Les obsessions et haines recuites de Carole Delga

Dans le cadre de la préparation de sa rentrée politique à Bram, Carole Delga, présidente du Conseil régional Occitanie, s’est largement épanchée dans les médias. Ce fut sans surprise pour critiquer, de manière obsessionnelle, La France Insoumise, la NUPES et Jean-Luc Mélenchon.

Comme à son habitude dès lors qu’il s’agit de Jean-Luc Mélenchon, ses propos furent pauvres en arguments mais riches en affirmations gratuites. La situation confine ainsi à l’ubuesque. Celles et ceux qui ont fait 2% à la présidentielle se permettent de donner des leçons en matière de perspective majoritaire à d’autres qui ont obtenu 22%. Celles et ceux qui font preuve de sectarisme à la région Occitanie (et notamment entre les deux tours des élections régionales de 2021) osent donner des leçons en matière de rassemblement de la gauche à d’autres qui ont tendu la main aux législatives de 2022 afin de créer la NUPES.

Dans une logique identique, il est consternant de voir à quel point le Parti Socialiste des Pyrénées-Orientales reste « toutouisé » par Carole Delga. Il s’est échiné à refuser la NUPES. Il a ainsi contribué puissamment à faire perdre la gauche aux législatives de juin dernier, à qualifier les candidats macronistes au second tour, et, in fine, à faire gagner l’extrême droite incarnée par le Rassemblement National. N’ayant rien appris de ses choix calamiteux, il persiste dans cette impasse, avec la présence parmi les 400 premiers signataires de l’appel anti-Nupes et anti-LFI de Bernard Cazeneuve, de la présidente du Conseil départemental Hermeline Malherbe et de l’ancienne collègue de Carole Delga au gouvernement de triste mémoire dirigé par Manuel Valls, Ségolène Neuville. 

Carole Delga se targue même de bénéficier d’une notoriété plus forte en raison de son opposition pavlovienne à la NUPES. Ou comment se gargariser de la politique du pire ! Elle qui se vante d’être « la gauche des solutions », force est de constater qu’elle propose des solutions de droite, sans doute pour complaire à la Macronie !

Bram constitue une étape supplémentaire dans l’entreprise de destruction de la gauche. Et qui s’additionne hélas à d’autres en provenance des Pyrénées-Orientales !

Francis DASPE, animateur de groupe d’action La France Insoumise / NUPES

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LETTRE DU MOIS DE L’AGAUREPS-PROMÉTHÉE N° 159 SEPTEMBRE / OCTOBRE 2022

Sommaire du numéro 159 :

  • Edito de Sylvie ERBANI « Le CNR, ou l’illustration du vol des mots » page 2
  • Texte de Francis DASPE « Un agenda et des enjeux pour un quinquennat atypique » page 3
  • Texte de Francis DASPE« Législatives dans les Pyrénées-Orientales : partir des réalités pour identifier les défis » page 8
  • Communiqué de Francis DASPE « L’Ecole de Delga au service du Medef et de la Macronie » page 13
  • Une fiche d’adhésion (facultative mais conseillée…) pour 2022 page 14

Le CNR, ou l’illustration du vol des mots

Ce jeudi 8 septembre, le Président de la République Emmanuel Macron vient de lancer le Conseil National de la Refondation (CNR). Il s’agit du même acronyme que celui du Conseil National de la Résistance qui œuvra à la libération et à la reconstruction de la France. Ce n’est pas un hasard ou une quelconque coïncidence. Bien au contraire. Nous avons là une parfaite illustration du vol du sens des mots, pour reprendre le titre d’un ouvrage écrit par nos camarades Francis Daspe et Céline Piot[1].

Le (vrai) CNR, par l’entremise de sa charte, a institué un pacte républicain et social au lendemain de la seconde guerre mondiale. Des acquis, ou des conquis, sociaux virent le jour à cette occasion. Ils continuent à structurer notre modèle fondé sur l’Etat-providence en dépit des attaques récurrentes et convergentes auxquelles il doit faire face. Le (faux) CNR macronien visera à l’exact contraire : l’appel à des solutions innovantes et concrètes pour réformer le pays équivaut clairement à opérer des politiques de casse sociale fondées sur la réduction des dépenses publiques, la destruction des services publics, le démantèlement des protections sociales. Bref, à un appesantissement des rigueurs de l’austérité et à un déferlement de privatisations.

Le cynisme sans vergogne et l’instrumentalisation éhontée sont bien de mise dans cette opération de communication. Le lieu choisi pour lancer ce CNR au rabais entre dans cette logique. Cela fut fait dans la commune de Marcoussis, au centre national du rugby (un autre CNR…). Il y avait la volonté de montrer une image sportive, soudée, cohérente et déterminée du gouvernement menée par le capitaine Macron. La ficelle est un peu grosse pour que cela puisse être un tant soit peu crédible.

Le (faux) CNR fut présenté autour de la promesse d’une évolution de la gouvernance macronienne. Ce n’est pas la première fois qu’une telle promesse a été faite. On sait ce qu’il en advint à chaque fois : du vent, à défaut d’énergie renouvelable. Ce fut le cas du fameux « grand débat national » au moment des Gilets jaunes, qui se transforma en un one man show creux, souvent pathétique. Ce fut également le cas de la Convention citoyenne sur le climat, pour laquelle le niveau d’écoute des propositions se révéla particulièrement faible.

L’objectif avancé est également de « revivifier la démocratie ». Mais comment oser afficher cet objectif quand se multiplient les états d’urgences et les conseils de défense pour prendre les décisions stratégiques dans de nombreux domaines, de plus en plus étendus ? Quand l’instauration de ce Conseil national de la refondation ne vise en réalité qu’à contourner fort opportunément un Parlement de plus en plus indocile ? Nous ne pouvons y voir que de grossières tartufferies tordant le sens des mots dans une logique quasi orwellienne. Nul ne doit en être dupe.

Note 1: Francis DASPE et Céline PIOT, Le vol des mots, le voile des mots, éditions du Croquant, 2016. Le second tome des mêmes auteurs était intitulé Antidote au parler macronien, éditions du Croquant, 2018.

Sylvie ERBANI 10 / 09 / 2022

Un agenda et des enjeux pour un quinquennat atypique

Le quinquennat qui vient de s’ouvrir se présente comme particulièrement incertain. Le Président Macron réélu était sans aucun doute persuadé que son second et dernier mandat élyséen serait confortable pour réaliser son programme destructeur de tous les conquis sociaux et autres protections.  Souvenons-nous de la confidence énamourée de son ancienne collègue ministre du temps de François Hollande, Marisol Touraine, qui lui indiquait au moment de la cérémonie d’investiture officielle qu’il pourrait faire désormais tout ce qu’il voulait et, pour reprendre son expression « embarquer le pays ». Grossière erreur d’interprétation. Le verdict des élections législatives n’a pas été conforme aux aspirations du locataire de l’Elysée et de ses groupies. Il n’a pas obtenu la majorité absolue à l’Assemblée nationale qui lui aurait permis de faire (presque) tout ce qu’il voulait ou aurait voulu.

Déjà à la présidentielle, le champ électoral s’était partagé en trois blocs, bien distincts et de force approximativement équivalente : un bloc d’extrême droite, un bloc libéral, un bloc populaire. Ce qui rendait quasiment impossible l’émergence de toute majorité (absolue) d’adhésion. En conséquence, il apparaissait évident que la réélection d’Emmanuel Macron s’était réalisée en grande partie par défaut. Le déni macronien avait pourtant encore fonctionné : la majorité autour du Président Macron se forçait à croire (ou plutôt à faire croire) que c’était le programme et la personne de son leader qui auraient été plébiscités à cette occasion. Il n’en était rien, bien au contraire. L’impopularité du Président Macron n’a cessé de caractériser son premier quinquennat : gageons qu’il en sera de même pour le second.

La situation complexe et incertaine, engendrée par les législatives, pose de nombreuses questions. Pour la première fois sous la V° République, le président élu ou réélu ne s’est pas vu confié par les électeurs une majorité lui permettant de gouverner. Les enjeux sont donc considérables ; ils ne sauraient être occultés. Pour les appréhender au mieux, il convient d’examiner attentivement l’agenda de ce quinquennat à nul autre pareil. Et en gardant présent à l’esprit qu’il existe à côté de l’agenda officiel un autre agenda, caché  et dissimulé, qui sera sans aucun doute évolutif afin de s’adapter au mieux et au plus vite aux occasions qui ne manqueront pas de se présenter.

Peu d’élections

Ce quinquennat ne sera pas parasité par un trop-plein d’élections. C’est le moins que l’on puisse dire. Elles seront peu nombreuses. Il y en aura deux, principales (nous mettons de côté les sénatoriales qui ne concerneront qu’une moitié du corps électoral). Les élections européennes de 2024 seront suivies par les municipales de 2026. Ces dernières se situeront un an avant la fin du quinquennat et la nouvelle présidentielle.

Plusieurs remarques s’imposent. Il y aura des périodes longues sans élections. Deux ans à l’échelle d’un quinquennat, c’est significatif. Les élections qui précèderont d’un an la présidentielle seront des consultations étroitement locales, les municipales. On connait déjà l’importance de la déconnection entre les réalités nationales et les résultats locaux en termes d’élections. L’expression « désaffiliation » a même été utilisée pour caractériser la situation. Cependant, ce bel ordonnancement peut à tout moment être bousculé avec une éventuelle dissolution. La dissolution sera présentée de manière plus ou moins subliminale comme une épée de Damoclès par le prétendu maître des horloges qui le sera de moins en moins à mesure que le temps passera. Cette fois-ci, le temps ne jouera pas en faveur de Jupiter.

Les Européennes, session de rattrapage ?

Les Européennes de 2024 constitueront une première épreuve de vérité pour juger de la solidité de la NUPES. La France Insoumise s’y trouve en position dominante, en raison du score obtenu par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle (et en miroir le très faible score obtenu par les autres candidats de gauche). Mais aussi par la main tendue par les Insoumis aux autres forces politiques qui se trouvaient alors en état de sidération (il est plus qu’hasardeux d’affirmer que la réciprocité aurait été mécaniquement de mise avec une situation inversée, au vu notamment de certains épisodes de la séquences des élections locales de 2020 et 2021..). Sans parler de la tonalité des campagnes présidentielles d’Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Fabien Roussel qui furent en grande partie tournées contre Jean-Luc Mélenchon. La France Insoumise a su passer outre les injures qui lui ont été faites au cours de la présidentielle.

Le rendez-vous électoral européen peut être l’occasion de créer un nouveau rapport de force interne au sein de la NUPES.  C’est extrêmement tentant pour certains. Ecologistes, socialistes et communistes le trouvent excessivement déséquilibré. EELV, à qui les élections européennes ont souri ces derniers temps (mais à chaque fois sans que ne soit transformé l’essai), semble se diriger vers une liste autonome. Les deux autres partenaires hésitent, entre d’une part l’envie de faire bouger les lignes en affirmant leur singularité et leur identité, et d’autre part le risque d’un nouvel échec électoral aux conséquences désastreuses. Car un échec supplémentaire aggraverait en leur défaveur le rapport de force interne, sans parler de la dimension financière qui ne doit jamais être évacuée des analyses et des stratégies.

Les Municipales, le localisme avant la présidentielle 

Les élections municipales de 2026 sanctionneront le retour du localisme après une période de vacance de cinq années (quand bien même départementales et surtout régionales, tenues en 2021, ne sont pas uniquement des élections locales). Ces élections municipales constituent à bien des égards une finalité pour les autres partenaires de la NUPES.

Ils disposent d’un enracinement local que ne possède pas La France Insoumise. Les collectivités territoriales locales représentent une grande part de leurs bases arrière, plus particulièrement quand les élections nationales ont tourné au naufrage. Certains estiment qu’il s’agit de rentes ultimes, qu’elles soient à préserver (la plupart du temps) ou à conquérir (de temps en temps). L’échéance se situe une année avant la présidentielle. Et moins encore du début réel de la campagne de la présidentielle…

Départements et régions hors du quinquennat

Un fait a été en règle générale largement sous-estimé. Il est pourtant extrêmement important d’un vue de vue politique dans le déroulé de l’agenda du quinquennat. Il est nécessaire d’en attirer l’attention dessus. Ce quinquennat sera le seul mandant présidentiel au cours duquel il n’y aura pas d’élections départementales et régionales. Elles seront reportées en 2028, afin de ne pas se télescoper l’année précédente avec la présidentielle et les législatives.

La signification est considérable. Cela conduit d’abord à ce que les rentes locales soient d’une certaine manière préservées et sanctuarisées. En règle générale, elles sont la possession (le patrimoine devrait-on dire ?) des partis politiques les plus anciens. C’est-à-dire de ceux qui ont le plus souffert et le plus perdu depuis les bouleversements de 2017 et la fin du bipartisme (Les Républicains et Parti Socialiste). La remise en cause éventuelle de ces rentes se fera en fonction de la dynamique politique qui aura émergé en 2027. Et très peu de celle créée en 2022… En ce domaine, les éventuelles envies de règlements de comptes devront attendre…

L’épée de Damoclès de la dissolution

La composition de l’Assemblée nationale, avec l’absence d’une majorité absolue pour le gouvernement macronien, fait de la dissolution une hypothèse politique se situant dans un espace mouvant, entre le possible, le plausible et le probable. Nous avons employé l’expression « épée de Damoclès ». De nombreuses interrogations subsistent, auxquelles les réponses qui seront apportées (ou pas) modifieront en profondeur les données politiques et les conditions d’exercice.

Qui pourra jouer de la dissolution ? D’un point de vue purement constitutionnel, c’est le Président Macron ; mais il ne sera pas le seul maître des horloges. Quand pourra-t-elle s’exercer ? Placée avant ou après les élections européennes, qui feront office en fait de véritables élections de mi-mandat, elle ne remplira pas une même fonction. A quelles conditions la dissolution pourra-t-elle être activée ? Il faudra une raison ou un  prétexte : il peut s’agir, d’un blocage politique, d’une situation d’impopularité pour certains acteurs, d’un événement externe modifiant plus ou moins inopinément le panorama politique. Le Président Macron cherchera forcément à tirer profit d’un moment politique favorable.

Quels peuvent être les risques d’une dissolution ? Pour Emmanuel Macron, celui de perdre à nouveau les élections législatives et toute légitimité politique, c’est-à-dire de s’incapaciter définitivement jusqu’à la fin du quinquennat. Auquel cas la démission en cours de mandat deviendrait alors une issue envisageable. En faveur de qui peut se faire une dissolution ? L’extrême droite se trouve en embuscade, elle qui s’évertue à lisser son image dans le prolongement de sa stratégie de dédiabolisation. La NUPES, avec sa composante la plus active de La France Insoumise, se positionne comme l’opposition principale, prête à appliquer son programme de gouvernement. La question reste donc de savoir si le Président Macron subira ou pas la dissolution, et dans quelle mesure.

Des questions structurantes à horizon 2027

Ce quinquennat aura à apporter des réponses concrètes à un certain nombre de questions structurantes. La première a trait à l’actuelle majorité. Que deviendra le macronisme après Emmanuel Macron ? Son rôle sera forcément réduit après ses deux mandats et avec l’impossibilité de se représenter. Une féroce guerre de succession est à prévoir. Nous pourrons alors juger de la réalité du macronisme qui pourrait alors s’écrouler comme un château de cartes.

La droite possède-t-elle encore un espace ? Coincée entre l’extrême droite et le macronisme, elle peine à exister et à affirmer son utilité même. Elle est en passe d’être purement et simplement satellisée. Pour sa survie, elle espère l’effondrement du macronisme afin de récupérer sa place. C’est loin d’être gagné.

Le Rassemblement National peut-il offrir une alternance crédible ? Ou mieux encore être une véritable alternative ? Le processus de dédiabolisation et de notabilisation de l’extrême droite est loin de pouvoir être couronné de succès. Le surgissement zemmourien a toutes les chances de rester une épine dans le pied en vue de la réalisation de la perspective majoritaire. Il en va de même pour la droite républicaine qui penche de plus en plus aux confins de la droite extrême.

La gauche sociale-libérale peut-elle renaître de ses cendres ? Elle s’est opposée à la NUPES. Ce faisant, elle s’est engagée dans une impasse, une voie sans avenir. Sauf à devenir le bagage accompagné de la Macronie, en incarnant une improbable aile gauche vouée à avaliser des politiques de droite. Son trou de souris réside dans l’éclatement et l’échec de la NUPES. Elle s’y emploie, avec un manque de ressort évident et une résonance en berne. Son boulet reste effectivement le bilan aux allures de passif du quinquennat Hollande.

En quoi consiste l’avenir de la Nupes ? Les pratiques communes de campagne lors des législatives peuvent être de nature à amplifier les rapprochements. Mais d’une autre côté, ne sous-estimons pas l’importance des absences ou quasi absence de campagnes communes dans de nombreux endroits qui sont en capacité à générer le retour d’éloignements et d’incompréhensions encore vivaces. Les partenaires de la NUPES, excepté La France Insoumise, auront à passer par la case des congrès. EELV, PCF, PS tiendront des congrès nationaux à la fin de l’année 2022 et au début 2023. Ce qui en sortira reste difficile à décrypter : des tendances critiques envers le choix de la NUPES existent en leur sein et peuvent prétendre peser dans les choix définitifs, surtout en vue des élections européennes.

Enfin, qu’en sera-t-il de Jean-Luc Mélenchon, au sein à la fois de La France Insoumise et de la NUPES ? Il a semblé vouloir prendre du recul et ouvrir la voie aux nouvelles générations. Pour autant, il continue à peser fortement dans le débat public. L’heure de la succession n’est pas d’actualité, quand bien même il a souhaité « passer la main pour 2027 ». Aucune hypothèse ne doit être écartée, y compris celle d’un rôle éminent de Jean-Luc Mélenchon en 2027, quelle qu’en soit la forme. L’épée de Damoclès de la dissolution octroie un rôle central au leader actuel de la NUPES, qui serait le choix naturel pour entrer à Matignon en cas d’obtention par la NUPES d’une majorité à de nouvelles élections législatives.

Quels surgissements pour le quinquennat ?

Un mandat présidentiel se caractérise toujours par des faits saillants et des surgissements impromptus. Ce n’est jamais un long fleuve tranquille, surtout dans des périodes de crise démocratique aigue comme c’est le cas depuis plusieurs années. Ils sont par définition difficiles à prévoir et à anticiper. Ils recoupent en effet le spectre des crises qui affectent notre pays : sociales, démocratiques, écologiques, géopolitiques.

Au cours du dernier quinquennat, qui aurait pu prévoir l’irruption de la crise des Gilets jaunes ou la déflagration de la pandémie liée au Covid-19 ? Sans parler des autres petits ou grands scandales qui ont ponctué la période. Ceux qui seront capables de les anticiper ou de s’y adapter au mieux et au plus vite prendront une longueur d’avance. Pour autant, aucune prophétie auto-réalisatrice ne prendra les contours d’une quelconque réalité. Il serait hasardeux à se livrer ici à des prévisions forcément aléatoires dans l’état actuel des choses. Des décantations doivent survenir à plus ou moins brève échéances afin d’y voir plus clair.

Le chemin reste à tracer. Ou pour reprendre une expression ayant fait florès, les trous de souris qui se présenteront aux uns et aux autres seront à élargir. C’est en cela que résident les enjeux de ce quinquennat.

Francis DASPE 10 / 09 / 2022

Législatives dans les Pyrénées-Orientales : partir des réalités pour identifier les défis    

Les élections législatives viennent de se terminer. Dans les Pyrénées-Orientales, elles ont livré leur verdict. De nombreuses analyses ont fleuri et proliféré ici ou là, sans pour autant éclaircir quoi que ce soit la plupart du temps.

Le factuel, antidote aux contresens

Il est d’abord nécessaire de partir du réel tel qu’il est si l’on veut se livrer à une analyse un tant soit peu sérieuse. Le département des Pyrénées-Orientales sera représenté par quatre députés d’extrême droite issus du Rassemblement National, anciennement Front National. Les macronistes, qui possédaient trois députés dans la dernière législature, n’en auront plus un seul dans la nouvelle, après avoir perdu les trois duels au second tour de ces législatives. La NUPES n’a pas réussi à décrocher de députés, parvenant à se qualifier au second tour une fois sur quatre.

En 2017, les formations constituant la NUPES n’avaient pas réussi à glisser un de leurs représentants au second tour des législatives (ce fut à chaque fois des duels La République en Marche contre Rassemblement National). La meilleure performance d’un candidat du spectre de la NUPES avait été obtenue dans la troisième circonscription par celle qui était alors ministre, la socialiste Ségolène Neuville arrivée en troisième position. Les quatre candidats de La France Insoumise naissante se classèrent tous à la quatrième place, toujours à la première place des candidats de gauche, excepté donc dans la circonscription numéro trois. Les candidats des autres forces politiques réunis cette année dans la NUPES, les deux autres socialistes, les quatre communistes et deux écologistes, firent beaucoup moins bien, parfois avec un score inférieur au seuil des 5% permettant le remboursement des frais de campagne.

Voilà ce qu’il en est concernant les trois pôles politiques qui ont émergé à l’occasion du premier tour de la présidentielle, derrière les candidatures d’Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Les pôles libéral/centriste, d’extrême-droite et populaire pesaient de manière globalement équivalente, ce qui pouvait rendre aléatoire l’émergence d’une majorité absolue aux législatives suivantes. C’est donc du factuel que toute analyse post-électorale doit procéder. Au mépris de cette règle élémentaire, nous avons pu voir surgir des analyses pour le moins approximatives, qu’il est aisé de qualifier sans parti-pris d’analyses à l’emporte-pièce. Elles furent d’une grande diversité, qu’elles aient émané d’experts reconnus comme tels, ou d’experts simplement autoproclamés, ou encore d’acteurs politiques de mauvaise foi guidés par une volonté auto-réalisatrice face à des événements qui leur échappaient. La liste serait fournie, et cruelle, si l’on voulait en faire un inventaire nominatif…

La négligence des fondamentaux

En conséquence, des lacunes significatives, parfois considérables et rédhibitoires, ont entaché la crédibilité de ces analyses. Nous en retiendrons quelques-unes dans notre réflexion, qui ont trait à des fondamentaux.

La première réside dans la non prise en compte du caractère national des élections législatives. En cela, la dérive localiste a joué à plein. Certains ont voulu croire que notre département pouvait constituer un isolat favorisant la perpétuation de quelques (petites) rentes, comme s’il se trouvait en dehors des réalités nationales. Là aussi, cela tenait en grande partie de la prophétie auto-réalisatrice. Les faibles scores obtenus par les quatre candidats du parti de droite Les Républicains et par le dissident socialiste dans la quatrième circonscription (soutenu par Carole Delga et la fédération du PS 66, mais pas par la direction nationale du PS) le montre parfaitement. Un témoignage supplémentaire, si besoin était, de l’affaissement continu du vieux monde.

Le socle de chacune des forces politiques a rarement constitué un critère fondamental des analyses. Et sans doute non plus des stratégies élaborées et poursuivies par nombre des acteurs politiques de ces législatives. A tort, et ce grandement. Le socle des différentes forces politiques est déterminé par le score du premier tour de la présidentielle. Car c’est celui-ci qui se rapproche le plus de la réalité du vote d’adhésion. D’où l’erreur (répétée) des macronistes qui ont voulu croire, ou plutôt davantage faire croire, que le score du second tour pouvait participer de leur socle électoral… Le réveil a pu donc leur paraitre brutal, une fois la majorité absolue abandonnée au niveau national et la perte de leurs trois députés dans le département. En fin de compte, il n’y a pas eu de réel déplacement des masses électorales dans les Pyrénées-Orientales au cours des législatives. Marine Le Pen était arrivée en tête dans les quatre circonscriptions, le Rassemblement National arrive en tête au premier tour des législatives dans les quatre circonscriptions et obtient autant de députés au second tour. Là où Jean-Luc Mélenchon termine en troisième position à la présidentielle, les candidats de la NUPES occupent le même rang. Dans la troisième circonscription où il était arrivé en seconde position en devançant Emmanuel Macron, la candidate de la NUPES Nathalie Cullell dépasse également le candidat voulu par Jean Castex, pour se qualifier au second tour sans pouvoir cependant ensuite battre sa concurrente d’extrême droite.

L’oubli du poids des dynamiques et la méconnaissance de la notion de résonance ont également constitué des angles morts de la réflexion.  La dynamique n’était pas en faveur de La République en Marche. Cela s’est traduit clairement par un vote de rejet contre un bilan qui était à la fois un passif et un boulet. Et ce en dépit de l’illusion de posséder un socle supérieur à ce qu’il était en réalité. La dynamique était indiscutablement du côté de la NUPES impulsée par La France Insoumise. Le programme porté par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle faisait résonance, au même titre que le travail de fond réalisé au Parlement par les députés ou localement par la popularisation inlassable depuis plusieurs années des mesures programmatiques les plus emblématiques. La dynamique a en effet failli combler le déficit en terme de socle (Jean-Luc Mélenchon obtient dans les Pyrénées-Orientales un score de plus de deux points inférieur à son score national). Il n’a finalement manqué que moins d’un point aux candidats de la NUPES pour accéder au second tour dans les trois circonscriptions où ils échouent à la troisième place. La dynamique ainsi créée n’a pu totalement compenser le handicap initial du socle. Cela s’explique par un phénomène particulier, atypique et rare : la dynamique, pourtant réelle et porteuse d’un engouement militant, ne s’est pas accompagnée d’une addition. Habituellement, une dynamique va au-delà de l’addition. Ce ne fut ni le cas au niveau national, ni à l’échelle départementale. L’arithmétique n’était pas même au rendez-vous, ce qui a limité la transcription électorale de la dynamique. Nous reviendrons plus loin sur les raisons de cet étrange phénomène, mais pourtant indiscutable.

Ne pas se fourvoyer dans des interprétations alambiquées

Au lieu de se perdre dans des interprétations alambiquées, il convient de se recentrer sur les réalités politiques basiques. Ces torsions de cerveau stériles ont pullulé, sans doute pour faire assaut de compétence et de pertinence. Elles contribuent à se fourvoyer dans un entre soi regrettable. 

Il en va ainsi de la surinterprétation de certains facteurs socio-économiques comme déterminants du vote. Les réflexions sur les tensions relatives au logement, les problématiques liées aux déplacements et aux transports, la raréfaction du foncier, les contresens d’une politique d’aménagement sont certes véritablement passionnantes et instructives. Mais elles peuvent conduire à un manque de chair humaine aux conclusions données. Ne serait-il pas préférable d’établir un lien organique avec les conséquences des politiques d’austérité, de démantèlement des services publics, de rétrécissement ininterrompu des institutions de solidarité ? Il s’agit des causes principales de l’aggravation à des niveaux insoutenables dans les Pyrénées-Orientales de la pauvreté et de la précarité, dégradant les conditions de vie quotidienne. Ces interprétations alambiquées se veulent sans doute une garantie de réflexion intellectuelle approfondie. Elles ne parviennent pas à atteindre concrètement l’objectif visé : elles ne concourent pas à se rapprocher d’une vision systémique pourtant nécessaire quand bien même un amoncellement de certitudes théoriques et technocratiques est donné à voir. Un signalement de corrélation ne peut dispenser d’établir de manière rationnelle les éventuels liens de pure causalité. Sans quoi on reste parfois au niveau de la simple coïncidence !

Dans le même ordre d’idée, on peut citer la perception pour le moins paradoxale de l’abstention. Elle est tantôt négligée car considérée comme une fatalité avec laquelle il convient de composer et de s’accommoder, tantôt au contraire sur-interprétée avec des accents de donneurs de leçons mode « y a qu’à ». Les simplifications ne visent qu’à éluder la complexité du phénomène dont les sources se trouvent dans les politiques libérales menées sans discontinuer depuis plusieurs décennies. Il est vrai que l’abstention peut constituer une stratégie à quelques uns pour faire oublier des bilans rejetés par la majorité des citoyens et à d’autres pour préserver quelques rentes localistes dérisoires devant les enjeux et les urgences du moment présent (se référer aux élections locales). Au contraire, des réalités tenaces ne peuvent être occultées. La force politique qui réduit le plus l’abstention est La France Insoumise : aux élections nationales elle suscite un espoir avec ses propositions programmatiques qui remobilisent les catégories structurellement les plus éloignées du vote : les quartiers populaires et la jeunesse. Quand l’abstention est forte, c’est La France Insoumise qui en est la principale victime, comme on peut le voir à l’occasion des élections locales intermédiaires.

Un phénomène doit être pris en compte davantage qu’il ne l’est dans les analyses post-électorales. Et sans doute dans l’élaboration des stratégies pré-électorales si l’on veut qu’elles soient dynamiques et propulsives… Il s’agit du phénomène de désaffiliation qui commence néanmoins à émerger dans les réflexions. Les votes exprimés par les citoyens s’autonomisent de plus en plus des appartenances (ou des affiliations) partisanes ou idéologiques qui structuraient en grande partie la vie politique et les comportements des électeurs. Il n’y a souvent plus de cohérence entre les choix réalisées d’une élection à l’autre, entre les élections locales et les scrutins nationaux. Nous sommes étonnés que l’on puisse être surpris des résultats qui se sont exprimés dans des communes comme Céret, Prades ou Elne. Elles illustrent à merveille la tendance à la désaffiliation électorale. Remarquons au passage que ce phénomène de désaffiliations multiformes rend vaines et dérisoires toutes les consignes de vote. D’autant plus que la désaffiliation existe aussi entre les deux tours d’une même élection, et bien plus qu’on ne le croit même les glissements peuvent se faire parfois à somme nulle. Le problème est en fait structurel : des logiciels politiques périmés continuent à activer trop de réflexions et d’analyses. Ils conduisent à des confusions et à des impasses, autrement dit à des obscurcissements de la réalité que la propension à asséner des évidences sans consistance, comme autant de travers méthodologiques fâcheux, ne permettront pas d’éclairer. La question des logiciels politiques est plus que jamais centrale.

Pour la NUPES, aller à la racine

Pour la NUPES, l’examen de la réalité politique constitue un préalable incontournable. L’émergence de La France Insoumise dès 2016 et son inscription durable dans le champ politique par la suite s’étaient appuyées sur une analyse approfondie de la situation politique. Un « monde nouveau » avait pris forme, balayant « l’ancien monde » même si celui-ci peut tenter de survivre avec l’énergie que la perspective de la préservation de rentes peut insuffler.

Dans les Pyrénées-Orientales, la NUPES est incomplète. La fédération du Parti Socialiste a refusé de s’inscrire dans l’accord national signé entre cinq formations : PCF, Génération.s, EELV, LFI et PS. Cela s’est traduit par le soutien à un candidat dissident (qui n’était autre que le responsable départemental du PS dans les Pyrénées-Orientales) dans la quatrième circonscription et par un sabotage larvé des candidatures NUPES dans les autres circonscriptions. Sans vouloir surestimer le poids électoral de la fédération départementale du Parti Socialiste à l’occasion de ces élections législatives (de nombreux militants socialistes pour le coup désaffiliés se sont davantage reconnus dans le programme porté par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle et dans les candidats NUPES aux législatives), on peut affirmer qu’il est en grande partie responsable de la défaite des candidats NUPES. Les moins de 1% qui ont manqué aux candidats NUPES dans trois circonscriptions pour se qualifier au second tour se retrouvent dans l’attitude incompréhensible du Parti Socialiste. De la même manière la défaite au second tour de la candidate NUPES dans la troisième circonscription prend ses sources dans l’entreprise de déstabilisation souterraine opérée avec hargne en amont. Et qu’on ne nous objecte pas que le PS 66 ne valait localement pas plus de 1%…

L’attitude du Parti Socialiste local pose bien un problème de fond. En se limitant aux réalités observées et observables, on peut caractériser la situation de manière fort cruelle. Le legs du PS 66 dans l’histoire politique locale récente pourrait se résumer au choix opéré en faveur de Manuel Valls à la primaire de 2017 (un des quatre seuls départements à l’avoir fait dans l’hexagone !) et par l’entêtement à ne pas s’inscrire dans la NUPES en 2022, suivant en cela l’impasse prônée par Carole Delga. Notons que celle-ci a pour l’occasion profondément et durablement abîmé son image qu’elle avait construite sur des faux-semblants. En tout état de cause, pour le PS 66, un legs très peu glorieux.

Autre élément d’incomplétude de la NUPES dans les Pyrénées-Orientales, l’existence de prises de positions d’éléments dissidents isolés ne représentant pas les formations politiques auxquelles ils appartenaient. Et ce même si dans le passé ils avaient pu en exercer et quand bien même ils restent élus encore en fonction dans des collectivités locales… Cela a participé des brouillages et des confusions qui ont entaché la campagne et le climat local. Les réflexes localistes ont également perduré ; ils visaient à relativiser la nature nationale de ses législatives et à rabougrir la dynamique en résultant. Les propositions lunaires et hors-sol d’une entente départementale (avec comme clé de répartition des circonscriptions le principe que ceux qui ont fait 2% à la présidentielle auraient autant que ceux qui ont obtenu 22% !) avant même la conclusion d’un accord qui ne pouvait être que national ont en fin de compte déconsidéré ceux qui les émettaient. Rappelons que si des formations politiques n’ont pas eu de candidats dans le département, c’est parce que leurs instances nationales n’en ont pas demandés au cours de la phase de déclinaison départementale de l’accord national. Les Pyrénées-Orientales n’étaient donc pas leur priorité. Ce qui se comprend, au vu notamment de l’étroitesse du socle initial dont nous avons abondamment parlé plus haut. Car les études électorales des instances nationales des différentes formations politiques sont bien plus rigoureuses et fiables que les éventuels bavardages localistes de petits aspirants féodaux déconnectés du réel et s’ingéniant à construire un monde imaginaire. Question de logiciel sans doute, mais hélas pas que… Dans ces conditions, il devient plus facile d’expliquer le phénomène fondamental de dynamique sans addition que nous avons relevé précédemment et qui nous paraît d’une grande importance.

Pour la NUPES, la stratégie de La France Insoumise, dont le succès a permis la signature de l’accord national, reste plus que jamais d’actualité. Il s’agit en effet d’élargir son socle, de maintenir la dynamique enclenchée, de continuer à alimenter sa résonance, le tout  à la fois par un travail de fond et par l’action militante de terrain. L’enracinement sera à ce prix, et non pas par l’obtention de rentes illusoires et de prébendes dérisoires. D’autres défis, abordés rapidement faute de place dans ce texte déjà trop long, pourront alors être relevés. Et ils feront prochainement de plus amples développements

Francis DASPE 29 / 06 / 2022

Animateur de La France Insoumise, candidat de la NUPES aux législatives

Communiqué: L’Ecole de Carole Delga au service du Medef et de la Macronie

En cette rentrée scolaire, Carole Delga, présidente du Conseil régional Occitanie, vient de franchir une fois de plus la ligne rouge. Invitée par le Medef, elle a prôné une entrée massive du monde de l’entreprise dans les établissements scolaires, pour aboutir, selon ses propres termes, à « une véritable révolution scolaire ».

Ces propos totalement décomplexés prouvent (si besoin était) que Carole Delga a bel et bien changé de camp, et ce définitivement. Il s’agit d’un projet compatible avec la vision macroniste de start-up nation appliquée à l’école. C’est ce à quoi s’est évertué à faire avec constance  l’ancien ministre Jean-Michel Blanquer au cours du dernier quinquennat, comme je l’explicite dans mon dernier livre intitulé « Blanquer à l’assaut de l’Ecole de la République. Chronique militante d’une casse et d’un casse » (Eric Jamet éditeur, décembre 2021).

Carole Delga promeut une inféodation du système éducatif aux intérêts immédiats du Medef dans une logique « adéquationniste », visant à privilégier les besoins sonnants et trébuchants des entreprises. L’objectif est pleinement assumé : offrir au patronat une « main d’œuvre kleenex », corvéable, précaire et bon marché, pour réduire le prétendu coût du travail tout en garantissant profits et dividendes. Nous savions que ces gens-là avaient depuis bien longtemps divorcé d’avec l’Ecole de la République. Mais entendre de tels propos donne toujours la nausée, tant ils entrent en opposition frontale avec notre horizon d’une Ecole de l’égalité et de l’émancipation. Ils font clairement sortir Carole Delga du champ de l’Ecole de la République.

La boussole de Carole Delga n’indique certes pas la NUPES, mais bien au contraire la Macronie. Lui suffira-t-il de traverser la rue pour obtenir un maroquin ?

Francis DASPE, animateur de groupe d’action La France Insoumise / NUPES

Auteur de « Blanquer à l’assaut de l’école de la République. Chronique militante d’un casse et d’une casse. » (Eric Jamet éditeur, décembre 2021)

02 / 09 / 2022

Bulletin d’adhésion 2022

ASSOCIATION POUR LA GAUCHE REPUBLICAINE ET SOCIALE– Prométhée

Chez Francis Daspe  19 avenue Carsalade du Pont, porte 2, 66100 PERPIGNAN

Site internet : www.agaureps.org

Courriel : agaureps@orange.fr  

FICHE D’ADHESION  ANNEE 2022

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[1] Francis DASPE et Céline PIOT, Le vol des mots, le voile des mots, éditions du Croquant, 2016. Le second tome des mêmes auteurs était intitulé Antidote au parler macronien, éditions du Croquant, 2018.

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Le CNR, ou l’illustration du vol des mots

Ce jeudi 8 septembre, le Président de la République Emmanuel Macron vient de lancer le Conseil National de la Refondation (CNR). Il s’agit du même acronyme que celui du Conseil National de la Résistance qui œuvra à la libération et à la reconstruction de la France. Ce n’est pas un hasard ou une quelconque coïncidence. Bien au contraire. Nous avons là une parfaite illustration du vol du sens des mots, pour reprendre le titre d’un ouvrage écrit par nos camarades Francis Daspe et Céline Piot[1].

Le (vrai) CNR, par l’entremise de sa charte, a institué un pacte républicain et social au lendemain de la seconde guerre mondiale. Des acquis, ou des conquis, sociaux virent le jour à cette occasion. Ils continuent à structurer notre modèle fondé sur l’Etat-providence en dépit des attaques récurrentes et convergentes auxquelles il doit faire face. Le (faux) CNR macronien visera à l’exact contraire : l’appel à des solutions innovantes et concrètes pour réformer le pays équivaut clairement à opérer des politiques de casse sociale fondées sur la réduction des dépenses publiques, la destruction des services publics, le démantèlement des protections sociales. Bref, à un appesantissement des rigueurs de l’austérité et à un déferlement de privatisations.

Le cynisme sans vergogne et l’instrumentalisation éhontée sont bien de mise dans cette opération de communication. Le lieu choisi pour lancer ce CNR au rabais entre dans cette logique. Cela fut fait dans la commune de Marcoussis, au centre national du rugby (un autre CNR…). Il y avait la volonté de montrer une image sportive, soudée, cohérente et déterminée du gouvernement menée par le capitaine Macron. La ficelle est un peu grosse pour que cela puisse être un tant soit peu crédible.

Le (faux) CNR fut présenté autour de la promesse d’une évolution de la gouvernance macronienne. Ce n’est pas la première fois qu’une telle promesse a été faite. On sait ce qu’il en advint à chaque fois : du vent, à défaut d’énergie renouvelable. Ce fut le cas du fameux « grand débat national » au moment des Gilets jaunes, qui se transforma en un one man show creux, souvent pathétique. Ce fut également le cas de la Convention citoyenne sur le climat, pour laquelle le niveau d’écoute des propositions se révéla particulièrement faible.

L’objectif avancé est également de « revivifier la démocratie ». Mais comment oser afficher cet objectif quand se multiplient les états d’urgences et les conseils de défense pour prendre les décisions stratégiques dans de nombreux domaines, de plus en plus étendus ? Quand l’instauration de ce Conseil national de la refondation ne vise en réalité qu’à contourner fort opportunément un Parlement de plus en plus indocile ? Nous ne pouvons y voir que de grossières tartufferies tordant le sens des mots dans une logique quasi orwellienne. Nul ne doit en être dupe.

Sylvie ERBANI

10 / 09 / 2022


[1] Francis DASPE et Céline PIOT, Le vol des mots, le voile des mots, éditions du Croquant, 2016. Le second tome des mêmes auteurs était intitulé Antidote au parler macronien, éditions du Croquant, 2018.

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L’Ecole de Carole Delga au service du Medef et de la Macronie

En cette rentrée scolaire, Carole Delga, présidente du Conseil régional Occitanie, vient de franchir une fois de plus la ligne rouge. Invitée par le Medef, elle a prôné une entrée massive du monde de l’entreprise dans les établissements scolaires, pour aboutir, selon ses propres termes, à « une véritable révolution scolaire ».

Ces propos totalement décomplexés prouvent (si besoin était) que Carole Delga a bel et bien changé de camp, et ce définitivement. Il s’agit d’un projet compatible avec la vision macroniste de start-up nation appliquée à l’école. C’est ce à quoi s’est évertué à faire avec constance  l’ancien ministre Jean-Michel Blanquer au cours du dernier quinquennat, comme je l’explicite dans mon dernier livre intitulé « Blanquer à l’assaut de l’Ecole de la République. Chronique militante d’une casse et d’un casse » (Eric Jamet éditeur, décembre 2021).

Carole Delga promeut une inféodation du système éducatif aux intérêts immédiats du Medef dans une logique « adéquationniste », visant à privilégier les besoins sonnants et trébuchants des entreprises. L’objectif est pleinement assumé : offrir au patronat une « main d’œuvre kleenex », corvéable, précaire et bon marché, pour réduire le prétendu coût du travail tout en garantissant profits et dividendes. Nous savions que ces gens-là avaient depuis bien longtemps divorcé d’avec l’Ecole de la République. Mais entendre de tels propos donne toujours la nausée, tant ils entrent en opposition frontale avec notre horizon d’une Ecole de l’égalité et de l’émancipation. Ils font clairement sortir Carole Delga du champ de l’Ecole de la République.

La boussole de Carole Delga n’indique certes pas la NUPES, mais bien au contraire la Macronie. Lui suffira-t-il de traverser la rue pour obtenir un maroquin ?

Francis DASPE, animateur de groupe d’action La France Insoumise / NUPES

Auteur de « Blanquer à l’assaut de l’école de la République. Chronique militante d’un casse et d’une casse. » (Eric Jamet éditeur, décembre 2021)

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Législatives dans les Pyrénées-Orientales : partir des réalités pour identifier les défis  

Les élections législatives viennent de se terminer. Dans les Pyrénées-Orientales, elles ont livré leur verdict. De nombreuses analyses ont fleuri et proliféré ici ou là, sans pour autant éclaircir quoi que ce soit la plupart du temps.

Le factuel, antidote aux contresens

Il est d’abord nécessaire de partir du réel tel qu’il est si l’on veut se livrer à une analyse un tant soit peu sérieuse. Le département des Pyrénées-Orientales sera représenté par quatre députés d’extrême droite issus du Rassemblement National, anciennement Front National. Les macronistes, qui possédaient trois députés dans la dernière législature, n’en auront plus un seul dans la nouvelle, après avoir perdu les trois duels au second tour de ces législatives. La NUPES n’a pas réussi à décrocher de députés, parvenant à se qualifier au second tour une fois sur quatre.

En 2017, les formations constituant la NUPES n’avaient pas réussi à glisser un de leurs représentants au second tour des législatives (ce fut à chaque fois des duels La République en Marche contre Rassemblement National). La meilleure performance d’un candidat du spectre de la NUPES avait été obtenue dans la troisième circonscription par celle qui était alors ministre, la socialiste Ségolène Neuville arrivée en troisième position. Les quatre candidats de La France Insoumise naissante se classèrent tous à la quatrième place, toujours à la première place des candidats de gauche, excepté donc dans la circonscription numéro trois. Les candidats des autres forces politiques réunis cette année dans la NUPES, les deux autres socialistes, les quatre communistes et deux écologistes, firent beaucoup moins bien, parfois avec un score inférieur au seuil des 5% permettant le remboursement des frais de campagne.

Voilà ce qu’il en est concernant les trois pôles politiques qui ont émergé à l’occasion du premier tour de la présidentielle, derrière les candidatures d’Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Les pôles libéral/centriste, d’extrême-droite et populaire pesaient de manière globalement équivalente, ce qui pouvait rendre aléatoire l’émergence d’une majorité absolue aux législatives suivantes. C’est donc du factuel que toute analyse post-électorale doit procéder. Au mépris de cette règle élémentaire, nous avons pu voir surgir des analyses pour le moins approximatives, qu’il est aisé de qualifier sans parti-pris d’analyses à l’emporte-pièce. Elles furent d’une grande diversité, qu’elles aient émané d’experts reconnus comme tels, ou d’experts simplement autoproclamés, ou encore d’acteurs politiques de mauvaise foi guidés par une volonté auto-réalisatrice face à des événements qui leur échappaient. La liste serait fournie, et cruelle, si l’on voulait en faire un inventaire nominatif…

La négligence des fondamentaux

En conséquence, des lacunes significatives, parfois considérables et rédhibitoires, ont entaché la crédibilité de ces analyses. Nous en retiendrons quelques-unes dans notre réflexion, qui ont trait à des fondamentaux.

La première réside dans la non prise en compte du caractère national des élections législatives. En cela, la dérive localiste a joué à plein. Certains ont voulu croire que notre département pouvait constituer un isolat favorisant la perpétuation de quelques (petites) rentes, comme s’il se trouvait en dehors des réalités nationales. Là aussi, cela tenait en grande partie de la prophétie auto-réalisatrice. Les faibles scores obtenus par les quatre candidats du parti de droite Les Républicains et par le dissident socialiste dans la quatrième circonscription (soutenu par Carole Delga et la fédération du PS 66, mais pas par la direction nationale du PS) le montre parfaitement. Un témoignage supplémentaire, si besoin était, de l’affaissement continu du vieux monde.

Le socle de chacune des forces politiques a rarement constitué un critère fondamental des analyses. Et sans doute non plus des stratégies élaborées et poursuivies par nombre des acteurs politiques de ces législatives. A tort, et ce grandement. Le socle des différentes forces politiques est déterminé par le score du premier tour de la présidentielle. Car c’est celui-ci qui se rapproche le plus de la réalité du vote d’adhésion. D’où l’erreur (répétée) des macronistes qui ont voulu croire, ou plutôt davantage faire croire, que le score du second tour pouvait participer de leur socle électoral… Le réveil a pu donc leur paraitre brutal, une fois la majorité absolue abandonnée au niveau national et la perte de leurs trois députés dans le département. En fin de compte, il n’y a pas eu de réel déplacement des masses électorales dans les Pyrénées-Orientales au cours des législatives. Marine Le Pen était arrivée en tête dans les quatre circonscriptions, le Rassemblement National arrive en tête au premier tour des législatives dans les quatre circonscriptions et obtient autant de députés au second tour. Là où Jean-Luc Mélenchon termine en troisième position à la présidentielle, les candidats de la NUPES occupent le même rang. Dans la troisième circonscription où il était arrivé en seconde position en devançant Emmanuel Macron, la candidate de la NUPES Nathalie Cullell dépasse également le candidat voulu par Jean Castex, pour se qualifier au second tour sans pouvoir cependant ensuite battre sa concurrente d’extrême droite.

L’oubli du poids des dynamiques et la méconnaissance de la notion de résonance ont également constitué des angles morts de la réflexion.  La dynamique n’était pas en faveur de La République en Marche. Cela s’est traduit clairement par un vote de rejet contre un bilan qui était à la fois un passif et un boulet. Et ce en dépit de l’illusion de posséder un socle supérieur à ce qu’il était en réalité. La dynamique était indiscutablement du côté de la NUPES impulsée par La France Insoumise. Le programme porté par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle faisait résonance, au même titre que le travail de fond réalisé au Parlement par les députés ou localement par la popularisation inlassable depuis plusieurs années des mesures programmatiques les plus emblématiques. La dynamique a en effet failli combler le déficit en terme de socle (Jean-Luc Mélenchon obtient dans les Pyrénées-Orientales un score de plus de deux points inférieur à son score national). Il n’a finalement manqué que moins d’un point aux candidats de la NUPES pour accéder au second tour dans les trois circonscriptions où ils échouent à la troisième place. La dynamique ainsi créée n’a pu totalement compenser le handicap initial du socle. Cela s’explique par un phénomène particulier, atypique et rare : la dynamique, pourtant réelle et porteuse d’un engouement militant, ne s’est pas accompagnée d’une addition. Habituellement, une dynamique va au-delà de l’addition. Ce ne fut ni le cas au niveau national, ni à l’échelle départementale. L’arithmétique n’était pas même au rendez-vous, ce qui a limité la transcription électorale de la dynamique. Nous reviendrons plus loin sur les raisons de cet étrange phénomène, mais pourtant indiscutable.

Ne pas se fourvoyer dans des interprétations alambiquées

Au lieu de se perdre dans des interprétations alambiquées, il convient de se recentrer sur les réalités politiques basiques. Ces torsions de cerveau stériles ont pullulé, sans doute pour faire assaut de compétence et de pertinence. Elles contribuent à se fourvoyer dans un entre soi regrettable. 

Il en va ainsi de la surinterprétation de certains facteurs socio-économiques comme déterminants du vote. Les réflexions sur les tensions relatives au logement, les problématiques liées aux déplacements et aux transports, la raréfaction du foncier, les contresens d’une politique d’aménagement sont certes véritablement passionnantes et instructives. Mais elles peuvent conduire à un manque de chair humaine aux conclusions données. Ne serait-il pas préférable d’établir un lien organique avec les conséquences des politiques d’austérité, de démantèlement des services publics, de rétrécissement ininterrompu des institutions de solidarité ? Il s’agit des causes principales de l’aggravation à des niveaux insoutenables dans les Pyrénées-Orientales de la pauvreté et de la précarité, dégradant les conditions de vie quotidienne. Ces interprétations alambiquées se veulent sans doute une garantie de réflexion intellectuelle approfondie. Elles ne parviennent pas à atteindre concrètement l’objectif visé : elles ne concourent pas à se rapprocher d’une vision systémique pourtant nécessaire quand bien même un amoncellement de certitudes théoriques et technocratiques est donné à voir. Un signalement de corrélation ne peut dispenser d’établir de manière rationnelle les éventuels liens de pure causalité. Sans quoi on reste parfois au niveau de la simple coïncidence !

Dans le même ordre d’idée, on peut citer la perception pour le moins paradoxale de l’abstention. Elle est tantôt négligée car considérée comme une fatalité avec laquelle il convient de composer et de s’accommoder, tantôt au contraire sur-interprétée avec des accents de donneurs de leçons mode « y a qu’à ». Les simplifications ne visent qu’à éluder la complexité du phénomène dont les sources se trouvent dans les politiques libérales menées sans discontinuer depuis plusieurs décennies. Il est vrai que l’abstention peut constituer une stratégie à quelques uns pour faire oublier des bilans rejetés par la majorité des citoyens et à d’autres pour préserver quelques rentes localistes dérisoires devant les enjeux et les urgences du moment présent (se référer aux élections locales). Au contraire, des réalités tenaces ne peuvent être occultées. La force politique qui réduit le plus l’abstention est La France Insoumise : aux élections nationales elle suscite un espoir avec ses propositions programmatiques qui remobilisent les catégories structurellement les plus éloignées du vote : les quartiers populaires et la jeunesse. Quand l’abstention est forte, c’est La France Insoumise qui en est la principale victime, comme on peut le voir à l’occasion des élections locales intermédiaires.

Un phénomène doit être pris en compte davantage qu’il ne l’est dans les analyses post-électorales. Et sans doute dans l’élaboration des stratégies pré-électorales si l’on veut qu’elles soient dynamiques et propulsives… Il s’agit du phénomène de désaffiliation qui commence néanmoins à émerger dans les réflexions. Les votes exprimés par les citoyens s’autonomisent de plus en plus des appartenances (ou des affiliations) partisanes ou idéologiques qui structuraient en grande partie la vie politique et les comportements des électeurs. Il n’y a souvent plus de cohérence entre les choix réalisées d’une élection à l’autre, entre les élections locales et les scrutins nationaux. Nous sommes étonnés que l’on puisse être surpris des résultats qui se sont exprimés dans des communes comme Céret, Prades ou Elne. Elles illustrent à merveille la tendance à la désaffiliation électorale. Remarquons au passage que ce phénomène de désaffiliations multiformes rend vaines et dérisoires toutes les consignes de vote. D’autant plus que la désaffiliation existe aussi entre les deux tours d’une même élection, et bien plus qu’on ne le croit même les glissements peuvent se faire parfois à somme nulle. Le problème est en fait structurel : des logiciels politiques périmés continuent à activer trop de réflexions et d’analyses. Ils conduisent à des confusions et à des impasses, autrement dit à des obscurcissements de la réalité que la propension à asséner des évidences sans consistance, comme autant de travers méthodologiques fâcheux, ne permettront pas d’éclairer. La question des logiciels politiques est plus que jamais centrale.

Pour la NUPES, aller à la racine

Pour la NUPES, l’examen de la réalité politique constitue un préalable incontournable. L’émergence de La France Insoumise dès 2016 et son inscription durable dans le champ politique par la suite s’étaient appuyées sur une analyse approfondie de la situation politique. Un « monde nouveau » avait pris forme, balayant « l’ancien monde » même si celui-ci peut tenter de survivre avec l’énergie que la perspective de la préservation de rentes peut insuffler.

Dans les Pyrénées-Orientales, la NUPES est incomplète. La fédération du Parti Socialiste a refusé de s’inscrire dans l’accord national signé entre cinq formations : PCF, Génération.s, EELV, LFI et PS. Cela s’est traduit par le soutien à un candidat dissident (qui n’était autre que le responsable départemental du PS dans les Pyrénées-Orientales) dans la quatrième circonscription et par un sabotage larvé des candidatures NUPES dans les autres circonscriptions. Sans vouloir surestimer le poids électoral de la fédération départementale du Parti Socialiste à l’occasion de ces élections législatives (de nombreux militants socialistes pour le coup désaffiliés se sont davantage reconnus dans le programme porté par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle et dans les candidats NUPES aux législatives), on peut affirmer qu’il est en grande partie responsable de la défaite des candidats NUPES. Les moins de 1% qui ont manqué aux candidats NUPES dans trois circonscriptions pour se qualifier au second tour se retrouvent dans l’attitude incompréhensible du Parti Socialiste. De la même manière la défaite au second tour de la candidate NUPES dans la troisième circonscription prend ses sources dans l’entreprise de déstabilisation souterraine opérée avec hargne en amont. Et qu’on ne nous objecte pas que le PS 66 ne valait localement pas plus de 1%…

L’attitude du Parti Socialiste local pose bien un problème de fond. En se limitant aux réalités observées et observables, on peut caractériser la situation de manière fort cruelle. Le legs du PS 66 dans l’histoire politique locale récente pourrait se résumer au choix opéré en faveur de Manuel Valls à la primaire de 2017 (un des quatre seuls départements à l’avoir fait dans l’hexagone !) et par l’entêtement à ne pas s’inscrire dans la NUPES en 2022, suivant en cela l’impasse prônée par Carole Delga. Notons que celle-ci a pour l’occasion profondément et durablement abîmé son image qu’elle avait construite sur des faux-semblants. En tout état de cause, pour le PS 66, un legs très peu glorieux.

Autre élément d’incomplétude de la NUPES dans les Pyrénées-Orientales, l’existence de prises de positions d’éléments dissidents isolés ne représentant pas les formations politiques auxquelles ils appartenaient. Et ce même si dans le passé ils avaient pu en exercer et quand bien même ils restent élus encore en fonction dans des collectivités locales… Cela a participé des brouillages et des confusions qui ont entaché la campagne et le climat local. Les réflexes localistes ont également perduré ; ils visaient à relativiser la nature nationale de ses législatives et à rabougrir la dynamique en résultant. Les propositions lunaires et hors-sol d’une entente départementale (avec comme clé de répartition des circonscriptions le principe que ceux qui ont fait 2% à la présidentielle auraient autant que ceux qui ont obtenu 22% !) avant même la conclusion d’un accord qui ne pouvait être que national ont en fin de compte déconsidéré ceux qui les émettaient. Rappelons que si des formations politiques n’ont pas eu de candidats dans le département, c’est parce que leurs instances nationales n’en ont pas demandés au cours de la phase de déclinaison départementale de l’accord national. Les Pyrénées-Orientales n’étaient donc pas leur priorité. Ce qui se comprend, au vu notamment de l’étroitesse du socle initial dont nous avons abondamment parlé plus haut. Car les études électorales des instances nationales des différentes formations politiques sont bien plus rigoureuses et fiables que les éventuels bavardages localistes de petits aspirants féodaux déconnectés du réel et s’ingéniant à construire un monde imaginaire. Question de logiciel sans doute, mais hélas pas que… Dans ces conditions, il devient plus facile d’expliquer le phénomène fondamental de dynamique sans addition que nous avons relevé précédemment et qui nous paraît d’une grande importance.

Pour la NUPES, la stratégie de La France Insoumise, dont le succès a permis la signature de l’accord national, reste plus que jamais d’actualité. Il s’agit en effet d’élargir son socle, de maintenir la dynamique enclenchée, de continuer à alimenter sa résonance, le tout  à la fois par un travail de fond et par l’action militante de terrain. L’enracinement sera à ce prix, et non pas par l’obtention de rentes illusoires et de prébendes dérisoires. D’autres défis, abordés rapidement faute de place dans ce texte déjà trop long, pourront alors être relevés. Et ils feront prochainement de plus amples développements

Francis DASPE

Animateur de La France Insoumise, candidat de la NUPES aux législatives

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Louis Aliot, l’outrance revient au galop !  

Dans une sortie (de route) à l’occasion du dernier Conseil municipal de Perpignan, le maire d’extrême-droite Louis Aliot s’en est pris à la NUPES (Nouvelle Union Populaire écologique et sociale) et à sa principale composante, La France Insoumise. Il a utilisé, à l’emporte-pièce, avec sa rhétorique particulière, les termes de fascisme de gauche et d’islamo-fasciste (sic !).

Ces propos, autant outranciers qu’infondés, sont inacceptables et indignes. Quelques jours après la fin des élections législatives, on est en droit de se demander s’il ne s’agit pas là en réalité de la feuille de route pour les quatre députées d’extrême droite par ailleurs membres du Conseil municipal de Perpignan ! L’outrance comme seule boussole !

Toujours est-il que ces propos témoignent, si besoin était, d’une méconnaissance crasse de l’Histoire. A moins qu’il ne s’agisse d’une instrumentalisation pour le moins approximative à des fins peu reluisantes de l’Histoire. Ou plus sûrement, des deux à la fois ! Ce que les remerciements appuyés à des personnalités locales d’une droite hélas si peu républicaine, et fort décomplexée dans sa porosité avec l’extrême droite, auraient tendance à confirmer…

Avec Louis Aliot et l’extrême droite, décidément, l’outrance revient au galop en un rien de temps ! L’outrance comme une nature difficile à masquer, surtout quand on est atteint par une certaine forme d’hubris…

Francis DASPE, candidat NUPES sur la 1° circonscription des Pyrénées-Orientales    

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Les remerciements de Francis DASPE

Avec ma suppléante Sylvie VENTURA-CID, je remercie chaleureusement les 7 659 électeurs qui ont apporté leur suffrage sur notre candidature NUPES dans la 1° circonscription des Pyrénées-Orientales. Nous remercions tout aussi chaleureusement les militants qui ont contribué à cette campagne dynamique et enthousiasmante. Nous remercions également les formations politiques signataires de l’accord national de la NUPES, PCF, EELV, Génération.s et des militants socialistes, sans oublier les groupes politiques associés (GDS, POI, NPA).

Nous avons ainsi élargi le socle de l’élection présidentielle. Cette campagne confirme plus que jamais que nous représentons une force d’avenir et d’alternative, autour d’un programme de ruptures répondant aux urgences sociales, écologiques et démocratiques.

Pour le second tour, pas une voie ne doit aller en faveur du candidat d’extrême droite. Pour le reste, nous considérons vaines les consignes et ne pas être propriétaires des voies obtenues. Chaque force politique membre de la NUPES, avec sa culture politique et sa sensibilité, agira de la manière qui lui semblera la plus appropriée et la plus efficace.

Francis DASPE, candidat NUPES sur la 1° circonscription des Pyrénées-Orientales    

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Réduire le temps de travail et faire naître une société du temps choisi

La question de la réduction du temps de travail est essentielle dans le cadre de la définition d’un projet de société. Le sens de l’Histoire comme le progrès technique militent pour une réduction du temps de travail,  et ce sur l’ensemble de la vie. Candidat dans la 1° circonscription des Pyrénées-Orientales pour la NUPES (Nouvelle Union Populaire écologique et sociale), je défendrai un certain nombre de combats et de mesures allant dans ce sens.

La NUPES convoquera d’abord une conférence nationale sur la réduction du temps de travail et la prise en compte de la pénibilité. Plusieurs aspects seront immédiatement mis en œuvre : le rétablissement de la durée effective hebdomadaire du travail à 35 heures par la majoration des heures supplémentaires, le passage aux 32 heures dans les métiers pénibles ou de nuit et sa généralisation par la négociation collective. La réduction du temps de travail annuel se fera avec l’instauration d’une sixième semaine de congés payés (sans oublier celle du temps de travail au cours de la vie avec l’abaissement de l’âge de départ à la retraite). Nous remettrons en cause les autorisations de travail le dimanche. De manière plus globale, il s’agira d’en finir avec la flexibilisation, l’annualisation contrainte, l’intensification et les horaires fractionnés.

Avec la NUPES, j’aurai pour boussole la mise en place d’une société du temps choisi garantie par un droit du travail protecteur.

Francis DASPE, candidat NUPES sur la 1° circonscription des Pyrénées-Orientales    

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Un projet de société pour l’Ecole de la République

Par mon métier et mes engagements militants, l’Ecole de la République se situe en première ligne de mes préoccupations et de mes attentions. Je sais ce que je dois personnellement à cette Ecole de la République. Moi député de la République, j’aurai pour l’Ecole de la République des yeux de Chimène.

L’Ecole de la République vient de subir un quinquennat d’airain. C’est ce que j’ai expliqué dans mon dernier livre intitulé de manière explicite « Blanquer à l’assaut de l’Ecole de la République. Chronique militante d’une casse et d’un casse » (Eric Jamet éditeur, décembre 2021). Le changement de ministre n’y changera rien : c’est la politique considérant l’école à la fois comme une marchandise, un marché et une entreprise qui s’appliquerait si par malheur la Macronie obtenait une majorité parlementaire.

C’est à cet effet que je terminerai la campagne de la Nupes dans la 1° circonscription des Pyrénées-Orientales par des présences devant toutes les écoles primaires de Perpignan de la circonscription. Jeudi 9 et vendredi 10 juin, le matin, à la pause méridienne, le soir, nous serons devant les écoles de Roudayre, du Pont Neuf, des Platanes, de Herriot / Zay / Curie, de Picasso, de Pascal, d’Anatole France, de Rigaud, de Vertefeuille, de Ludovic Massé, de Boussiron, de Coubertin, de Fénelon et de Simon. Nous l’avons déjà été devant plusieurs d’entre elles, comme nous l’avons été devant celles des autres communes de la circonscription : Toulouges, Bompas, Pollestres, Cabestany et Canohès (prévu mardi 7 juin pour la dernière).

Avec la NUPES, l’Ecole de la République sera celle de l’égalité et de l’émancipation, à l’opposé de « l’ubérisation » engagée par la Macronie.

Francis DASPE, candidat NUPES sur la 1° circonscription des Pyrénées-Orientales    

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La priorité de la bifurcation écologique : des grands chantiers écologiques créateurs d’emplois

La bifurcation écologique constituera une priorité. Elle ne sera pas négociable. Candidat dans la 1° circonscription des Pyrénées-Orientales pour la NUPES (Nouvelle Union Populaire écologique et sociale), je défendrai un certain nombre de mesures et d’investissements en capacité de créer au moins un million d’emplois.  

Il s’agira d’abord d’engager un plan global de rénovation de nos infrastructures pour les adapter au changement climatique : rénovation de l’intégralité des réseaux d’eau et d’assainissement pour limiter les fuites, lancement de grands travaux sur les voies ferrées, réouverture des lignes et gares fermées dans les trente dernières années, réalisation d’un diagnostic national des ouvrages d’art (ponts, viaducs, digues, barrages) pour les consolider.

Un second axe consistera à lancer des grands projets visant à améliorer le cadre de vie : modernisation et adaptation des lignes à haute tension pour réduire l’impact environnemental, plan de dépollution de la Méditerranée et de nos façades maritimes et fonds marins dans l’océan Atlantique, la mer du Nord, l’océan Indien et l’océan Pacifique.

Enfin, la transition énergétique constituera un fil rouge de notre action : investissement dans l’efficacité et la sobriété énergétiques, promotion de projets énergétiques innovants comme dans les énergies marines renouvelables, développement d’une filière d’écoconstruction en matériaux biosourcés (dont bois, terre, paille).

Avec la bifurcation écologique, un autre monde est possible, celui de la règle verte exigeant de ne pas prendre à la nature davantage qu’elle ne peut régénérer.

Francis DASPE, candidat NUPES sur la 1° circonscription des Pyrénées-Orientales    

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