la disparition du salariat et du patronat, par l’expropriation capitaliste (autrement dit par la collectivisation des moyens de production et d’échange).

La notion de double besogne clôt le débat concernant la temporalité de l’action syndicale. La seule urgence est-elle d’agir ici et maintenant ? Cette exigence qui est souvent entendue tend à prioriser l’immédiateté au détriment des objectifs structurels de plus long terme. La finalité de l’action syndicale réside dans l’articulation des deux dimensions de la double besogne.

… fondent les caractéristiques du syndicalisme français

Pour y parvenir, des moyens d’action et une stratégie sont indiqués : « Il [le Congrès] préconise comme moyen d’action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd’hui groupement de résistance, sera, dans l’avenir, groupement de production et de répartition, base de réorganisation sociale ».

Le recours à la grève générale constitue une des singularités du syndicalisme français. Il est résolument révolutionnaire, contrairement aux syndicats réformistes anglais et américain. Il revendique la primauté en vue de l’organisation de la société future, faisant du syndicat le groupement de production et de répartition qui sera à la base de la réorganisation sociale à laquelle il aspire.

En semblant écarter la médiation politique, c’est en fait renforcer la vision anarcho-syndicalisme, avec l’insistance du refus de tout lien entre le syndicat et les partis, écoles et sectes politiques ou philosophiques. Notons que le congrès d’Amiens se tient un an après la création de la SFIO (section française de l’internationale ouvrière), parti politique qui unifiait pour la première fois les diverses tendances d’un mouvement socialiste jusqu’alors éclaté. Il s’agissait donc pour le syndicalisme français de clarifier à cette occasion la nature des liens entre parti politique et syndicat.

 

Par conséquent le syndicalisme français sera sans lien avec les partis politiques. Mais il ne se désintéresse pas pour autant de la politique. C’est ainsi que le congrès réaffirme que la CGT se trouve « en dehors de toute école politique »  et que les organisations confédérées n’ont pas « en tant que groupements syndicaux à se préoccuper des partis et des sectes, qui en dehors et à côté, peuvent poursuivre en toute liberté la transformation sociale ». En fait, une sorte de d’accord à l’amiable est conclu par la confirmation de « l’entière liberté, pour le syndiqué, de participer, en dehors du groupement corporatif, à telles formes de lutte correspondant à sa conception politique ou philosophique, se bornant à lui demander de ne pas introduire dans le syndicat les idées qu’il professe au-dehors ».

Le syndicalisme français divergera d’avec les options retenues par les Trade Unions britanniques et les syndicats allemands qui entretiendront des rapports étroits avec le Labour Parti et le Parti Social-Démocrate. Il rejettera aussi d’être une courroie de transmission, en opposition à la vision marxiste-léniniste. Les vicissitudes de l’histoire et le contexte particulier de la guerre froide conduiront cependant la CGT à tenir ce rôle pendant plusieurs décennies. Il serait également opportun de pointer le dualisme qui existait entre le syndicalisme de l’Europe du nord et celui de l’Europe du sud, davantage marqué par l’anarchisme. Le France se retrouve au croisement de ces deux cultures.

 

Il ne faut pas ignorer non plus les conditions de constitution du syndicalisme français. Il résulte en définitive de la concurrence de deux modèles initiaux. Celui des Bourses du travail, animées par Pelloutier, qui regroupaient les travailleurs de tous les corps de métiers d’une même localité. Celui des fédérations d’industrie, sous l’impulsion de Griffuelhes, réunissaient tous les ouvriers d’un même secteur d’activité. Le syndicalisme français n’a jamais tranché entre les deux, préférant les associer. C’est de la sorte que nous retrouvons aujourd’hui dans le syndicalisme confédéré la cohabitation entre les structures des unions départementales (voire des unions locales) et des fédérations.

En filigrane de l’ensemble de ces réflexions se pose une question majeure : celle du rapport à l’Etat et à la puissance publique. L’Etat est-il au final un ennemi de classe ou un rempart contre la loi du marché et le capitalisme ? Il a été longtemps vu comme un ennemi de classe à abattre. Un aggiornamento s’est cependant effectué : dans le cadre de la mondialisation libérale, il est davantage perçu comme un point d’appui des résistances. Affleure également la perception de la République par le monde du travail. La République constitue pour certains un adversaire, au motif de son caractère bourgeois avéré. D’autres, comme Jaurès en son temps qui fut celui de la charte d’Amiens, considèrent qu’il ne faut pas se tromper de cible : la République bourgeoise est l’antithèse de l’idéal républicain.

La loi Le Chapelier dans la mire…

La recherche d’une meilleure compréhension de cette notion de double besogne invite à puiser dans les racines du combat ouvrier. Le syndicalisme français peut se résumer à une entreprise continue de démantèlement de la loi Le Chapelier de 1791. Sous couvert de préserver la liberté du travail en rompant avec le cadre rigide des corporations d’Ancien Régime, le droit de coalition fut alors interdit. C’était faire de la relation de travail une relation individuelle entre un employeur et un salarié. Dans cette configuration, l’employeur se retrouve presque toujours en position de force pour imposer ses desideratas. A l’aube de la révolution industrielle, une relation foncièrement inégale s’instaurait : elle sera un des facteurs d’explication du sort déplorable fait aux ouvriers aux débuts du capitalisme issu de la révolution industrielle. Par conséquent, le combat ouvrier des XIX° et XX° siècles cherchera de différentes manières à rendre une dimension collective à la relation de travail afin de la rééquilibrer en faveur de salariés démunis de moyens légaux d’action. Autrement dit à abroger morceau par morceau la loi Le Chapelier.

Ce qui fut obtenu peu à peu par un combat permanent et méthodique. Les ouvriers français obtinrent tout d’abord le droit de grève en 1864. La liberté syndicale fut conquise en 1884. Ce furent des leviers qui permirent de revendiquer dès avant la première guerre mondiale les premières législations sociales. L’œuvre fut ensuite complétée par l’obtention des conventions collectives en 1936 avec le Front populaire et la mise en place de la Sécurité sociale aux lendemains de la Libération.

Aujourd’hui, il semble bien qu’un mouvement inverse soit entrepris depuis plusieurs décennies par les forces capitalistes coalisées : l’offensive vise à détruire méthodiquement le droit du travail au nom des contraintes de concurrence et de compétitivité dans le cadre de la mondialisation. Il s’agit bien d’une gigantesque régression de civilisation à l’échelle planétaire. Warren buffet résumait bien chose en indiquant que la lutte des classes existait bien, mais que c’était sa classe qui étaient en passe de la gagner. Le combat sur le sens des mots est primordial. La lutte pour la conquête ou ma reconquête de l’hégémonie culturelle constitue bien une priorité.

La récurrence de l’actualité

L’actualité permet également d’illustrer les problématiques et les enjeux ainsi suscités. Les débats du moment présent s’intègrent avec récurrence dans cette problématique.

La volonté de procéder à une inversion des normes entre la loi et le contrat marque à cet égard une inflexion majeure qui peut être qualifiée sans nul doute de régression. En effet, la « République contractuelle » tend à enlever une dimension collective protectrice à la relation de travail, conformément aux désirs du Medef de s’affranchir de ces supposées rigidités que sont les dispositions du droit du travail. La signature du récent accord national interprofessionnel (ANI) par des syndicats minoritaires avec le patronat alimente de manière encore plus passionnelle le débat.

Les brûlantes polémiques sur l’amnistie ou la non amnistie de syndicalistes pose avec plus d’acuité les questions de l’exercice de l’activité syndicale. Le choix fait par la majorité de réduire le champ d’application de l’amnistie (comme ce fut le cas au Sénat) ou même de refuser toute amnistie (comme cela a été le choix effectué à l’Assemblée nationale) n’est pas neutre. Il est même au contraire lourd de conséquences : c’est prendre parti pour le camp du capital contre celui du travail. Ceux qui affectent de n’avoir jamais crû à la lutte des classes en sont en réalité des acteurs décisifs et partisans…

Les mesures de compétitivité de l’économie française dans le cadre de la mondialisation impactent pareillement les données du débat. Le contenu du rapport Gallois apporte de l’eau au moulin de la réflexion commune : là aussi on observe des  déséquilibres au détriment du monde du travail. Elles sont aggravées par les postures savamment calculées des supposés « pigeons » qui sonnent comme des injonctions à nos gouvernants. Y céder comme c’est trop souvent la cas montre l’imposture de ceux qui se faisaient fort de lutter contre finance.

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En définitive, la charte d’Amiens mérite d’être mieux connue et comprise dans toute sa richesse et, surtout, ses potentialités d’action.

Elle est en effet souvent associée à la notion d’anarcho-syndicalisme qui stipule une nette séparation entre le syndical et le politique. Pourtant, tant les objectifs assignés que les modes d’action retenus ne semblent pas conduire de manière mécanique à une séparation aussi stricte entre les sphères politiques et syndicales.

Les deux critiques, symétriques, adressées au syndicalisme, à savoir être tantôt trop corporatiste et parfois faire trop d’idéologie, s’invalident mutuellement dès lors qu’un équilibre est trouvé entre ces deux besognes complémentaires. Il est cependant difficile de nier que la pratique a conduit à produire des cultures différentes entre syndicat et politique. En témoignent les jugements que les eux sphères s’adressent à l’occasion en forme d’invectives. Les politiques se gaussent de ceux qui font du « para-syndical » tandis que les syndicalistes sont prompts à pointer du doigt ceux qui sont « déconnectés du quotidien ».

Une des causes de ces exclusives réciproques fâcheuses en vue de procéder à la transformation sociale ? Une mauvaise compréhension de la double besogne syndicale. Car il serrait plus juste de conclure en affirmant que, si le syndicalisme a fait le choix d’être indépendant du politique, il a cependant décidé de s’immerger pleinement dans la politique par le biais de la détermination de cette double besogne.

C’est ainsi que les chances d’échec des luttes sociales augmentent dès lors qu’elles ne bénéficient pas de débouchés politiques crédibles. Mais d’un autre côté, les alternatives politiques radicales n’ont de chance de réussir que si elles sont appuyées par des mobilisations sociales d’ampleur. Sans organisations collectives structurées, la contestation conduit bien souvent à l’échec ou l’impasse. L’exemple des Indignés en offre un exemple.

Mieux comprise, la charte d’Amiens offre des perspectives insoupçonnables de transformation sociale radicale.

Francis DASPE Mai/Octobre 2013

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les chroniques de François COCQ

Les véritables raisons des violences à Champigny-sur-Marne et comment nous devons y répondre

Tribune diffusée sur le site du Huffpost le 3 janvier 2018

L’attaque odieuse dont ont été victimes les forces de l’ordre à Champigny-sur-Marne dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier nous glace en tant qu’être humains, par la violence déployée à l’encontre de cette jeune femme gardienne de la paix et de son collègue officier de police. Elle nous saisit aussi en tant que citoyens, par la dimension symbolique qui se rajoute à la violence physique dès lors que l’on s’en prend à des dépositaires de l’autorité publique.

Honte à ceux qui se sont crus autorisés à s’en prendre aux forces républicaines de police qui une fois encore étaient fidèles à leur devoir en venant assurer la sécurité collective. Ceux-là doivent être punis à la hauteur de leurs actes envers les représentants de l’autorité publique.

Pour autant, l’émotion ne doit pas ouvrir la porte à l’instrumentalisation. Si des appels à une réaction rapide et forte se sont multipliés, certains ne sont ni raisonnables, ni républicains. Inutile comme le propose Mme Le Pen d’étendre à nouveau le cadre de la légitime défense des forces de l’ordre alors même que la loi de janvier 2017 sur la sécurité intérieure a déjà été très loin en la matière. Dans de telles circonstances, il convient au contraire d’agir avec sang-froid et sens de la justice, en prenant en compte les éléments factuels que l’enquête ne manquera pas d’apporter.

En l’espèce, notons pour l’heure que les événements sont intervenus au cours d’une soirée privée organisée par des voyous avides. Au mépris de la Loi, sans en informer ni la mairie ni la préfecture, ils ont, pour tenir leur soirée, reconverti le hangar d’une zone industrielle, en aucun cas habilité à recevoir du public, et monnayé l’entrée. Ceux-là sont responsables.

La gestion déplorable de la soirée a par ailleurs conduit à une augmentation des tensions qui s’est d’abord traduite par des dégradations matérielles qui ne sauraient être tolérées, avant qu’une bande d’écervelés ne se livre aux agressions physiques sur les fonctionnaires de police. Ceux-là sont sans conteste coupables et il appartient à l’enquête et à la justice, dans la sérénité, de dire nommément qui ils sont.

Mais d’autres questions se posent sans qu’il doive être fait de généralités qui seraient autant de raccourcis. Ainsi, la gardienne de la paix et l’officier de police sont intervenus à deux alors même que manifestement la situation était tendue. On ne peut s’empêcher de mettre cela en lien avec la réduction continue des effectifs au commissariat de Champigny, pourtant seule zone de sécurité prioritaire (ZSP) du Val-de-Marne et que l’Etat refuse d’ailleurs d’étendre à l’ensemble de la commune. A l’été 2016, une nouvelle saignée (-36 postes) a frappé ce commissariat qui s’est traduite par exemple par la fermeture de la brigade de soutien de quartier. Mais c’est aussi l’antenne de centre-ville de ce commissariat que l’Etat a fermé et se refuse à rouvrir malgré la demande des élus locaux. De fait, tout n’est pas mis en œuvre pour que le travail des fonctionnaires soit assuré dans les meilleures conditions et que le service rendu aux usagers soit le plus efficace possible.

Cela ne saurait pourtant masquer que les actes qui ont été posés dans la nuit du nouvel an traduisent aussi immanquablement une perte du consentement à l’autorité chez certains de nos concitoyens. Douze ans après les émeutes de 2005, il serait sans doute temps d’essayer de comprendre ce qui se passe et donc d’analyser les causes profondes de ces exactions. Une société ne peut accepter de fonctionner collectivement avec des bouffées de violence sporadiques et les mettre le reste du temps sous le tapis car elles traduisent au contraire une réalité du quotidien.

La fabrique du consentement n’est pas une question morale qui renverrait cela à un comportement individuel; c’est une pratique collective qui a à voir avec la vertu républicaine, à savoir l’amour de la patrie et de ses lois. Dès lors, on ne peut que regretter qu’une ville comme Champigny, qui a été tant frappée par les politiques urbanistiques désastreuses des années 60 et 70, avec de grands ensembles de la ville de Paris installés sur son sol, n’ait non seulement pas droit à la réparation nécessaire, le second volet de l’ANRU, pourtant promis faisant cruellement défaut, mais subisse aujourd’hui encore la réduction des budgets pour ce qui est de la politique de la ville.

Entre ceux qui soufflent sur les braises et stigmatisent la population, et ceux qui détruisent le service-public et en particulier celui de la sécurité, il est une réponse raisonnable: celle du droit et de la justice à travers le triptyque Prévention/Dissuasion/Sanction. Mais aussi une réponse nécessaire: celle de faire République, dans tous les sens du terme, partout sur le territoire.

François COCQ  03 / 01 / 2018

 

Elections territoriale et municipales partielles : le vieux monde meurt de mort lente, le faux-jeune le rejoint

Trois élections partielles ce dimanche : les élections territoriales en Corse, le 1er tour de municipales à Orthez (64) et le 2nd à Saint-Sulpice (81).  Si les contextes locaux et la dimension d’élections « partielles » doivent être intégrés, l’enseignement majeur demeure que le mouvement de fond qui frappe l’ancien monde de mort lente se voit complété par l’étiolement brutal du faux jeune.

Trois enseignements peuvent être tirés de ces élections : 1) la droite est à terre 2) LREM s’effondre 3) Le PCF, même sans une candidature FI en face de lui, disparaît des écrans radars.

En Corse, LREM a divisé par deux son score par rapport aux législatives d’il y a tout juste 6 mois. Là où le parti de M. Macron obtenait 22,68 % des voix sur l’Île de Beauté, il chute aux alentours de 12 % (en attente des résultats définitifs). Pendant ce temps, le FN reste électoralement résiduel (3%) et les magouilles du PCF et des usurpateurs qui voulaient s’arroger l’étiquette LFI en sont pour leurs frais : les tripatouillages sont révolus, ainsi en décident les électrices et les électeurs : la liste conduite par Casamarta recueille à peine 5, 7 % des suffrages, loin des 7% nécessaires pour se maintenir au second tour, et très en deçà de l’addition des votes PCF et LFI aux législatives. . Comme dans le même temps la droite n’en profite pas, ce sont les listes autonomistes et indépendantistes qui tirent leur épingle du jeu en agrégeant parallèlement les votes revendicatifs et le ras-le-bol dégagiste. Après l’élection de trois députés autonomistes sur quatre en juin, la nécessité du dialogue constructif s’impose pour une Corse dans la République.

Dans le Tarn, à Saint-Sulpice, si le candidat soutenu par LREM s’impose, il le fait dans la douleur, ne recueillant au second tour que 45 % des voix. Là où la liste soutenue par La France Insoumise gagne 50% des suffrages en passant de 25,8% à 37,4% entre le 1er et le 2nd tour, le candidat LREM qui avait obtenu près de 33% des voix au 1er tour plafonne. En tout état de cause, c’est le PS qui est balayé dans un de ses bastions, la maire sortante ayant dû renoncer à se présenter durant l’entre-deux- tours après le désaveu reçu il y a une semaine.

A Orthez enfin, terre socialiste, le sortant PS est battu au premier tour par quelqu’un de la maison. LREM fait un maigre 11,6 % là où au mois de juin son candidat arrivait en tête en faisant…trois fois mieux ! Quant aux PCF, allié au POID, avec 7 % il retrouve le score du seul POI en 2014. Décidément, les additions et le PCF…

Dans les trois cas, la droite est en déroute et ne parvient pas à reprendre pied électoralement. En Corse deux listes se partagent à peine un quart des suffrages. A Orthez elle est désintégrée. Quant à Saint-Sulpice, la liste dite « d’intérêts locaux » (hum) a au final surtout servi ceux du candidat macroniste.

Partout l’abstention a été démesurée. En Corse elle atteint son plus haut pour des élections territoriales ou régionales : près de 47 % là où elle était encore de 40 % en 2014, de 30 % au tournant des années 2000 et autour de 20 % dix ans auparavant. A Saint-Sulpice comme à Orthez, près d’un électeur sur deux ne s’est pas déplacé.

Partout l’ancien monde se meurt, mais de mort lente. Quant à ceux, pressés, qui ont biaisé pour prendre le relais, ils peinent à construire des majorités quand ils ne sont pas tout simplement sanctionnés pour la politique conduite par M. Macron.

Les élections partielles ne sont plus des situations figées comme autrefois où la prime allait aux plus conservateurs. Le dégagisme s’y exprime là aussi et elles participent de ce mouvement de crédibilisation nécessaire aux victoires futures. La France Insoumise doit en tirer enseignement comme le confirme le beau résultat rencontré à Saint-Sulpice avec une accession au second tour devant la sortante socialiste et avec une capacité d’élargissement démontrée ce dimanche. Les démonstrations politiques locales, pour peu qu’elles soient claires et cohérentes dans un cadre national, sous l’étiquette France Insoumise et hors les tripatouillages et autres additions de sigles qui partout soustraient, sont le meilleur gage pour affermir le franchissement de seuil qui demain permettra de gouverner.

François COCQ  03 / 12 / 2017

 

 

 

 

 

 

Sortie en salle : « Du Jeune Karl Marx » 

« Le jeune Karl Marx », inattendu long-métrage de Raoul Peck (et contribution de Pascal Bonitzer) connaît un mérité succès d’estime dans les salles de cinéma françaises.

Il donne à voir la vie de Karl Marx dans les années 1840, le film s’arrêtant en janvier 1848, à la veille de la publication du Manifeste du Parti Communiste. Cette vie est difficile, Marx connaît le manque d’argent et les expulsions (de logement comme de pays), bénéficiant de l’indéfectible soutien de son imperturbable épouse Jenny, rejetonne en rupture de la famille Westphalen de Trêves. Cette improbable union est le pendant de celle que vit Friedrich Engels, riche fondé de pouvoir des manufactures paternelles du même nom, vivant avec une énergique ouvrière irlandaise licenciée de ces mêmes manufactures pour subversion dans son atelier.

La rencontre de Marx et d’Engels fut tendue, hostile, et le film montre qu’il s’en fallut de peu pour que ce fertile duo ne vît le jour. Les jeunes hommes sont sûrs d’eux, voire arrogants, provocateurs, insolents. Est-ce l’inévitable moyen de perturber le système en place ? et d’abord le contre-système en place ? Nous les voyons prendre un appui ambigu sur Proudhon (amusant Olivier Gourmet) et sa notoriété pour se distancier de son « socialisme sentimental » avant de le liquider complètement (en répondant à sa « Philosophie de la misère » par leur « Misère de la philosophie »). Nous les voyons aussi prendre à la hussarde le contrôle de la Ligue des Justes en congrès à Bruxelles, éliminant bien des socialistes d’alors, dont un certain et influent Weitling dont l’Histoire n’aura guère retenu le nom. De Proudhon le film rapporte la mise en garde prémonitoire à Marx que son approche n’accouche de mécanismes totalitaires.

De nombreuses formules célèbres du marxisme sont glissées dans le film, qui commence par la brutale répression des « voleurs de bois » et se termine de façon moins utile par une série d’images d’archives de l’Histoire du monde (guerres mondiales, révolutions africaines…) voulant illustrer un peu lourdement l’influence marxiste jusqu’à nos jours. Belle réalisation cinématographique, ce film a l’intérêt de présenter un Marx peu connu, mais sa densité idéologique pourra laisser les marxistes ou marxologues sur leur faim.

Jean-Michel DEJENNE 05 / 11 / 2017

 

 

 

 

Agenda AGAUREPS-Prométhée

 

Les débats de l’AGAUREPS-Prométhée

Conférence débat à MARMANDE

Samedi 3 février 2018 à 15 heures

Salle Combefils Angle du square Verdun et de la rue de la Libération

▲ Thème du débat :

« La Révolution citoyenne au cœur »

(Eric Jamet éditeur, octobre 2017)

Par Francis DASPE

Francis DASPE est Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée.

Il est Président de la Commission nationale Education du Parti de Gauche et responsable départemental du PG 66.

Il est impliqué dans La France Insoumise depuis son lancement en février 2016.

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Conférence / débat de l’AGAUREPS-Prométhée à Mont-de-Marsan sur « La Révolution citoyenne »

L’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Mont-de-Marsan samedi 9 décembre, Maison des associations (99 rue Martin Luther King, ancienne caserne Bosquet), salle de réunion du rez-de-chaussée du bâtiment Joëlle Vincens, à 14 heures 30.

Francis DASPE présentera son nouveau livre « La Révolution citoyenne au cœur » (Eric Jamet éditeur, octobre 2017).

Les deux sous-titres donnent un aperçu du contenu et des objectifs de l’ouvrage : « Brève histoire subjective du Parti de Gauche » et « Renverser la table avec La France Insoumise ! ».

Cet ouvrage retrace les grandes lignes de l’histoire accélérée du Parti de Gauche qui n’a pas été un simple « un parti de plus à gauche ». Il ouvre également des perspectives pour le développement du mouvement de La France Insoumise. La révolution citoyenne serait-elle à portée ?

Entrée libre.

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Conférence / débat de l’AGAUREPS-Prométhée à Bazas sur « La Révolution citoyenne »

 

L’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Bazas samedi 25 novembre, salle des Permanences, place de la Cathédrale, à 19 heures.

Francis DASPE présentera son nouveau livre « La Révolution citoyenne au cœur » (Eric Jamet éditeur, octobre 2017).

Les deux sous-titres donnent un aperçu du contenu et des objectifs de l’ouvrage : « Brève histoire subjective du Parti de Gauche » et « Renverser la table avec La France Insoumise ! ».

Cet ouvrage retrace les grandes lignes de l’histoire accélérée du Parti de Gauche qui n’a pas été un simple « un parti de plus à gauche ». Il ouvre également des perspectives pour le développement du mouvement de La France Insoumise. La révolution citoyenne serait-elle à portée ?

Entrée libre.

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Conférence / débat de l’AGAUREPS-Prométhée à Perpignan sur « Migrations et droits de l’enfant »

L’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Perpignan mercredi 22 novembre 2017, salle des Libertés (3 rue Bartissol), à 19 heures.

Mickaël IDRAC a intitulé sa conférence « Migration(s) et droits de l’enfant : des entrelacs aux entrechocs ». Il mettra particulièrement en exergue les contradictions des politiques migratoires européennes qui se déclarent protectrices en un territoire ostensiblement multiculturel tout en entretenant des moyens légaux de violer les textes internationaux relatifs aux droits de l’enfant et notamment au droit à l’éducation.

Mickael IDRAC est enseignant, doctorant en sociologie à l’université Paris-Descartes et rattaché au Centre Population et Développement (Université Paris-Descartes). Il est également titulaire de diplômes en Economie Sociale, Sciences Politiques, Education et Formation. Tous ses travaux ont porté sur le rapport entre migrations internationales et éducation sur des terrains nationaux (Calais) ou internationaux (Thaïlande, Liban, Grèce, Macédoine, Serbie).

Entrée libre.

 

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LETTRE DU MOIS DE L’AGAUREPS-PROMÉTHÉE N° 129 NOVEMBRE / DECEMBRE 2017

Sommaire du numéro 129 

  • Editorial de Francis DASPE : « Emmanuel Macron ou les cruelles limites de l’usage circonstanciel du plan B» page 2
  • Dossier Laïcité François COCQ, Francis DASPE page 3
  • Texte de Jean-Michel DEJENNE: « La Catalogne, heure de vérité de l’Europe ? » page 7
  • Texte de Céline PIOT : « La réhabilitation des Fusillés pour l’exemple une fois encore refusée» page 9
  • Communiqué de l’AGAUREPS-Prométhée : « Vraiment le Président des riches… » page 11
  • Agenda et Librairie de l’AGAUREPS-Prométhée : Perpignan, Bazas, Mont-de-Marsan – « La Révolution citoyenne au cœur » page 12
  • Une fiche d’adhésion (facultative mais conseillée…) pour 2017 page 14

 

 

Emmanuel Macron ou les cruelles limites de l’usage circonstanciel du plan B

Emmanuel Macron n’a pas été élu simplement sur un malentendu. Il a bénéficié à la fois d’un incroyable concours de circonstance et d’un vaste plan concerté. Les deux éléments ont concouru à une forme d’envoûtement macronien.

Le plan concerté l’a propulsé ultime rempart du système qu’il a pourtant affecté de dynamiter. Le désormais « Président des riches » a d’abord été « l’enfant chéri de l’oligarchie ». Simple renvoi d’ascenseur aujourd’hui. L’incroyable concours de circonstances a transformé au fur et à mesure des événements le candidat Macron en plan B universel pour divers courants en déshérence.

La défaite d’Alain Juppé à la primaire de la droite explique le ralliement des centristes de François Bayrou et au-delà. Le programme clivant de François Fillon et l’entêtement de sa lente agonie dans les affaires ont conduit le Medef à opter pour un candidat plus apaisant, mais non moins déterminé à casser le pacte républicain et social. Le résultat de la primaire socialiste et écologiste a décomplexé les sociaux-libéraux bien au-delà de Manuel Valls. La poussée dans l’abîme du Président sortant aussi bien par la direction du Parti socialiste avec l’invention de la primaire, les gesticulations des frondeurs et l’ultime coup de pied de l’âne de son Premier Ministre ont conduit nombre de hollandistes à voter pour celui qui trahissait pourtant leur champion.

Il y a là l’illustration du grand écart du célèbre « et en même temps ». Au second tour, Emmanuel Macron fut en quelque sorte le plan B pour une forme de « front républicain » contre Madame Le Pen. Avec en prime l’imposture flagrante de la malhonnêteté intellectuelle : la récupération politicienne d’un vote de circonstance pour accréditer la thèse de l’acceptation supposée automatique de la totalité de son programme.

De la même manière que la somme des intérêts particuliers ne constitue pas un intérêt général, le caractère hétéroclite de ces multiples « plan B » ne font pas d’Emmanuel Macron le plan B du peuple. Au contraire, l’exercice du pouvoir est impitoyable. L’armure se fend. Le mépris de classe et les multiples saillies contre « les gens de rien » prouvent qu’il s’agit d’une politique au service des oligarchies. L’envoûtement macronien se dissipe à mesure que sa base sociale se rétrécit. Emmanuel Macron est rattrapé par le vieux monde de ses prédécesseurs qui ont échoué à se faire réélire. Le style nouveau fondé sur la jeunesse pour seul argument le déporte vers une « giscardisation accélérée ». Le volontarisme jupitérien et bling-bling par sa méconnaissance des réalités populaires le conduit vers une « sarkozysation » inéluctable. L’inféodation aux intérêts de la finance débouche en fin de compte sur une « hollandisation » stérilisante.

En cette année de centenaire de la révolution d’octobre 1917, face à l’ébranlement du vieux monde incarné par le Président Macron, l’alternative réside dans la réalisation de la révolution citoyenne située au cœur du programme « L’Avenir en commun » porté par La France Insoumise.

Francis DASPE 03 / 11 / 2017

 

 

 

Dossier Laïcité Macron

1° tribune : Manuel Valls, le contorsionniste de la laïcité
Il s’agit d’une tribune diffusée sur le site de Marianne le 17 octobre 2017.

https://www.marianne.net/debattons/tribunes/manuel-valls-le-contorsionniste-de-la-laicite

François Cocq et Francis Daspe sont respectivement président et secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée. François Cocq est par ailleurs co-auteur de La laïcité pour 2017 et au-delà, de l’insoumission à l’émancipation (Eric Jamet éditions, 2016).

 

Ces derniers jours, le débat laïque a de nouveau fait irruption sur le devant de la scène. Nous pourrions être tentés de considérer qu’il s’agit d’une bonne chose tant cette question est restée désespérément absente de la campagne présidentielle. Il ne faut pourtant pas s’y tromper. Si la laïcité se retrouve à nouveau au cœur des débats, c’est pour mieux être instrumentalisée une fois encore par ceux qui s’en réclament indûment et cherchent à affaiblir la cause qu’ils affectent de vouloir défendre. Manuel Valls est de ceux-là.

Ainsi, l’ancien Premier ministre s’est-il reconverti en pointe avancée de la macronie pour lancer l’assaut à l’endroit de Jean-Luc Mélenchon et de La France insoumise. Le terrain de bataille choisi ? La laïcité bien sûr. Non que Jean-Luc Mélenchon puisse être taxé d’une quelconque faiblesse ou complaisance en la matière, Manuel Valls le sait bien. Jean-Luc Mélenchon est ainsi le seul candidat à avoir signé durant la présidentielle aux côtés des principaux représentants du camp laïque L’appel des laïques, pour le respect de la laïcité. Le programme de la France Insoumise est pareillement le seul à proposer à la fois un livret thématique sur la laïcité dans lequel figurent des propositions de respect et d’extension de la laïcité avec notamment l’application de la loi de 1905 sur tout le territoire et donc l’abrogation du concordat en Alsace-Moselle, la fin du financement public pour l’enseignement confessionnel privé par l’abrogation de la loi Debré de 1959, le refus des financements publics pour les constructions d’édifices religieux ou des activités cultuelles, ou encore le refus définitif du titre de chanoine de Latran pour le Président de la République.

On peut évidemment comprendre que Manuel Valls ne partage pas ces orientations, lui qui, contrairement à ce qu’indique l’article 2 de la loi de 1905, lançait le 2 août 2016 dans Libération « qu’il ne fallait pas interdire une forme de financement public » concernant les mosquées, lui qui en tant que Premier ministre assistait le 27 avril 2014 à la canonisation des papes Jean XXIII et Jean-Paul II au Vatican, lui dont le parti d’alors, le PS, exprimait dans un communiqué du 26 février 2015 qu’il faut « un développement de l’enseignement  privé confessionnel musulman ». Manuel Valls a beau jeu de dénoncer l’islamo-gauchisme quand les ramifications de l’affaire Lafarge en Syrie dévoilent chaque jour un peu plus l’islamo-affairisme qui s’est insinué jusqu’aux plus hautes sphères du pouvoir alors même qu’il était Premier ministre. Celui-là préfère la sainte-alliance des libéraux et des communautaristes qui segmentent et désagrègent de concert, chacun dans leur registre, la société, l’intérêt général et les principes républicains. Deux faux universalismes, le marché et la religion, qui procèdent tous deux de prétendues mains invisibles qui invalident la notion même de raison.

Alors, parce que l’invective vallsiste vise en fin de compte au déni du débat argumenté fondé sur la Raison, l’ancien Premier ministre devient l’exécutant idéal pour activer la basse manœuvre politicienne. La stratégie décomplexée adoptée par Manuel Valls est de nature orwellienne. Il attaque la France Insoumise, non pas sur un éventuel point faible, mais au contraire sur un des éléments qui la fonde et lui est consubstantiel. Le stratagème consiste à brouiller les repères les mieux établis et les plus indiscutables.

Ce faisant, c’est tout le camp laïque que Manuel Valls fait reculer sans s’en émouvoir. Quelle drôle d’idée de s’en prendre au mouvement qui, par la dynamique populaire qu’il est capable de lever, a permis l’adhésion partagée du grand nombre autour du programme le plus laïque de la présidentielle, au mouvement qui a permis la fortification d’un sens commun laïque et républicain, au mouvement qui a permis aux questions laïques de progresser et d’imprégner plus largement dans la société. Pendant ce temps, Manuel Valls, déclamait dans L’Express le 23 août 2016 que « l’élection présidentielle va se jouer sur la place de l’islam ». Il aurait alors fallu débattre du degré d’immixtion du temporel dans le spirituel comme le préconisait Manuel Valls lorsqu’il considérait qu’« il y a urgence à bâtir un pacte avec l’islam » ? Faudrait-il au nom de la lutte contre l’islamisme djihadiste, faire place au sein de la République à l’islam politique ? Non ! L’Etat n’a pas à répondre au piège qui consiste à participer à la dispute politico-théologique engagée au sein de l’Islam comme il n’a rien à voir avec quelque cléricalisme que ce soit, a fortiori lorsqu’il s’agit d’extrêmes-droites religieuses.

La laïcité n’est ni l’œcuménisme, ni la neutralité. Elle n’est ni une opinion, ni une valeur. C’est un principe d’organisation sociale et politique, le principe d’organisation qui assure le plus haut degré de liberté pour tous grâce au fait qu’elle garantit la liberté de conscience promue dans un Etat de façon universelle (et donc bien évidemment pour ceux qui pratiquent l’Islam), mais aussi parallèlement la stricte séparation entre la société civile d’une part et les sphères de l’autorité politique et de constitution des libertés de l’autre (école, services publics, protection sociale). Elle stipule l’égalité en récusant discriminations et inégalités sociales. Elle assure la fraternité en créant un espace commun par delà les différences. Parce qu’elle refuse enfin tout préalable religieux pour adhérer à la communauté politique des citoyens, elle fonde la souveraineté populaire en indiquant que les Hommes peuvent se gouverner par eux-mêmes de manière rationnelle et terrestre. C’est beaucoup, et apparemment trop pour certains.

François COCQ, Francis DASPE

 

 

2° tribune : Le chanoine de Latran confond laïcité et œcuménisme

Il s’agit d’une tribune diffusée sur le site de Marianne le 3 novembre 2017.

https://www.marianne.net/debattons/tribunes/le-chanoine-de-latran-macron-confond-laicite-et-oecumenisme

François COCQ est Président de l’AGAUREPS-Prométhée et co-auteur de « La laïcité pour 2017 et au-delà, de l’insoumission à l’émancipation » (Eric Jamet éditions, 2016).

Dans son édition du 2 novembre, le journal La Croix révélait que, par une lettre au chapitre de la basilique Saint-Jean-de-Latran, M. Macron acceptait officiellement son titre de « premier et unique chanoine honoraire » de cette basilique romaine cathédrale du pape, et qu’il a bien l’intention d’aller en prendre rapidement possession à Rome.

Voilà donc le président de la République qui renoue avec les mauvaises habitudes qui veulent que le chef de l’Etat se pare également du manteau du religieux. C’est une mauvaise façon de faire et plus encore un détournement de la laïcité au bénéfice d’une lecture régressive qui y substitue l’œcuménisme communautariste.

Macron n’était pas tenu d’accepter cette « distinction ». D’autres, François Mitterrand, Georges Pompidou ou encore François Hollande, n’ont pas pris officiellement possession de leur titre à défaut d’y avoir renoncé. Si la France n’a pas à renoncer à son Histoire, la République n’a pas à endosser les héritages qui entrent en contradiction avec son principe d’organisation politique et sociale que représente la laïcité.

Membres d’un même corps politique, les individus peuvent être croyants, athées ou agnostiques, libre penseurs. Mais la laïcité transcende ces appartenances. On pourrait en effet être athée et laïque comme athée et non laïque ; agnostique et laïque comme agnostique et non laïque ; croyant et laïque comme croyant et non laïque. La République a fait un choix en conscience et en raison : celui d’assumer en son sein le principe de laïcité. Et donc de faire la place aux croyants, aux athées et aux agnostiques. C’est pour cela qu’elle affiche de manière première le fait d’assurer d’abord la liberté de conscience qui est une liberté de croire ou de ne pas croire.

L’Etat doit demeurer extérieur aux considérations théologiques

La liberté de conscience détermine le rapport de l’Etat à l’ensemble des religions en général et à chacune d’entre elles en particulier. La conscience n’est pas la foi et l’égalité entre les citoyen-ne-s justifie donc que l’Etat demeure extérieur aux considérations théologiques et à leurs pratiques. La liberté de conscience ne vise en effet pas à un égal traitement des religions, œcuménisme faussement laïque tant vanté dans la période. Il observe sur ce point non pas une neutralité entre les religions mais une stricte séparation entre le fait religieux et le champ politique.

Voilà pourquoi il est aussi choquant d’entendre ce lundi Gérard Collomb, ministre d’Etat, de l’intérieur et en charge des relations avec les cultes, affirmer « Nous voulons que les musulmans se sentent fiers d’être français, fiers d’appartenir à la nation » et mettre ainsi sur le même plan la religion, qui relève de l’intime, et la nationalité, qui définit le peuple comme un corps politique constitué justement sur la base du principe de laïcité.

Pierre jetée dans le jardin de la laïcité

Voilà pourquoi la reconnaissance officielle par M. Macron du titre de chanoine de Latran est une pierre jetée dans le jardin de la laïcité et donc dans celui de tous les Français-es.

Voilà pourquoi la distribution des reconnaissances organisées par M. Macron et ses ouailles, un coup à une religion, un coup à une autre, n’est au final rien d’autre qu’une gestion communautariste larvée qui affaiblit et pervertit la République.

François COCQ

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Catalogne, heure de vérité de l’Europe ?

La crise catalane est peut-être un événement dont nous ne mesurons pas l’ampleur de la portée.

La détermination du président catalan Carles Puigdemont peut servir d’exemple à plusieurs mouvements séparatistes en Europe, et celle tout aussi manifeste du premier ministre espagnol Mariano Rajoy peut susciter bien des élans de sympathie voire de solidarité au-delà des rangs séparatistes. Ajoutons à cela que l’indépendance catalane peut faire tâche d’huile dans les Pyrénées-Orientales et ainsi exciter les mouvements unionistes, comme cela pourrait se passer avec le Pays-Basque.

Et si, alors que la vague écologiste semble passée de mode, alors que l’on constate la force électorale des extrême-droites en Europe, que l’on devise sur une éventuelle montée en puissance des gauches radicales à l’exemple de Syriza, Podemos, La France Insoumise (sans oublier le maintien de Die Linke, qui a gagné des voix lors des élections au Bundestag), alors que l’on croit déceler un potentiel des partis animalistes, si finalement c’était une vague régionaliste-autonomiste-indépendantiste-séparatiste qui venait animer et bousculer le paysage électorale européen dès les prochains mois ?

Voilà pour les conséquences possibles à l’intérieur des Etats en Europe. Mais pour l’heure, c’est bel et bien non tant l’Espagne que l’Union européenne que cette crise met au pied du mur. C’est d’ailleurs sans doute la crise politique la plus grave qu’elle a rencontrée dans son Histoire. Même les épisodes référendaires l’étaient moins car ils ne mettaient en péril que le rythme de l’intégration, pas la constitution (à tous les sens du terme) de l’Union. Même le Brexit est moins problématique, puisqu’il ne remet pas en cause la morphologie ni la philosophie du bloc résiduel, et enregistre certes un départ inédit et indésiré, mais d’un acteur qui ne fut jamais le plus impliqué, comme il n’est pas non plus partie prenante de la zone Euro.

Avec l’affaire catalane, le visage de l’UE est à nu, le masque tombe une deuxième fois, et plus nettement encore que dans la crise grecque. Avec la Grèce, la dimension économique et monétaire était prégnante, et si l’UE est apparue comme implacable et indifférente aux choix démocratiques répétés, le discours culpabilisant sur la gestion de cet Etat a contribué à faire passer la pilule auprès des peuples de l’Union, même si cela n’a pas conforté son déjà bien entamé capital (kapital) sympathie.

Le feuilleton auquel nous assistons avec la déclaration d’indépendance catalane est bien différent. Voilà une région riche, dotée d’une capitale, Barcelone, qui est l’une des villes les plus touristiques et les plus « tendance » de toute l’Europe voire sa vitrine de jeunesse, d’ouverture et de modernité. Une région à l’identité affirmée, à commencer par sa propre langue d’usage quotidien (et non un vestige ou un enjeu strictement patrimonial comme ailleurs parfois). Une région qui annonce la couleur depuis des années quant à ses velléités séparatistes de l’Espagne (au point que les indépendantistes y recueillent 47% des voix) et qui organise un référendum, procédure dont le caractère démocratique fait partie des fondements politiques et juridiques de l’UE.

Et voilà que le gouvernement espagnol, déjà discrédité par l’affairisme et sa gestion de la crise de 2008 dont les effets se poursuivent encore, emploie la force pour empêcher le déroulement du scrutin, puis refuse d’en reconnaître le résultat, puis prend le contrôle de certains médias et en bâillonne d’autres, procède à la pénalisation du processus, de ses acteurs et même au placement en détention de plusieurs d’entre eux, dont des ministres. Le président Puigdemont se trouve réfugié en Belgique où il plaide sa cause devant les instances communautaires (car il veut adhérer à l’UE, et non la quitter), lorsqu’arrive un embarrassant mandat d’arrêt européen à son encontre. Cette brutalité que l’on nous présentait comme totalement révolue et devenue impossible dans l’Europe de la paix, des droits de l’Homme et de la démocratie, se déploie bien sous nos yeux. La politique effectue un retour en force, au sens propre, s’offre à voir dans son essence et son âpreté, et surtout fait pour la première fois vraiment irruption sur la scène européenne communautaire.

Cette heure de vérité se révèle alors des plus cruelles. La totalité des dirigeants des Etats-membres se rangent comme un seul homme derrière le gouvernement espagnol. Pas une nuance, pas une once de compréhension ou de compassion, pas un semblant de diplomatie. Certes, les Etats sont par nature conservateurs, et d’abord sur les questions territoriales, puisqu’il en va de leur intégrité. Mais l’Union n’allait-elle pas temporiser, déroger à cette réaction intergouvernementale? C’eût été certes ajouter la crise à la crise, mais la sévérité des propos de Jean-Claude Juncker, dénonçant l’irresponsabilité de cette indépendance et déclarant qu’il ne voulait pas « gérer une Europe à 95 Etats» est tout de même surprenante. C’est là que le masque de la belle Europe des libertés tombe totalement. L’UE, qui n’a eu de cesse de flatter les régionalismes, de saper les Etats-nations de l’extérieur par les abandons de souveraineté, de l’intérieur par les actions à grande publicité du Feder, le soutien à la charte des langues régionales, le discours de l’Europe sans frontières intérieures, de la fraternité et même de la citoyenneté européennes, etc. cette UE balaie tout cela d’un brusque revers de manche, d’un rageur coup de menton.

Depuis 60 ans les tribunes, les colloques, les manifestations, les débats, les référendums, les élections, les négociations, les politiques austéritaires, l’indifférence humanitaire (en Méditerranée)… n’ont réussi au mieux qu’à ralentir l’intégration communautaire européenne. Cette Europe a toujours gagné car les Européens, même déçus, même critiques, même furieux, continuaient à croire à sa nature la plus précieuse, celle de la liberté individuelle de ses ressortissants. C’est pourquoi la crise catalane, en mettant sans fard au grand jour son visage intrinsèquement conservateur, autoritaire, au service exclusif du commerce et de la finance, sera peut-être la surprise de l’Histoire qui mettra l’Union européenne à bas.

Jean-Michel DEJENNE 05 / 11 / 2017

 

 

 

 

La réhabilitation des « Fusillés » pour l’exemple » une fois encore refusée

Céline PIOT est co-secrétaire départementale du Parti de Gauche dans les Landes et conseillère municipale « Mont2Gauche » à Mont-de-Marsan. Elle est aussi déléguée territoriale de l’AGAUREPS-Prométhée.

Il paraît qu’avec La République en Marche, la rupture avec le « vieux monde » est en cours. Depuis qu’Emmanuel Macron a été élu président de la République, il est permis d’en douter : la politique menée n’est qu’une grossière application en accéléré des idées néolibérales imposées par la doxa européenne depuis une trentaine d’années, et les pratiques politiciennes n’ont rien de nouveau (la nomination déguisée en élection de Christophe Castaner comme délégué général du mouvement n’en est qu’un exemple parmi tant d’autres). Dans beaucoup de domaines, Emmanuel Macron emboîte le pas aussi bien à François Hollande qu’à Nicolas Sarkozy (politique d’austérité, casse du modèle social français, destruction de la démocratie sociale et des solidarités territoriales, etc.).

 

Le refus de rendre la justice aux 639 « Fusillés pour l’exemple » est une nouvelle preuve qu’il n’y a aucune différence dans la pensée de ces responsables politiques hélas interchangeables. Par la voix de Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État aux Armées, le gouvernement Philippe, comme ses prédécesseurs, dénie la réhabilitation morale et politique aux soldats considérés « coupables de désobéissance militaire » durant la Grande Guerre. Il s’inscrit dans le sillage de la Chambre « bleu horizon » élue en 1919 qui avait refusé de rendre leur honneur aux victimes françaises des balles françaises. Il faut savoir que, à ce jour, seuls 40 des 639 « Fusillés pour l’exemple » ont été réhabilités. La secrétaire d’État a écarté la réhabilitation sous prétexte que la réhabilitation juridique au cas par cas n’est pas possible.

 

Cet argument est inconvenant car ce n’est pas ce qui est demandé depuis plusieurs décennies par diverses associations (ARAC, Libre Pensée, Mouvement de la Paix, des sections de la Ligue des Droits de l’Homme…) ; ce n’est pas ce qui est demandé non plus par 31 conseils départementaux, 6 conseils régionaux et près de 2 000 conseils municipaux ; ce n’est toujours pas ce qui est demandé par les descendants des « Fusillés pour l’exemple ». Et ce n’est pas ce que viennent de demander les députés Alexis Corbière (La France insoumise) et Jean-Paul Dufrègne (PCF, groupe Gauche démocrate et républicaine) devant l’Assemblée nationale. Ce qui est demandé est la réhabilitation collective.

Lors de son audition devant la Commission de la défense nationale et des forces armées le 4 octobre 2017, Geneviève Darrieussecq avait apporté la même réponse à Christophe Lejeune (LREM) qui lui proposait – à elle qui venait pourtant de rappeler de façon très conventionnelle, voire artificielle, que les commémorations liées au centenaire de la Grande Guerre permettent de « rendre hommage aux blessés et morts tombés pendant ce conflit mondial » –, de profiter de ce cycle mémoriel pour réhabiliter les « Fusillés pour l’exemple » dont leur nom, de fait, ne peuvent être inscrits sur les monuments aux morts.

La suite de la réponse révèle non seulement un grand manque de connaissances mais aussi un très grand mépris. Pour la secrétaire d’État, « la réhabilitation mémorielle est en cours » en raison de l’existence du site Internet « Mémoire des hommes » qui « aborde très concrètement le sujet » et du Musée de l’Armée qui « consacre une salle très riche aux fusillés de la Grande Guerre ». En outre, alors qu’avant « on n’en parlait pas », grâce à François Hollande, qui, en 2017, a évoqué les « Fusillés pour l’exemple », désormais « on en parle, et c’est déjà une réhabilitation. »

 

Il nous faut donc expliquer ici plusieurs éléments à Madame la Ministre, décidément mal (ou volontairement mal) informée.

Premièrement, « on parlait » des « Fusillés pour l’exemple » bien avant François Hollande. Nous pouvons rappeler l’intervention de Lionel Jospin à Craonne en 1998, les ouvrages des historiens sur le sujet (notamment ceux de Nicolas Offenstadt et du général André Bach) ou encore le film Les Sentiers de la gloire, ce chef-d’œuvre cinématographique de Stanley Kubrick (1957) censuré en France pendant dix-huit ans, et aussi tout le travail dans les années vingt et trente de Blanche Maupas et des trois autres veuves de caporaux de Souain afin d’obtenir la réhabilitation de leur mari « fusillés pour l’exemple » parce que le 336e régiment d’infanterie avait refusé en mars 1915 de repartir une nouvelle fois « à l’abattoir ».

Deuxièmement, pour réhabiliter ces victimes de la justice militaire pour qui l’intimidation devait servir à forcer l’obéissance, il ne suffit pas de « parler » et encore moins de renvoyer à un site Internet, fût-il bien réalisé ; il faut agir ! Lors de la campagne présidentielle de 2012, François Hollande s’était engagé à réhabiliter collectivement les « Fusillés pour l’exemple » ; mais, une fois élu, il n’a pas tenu cet engagement. Il faut dire que François Hollande n’en était pas à un reniement de plus… Avec son discours du 16 avril 2017 prononcé lors du centenaire de la bataille du Chemin des Dames au cours duquel il a minimisé les raisons des mutineries en quoi il a simplement vu « le vacillement d’un instant », il est allé encore moins loin que Nicolas Sarkozy ; c’est dire ! Et quand la secrétaire d’État se satisfait de l’intégration de la question des « Fusillés pour l’exemple » au sein du Musée de l’Armée, feint-elle d’ignorer qu’il s’agit là d’un nouveau déni de justice, les victimes y côtoyant les généraux fusilleurs ?

 

Mais Geneviève Darrieussecq n’en est pas à une faute politique près. Lorsqu’elle était maire de Mont-de-Marsan (de mars 2008 à juillet 2017), elle a toujours refusé de supprimer l’office religieux (forcément une messe catholique…) du programme municipal des commémorations officielles du 11-Novembre et du 8-Mai. Pour justifier l’injustifiable – c’est-à-dire ne pas respecter la loi de Séparation de 1905 et oublier la neutralité des élus de la République, – ses arguments ont été tout aussi navrants et politiquement pauvres que ceux apportés au refus de vouloir réhabiliter les « Fusillés pour l’exemple » : « Mon prédécesseur faisait de même… Les soldats étaient tous croyants… Si vous n’avez que cela à me reprocher… »

Ceux qui sont morts non pour la Patrie mais par la Patrie méritent mieux qu’une énième réponse hors-sujet !

Céline PIOT  07 / 11 / 2017

 

 

 

 

Communiqué de l’AGAUREPS-Prométhée : Vraiment le Président des riches…

Emmanuel Macron est bien le Président des riches. La réforme de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), transformé en impôt sur la fortune immobilière (IFI), le montre clairement.

Le subterfuge vise à exonérer les plus riches de leur devoir fiscal et de leur obligation de solidarité. Le cas des Pyrénées-Orientales l’illustre. Le manque à percevoir pour les caisses publiques est estimé à 6 millions d’euros, soit quasiment la moitié de ce que permettait de faire rentrer l’ISF.

Cette mesure équivaut en réalité à un immense transfert de richesses au profit des plus aisés. Elle s’ajoute à d’autres dispositions du même acabit. Dans un département comme les Pyrénées-Orientales touché de plein fouet par la pauvreté et la précarité, la situation devient véritablement indécente.

L’AGAUREPS-Prométhée dénonce cette politique de classe décomplexée, prenant l’argent des plus pauvres pour le redistribuer aux plus riches, exonérant les plus aisés pour faire payer les plus modestes.

L’AGAUREPS-Prométhée milite pour une fiscalité davantage progressive avec le retour pour l’impôt sur le revenu à plus d’une dizaine de tranches, une taxation accrue de tous les revenus du capital, une diminution en conséquence de la part des impôts proportionnels comme la TVA et de celle des impôts locaux.

C’est à ces conditions qu’une réelle redistribution des richesses pourra s’effectuer dans la perspective d’une plus grande justice sociale, à l’opposé des choix actuels du « Président des riches ».

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée le 26 / 10 / 2017  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Agenda AGAUREPS-Prométhée Réunions Bazas, Perpignan, Mont-de-Marsan

Perpignan, mercredi 22 novembre 2017

Salle des Libertés (3 rue Bartissol), à 19 heures

Conférence / débat avec Mickaël IDRAC sur le thème « Migration(s) et droits de l’enfant : des entrelacs aux entrechocs ». Il mettra particulièrement en exergue les contradictions des politiques migratoires européennes qui se déclarent protectrices en un territoire ostensiblement multiculturel tout en entretenant des moyens légaux de violer les textes internationaux relatifs aux droits de l’enfant et notamment au droit à l’éducation.

 

Bazas, samedi 25 novembre 2017

Salle des Permanences, place de la Cathédrale, à 19 heures

Conférence / débat avec Francis DASPE qui présentera son nouveau livre « La Révolution citoyenne au cœur » (Eric Jamet éditeur, octobre 2017).

Les deux sous-titres donnent un aperçu du contenu et des objectifs de l’ouvrage : « Brève histoire subjective du Parti de Gauche » et « Renverser la table avec La France Insoumise ! ».

 

Mont-de-Marsan samedi 9 décembre 2017

Maison des associations (39 rue Martin Luther King, ancienne caserne Bosquet), salle de réunion du rez-de-chaussée du bâtiment Joëlle Vincens, à 14 heures 30

Conférence / débat avec Francis DASPE qui présentera son nouveau livre « La Révolution citoyenne au cœur » (Eric Jamet éditeur, octobre 2017).

Les deux sous-titres donnent un aperçu du contenu et des objectifs de l’ouvrage : « Brève histoire subjective du Parti de Gauche » et « Renverser la table avec La France Insoumise ! ».

 

 

 

 

Sortie en librairie : « La Révolution citoyenne au cœur » (Francis DASPE)

Le dernier livre de Francis DASPE vient de sortir. Il est intitulé « La Révolution citoyenne au cœur » (Eric Jamet éditeur, octobre 2017). Les deux sous-titres donnent un aperçu du contenu et des objectifs de l’ouvrage : « Brève histoire subjective du Parti de Gauche » et « Renverser la table avec La France Insoumise ! ».

La création du Parti de Gauche à la suite de la sortie du Parti Socialiste en novembre 2008 de Jean-Luc Mélenchon a modifié en profondeur l’échiquier politique à gauche. La stratégie du Front de Gauche a été porteuse d’espoir jusqu’à la présidentielle de 2012. Mais les stratégies à géométrie variable des autres partenaires lors des élections locales en ont eu raison.

Le Parti Gauche, inlassable artisan de l’unité et gardien vigilant de la cohérence politique, a persisté dans le choix de la révolution citoyenne en se lançant dans le mouvement de La France Insoumise en 2016 en vue de la présidentielle qui s’annonçait. La priorité donnée à fédérer le peuple sur rassembler la gauche s’est avérée payante avec la campagne propulsive de 2017.

Cet ouvrage retrace les grandes lignes de l’histoire accélérée du Parti de Gauche qui n’a pas été un simple « un parti de plus à gauche ». Il ouvre également des perspectives pour le développement du mouvement de La France Insoumise. La révolution citoyenne serait-elle à portée de main ?

Francis DASPE est membre du Parti de Gauche depuis sa création en 2008. Il y exerce des fonctions locales (secrétaire départemental dans les Pyrénées-Orientales) et nationales (président de la Commission Éducation). Il est également secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée (Association pour la gauche républicaine et sociale – Prométhée). Il est impliqué dans le mouvement de La France Insoumise depuis son lancement en février 2016.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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LETTRE DU MOIS DE L’AGAUREPS-PROMÉTHÉE N° 128 SEPTEMBRE / OCTOBRE 2017

Sommaire du numéro 128 

  • Editorial de Francis DASPE : « L’AGAUREPS-Prométhée, au cœur d’une rentrée agitée» page 2
  • Chroniques de François COCQ : « Quousque tandem Macron ?» page 3
  • Texte de François COCQ : « Sénatoriales : le cynisme macroniste pour mettre en pièce les collectivités» page 5
  • Tribune de Francis DASPE : « La Maternelle, levier pour l’égalité et l’émancipation» page 8
  • Communiqué de l’AGAUREPS-Prométhée : « Drôle de Robin Macron » page 10
  • Une fiche d’adhésion (facultative mais conseillée…) pour 2017 page 11

 

 

L’AGAUREPS-Prométhée, au cœur d’une rentrée agitée

L’AGAUREPS-Prométhée a tenue son assemblée générale annuelle vendredi 24 août à Marseille. Le bilan d’activité a mis en évidence la présence significative de notre association dans le débat public. Le nombre élevé de diffusion dans la presse de tribunes, la variété des prises de position par l’intermédiaire de communiqués, la qualité des Lettres du mois qui restent une vitrine de choix, la multiplication et la réussite des réunions publiques sont autant d’éléments parmi d’autres qui en attestent. L’AGAUREPS-Prométhée participe pleinement au combat pour l’hégémonie culturelle, conformément à sa raison d’être.

Des propositions en termes d’organisation et d’animation ont été faites à cette occasion. Elles verront le jour prochainement. Des délégués territoriaux seront mandatés, avec un rôle d’animation, de développement, d’identification et de représentation de l’AGAUREPS-Prométhée sur le territoire concerné. De nouveaux modes de communication sont en projet. C’est ainsi que le format de cette Lettre sera amené à évoluer d’ici les prochains mois.

L’AGAUREPS-Prométhée continue à s’adapter aux réalités politiques afin de s’inscrire toujours davantage comme acteur du débat public. Il s’agit bien évidemment de prendre en compte le travail effectué depuis 15 ans. Car l’AGAUREPS-Prométhée pourrait célébrer en ce mois de septembre son quinzième anniversaire. Trois quinquennats d’existence en réalité, avec des politiques bien souvent similaires dans la casse du pacte républicain et social issu de deux siècles de combats.

L’AGAUREPS-Prométhée a fait le choix de fêté son anniversaire différemment des traditionnelles coutumes en usage pour ce genre d’événement. Nous avons décidé d’être au cœur d’une rentrée qui s’annonce particulièrement agitée. Le macronisme est déjà déclinant. La crise de régime s’intensifie. La rentrée scolaire se réalise dans de mauvaises conditions. Des manifestations sont prévues contre le coup d’état social que s’apprête à perpétrer la majorité autour du Président de la République et du gouvernement. L’AGAUREPS-Prométhée s’inscrit dans la double mobilisation à la manifestation syndicale de mardi 12 septembre et au rassemblement contre le coup d’état social à Paris le samedi 23 septembre à l’initiative de La France Insoumise.

N’y a-t-il pas de plus stimulante célébration d’anniversaire que d’être dans le tourbillon des luttes d’intérêt général ? C’est en tout l’ADN de l’AGAUREPS-Prométhée. Et elle y tient comme à la prunelle des yeux !

Francis DASPE  03 / 09 / 2017

 

 

 

 

 

Quousque tandem Macron ?

Il s’agit d’une chronique hebdomadaire de François COCQ publiée chaque vendredi dans le journal en ligne « L’heure du peuple » : https://heuredupeuple.fr/quousque-tandem-macron/ 

Elle est également disponible sur son blog : https://francoiscocq.fr/2017/08/16/quousque-tandem-macron/#more-3717

 

Quousque tandem abutere, Macron patientia nostra ? Jusqu’à quand vas-tu, Macron, abuser de notre patience ?

Clin d’œil de l’Histoire, c’est au temple de Jupiter Stator en – 63 que Cicéron ouvrit par ces mots, au personnage près, la première de ses catilinaires.

De nos jours, un été et 100 jours auront suffi pour que se déchire le voile qui enveloppait l’illusion macroniste. Non que les plus avertis aient eu le moindre doute. Mais force est de constater que Macron était parvenu à capitaliser suffisamment sur son nom pour se voir propulsé à l’Elysée signe que, de bonne foi, beaucoup, à défaut d’adhésion à son programme, ont consenti à lui laisser le bénéficie du doute.

Six semaines de session parlementaire auront donc eu raison de la bienveillance de ceux-là : le code du travail est passé à la moulinette libérale, l’état d’urgence va s’inscrire dans le droit commun, les collectivités territoriales vont être ponctionnées comme jamais tandis que les aides au logement vont se voir rabotées et que les fonctionnaires sont une fois encore mis à la diète avec le gel du point d’indice et le retour du jour de carence.

Que l’on prenne soin de regarder de près qui est touché par ces mesures : le code du travail organise la vie de 18 millions de salariés, 5,5 millions de fonctionnaires sont dans le viseur, l’ordre et la justice régissent les règles de vie en société de 65 millions de personnes, le service public local est nécessaire au bien-vivre de chacun-e …

 

La politique d’Emmanuel Macron n’est donc pas simplement une politique du moins-disant social  même s’il est d’évidence qu’elle reporte l’effort sur les plus fragiles. Elle se caractérise d’abord par la remise en cause des équilibres globaux et la déstructuration générale qu’elle engendre du quotidien de la grande majorité : Macron devient partout et pour tous un facteur de désordre social.

Ajoutez-y le front ouvert avec l’armée et mesurez le trouble suscité en chacun de nous par le chef de l’Etat dès lors qu’apparaît une dissension entre l’exécutif et l’outil de la sûreté et de l’indépendance de notre pays.

 

Un tel sentiment collectif d’insécurité pèse dès lors que Macron a été élu en surfant sur la vague dégagiste qui a balayé la vieille classe politique. Les partis historiques du système avaient autrefois vocation de représentation populaire majoritaire, et pour tout dire ils y gagnaient ainsi leur légitimité. Depuis, le PS n’est plus, ou si peu, et l’UMP a abandonné dans la présidentielle sa capacité à regrouper au-delà du cercle traditionnel de la droite bourgeoise. Macron et les siens semblaient donc devoir reprendre le flambeau. Or il n’en est rien. En quelques semaines à peine, Macron s’est « hollandisé » comme en attestent les études d’opinion estivales. Les deux mois qui viennent de s’écouler traduisent sinon la rupture, puisqu’il n’y avait pas adhésion, mais au moins l’éloignement du peuple du projet et de la méthode macronistes.

Les conséquences en sont multiples et j’y reviendrai dans cette chronique les semaines à venir : basculement du Président en tant que facteur d’instabilité, défaut de représentation populaire par l’exécutif et le corps législatif majoritaire, apparition de larges systèmes d’équivalence dans le rejet macroniste, isolement de celui tout juste élu sous la bannière du rassemblement…

 

Jusqu’à quand Macron peut-il prétendre abuser dans ces conditions de la patience populaire ? L’avenir nous le dira mais il n’est pas écrit que, cette fois, le glaive institutionnel de la Vème République suffise à résister aux conditions inédites qui s’ouvrent devant nous.

François COCQ  16 / 08 /2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sénatoriales : le cynisme macroniste pour mettre en pièces les collectivités

https://francoiscocq.fr/2017/08/07/senatoriales-le-cynisme-macroniste-pour-mettre-en-pieces-les-collectivites/#more-3712

 

J’avoue être d’abord resté coi devant le nouveau coup fourré d’Emmanuel Macron contre les territoires : 300 millions d’euros de dotations aux collectivités pour la fin de l’année 2017 annulés en douce d’un trait de plume présidentiel le 20 juillet dernier. Et il est heureux que le journal Libération s’en soit aperçu le 1° août faute de quoi la pratique financière élyséenne aurait eu des airs de fraude budgétaire sur le dos des collectivités !

Alors bien sûr j’ai pensé prendre le clavier pour mettre en évidence la méthode détestable qui est celle employée par Emmanuel Macron : trois jours avant cette coupe claire, lors de la conférence des territoires qu’il avait convoquée au Sénat, Emmanuel Macron s’était en effet engagé devant les associations d’élus à ne pas baisser brutalement les dotations aux collectivités pour 2018. Cynique, il s’est donc empressé de raboter dans leur dos les dotations pour… 2017.

Bien sûr j’ai aussi pensé évoquer le mépris qui suinte du service après vente gouvernemental comme lorsque le ministère de la cohésion des territoires a ainsi tenté de justifier que « les programmations 2018 permettront de revenir sur les opérations qui seraient ainsi décalées. » Sauf que voilà, en 2018 et les années suivantes, cela va aussi être ceinture. Car le 17 juillet, Emmanuel Macron a aussi surclassé ses promesses de campagne, faisant passer l’anémie budgétaire des collectivités de 10 à 13 milliards ! Une fois élu, le suzerain ne se refuse rien tant que c’est sur le dos de ses sujets : 3 Mds de restrictions supplémentaires ont ainsi été impérieusement décrétés.

Bien sûr j’ai pensé mettre en lumière la continuité libérale dans laquelle s’inscrit Emmanuel Macron, lui qui, lorsqu’il était ministre de l’économie et des finances de François Hollande, s’était attaché à mettre scrupuleusement en œuvre la seconde vague (2014-2017) de la saignée des collectivités locales. Constat est établi qu’une fois aux manettes, Macron copie-colle la politique de celui-ci. En pire.

 

Bien sûr, bien sûr, bien sûr… Mais chemin faisant, une interrogation m’a assailli. Quelle mouche pique Emmanuel Macron pour se jeter de la sorte à l’assaut des territoires à deux mois d’élections sénatoriales dont le Président avait initialement fait un enjeu électoral pour s’implanter dans la chambre haute et renforcer ainsi la main qui est la sienne sur le Parlement ?

C’est que l’installation de LREM s’avère plus compliquée que prévue. La déferlante macroniste des législatives a laissé place à l’incurie parlementaire des siens. Les orientations ministérielles ont révélé le retour du libéralisme le plus échevelé. Et les doutes sur l’exercice de la présidence jupitérienne après notamment l’épisode des armées, ont fragilisé jusqu’à sa sainteté elle-même qui dégringole dans les sondages au point de se hollandiser avant l’heure.

Sur le terrain, dans les collectivités, le doute s’est déjà installé. Ceux qui hier encore s’apprêtaient à rallier le camp présidentiel par opportunisme sont saisis d’un doute. Et si tout cela n’était que feu de paille ? Macron mérite-t-il de lâcher la proie pour l’ombre ? Que ceux-là en soient amenés à se poser la question témoigne de l’essoufflement de la vague d’entraînement macroniste.

Pire : la désillusion se matérialise. Voyez la mairie de Fresnes dans le Val-de-Marne, où le député macroniste Jean-Jacques Bridey a voulu passer la main à l’une de ses affidées…avant d’être mis en minorité lors du conseil municipal d’investiture. Voyez aussi la difficulté pour LREM à présenter candidats et listes aux sénatoriales : 170 candidat-e-s sont nécessaires mais le parti peine pour l’instant à en annoncer plus de 45. Et les alliés de circonstance d’hier, Modem ou RDSE, pourtant bien pourvus en ministères lors de la gratification présidentielle, reprennent leur indépendance pour s’assurer dans nombre de départements des élu-e-s sous leurs propres couleurs. D’une trentaine de sénateurs aujourd’hui, le groupe LREM pourrait au mieux atteindre une cinquantaine d’élus : tout sauf une percée pour celui qui sur son nom s’est offert une majorité absolue écrasante à l’Assemblée il y a un mois et demi.

Bref, tout porte à croire que les sénatoriales ne seront pas l’étape d’enracinement dans le pays telle qu’Emmanuel Macron la souhaitait et la prévoyait hier encore. Mais celui-ci est trop fin tacticien pour ne pas prendre la mesure de ce ressac. Il est également trop cynique pour ne pas tenter de s’en extirper à tout prix. Par-delà les commentaires qui ne manquent pas d’apparaître sur le retour de l’austérité  ou sur le fait du prince imposé à ses vassaux, c’est donc sans doute tout autant à l’aune des sénatoriales qu’il faut lire le tir de barrage engagé par Macron contre les collectivités durant l’été : puisque les sénatoriales ne peuvent pas représenter une étape supplémentaire de conquête macroniste, celui-là joue la politique de la terre brûlée pour mieux pouvoir se soustraire au résultat du 24 septembre.

 

La recette a certes un goût de réchauffé mais elle est efficace : au soir du vote, tout ce qui n’est pas LREM pourra être taxé de conservatisme face au « principe de réalité » incarné par la macronie. Vent debout contre la baisse des dotations annoncée, les élu-e-s locaux de tous bords seront renvoyés au vieux-monde qui défendrait ses intérêts particuliers quand Macron et les siens incarneraient le renouveau en osant eux enfin assumer le rétablissement de l’équilibre budgétaire, fût-ce au prix du démantèlement du service-public, des usagers qui subissent les restrictions d’accès ou de prestations, et des agents publics qui se mettent en quatre pour préserver les apparences au prix de leur bien être et de leur santé. Une fois encore, Macron voudrait donc jouer à fronts renversés : être sous couvert de modernité le vecteur de l’orthodoxie budgétaire du vieux modèle bruxellois qui s’effondre, se faire le dépositaire de l’intérêt général, quand au contraire sa politique propage le désordre social jusqu’aux échelons les plus proches de nos concitoyens.

Il sera demain d’autant plus aisé pour le Président Macron de pousser au démantèlement de l’architecture institutionnelle républicaine qui organise notre pays qu’il aura ainsi commencé à en délégitimer tous les échelons. Qui ne l’a pas entendu annoncer voilà s’attaquer aux départements, en commençant par ceux de petite couronne : Sarkozy l’avait rêvé, Valls l’avait tenté, Macron s’y essaie. Chantre des métropoles comme il ne cesse de le rappeler, Macron n’a par ailleurs retardé que d’un an l’assaut qu’il lance contre les communes avec la suppression de la taxe d’habitation, asséchant encore un peu plus celles-ci en termes de ressources propres. La saillie budgétaire macroniste et son justificatif électoraliste préparent de fait une offensive d’une toute autre ampleur contre le cadre républicain.

L’astuce sonne pourtant déjà comme un aveu d’impuissance. Car en adoptant une telle stratégie, Emmanuel Macron cimente l’opposition contre lui. Il acte ainsi à son corps défendant le glissement en trois mois à peine d’une orientation de rassemblement sous son manteau des grandes familles politiques françaises telle que fût sa campagne présidentielle, à une dimension d’affrontement de seul contre tous telle que le laisse augurer le lancement de sa campagne pour les sénatoriales. Prenons soin de constater que ce n’est pas rien : l’arrimage d’une politique, surtout quand comme c’est le cas avec LREM elle est le fait d’une incarnation omnipotente, tient sa solidité de sa capacité à homogénéiser l’espace autour d’elle. Enfermé dans le jeu électoraliste faute d’avoir voulu remettre à place l’assemblage institutionnel de notre pays, Emmanuel Macron se laisse prendre au piège de devenir un facteur d’homogénéisation mais cette fois à son encontre. C’est ainsi toute la réflexion politique qui a structuré la conquête du pouvoir macroniste qui vole en éclats.

Ces sénatoriales prennent ainsi tout à coup un intérêt qu’en lui-même le scrutin indirect de la chambre haute ne pouvait laisser augurer.

François COCQ 07 / 08 / 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Maternelle, levier pour l’égalité et l’émancipation  

Cette tribune, parue le 28 août 2017, est disponible sur le site de Marianne.

https://www.marianne.net/debattons/tribunes/la-maternelle-levier-pour-l-egalite-et-l-emancipation  

 

L’école maternelle illustre de manière éclatante l’insuffisance de vision globale et sa non inscription dans un projet de société, deux conditions indispensables pour instituer un système éducatif fondé sur le progrès humain. En dépit des déclarations d’intention tentant d’affirmer son rôle essentiel, elle reste la grande oubliée.

 

La maternelle s’inscrit pleinement dans le processus d’acquisition au long cours des savoirs. Cette étape ne saurait donc être négligée. Il y a pourtant un paradoxe absolu : l’école maternelle ne fait pas partie de la scolarité obligatoire. Ce qui serait important pourrait-il ne pas être obligatoire ? C’est le sens de la proposition de rendre la scolarité obligatoire à partir de l’âge de 3 ans. La maternelle favorise puissamment les conditions de réussite d’une scolarité ultérieure. Les familles doivent pouvoir faire valoir le droit de l’enfant à être accueilli dès l’âge de 3 ans.

 

Il faut également en finir avec le flou de la scolarisation de ces âges, avec notamment la porosité entre les rôles de l’accueil pré-élémentaire et l’école maternelle. Il en va de même avec les activités périscolaires qui ont brouillé les repères de tous les acteurs avec la réforme des rythmes scolaires des gouvernements précédents. Il s’agira également de favoriser la scolarisation des 2 à 3 ans. La situation est dramatique, plus particulièrement dans les départements les plus populaires là où la scolarisation des enfants de 2 ans aurait le plus de sens.

 

L’école maternelle doit s’intégrer également pleinement dans le cadre d’un projet de société affirmé. Les enjeux pédagogiques s’y télescopent avec les enjeux sociaux et politiques.

 

La qualification des personnels non enseignants de la maternelle est une ardente priorité. Il se trouve là une trappe à précarité contre laquelle il faut agir. Il en va également de l’émancipation concrète des femmes. Dans ce but, pour les touts petits, un service public de la petite enfance garantissant la pluralité des choix pour les parents constitue un impératif. Ce service public ne sera pas un accueil pré-école maternelle : chaque âge doit préserver sa spécificité. Le maintien d’un réseau d’écoles maternelles va de pair avec la préservation de la vitalité et de l’attractivité des territoires ruraux : la réforme territoriale allant dans le sens de la métropolisation a tendance à aggraver la situation. C’est un domaine où la marchandisation a pu avancer plus que de raison, avec les sollicitations liées aux projets d’animations dans le cadre scolaire ou les activités périscolaires. C’est ici que commence le combat pour la gratuité absolue du champ scolaire pour les familles.

 

La maternelle doit faire l’objet d’une réflexion globale en lien avec le projet de société que l’on entend instaurer. C’est ce projet de société qui doit lui assigner ses missions. Elle aura dans ce cadre à prendre toute sa place pour favoriser les principes d’égalité et d’émancipation. La maternelle ne se résume décidément pas à changer les couches comme l’avait indiqué en son temps le ministre Xavier Darcos…

Francis DASPE   28 / 08 / 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Drôle de « Robin Macron »…

Il s’agit d’un communiqué de presse de l’AGAUREPS-Prométhée d’août 2017.

 

L’AGAUREPS-Prométhée dénonce l’asymétrie de la politique sociale de la nouvelle majorité de « La République en marche ». Le Président de la République Emmanuel Macron se transforme en « Robin des bois inversé ». Il prend l’argent des plus pauvres pour le redistribuer aux plus riches.

 

Jugez-en plutôt. D’un côté, baisse des APL (aides personnalisées au logement) et augmentation de la CSG (contribution sociale généralisée) au détriment des plus modestes. De l’autre côté, suppression de l’ISF (impôt sur la fortune), multiplication des cadeaux fiscaux, reconductions du CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi) et du pacte de responsabilité au bénéfice des plus nantis.

 

Après la destruction programmée du code du travail, Emmanuel Macron et consort s’attaqueront demain à la sécurité sociale et à la retraite. Détruire les acquis sociaux, voilà la seule chose que ces libéraux  au service  de la commission Européenne, de la finance, des banquiers et du patronat s’acharnent à faire méthodiquement.

 

L’AGAUREPS-Prométhée s’indigne d’une telle politique de classe décomplexée, indigne d’un président de la République supposé être garant de l’intérêt général et de la cohésion nationale. Décidément, « Robin Macron » ne court pas dans les bois… Alors, donnons-lui rendez-vous dans la rue le mardi 12 septembre 2017 et le samedi 23 septembre 2017 !

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