LETTRE DU MOIS DE L’AGAUREPS-PROMÉTHÉE N° 132 MAI / JUIN 2018

Sommaire du numéro 132 : Spécial « Assises itinérantes de la Table renversée » 

  • Editorial de Francis DASPE : « Les Assises itinérantes de la Table renversée» page 2
  • Chroniques de François COCQ : Contestation sociale, pacte girondin, Européennes page 3
  • Tribunes de Francis DASPE : Programmes et Unité, Révolution citoyenne page 8
  • Communiqué de l’AGAUREPS-Prométhée : Palestine page 12
  • Agenda de l’AGAUREPS-Prométhée : Narbonne, Marmande page 13

Les Assises itinérantes de la Table renversée

L’AGAUREPS-Prométhée a décidé de lancer une campagne nationale de réflexion et d’action qu’elle a intitulée « Assisses itinérantes de la Table renversée ». L’initiative correspond à la fois à un besoin et une nécessité. Un besoin d’abord, au regard de l’envie qui s’exprime chez beaucoup de débattre et d’échanger sur le moment politique que nous vivons. L’AGAUREPS-Prométhée, conformément à sa vocation « d’intellectuel collectif », offre un tel cadre avec ces « Assisses itinérantes de la Table renversée ». Une nécessité ensuite, au vu des enjeux qui occupent aujourd’hui notre énergie militante et des perspectives qui nous attendent dans les prochains mois.

 

Les élections de 2017 ont modifié en profondeur le paysage politique en France. La vague « dégagiste » annoncée a bien eu lieu. Mais l’élection à la présidence de La République d’Emmanuel Macron n’a pas purgé le système. Depuis un an, l’ancien monde, s’il s’est paré de nouveaux visages, se perpétue en réalité sur le fond. La déception et la résignation démocratiques n’ont jamais été aussi présentes. La restauration du peuple comme sujet politique reste plus que jamais d’actualité. Il y a véritablement urgence à « renverser la table ». Quel projet politique humaniste et émancipateur est aujourd’hui en capacité d’incarner cette alternative ? Avec quelles orientations stratégiques ? Pour quelles perspectives politiques ?

 

L’AGAUREPS-Prométhée offre la possibilité d’échanger et d’en débattre dans le cadre des « Assisses itinérantes de la Table renversée ». Cette campagne d’action nationale se traduit par un certain nombre d’actions militantes, de tribunes médiatiques (dont certaines sont incluses dans cette Lettre du mois) à des réunions publiques ou des présences sur les marchés. Une première réunion publique a eu lieu fin avril dans les Landes, à Mont-de-Marsan. Une seconde s’est déroulée début juin en Gironde, à Bordeaux. D’ici la fin du mois, deux autres sont prévues à Marmande (Lot-et-Garonne) et à Narbonne (Aude). Au cours des prochains mois, que ce soit dans l’été ou à la rentrée, des projets existent dans d’autres départements comme le Val-de-Marne, la Moselle, les Pyrénées-Orientales ou Paris.

 

Les « Assisses itinérantes de la Table renversée » initiées par l’AGAUREPS-Prométhée sont à appréhender comme une contribution à l’œuvre de pédagogie que nul de saurait esquiver. Et comme chacun sait bien que des travaux de l’AGAUREPS-Prométhée il en sort et il en reste toujours quelque chose de concret, qui le souhaite aura de saines et stimulantes lectures pour les vacances ! Et certainement au-delà …

Francis DASPE   09 / 06 / 2018

 

 

 

 

Les chroniques de François COCQ

Chronique n° 1 – « Libres pensées »

Je préfère prendre les devants et poser par écrit mes réflexions avant que la semaine ne commence. Je le fais car cette semaine s’annonce décisive en termes de mobilisation et pour autant, je ne suis pas à ce stade convaincu que les leviers les plus efficaces aient été activés pour faire de ce moment une étape dynamique. Je m’explique.
Plusieurs rendez-vous vont rythmer la semaine : un meeting politique ce lundi soir, les défilés du 1er mai le lendemain, des rassemblements cheminots jeudi, la marche Stop Macron ce samedi 5 mai… Prenons-les dans l’ordre.

 

Lundi soir, la gauche de gauche se donne à voir en meeting commun à Paris. Très bien, même si je passe sur les sordides traditionnelles manœuvres qui ont émaillé la préparation de cette réunion, des gens non-intervenants étant volontairement annoncés, des partis politiques voulant faire des coups pour donner à voir un prétendu rôle pivot, bref la résurgence de tout le dégoût politicard s’affichant de nouveau au grand jour. Mais malgré tout l’initiative se tient. Qu’apporte-t-elle comme force dynamique au mouvement de lutte contre la politique de M. Macron ? Rien auprès des militants de ces différentes forces, déjà très largement engagés dans le combat contre cette politique sous l’une OU l’autre de leurs casquettes, syndicale, associative ou politique. Elle circonscrit par contre le périmètre de la lutte en donnant à voir à celles et ceux qui sont pourraient entrer dans le mouvement, ou a minima s’inscrire progressivement dans un soutien plus rapproché de celui-ci, une identification politique dans laquelle pour beaucoup ils refuseront de se reconnaître. La politique non pas d’un camp mais ici de l’étiquette est une erreur qui ne peut rien apporter d’utile.

Le traditionnel 1er mai, journée internationale des travailleurs, est une date qui tombe à pic : le moment rêvé de donner à voir, sur un jour férié symbolique, l’unité syndicale et par-delà l’appui de l’ensemble du mouvement social. Seulement voilà : patatras ! Si l’unité existe et se fait à la base, le message est atténué par la désunion au sommet entre les différentes confédérations. Inexplicable et pour tout dire inexcusable en de pareilles circonstances de lutte.

Cette unité, on la retrouvera pourtant jeudi à l’appel de l’intersyndicale de la SNCF. Mais ce qui aura lieu ce jour-là s’avère inextensible aux autres secteurs. Du moins sur la base de la « convergence des luttes ». La convergence des luttes qui était une méthode d’action est devenue une expression vide de sens car elle ne correspond plus à la période. Refuser de le voir c’est s’enfermer dans l’échec. L’agrégation aujourd’hui ne se fait plus selon la classe (et dire cela, je préfère le dire pour tous les esprits chagrins adeptes de raccourcis, ce n’est pas nier la structuration en classes sociales) mais selon une chaîne d’équivalence. Le dénominateur commun n’en est donc pas forcément l’appartenance à une classe commune mais le point de cristallisation qui empêche de lever l’obstacle de ces politiques.

 

C’est justement en cela que la marche Stop Macron du 5 mai revêt tout son sens. Elle s’inscrit bien sûr dans l’agenda de mobilisation sociale en permettant qui plus est la mobilisation non seulement des salariés mais aussi du reste de la population à leurs côtés. Mais surtout, elle dessine ou du moins devrait dessiner le point de jonction pour lever l’hypothèque de la politique de M. Macron. On se souvient qu’à l’automne, la France insoumise avait proposé de faire coaguler le rejet de la politique macroniste en se plaçant dans le champ politique. Le recours aux ordonnances pour faire passer en force le démantèlement du droit du travail et des salariés permettait un tel rassemblement. Les forces du mouvement social n’avaient à l’époque pas daigné reprendre la balle au bond. Si elles sont aujourd’hui plus nombreuses à participer au 5 mai, chacun-e doit aussi entendre que la bataille sociale est l’un des champs, essentiel certes, mais l’un des champs seulement du rapport de force qu’il nous faut établir. Et ce rapport de force sera d’autant plus favorable que l’ensemble des champs sera étendu.

Car les gens ont aussi en parallèle conscience que M. Macron continue à avancer selon son propre calendrier comme si de rien n’était : alignement sur l’OTAN aux côtés de Trump, centralisation européenne via Bruxelles aux côtés de Merkel, réforme de l’assurance chômage, réforme constitutionnelle pour asseoir la monarchie présidentielle, réforme des retraites à venir… En prévision de cela, une défaite du mouvement social serait catastrophique et chacun-e doit cette semaine se mobiliser comme je le ferai en dépit des préventions qu’il peut avoir. Mais c’est justement parce que l’issue du combat surdétermine l’ensemble du combat politique à venir qu’il faut trouver les leviers d’action qui permettent l’élévation du niveau de conscience et l’entrée dans le mouvement du plus grand nombre pour combattre la résignation.

 

Ce vendredi, alors que je distribuais avec mes ami-e-s du groupe d’action de La France insoumise de Champigny pour promouvoir le 5 mai et collecter des dons pour les cheminots, nombreux étaient ceux qui prenaient les tracts avec bienveillance mais qui ne pouvaient s’empêcher d’exprimer leur dégoût de la politique et de la descente aux enfers démocratique dont M. Macron n’est que l’ultime avatar. Et cette attitude chacun-e le sait n’est jamais favorable à la mobilisation. C’est donc ce terrain là qu’il nous faut refuser d’abandonner. Car en l’espèce, les choix qui sont aujourd’hui imposés par la bande à Macron contreviennent avec l’essence démocratique de ce pays : parce qu’ils sont l’émanation directe du pouvoir bruxellois, parce qu’ils sapent les fondements du pacte républicain dont le service public est l’outil privilégié, parce qu’ils sont le fait d’une « effraction » électorale pour reprendre les termes de M. Macron lui-même. L’enjeu démocratique, et donc celui de la souveraineté, irrigue chacun de ces combats pour le respect du droit à vivre dignement et à décider collectivement de ce qui est bon pour soi et bon pour tous. Tel doit être le sens aussi du combat à venir pour rendre crédible l’issue victorieuse de la lutte, la présente et celles à venir.

 

Je termine en partageant aussi ce que cette semaine pour moi, celle d’une double commémoration : celle des 200 ans de la naissance de Karl Marx bien sûr. Je ne m’étendrai pas sur le sujet mais je me permets de vous renvoyer au blog de mon ami le philosophe Benoît Schneckenburger qui donne à cette occasion une lecture éclairée et éclairante de Marx dans le texte. Celle aussi le lendemain des 260 ans de la naissance de Maximilien Robespierre que je ne manque pas une année de louer pour l’inestimable héritage de la pensée et de la vertu républicaines qu’il nous a confiés en héritage. Deux penseurs qui dans leur registre ont pensé l’émancipation et la lutte comme des constructions à vocation majoritaire inscrites dans leur période.

François COCQ  30 / 04 / 2018

 

 

 

Chronique n° 2 – « Le pacte girondin cible l’Etat »  

Tribune publiée dans le magazine La gazette des communes du 30 avril

Le premier ministre M. Philippe présentait le 4 avril le projet de réforme constitutionnelle. Sous couvert de continuité avec l’existant, l’exécutif entend en réalité, à travers notamment le « pacte girondin », faire muter le cadre commun qui régit la vie des Français pour le mettre en adéquation avec les visées européistes M. Macron.

A première vue, les ajustements apparaissent cosmétiques. Ainsi de l’introduction d’une faible dose de proportionnelle, 15 %, loin des « 20-25% minimum » que François Bayrou jugeait nécessaires « autrement cela veut dire qu’on ne changerait rien ». Pareil pour le non-cumul des mandats, limité à trois exercices consécutifs d’un même mandat, et dont l’entrée en vigueur effective pourrait n’intervenir qu’en 2038 !

L’abaissement du nombre de parlementaires est plus significatif. Démagogique, il cible la représentation nationale au moment même où M. Macron entend imposer une « souveraineté européenne ». La représentation du peuple français est ainsi affaiblie tandis que s’opère un transfert de souveraineté, du cadre national vers l’Européen. Le calendrier en atteste : les projets de loi seront présentés en Conseil des ministres le 9 mai, jour de la fête de l’Europe. Quant à l’adoption de la réforme, elle est désormais reculée à 2019 pour mieux coller aux échéances européennes.

 

Quant au « pacte girondin », il est la pierre angulaire du dispositif. Selon M. Philippe, « le projet de loi constitutionnelle devra permettre aux collectivités locales d’adapter elles-mêmes les règles qui régissent leurs domaines de compétence ». Après que M. Hollande a en 2015 octroyé aux régions un pouvoir règlementaire local d’adaptation à travers la loi NOTRe, M. Macron souhaite désormais étendre la mesure. Est-ce à dire que chaque niveau de collectivité pourrait édicter ses propres règles et normes, quitte à ce qu’elles deviennent contradictoires les unes avec les autres ? Ce n’est pas rien quand on sait que le pouvoir règlementaire possède une compétence de droit commun sur l’ensemble des domaines qui échappent au pouvoir législatif. Ainsi, lorsque la Loi fixe uniquement les grands principes, comme pour l’enseignement, la préservation de l’environnement ou le code du travail par exemple, le pouvoir règlementaire a le champ libre. Un tel processus rajouterait donc encore de la mise en concurrence entre territoires et entre citoyens. Ce ne serait plus seulement un puzzle de réglementations, mais le risque d’une atomisation anarchique qui pourrait semer une grande pagaille et désorganiser le pays.

Le premier ministre a également annoncé la possibilité de pérenniser localement les expérimentations législatives. Circonscrites à un objet précis et une durée limitée, elles ont aujourd’hui vocation soit à être étendue à l’ensemble du territoire, soit à être abandonnées. Demain, elles pourraient devenir permanentes sur certains territoires. La Loi cesserait d’être commune pour devenir parcellaire et à géométrie variable. Elle ne serait plus l’expression de la volonté générale telle que définie depuis Rousseau, fondant en cela la Nation en tant que corps politique, mais une addition de particularismes qui désagrègerait l’édifice républicain. Une telle mesure affaiblirait en outre encore un peu plus la représentation nationale en fractionnant la tâche qui est la sienne de fabrique de la Loi commune.

 

C’est une offensive contre l’Etat à laquelle se livre M. Macron, en cherchant à affaiblir le cadre national pour mieux préparer les transferts de souveraineté à venir. C’est un contresens historique qui va encore diviser les Français.es à l’heure où le peuple aurait au contraire plus que jamais besoin d’une Constituante pour se refonder.

François COCQ Adjoint-au-maire de Champigny-sur-Marne (94)30 / 04 / 2018

 

 

Chronique n° 3 – « Sondages européennes : tour d’horizon des possibles »

Valeurs actuelles publiait aujourd’hui un sondage IFOP pour les élections européennes. Comme toujours, et a fortiori lorsqu’on est si loin de l’échéance, il n’est d’aucun intérêt de rentrer dans le détail de l’enquête, inexploitable, mais il peut par contre être utile d’observer les grandes masses. Et dès lors, en s’affranchissant des représentations traditionnelles, des lignes de force extrêmement marquées apparaissent qui ne sont pas sans rappeler le vote contre le TCE de 2005.

Inutile je le disais de conjecturer sur les 27% accordés à LREM, les 17% donnés au FN, les 15% de LR, les 14% de LFI, les 7% du PS ou les 6% de DLF, et encore moins sur les 3% de Hamon ou de EELV qui ne leur donneraient aucun élu ni même de gloser sur les 2% du PCF. Aucun sens non plus, sinon pour celles et ceux qui extrapolent sur leur élection future, de faire « la règle de trois » (NB : d’ailleurs si on pouvait appeler cela la quatrième proportionnelle cela permettrait d’harmoniser les choses et faciliterait la tâche des profs de maths dont je suis…) en ne prenant en compte que les scores supérieurs à 5% pour calculer le nombre d’élus potentiels. La belle affaire : du nombre de sièges à Strasbourg ne dépend pas une majorité sinon pour les bénis oui-oui de l’UE, mais bien une volonté de subvertir la parole et l’action au sein de l’institution pour faire entendre la voix des peuples et préparer les rapports de force pour les échéances électorales directement à venir et susceptibles dans les cadres nationaux d’inverser le rapport de force.

 

Le premier constat est par contre que la latéralisation gauche/droite n’a plus de sens à elle-seule. Après un an d’exercice du pouvoir par M. Macron, toutes les enquêtes expriment que les Français.es considèrent qu’il applique une politique de droite. Ainsi, on aurait un assentiment LREM + LR +FN+DLF qui atteindrait 65%, tandis que la somme LFI + PS + EELV + Générations + PCF plafonnerait en deçà des 30 %. Et ce en plein mouvement social, donc a priori favorable à ces derniers. Il est donc heureux que le dégagisme ait rebattu les cartes faute de quoi le camp du progrès social aurait du souci à se faire avec aussi peu de réserves en son sein !

Le second est que M. Macron a bien acté la permanence du vote de 2005 dans la structuration de la vie politique. Un sondage IPSOS publié il y a quelques jours sur le bilan de son action depuis un an le confirmait : 55 % (tiens donc) des Français.es sont mécontents du chef de l’État. Et comme en 2005, les centristes plébiscitent à 93 % son action tandis que LR (51 % de favorables, 49 % mécontents) et le PS (41 % de favorables, contre 59 %) sont déchirés. A l’inverse seuls 22 % des électeurs du FN et 15 % des sympathisants de la France insoumise sont satisfaits de son action. Impossible pour lui de se soustraire à cet état de fait sur l’élection européenne. L’enquête IFOP du jour confirme à son tour le rejet de l’U.E. telle qu’elle est et telle qu’elle va : le NON de 2005 reste non seulement majoritaire dans ce pays, mais s’est sans nul doute renforcé dans l’intervalle.

 

A défaut de pouvoir de pouvoir bousculer ce rapport de force, M. Macron a donc mis en place une stratégie politicienne qui vise à capter de manière hégémonique la représentation du OUI de manière à sortir non seulement le plus haut possible dans l’élection, mais aussi devant tous les autres en jouant sur les différences d’approches existant dans l’ancien camp du NON. Il a pour cela pris les devants en posant sur la table un objet clivant, la souveraineté européenne. Celle-ci est un véritable piège visant à instaurer une conflictualité et créer un double amalgame : autour de lui pour les anciens tenants du OUI ; en niant les différences entre les NON et en agrégeant grossièrement tous ceux qui, à quelque degré que ce soit, jugent nécessaire de rompre avec l’actuel fonctionnement de l’UE et ses politiques, ce spectre allant de ceux qui, comme La France insoumise, plaident pour une Europe des peuples basée sur la souveraineté populaire en s’appuyant sur la désobéissance aux traités, jusqu’à ceux qui veulent sortir du projet européen pour redessiner des frontières de la haine et de l’ignorance. Bref à désigner par amalgame à la vindicte médiatique tous ceux qui n’adhèrent pas à sa souveraineté européenne comme des anti-européens.

Force est de constater que le piège s’avère efficace. Les principaux dirigeants de EELV ont ainsi cosigné une tribune ce dimanche dans le JDD revendiquant haut et fort leur souhait d’une souveraineté européenne. Dans Libération et le même jour, M.Hamon se déclarait lui aussi « comme EELV européen et fédéraliste ». Autrement dit, sauf à ce que les mots n’aient plus de sens, il adhérait lui aussi à l’idée d’un peuple européen auquel il faudrait dès lors affecter une souveraineté propre. Pas étonnant dans ces conditions que ces deux là se retrouvent broyés par l’omnipotence de LREM sur le sujet. Comme le PS qui à défaut de tenir un discours audible est entendu comme portant le même. Ajoutez-y un soupçon de LR même si celles et ceux qui peuvent se reconnaître dans cette ligne ont déjà franchi le Rubicon vers chez M. Macron et vous retrouverez peu ou prou les 45% du OUI au TCE. L’OPA de M. Macron sur ce total est donc réussie puisqu’il s’en arroge près des deux-tiers.

 

Mais le piège est aussi grossier et finalement pas si différent de celui qui avait été déjoué en 2005. La perspective est donc d’autant plus encourageante qu’à l’époque le NON progressiste attaché à la souveraineté populaire avait été largement majoritaire (autour de 60 à 70 % selon les estimations) devant le Non ethnique et du repli sur soi. Voilà qui, par delà toutes les estimations, est d’autant plus porteur d’espoir pour le camp de l’humanisme radical qu’il affirmera clairement son refus de se soumettre à l’Union Européenne et à ses politiques au service de la Caste, tout en rendant aux peuples d’Europe leur liberté et leur droit de décider par eux-mêmes : leur souveraineté.

François COCQ 16 / 05 / 2018

 

 

 

 

 

 

Les tribunes de Francis DASPE

 

L’unité sur des programmes incompatibles ?

Tribune parue sur le site de Mediapart le 17 mai 2018

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée, est co-animateur des « Assises itinérantes de la Table renversée ». Il est aussi auteur de « La Révolution citoyenne au cœur » (Eric Jamet éditeur, octobre 2017).

Il est des formules en politique qui à force d’être ressassées de manière incantatoire peuvent finir par donner l’apparence d’une vérité. Il n’y a pourtant rien qui n’entraine plus de confusions regrettables, rien qui n’obscurcisse davantage le débat argumenté en raison. C’est le cas de cette phrase, rituellement lancée comme une injonction à l’unité et au rassemblement, indiquant que « nous avons plus de choses qui nous rassemblent que d’éléments qui nous divisent ». Il n’est pas anodin de signaler qu’elle est souvent prononcée dans un contexte de préparation d’échéances électorales… A un moment où le quantitatif indifférencié et (faussement) naïf s’impose au qualitatif raisonné, faisant l’impasse sur les questions essentielles. Quelles sont les choses qui finalement pourraient nous diviser ? A partir de quel seuil rendraient-elles l’union impossible sur la base de l’incompatibilité avérée des programmes ?

Les tentatives de Benoît Hamon de coller de manière pavlovienne au programme « L’Avenir en commun » de La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon représentent un cas d’école éclairant. L’opération vise à justifier sur ces bases un rapprochement électoral dont il serait bien évidemment le principal bénéficiaire au regard de sa supposée capacité à rassembler plus largement. Sans doute au nom d’un « avenir désirable » maintenu qui n’a pourtant obtenu que 6% des suffrages. Puisque 95% seraient communs aux deux programmes, jetons un coup d’œil sur les 5% qui font divergence.

 

Benoît Hamon propose une 6° République, mais pas de processus constituant ni d’assemblée constituante. Sans intervention populaire en amont, l’opération se résumerait en un exercice convenu, sans réelle rupture, d’essence technocratique et administrative. Il s’agirait alors d’alimenter les sources déjà abondantes du désintérêt de la chose politique qui constitue par son inertie la meilleure forteresse des oligarchies. Il ne s’agit clairement pas de la même 6° République que propose La France Insoumise.

La constance, voire l’entêtement, de Benoît Hamon à rappeler que son projet pour l’Europe s’inscrit résolument dans le cadre des institutions actuelles de l’Union Européenne (et donc des traités qui sont la colonne vertébrale de l’acquis communautaire) constitue une autre des divergences à placer dans le quota des 5% visiblement autorisés. A telle enseigne qu’il a mis en demeure Jean-Luc Mélenchon de modifier dare-dare sa vision de l’Europe et des traités européens, pour mieux s’y soumettre. La possibilité même d’un plan B de rupture, comme le préconise La France Insoumise, équivaudrait à un véritable casus belli. Se conformant au final au cadre des traités européens, dont la logique est celle de l’austérité des critères de Maastricht, de la concurrence libre et non faussée, de l’indépendance de la Banque centrale européenne, le projet de Benoît Hamon se révèle à l’usage incompatible avec la majorité des chapitres de « L’Avenir en commun ». Est-il sérieux et crédible de parler dans ces conditions de partage des richesses en faveur du travail, de sauvegarde et de promotion des services publics, de progrès humain et de planification écologique ?

Le soutien aux bombardements de la Syrie sans résolution de l’ONU repousse Benoît Hamon dans le camp de l’atlantisme et de l’unilatéralisme. Cette doctrine des relations internationales se situe à l’exact opposé de la théorie du nouvel indépendantisme fondée sur les concepts de sécurité collective et de multilatéralisme que prône « L’Avenir en commun ». La géopolitique commandant très souvent à la politique, que ce soit en droite ligne ou par des incidences collatérales, une telle orientation rend caduque la réalisation d’une politique humaniste et progressiste en opposition frontale avec l’ordre international actuel dont les piliers sont économiques, avec les traités de libre-échange, et géopolitiques, avec l’atlantisme.

Il en résulte une incompatibilité avec la quasi-totalité du programme de La France Insoumise. Dans cette configuration, qu’on nous dise alors quels sont les points qui rassembleraient !

 

La stratégie hamoniste relève davantage de la basse tactique visant à refaire le match (largement perdu) de la présidentielle. Dire qu’il s’agit de carambouille électoraliste est parfaitement juste, mais insuffisant pour aller plus en avant dans la nécessaire caractérisation politique réclamée par tout débat éclairé. On peut y déceler la persistance compulsive de la pratique de la synthèse émolliente qui avait fini par avoir raison de la crédibilité du Parti Socialiste. La synthèse socialiste n’était-elle pas en réalité une autre façon de pratiquer avant l’heure le « et en même temps » d’Emmanuel Macron ? Bien qu’ayant quitté le Parti Socialiste, bien que le Parti Socialiste ait quitté la rue Solferino, Benoît Hamon est nettement resté dans l’âme un solférinien. Drôle d’unité qui se ferait entre programmes incompatibles ! Pire qu’un malentendu, pire qu’une escroquerie, ce serait une faute politique. La politique mérite mieux que cela ; sa réappropriation par les citoyens passe aussi par le respect des « 3 C » : clarté, cohérence et constance.

Francis DASPE

 

 

 

 

Histoires de carburants et de leviers Pour renverser la table par la révolution citoyenne 

Tribune parue sur le site de Politis le 31 mai 2018.

Francis DASPE est animateur des Assisses itinérantes de la Table renversée de l’AGAUREPS-Prométhée et auteur du livre « La Révolution citoyenne au cœur » (Eric Jamet éditeur, octobre 2017).

Si l’inertie des peuples est la meilleure forteresse des tyrans, le mépris social constitue de manière symétrique le meilleur carburant possible des révoltes et des révolutions. L’aveuglement et la suffisance sont à y ajouter. C’est la stratégie actuellement adoptée par le Président de la République Emmanuel Macron. Son monde incarne à l’excès cette prétention de caste.

 

En réalité, c’est un bien petit monde, particulièrement binaire, entre « les gens qui sont rien » et « les premiers de cordée ». L’évidence saute pourtant aux yeux : les premiers de cordée sont si peu de choses, tandis que les gens qui sont rien sont presque tout. Le parallèle avec la situation prévalant en 1789 prend toute sa signification. Dans sa célèbre brochure publiée début 1789 dans le cadre de la préparation des Etats-Généraux, l’abbé Sieyès s’interrogeait en posant la question suivante : « Qu’est-ce que le Tiers-Etat ? ». Il y répondait en trois temps pour indiquer que, s’il était en réalité tout, le Tiers-Etat n’avait été jusqu’à présent dans l’ordre politique rien, mais qu’il demandait désormais à y devenir simplement quelque chose. La révolution qui survint procéda à un grand chamboulement de l’ordre social et politique. Est-ce à dire que nous sommes dans une situation similaire ?

 

Le moment révolutionnaire ne se décrète pas ; il lui faut une étincelle. Il dispose cependant de conditions favorables. Celles-ci se résument en une affirmation : l’idée tenace ancrée dans les mentalités que tout peut continuer comme avant doit être invalidée et balayée. En d’autres termes, la reproduction à l’infini du réel n’est plus possible. La seule issue consiste à inventer pour rompre en profondeur. La situation caractérisant aujourd’hui la France s’y rattache. La colère atteint un tel paroxysme que le désenchantement et la résignation sont en capacité de se transformer en mobilisation. Les marées populaires de samedi 26 mai doivent être comprises comme une étape supplémentaire, et peut-être décisive, dans la construction et dans l’expression d’une alternative radicale.

 

Ces marées populaires qui ont essaimé sur l’ensemble du territoire ont activé de concert trois leviers indispensables pour espérer renverser la table. Il s’agit à la fois de converger, de décloisonner et de fédérer.

La convergence dans les luttes représente un préalable trop longtemps minimisé dans les réflexions et malmené dans les pratiques ; toutes constituent une partie inaliénable de l’intérêt général, lui-même un et indivisible. Ce qui survient aux uns peut arriver aux autres ; il concerne en toute hypothèse tous quand bien même certains n’en seraient pas directement affectés.

Le décloisonnement des contestations et des revendications exprimées par les  forces associatives, syndicales et politiques a produit des effets revigorants. Il se situe à rebours de l’absurde séparation qui nie la communauté de destin de l’action collective, oubliant la nécessaire double besogne (quotidienne et d’avenir) de la charte d’Amiens si mal comprise. Il est également à l’opposé de la théorie (ou de la réalité) de la conception insensée et « rabougrissante » de la courroie de transmission qui ne possède aucun fondement réel opératoire.

La dynamique visant à fédérer le peuple pour un avenir en commun mobilisateur est alors rendue possible. Il s’agit d’infuser dans la société, tel un mouvement de masse touchant au plus profond les consciences des populations. La politique n’étant pas une question d’arithmétique mais au contraire de dynamique à construire, fédérer le peuple ne consiste pas à rassembler dans d’improbables cartels les petites chapelles éparses, en déshérence ou pas peu importe, dont la somme reste très loin du compte.

 

Pour autant, tous les leviers et les carburants du monde ne seraient que peu de choses sans perspective majoritaire. La formation d’une nouvelle conscience collective doit s’incarner dans une nouvelle majorité populaire et la promesse d’un avenir en commun. Aujourd’hui, seule La France Insoumise se retrouve en capacité de proposer de telles perspectives.

Celles-ci se nourrissent autant qu’elles nourrissent la décomposition et le délitement du vieux monde à balayer. C’était le cas de l’Ancien Régime en 1789 avec Louis XVI qualifiant la prise de la Bastille de révolte, occultant la réalité de la révolution naissante. Avec un aveuglement identique, mais avec un supplément de morgue en prime, le Premier Ministre Edouard Philippe attribuait aux marées populaires un « petit coefficient ». Le régime actuel possède cependant une capacité de résistance supérieure à la monarchie brinquebalante ; les oligarchies du temps présent reconnaissent Emmanuel Macron comme leur ultime rempart. Dans un réflexe de classe ou de caste, elles font bloc en conséquence avec lui. Il n’en allait pas de même des privilégiés à l’égard d’un roi faible et affaibli. Il faudra donc avec une énergie redoublée converger, décloisonner et fédérer pour parvenir à renverser la table par la réalisation de la révolution citoyenne qui serait alors à portée de main.

Francis DASPE

 

 

 

 

Communiqué de l’AGAUREPS-Prométhée

 Connaître les enjeux du conflit israélo-palestinien 

            L’AGAUREPS-Prométhée dénonce la répression militaire sanglante utilisée par Israël qui s’est traduite par de nombreuses victimes palestiniennes. La complexité de la situation ne soit cependant pas empêcher d’identifier quatre des principaux enjeux.

  • le tracé des frontières du futur Etat palestinien (composé de la bande de Gaza et de la Cisjordanie). Deux problèmes se posent, en lien avec la recherche d’un minimum de continuité et de cohérence territoriales à l’Etat palestinien : un passage entre les deux parties, la présence de nombreuses colonies israéliennes parsemant la Cisjordanie.
  • le démantèlement des colonies de peuplement israélien en Cisjordanie. Il s’agira dans un premier temps de stopper la construction de colonies et de logements, puis dans un second temps d’abandonner des colonies déjà existantes par ailleurs installées de manière illégale.
  • le statut de Jérusalem. La ville est revendiquée par les deux parties. La construction par Israël en 2005 d’un mur de séparation a compliqué les données. La décision irresponsable de Donald Trump de transférer l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem a envenimé la situation.
  • le sort des réfugiés palestiniens et de leurs descendants. Il s’agit de la question du « droit au retour » pour les Palestiniens qui ont dû quitter le pays principalement après 1948 (création de l’Etat d’Israël) ou 1967 (guerre des Six Jours). Les Israéliens craignent un déséquilibre démographique qu’un retour massif provoquerait, préférant même concéder des aides financières pour favoriser l’installation des réfugiés dans les pays d’accueil.

Pour l’AGAUREPS-Prométhée, la paix dans cette région passe par la reconnaissance de deux Etats coexistant pacifiquement dans le cadre du respect des résolutions de l’ONU. La stabilité doit être garantie par une sécurité collective s’appuyant sur une conception multilatérale des relations internationales.

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée 

 

 

 

 

Agenda AGAUREPS-Prométhée

Les Assises itinérantes de la Table renversée

 

Conférence/débat 20 juin à Narbonne

Dans le cadre de sa campagne nationale de réflexion et d’action intitulée « Assisses itinérantes de la Table renversée », l’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Narbonne mercredi 20 juin 2018, salle Cheytion, Palais des sports, des arts et du travail (1 boulevard Frédéric Mistral), à partir 19 heures.

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée, introduira ces « Assisses itinérantes de la Table renversée ».

 

Conférence/débat 22 juin à Marmande

Dans le cadre de sa campagne nationale de réflexion et d’action intitulée « Assisses itinérantes de la Table renversée », l’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Marmande vendredi 22 juin 2018, salle Damouran (square Verdun, rue de la Libération) à partir 19 heures.

Deux intervenants introduiront ces « Assisses itinérantes de la Table renversée », Céline PIOT et Francis DASPE.

 

 

 

 

 

 

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Les « Assises itinérantes de la Table renversée » de l’AGAUREPS-Prométhée à Narbonne

 

Dans le cadre de sa campagne nationale de réflexion et d’action intitulée « Assisses itinérantes de la Table renversée », l’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Narbonne mercredi 20 juin 2018, salle Cheytion, Palais des sports, des arts et du travail (1 boulevard Frédéric Mistral), à partir 19 heures.

 

Les élections de 2017 ont modifié en profondeur le paysage politique en France. La vague « dégagiste » annoncée a bien eu lieu. Mais l’élection à la présidence de La République d’Emmanuel Macron n’a pas purgé le système. Depuis un an, l’ancien monde, s’il s’est paré de nouveaux visages, se perpétue en réalité sur le fond. La déception et la résignation démocratiques n’ont jamais été aussi présentes. La restauration du peuple comme sujet politique reste plus que jamais d’actualité.

 

Il y a véritablement urgence à « renverser la table ». Quel projet politique humaniste et émancipateur est aujourd’hui en capacité d’incarner cette alternative ? Avec quelles orientations stratégiques ? Pour quelles perspectives politiques ?

 

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée, introduira ces « Assisses itinérantes de la Table renversée ».

 

Entrée libre.

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Les « Assises itinérantes de la Table renversée » de l’AGAUREPS-Prométhée à Marmande

Dans le cadre de sa campagne nationale de réflexion et d’action intitulée « Assisses itinérantes de la Table renversée », l’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Marmande vendredi 22 juin 2018, salle Damouran (square Verdun, rue de la Libération) à partir 19 heures.

 

Les élections de 2017 ont modifié en profondeur le paysage politique en France. La vague « dégagiste » annoncée a bien eu lieu. Mais l’élection à la présidence de La République d’Emmanuel Macron n’a pas purgé le système. Depuis un an, l’ancien monde, s’il s’est paré de nouveaux visages, se perpétue en réalité sur le fond. La déception et la résignation démocratiques n’ont jamais été aussi présentes. La restauration du peuple comme sujet politique reste plus que jamais d’actualité.

 

Il y a véritablement urgence à « renverser la table ». Quel projet politique humaniste et émancipateur est aujourd’hui en capacité d’incarner cette alternative ? Avec quelles orientations stratégiques ? Pour quelles perspectives politiques ?

 

Deux intervenants introduiront ces « Assisses itinérantes de la Table renversée », Céline PIOT et Francis DASPE.

 

Entrée libre.

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Les « Assises itinérantes de la Table renversée » de l’AGAUREPS-Prométhée à Bordeaux

Dans le cadre de sa campagne nationale de réflexion et d’action intitulée « Assisses itinérantes de la Table renversée », l’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Bordeaux samedi 2 juin 2018 (salle du Grand Parc, place de l’Europe).

 

Les élections de 2017 ont modifié en profondeur le paysage politique en France. La vague « dégagiste » annoncée a bien eu lieu. Mais l’élection à la présidence de La République d’Emmanuel Macron n’a pas purgé le système. Depuis un an, l’ancien monde, s’il s’est paré de nouveaux visages, se perpétue en réalité sur le fond. La déception et la résignation démocratiques n’ont jamais été aussi présentes. La restauration du peuple comme sujet politique reste plus que jamais d’actualité.

 

Il y a véritablement urgence à « renverser la table ». Quel projet politique humaniste et émancipateur est aujourd’hui en capacité d’incarner cette alternative ? Avec quelles orientations stratégiques ? Pour quelles perspectives politiques ?

 

Trois intervenants introduiront ces « Assisses itinérantes de la Table renversée », Marin AURY, Patrice KADIONIK et Francis DASPE.

 

Entrée libre.

 

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée  

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Connaître les enjeux du conflit israélo-palestinien

L’AGAUREPS-Prométhée dénonce la répression militaire sanglante utilisée par Israël qui s’est traduite par de nombreuses victimes palestiniennes. La complexité de la situation ne soit cependant pas empêcher d’identifier quatre des principaux enjeux.

 

  • le tracé des frontières du futur Etat palestinien (composé de la bande de Gaza et de la Cisjordanie). Deux problèmes se posent, en lien avec la recherche d’un minimum de continuité et de cohérence territoriales à l’Etat palestinien : un passage entre les deux parties, la présence de nombreuses colonies israéliennes parsemant la Cisjordanie.
  • le démantèlement des colonies de peuplement israélien en Cisjordanie. Il s’agira dans un premier temps de stopper la construction de colonies et de logements, puis dans un second temps d’abandonner des colonies déjà existantes par ailleurs installées de manière illégale.
  • le statut de Jérusalem. La ville est revendiquée par les deux parties. La construction par Israël en 2005 d’un mur de séparation a compliqué les données. La décision irresponsable de Donald Trump de transférer l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem a envenimé la situation.
  • le sort des réfugiés palestiniens et de leurs descendants. Il s’agit de la question du « droit au retour » pour les Palestiniens qui ont dû quitter le pays principalement après 1948 (création de l’Etat d’Israël) ou 1967 (guerre des Six Jours). Les Israéliens craignent un déséquilibre démographique qu’un retour massif provoquerait, préférant même concéder des aides financières pour favoriser l’installation des réfugiés dans les pays d’accueil.

 

Pour l’AGAUREPS-Prométhée, la paix dans cette région passe par la reconnaissance de deux Etats coexistant pacifiquement dans le cadre du respect des résolutions de l’ONU. La stabilité doit être garantie par une sécurité collective s’appuyant sur une conception multilatérale des relations internationales.

 

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée  

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Les « Assises itinérantes de la Table renversée » de l’AGAUREPS-Prométhée

L’AGAUREPS-Prométhée lance une campagne nationale de réflexion et d’action intitulée « Assisses itinérantes de la Table renversée ».

Les élections de 2017 ont modifié en profondeur le paysage politique en France. La vague « dégagiste » annoncée a bien eu lieu. Mais l’élection à la présidence de La République d’Emmanuel Macron n’a pas purgé le système. Depuis un an, l’ancien monde, s’il s’est paré de nouveaux visages, se perpétue en réalité sur le fond. La déception et la résignation démocratiques n’ont jamais été aussi présentes.

La restauration du peuple comme sujet politique reste plus que jamais d’actualité. Il y a véritablement urgence à « renverser la table ». Quel projet politique humaniste et émancipateur est aujourd’hui en capacité d’incarner cette alternative ? Avec quelles orientations stratégiques ? Pour quelles perspectives politiques ?

L’AGAUREPS-Prométhée offre la possibilité d’échanger et d’en débattre dans le cadre des « Assisses itinérantes de la Table renversée ». Cette campagne d’action nationale se traduira par un certain nombre d’actions militantes, de tribunes médiatiques à des réunions publiques ou des présences sur les marchés.

Une première réunion publique a eu lieu dans les Landes, à Mont-de-Marsan. D’autres sont prévues au cours des prochains mois dans les départements de Gironde, Val-de-Marne, Lot-et-Garonne, Moselle, Pyrénées-Orientales ou Paris.

 

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Conférence / débat de l’AGAUREPS-Prométhée à Mont-de-Marsan sur « Quelles recompositions politiques pour renverser la table ? »

L’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Mont-de-Marsan jeudi 26 avril 2018, Maison des Associations, salle de réunion Bâtiment Joëlle Vincens (39 rue Martin Luther King, ancienne caserne Bosquet), à 18 heures 30.

 

Elle portera sur le thème « Quelles recompositions politiques pour renverser la table ? ».

 

Les débats seront introduits par Céline PIOT co-secrétaire départementale du Parti de Gauche des Landes et conseillère municipale de Mont-de-Marsan, Xavier DUMOULIN citoyen de la gauche républicaine et sociale, et Francis DASPE, secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée.

 

Les élections de 2017 ont modifié en profondeur le paysage politique en France. La vague « dégagiste » annoncée a bien eu lieu. Mais l’élection à la présidence de La République d’Emmanuel Macron et la majorité obtenue par « La République en marche » montrent la capacité de résistance de l’ancien monde à se perpétuer.

Il revient aux forces de transformation sociale, démocratique, écologique porteuse d’un nouveau monde militant de proposer une véritable alternative. Ce projet politique reste à construire. Sur quels contenus programmatiques ? Avec quelles orientations stratégiques ? Pour quelles perspectives politiques ?

Venez en débattre à l’occasion de cette réunion publique à l’initiative de l’AGAUREPS-Prométhée.

 

Entrée libre.

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Lula, un épisode au Brésil du combat internationaliste contre les oligarchies

L’AGAUREPS-Prométhée dénonce la condamnation à 12 ans de prison de l’ancien Président de la République du Brésil, Lula.

 

Cette décision de justice inique est en réalité une tentative désespérée d’empêcher Lula de concourir à la prochaine élection présidentielle pour laquelle il est très largement favori. Cette manœuvre politicienne montre à quel point les oligarchies ne reculent devant aucun expédient pour préserver leur pouvoir. Cela avait déjà été le cas avec la destitution de Dilma Roussef, qui avait succédé à la présidence de la République à Lula.

 

Cette sombre machination fait penser aux heures les plus noires de la dictature militaire qui a assombri l’histoire récente du Brésil. C’est également un nouvel épisode d’un combat de classe poussé à son paroxysme qui fracture les sociétés latino-américaines.

 

L’AGAUREPS-Prométhée apporte son soutien internationaliste à Lula dans ce combat  vital contre la morgue et la haine des oligarchies. Elle en fait de même à toutes celles et tous ceux qui militent pour ouvrir une alternative aux politiques de régression sociale et démocratique conçues pour satisfaire les intérêts d’une minorité de nantis.

 

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée  

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LETTRE DU MOIS DE L’AGAUREPS-PROMÉTHÉE N° 131 MARS / AVRIL 2018

Sommaire du numéro 131 

  • Editorial de Céline PIOT : « Ce que cache la contre-réforme du baccalauréat» page 2
  • Dossier de Francis DASPE « Les Droites» page 3
  • Chroniques de François COCQ : Ordonnances et Grande coalition page 6
  • Communiqués AGAUREPS-Prométhée « Evasion fiscale » et « Ferroutage » page 9
  • Librairie de l’AGAUREPS-Prométhée : François COCQ « Alerte à la souveraineté européenne ! L a chimère de Macron contre la souveraineté populaire »  page 11
  • Agenda de l’AGAUREPS-Prométhée : Thuir et Mont-de-Marsan page 12
  • Une fiche d’adhésion (facultative mais conseillée…) pour 2018 page 13

 

 

 

Ce que cache la contre-réforme du baccalauréat  

Prenant le prétexte que tous les postes ouverts aux concours de recrutement des enseignants n’ont pas été pourvus, le ministre de l’Éducation nationale annonce la suppression de 2 600 postes aux concours du CAPES et de l’agrégation. Or, l’an prochain, il y aura 20 000 collégiens et lycéens supplémentaires.

À elle seule, cette décision donne le vrai contenu de la contre-réforme du baccalauréat que le ministre Blanquer a présenté dans la continuité du plan « étudiants » de la ministre Vidal. Le nombre de disciplines donnant lieu à des épreuves nationales en fin de Terminale sera considérablement réduit ; tout le reste sera évalué dans le cadre du contrôle continu. Il est vrai que, dans la « Macronie », l’enseignement des disciplines et les diplômes nationaux sont en trop ! Comme l’enseignement disciplinaire sera réduit, comme les parcours individualisés ne déboucheront sur aucune qualification, nul besoin pour cela d’enseignants qualifiés et, donc, de postes aux concours. D’où ce plan massif de suppression de postes.

En outre, avec l’évaluation en contrôle continu, le diplôme ne vaudra plus que ce que vaut la réputation de l’établissement dans lequel l’élève aura suivi sa scolarité. Et, en plus de diplômes « maison », cette contre-réforme instaure aussi le lycée « à la carte » : les voies générales seront remplacées par des parcours individuels choisis par les lycéens. Procédé qui met les disciplines, et de fait les enseignants, en concurrence entre elles, mais qui s’inscrit bien dans la société « ubérisée », atomisée voulue par ceux de LREM.

Il est donc bien vain pour le député macroniste et mathématicien Cédric Villani de se pavaner dans les médias sur la nécessaire revalorisation de l’enseignement des mathématiques car, avec cette contre-réforme, un lycéen pourra passer le baccalauréat sans avoir suivi une seule heure de cours de mathématiques en Première et en Terminale !

Tout concourt à des suppressions massives d’heures de cours permettant ainsi pour le Gouvernement de réaliser les 25 000 suppressions de postes d’enseignants dans le cadre du plan de 120 000 suppression de postes dans la Fonction publique. Dans la continuité de la contre-réforme Peillon qui, avec les activités périscolaires différentes d’une commune à l’autre, avait commencé la territorialisation de l’École, la contre-réforme Blanquer aggravera la fin de l’égalité républicaine. En finir avec l’École publique, tel est l’objectif ; et c’est inacceptable !

Céline PIOT 07 / 03 / 2018

(co-secrétaire départementale du Parti de Gauche dans les Landes, conseillère municipale « Mont2Gauche » à Mont-de-Marsan)

 

 

 

 

Dossier : Les Droites

Trois droites qui en font deux mais voudraient n’en faire qu’une

Tribune diffusée sur le site de Politis le 6 février 2018.

https://www.politis.fr/articles/2018/02/trois-droites-qui-en-font-deux-mais-voudraient-nen-faire-quune-38309/

Les divergences affichées ce samedi au sein de Les Républicains entre Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse sur le nombre de droites relèvent du maintien de simples querelles de chapelles internes. A ce titre, elles n’ont qu’une importance relative, témoignant d’une forme de nombrilisme caractéristique de l’ancien monde politique qui vient de s’effondrer. En effet, les événements de l’année 2017, entre la défaite impensable du candidat issu de la primaire François Fillon, l’élection pour le moins opportuniste d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, l’accession de Laurent Wauquiez à la tête de l’ancien grand parti Les Républicains, ont notoirement rebattu les cartes à droite. Ils devraient inviter ses responsables à s’interroger sur la réalité du moment politique avant d’envisager toute perspective. En élargissant la réflexion, pas en se repliant.

 

Depuis les analyses de René Rémond dans les années 1960, il était habituel de distinguer trois racines historiques à la droite en France : légitimiste, orléaniste et bonapartiste. Ces catégories sont seulement indicatives : il faut n’y voir aucune étanchéité, mais au contraire une forte porosité. L’exemple de François Fillon est à cet égard édifiant : il a commencé sa carrière politique au sein de la droite bonapartiste, s’est rallié à la droite orléaniste en adoptant un programme libéral décomplexé, s’est rapproché à l’occasion de la droite légitimiste au moment de l’émergence de « La Manif pour tous ». C’est en cela que résidait sans aucun doute l’équation gagnante de la primaire de la droite, aux antipodes d’un Alain Juppé persistant à confondre primaire de la droite et premier tour de la présidentielle.

 

En 2018, il n’existe désormais plus que deux droites. Mais elles ne se réduisent pas à celles prétendument incarnées par Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse. La droite orléaniste et la droite bonapartiste sont en passe de ne faire qu’une sous la houlette du nouveau Président de la République Emmanuel Macron. Les accents jupitériens relèvent bien de la veine bonapartiste comme en témoigne l’incroyable concours de circonstances qui l’a porté au pouvoir. Le qualificatif de « Président des riches » prouve bien qu’il constitue l’ultime rempart des oligarchies et des marchés, n’ayant à proposer aux Français qu’une resucée de l’incantation de Guizot sous la monarchie de juillet au milieu du XIX° siècle, « Enrichissez-vous ! », transformée pour l’occasion en une invitation lancée aux jeunes à devenir millionnaire. Pour revenir à des repères plus contemporains, Emmanuel Macron a réalisé le tour de force d’une synthèse inédite, devenant en quelques semaines le plan B des centristes (après la défaite d’Alain Juppé à la primaire de la droite et du centre), du Medef (avec les déboires tant juridiques qu’éthiques de François Fillon) et des sociaux-libéraux (après la défaite de Manuel Valls à la primaire de la gauche).

La seconde droite est pour sa part l’avatar de la droite légitimiste (celle qui s’était rallié bon gré mal gré à la République entre la fin du XIX° siècle et la première moitié du XX° siècle) que Laurent Wauquiez a conquise au prix d’une stratégie de droitisation décomplexée, mais aussi de rétrécissement. Sa stature de  « chef à la petite semaine » et son manque de charisme lui interdisent de revendiquer l’étoffe et l’héritage bonapartistes, tout autant que ses marottes radicales inféodées à la toute puissance de la loi du marché. Le départ ou la mise en retrait de représentants de la tendance libérale-centriste de feue l’UMP sert ses intérêts : c’est ainsi qu’il se garantit à court et moyen terme un leadership sur les débris de la droite institutionnelle. Et ce au risque de perdre une vocation majoritaire au fur et à mesure de ces défections et d’une plus grande porosité avec l’extrême droite (c’est en cela que consistera l’œuvre de réunification avec les fragments de la droite légitimiste n’ayant par contre jamais accepté l’idéal républicain).

 

Ce qui caractérise ces deux droites est leur asymétrie. L’une a montré sa capacité à s’accaparer le pouvoir. La stratégie du « et en même temps » indique qu’elle fait tout pour éviter d’être cataloguée uniquement à droite et de droite. Il en va de son inscription dans la durée. Si son point de départ est présenté comme situé au centre gauche, elle réalise cependant des politiques indiscutablement de droite.

L’autre crée les conditions d’un enfermement dans un réduit sectaire. La droite légitimiste est en réalité à la fois  en voie de « cornerisation » et de reconstitution. Laquelle des deux tendances l’emportera ? Son rétrécissement la conduit à vouloir reconstituer son identité à l’original et à l’origine : « fier d’être de droite » a-t-il clamé. Cela passe par une réintégration de la droite traditionnaliste, une composante de l’extrême droite. Pour compenser un risque d’isolement mortifère, elle adopte une stratégie opposée. Il ne doit y avoir qu’une droite et c’est elle qui doit l’incarner exclusivement. Elle a à repousser toute concurrence en dehors du champ de la droite, quitte à faire passer l’actuelle majorité macronienne pour crypto-socialiste (c’est loin d’être gagné…).

 

Ces deux droites vont inévitablement entrer en concurrence ou en confrontation. Une droite (provisoirement ?) conquérante et une droite (temporairement ?) désarticulée peuvent-elles cohabiter ? Le choc des ambitions personnelles et l’esprit de rentes particulières tendraient à l’empêcher. Mais cela peut se révéler au final un leurre. Car que l’une ou l’autre exerce le pouvoir, les politiques menées seront soit de droite soit de droite, toujours au service des marchés. Les nuances seront pas  question d’intensité des (contre) réformes, mais simplement d’habileté tactique à satisfaire les intérêts des oligarchies sans déclencher des réactions populaires d’opposition.

Francis DASPE

 

Droites et République, une histoire contrariée

Tribune dont une version plus réduite a été diffusée dans L’Humanité le 26 février 2018.

https://www.humanite.fr/tribune-libre-et-la-revolution-francaise-droites-et-republique-une-histoire-contrariee-651034 .

L’année 2017 s’annonçait pour la droite comme celle de la conquête par une élection imperdable. Les faits ont cruellement contredit cet horizon radieux. La nouvelle direction de Les Républicains sous la houlette de Laurent Wauquiez entend faire de 2018 l’année d’une reconquête revancharde. La « fierté retrouvée d’être de droite », proclamée comme boussole, invite à un examen de l’Histoire : elle a souvent correspondu à des périodes de fort antagonisme avec la République. La droite s’est en effet constituée dans une opposition à l’héritage de la Révolution française, et dans sa déclinaison institutionnelle, la République. Elle possède rapport particulièrement mouvementé avec la République, l’assimilant plus d’une fois à la « Gueuse ».

Aux XIX° et XX° siècles, la droite a oscillé entre périodes de rejet de la République (monarchie constitutionnelle, écrasements des ateliers nationaux de la II° République et de la Commune, détestation du Front Populaire, parenthèse pétainiste etc.) et moments de ralliement plus ou moins contraints. Mais à chaque fois que des pans de la droite finissaient par accepter la République, la contrepartie était que celle-ci soit rétrécie dans ses principes. Moins de République sociale avec la formule de Thiers au moment de la Commune indiquant que la République serait conservatrice ou ne serait pas. Moins de République laïque avec le refus d’étendre la loi se séparation de l’Etat et des Eglises de 1905 aux trois départements alsaciens et mosellan au lendemain de la première guerre mondiale ou le vote de la loi Debré de 1959 qui permet le financement de l’école privée religieuse. Moins de République démocratique avec les institutions de la monarchie présidentielle de la  5° République.

 

Sans verser dans l’anachronisme, ces impensés antirépublicains sont toujours opératoires. Bien entendu sous des formes différentes. Ils s’incarnent dans la droite décomplexée ravivée par Nicolas Sarkozy et désormais portée par Laurent Wauquiez, la « zemmourisation des esprits ou la « sainte-alliance » des oligarchies en vue de maintenir la prééminence de leurs intérêts de caste. Au fond, c’est la devise républicaine qui n’a jamais été totalement acceptée. Liberté signifie trop souvent anarchie, pertes des valeurs traditionnelles et désordre. L’égalité serait porteuse de tyrannie de la masse en raison d’un prétendu égalitarisme et d’un nivellement par le bas voués aux gémonies. La fraternité équivaudrait à un cosmopolitisme honni et à une perte d’identité fantasmée ou instrumentalisée.

L’interpellation adressée par Léon Bourgeois au début du XX° siècle à cette droite ralliée à la République prend toute sa signification : « Vous acceptez la République, fort bien ! Mais acceptez-vous le bilan de la Révolution ? ». Visiblement, pour certains, le chemin est encore bien long et parsemé d’embûches. De la République sociale, la majorité macronienne s’en occupe avec le démantèlement méthodique du droit du travail et une politique de partage des richesses asymétrique au profit des riches. De La République fraternelle, la droite décomplexée, aux confins de la droite extrême et de l’extrême droite, s’en charge avec vigueur et hargne. De la République démocratique et de la souveraineté populaire, ces deux droites sont à l’unisson pour les dissoudre par tous les moyens.

 

Selon le principe bien établi que l’on finit par se nommer par ce que l’on n’a pas toujours été ou ce que l’on n’est pas encore totalement, les uns ont adopté le nom « Les Républicains », les autres se sont qualifié de « République en marche ». Ce « vol des mots » est un grossier subterfuge. Il ne parviendra pas à masquer l’histoire contrariée et contrariante qui lie les droites à la République.

Francis DASPE

 

 

Les chroniques de François COCQ

De quoi le recours aux ordonnances est-il le nom ?

Edouard Philippe annonçait ce lundi qu’il recourrait aux ordonnances pour appliquer brutalement à la SNCF le rapport de démantèlement et de privatisation qu’il avait commandé à M. Spinetta. La méthode, loin d’être anodine, révèle en profondeur les objectifs multiformes de M. Macron qui souhaite faire de ce dossier un combat emblématique de sa présidence.

 

La forme rejoint en effet ici le fond. Les ordonnances ont toujours été appelées à la rescousse pour mettre en œuvre les mesures les réformes les plus libérales, comme en 1986 quand Jacques Chirac Premier Ministre souhaitait privatiser 65 groupes industriels, redécouper les circonscriptions électorales et déjà flexibiliser le temps de travail, comme en 2006 quand il avait fallu que le peuple fasse rengorger à Dominique de Villepin son contrat première embauche (CPE).

Macron lui en est un adepte. Eminence grise en matière économique de François Hollande lorsqu’il était secrétaire général adjoint de l’Elysée, il avait insufflé l’idée du recours aux ordonnances pour assouplir les normes administratives relatives aux entreprises ou qui touchent au domaine de l’urbanisme. A l’automne dernier, il initiait son quinquennat par pareil court-circuit démocratique pour imposer sa loi travail. Cette fois c’est pour privatiser la SNCF, car telle est immanquablement l’issue du changement de statut de la SNCF ou du gestionnaire de réseau. Mais aussi pour fermer à terme près de 9000 km de lignes utiles aux usagers mais jugées non rentables. Personne ne peut en effet croire le premier ministre lorsqu’il fait mine de ne pas toucher à celles-ci et que dans le même temps il annonce que l’Etat ne prendra sa part dans le désendettement que lorsque la SNCF l’aura fait au préalable, étant entendu qu’elle aura optimisé son rendement par de telles fermetures, conception antagonique avec celle du service public. Comme Nicolas Sarkozy avant lui, M. Macron s’en prend à la SNCF et au statut des cheminots un an en amont de la nouvelle réforme des retraites qu’il entend imposer à tous. L’attaque portée à quelques uns est un coup de semonce qui doit être entendu de tous.

Dans un cas comme dans l’autre, M. Macron fait le choix des ordonnances alors même, ou plutôt justement, parce qu’il s’attaque à un bien commun qui lie les Français entre eux : hier en s’en prenant au code du travail qui organise la vie sociale de 22 millions de nos concitoyens, aujourd’hui en voulant démanteler la SNCF, patrimoine commun qui en tant qu’entreprise publique appartient à l’ensemble des Français.es. Or en droit constitutionnel français, une ordonnance est une mesure prise par le gouvernement dans des matières relevant normalement du domaine de la loi. En faisant le choix des ordonnances, M. Macron impose une procédure législative qui se substitue au Parlement, c’est-à-dire à la représentation nationale, sur un bien économique et social qui est la propriété collective de tous les Français.es. Ce faisant, il nie aux Français.es et à leur représentation le droit de s’exprimer et de décider sur ce qui les concerne en premier lieu.

 

L’attitude de M. Macron s’inscrit dans une démarche globale : il assume de rompre avec la démocratie représentative qui, toute imparfaite qu’elle soit, vise à articuler la possession de la souveraineté par le peuple et son exercice par le gouvernement. Le président assume de lui préférer le glissement vers une conception délégative de la souveraineté dans laquelle la fonction civique se limite à placer un bulletin dans une urne en attendant l’élection suivante. Bref M. Macron assume sa pratique césariste du pouvoir qui trouve naturellement à s’exprimer par le biais des ordonnances, pratiques de l’Ancien Régime, à l’époque où le pouvoir royal les édictait au titre de lois. Les ordonnances allèrent ensuite de pair avec la mise en place de la monarchie parlementaire. C’est d’ailleurs sous la Restauration que le terme d’« ordonnance » est rétabli pour mieux marquer la rupture avec la Révolution. Ordonnances, décrets impériaux, décrets-lois des IIIème et IV République, voilà la lignée historique dans laquelle M. Macron choisit de s’inscrire.

Et ce n’est pas fini, comme en attestent son projet de réduire le nombre de députés dans sa réforme constitutionnelle, ou la souveraineté européenne qu’il prône désormais ouvertement pour mieux contrebalancer la souveraineté populaire. L’Europe libérale n’est d’ailleurs jamais loin avec M. Macron. Cette réforme de la SNCF répond ainsi aux injonctions de mise en concurrence des grandes lignes prévue pour 2020 et des lignes TER prévue pour 2023. En montant à l’assaut de la SNCF et en se défiant du peuple à coup d’ordonnances, M. Macron entend donner des gages à Bruxelles.

 

Macron est finalement l’archétype de la Vème République agonisante. Si uniquement 102 ordonnances ont été prises durant les quarante premières années de la Vème République (1958-1999), le rythme s’est singulièrement accéléré depuis. Au pouvoir depuis à peine 10 mois, M. Macron fait lui déjà figure de Lucky Luke des ordonnances en y recourant pour la seconde fois et quand bien même il dispose d’une majorité pléthorique à la chambre.

Avec les ordonnances, M. Macron engage une triple épreuve de force : avec les cheminots en voulant faire passer la SNCF sous les fourches caudines libérales, avec les usagers en niant leur souveraineté et leur choix concernant un service public qui leur appartient, avec les Français en installant une pratique du pouvoir qui contourne la souveraineté populaire pour mieux appliquer la doxa bruxelloise. Faire en sorte qu’il échoue apparaît dès lors comme un objectif d’intérêt général.

François COCQ  27 / 02 / 2018

 

La grande coalition dévale la pente

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer dans ces chroniques la paralysie démocratique que génèrent désormais les gouvernements de type grande coalition. Béquilles des social-démocraties européennes et gardiens du temple du bipartisme, ceux-ci se sont généralisés au tournant des années 2010. Au point qu’en 2014, 16 des 28 pays de l’Union européenne étaient dirigés par des gouvernements de ce type. Depuis, celles et ceux qui se sont engagés dans de tels mécanos politiciens sur la base de la soumission aux politiques européennes ont été sanctionnés dans les urnes. En résultent les situations de paralysie démocratique que nous avons connues ces derniers mois en Italie ou en Autriche, ou que nous connaissons encore aujourd’hui en Espagne … et en Allemagne.

 

Le cas allemand mérite d’être regardé avec une grande attention car l’usage du gouvernement de grande coalition fait dévaler la pente démocratique en accéléré. Pour mémoire, les combinards Angela Merkel (CDU), Horst Seehofer (CSU) et Martin Schulz (SPD) sont sortis très affaiblis élections du 24 septembre 2017. Chacun des trois partis a obtenu son score le plus faible depuis 1949. A eux trois, CDU, CSU et SPD totalisaient 53,4% des voix, soit 13,8 points de moins qu’aux législatives de 2013. S’en sont suivis des mois sans gouvernement avant que la CDU de Mme Merkel et le SPD de M. Schulz se résolvent en janvier 2018 à un énième compromis pourri, abandonnant notamment toute ambition en matière de transition énergétique.

Depuis, tout part à vau l’eau. Martin Schulz qui négociait son poste de ministre des affaires étrangères a été mis en minorité dans son parti et contraint à quitter la direction du SPD. Pendant ce temps, son collègue Olaf Scholz se place pour succéder à Wolfgang Schäuble au ministère des Finances et garantir l’équilibre des comptes budgétaires si cher aux conservateurs. Naturellement, le SPD se disloque sur fond du vote interne, organisé du 20 février au 2 mars, de ses quelques 450.000 adhérents devant ratifier ou non la participation au gouvernement de grande coalition : il n’est pas sûr qu’à l’annonce des résultats (le 4 ou le 5 mars), la base du SPD n’ait pas refusé la direction prise par ses dirigeants, marquant ainsi une étape supplémentaire de l’effondrement de la social-démocratie allemande.

Alors tout est bon pour mettre au pas les militants. Et notamment en ce début de semaine un sondage de l’institut Insa pour le journal Bild, qui place pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale l’extrême-droite de l’AfD devant le SPD (16% contre 15,5%) ! Mais il faut aussi noter que le total CDU/CSU + SPD continue à chuter et devient minoritaire à 47,5 % ! Même la grande coalition ne serait plus suffisante pour disposer d’une majorité à la chambre en cas de nouvelles élections législatives !

 

Ne nous y trompons pas : il n’y a là rien de réjouissant tant l’échec des gouvernements de grande coalition, résurgence de Bruxelles dans las cadres nationaux, participent partout en Europe de la remontée des extrêmes-droites : c’était le cas en Autriche et en Italie après de pareils processus, c’est désormais le cas en Allemagne. Ajoutez-y la Hongrie, la Pologne ou encore la Bulgarie et le spectre qui hante l’Europe ne manque pas de se matérialiser au fil de l’eau.

Les grandes coalitions se voulaient être un amortisseur à l’effondrement de la social-démocratie et dans une moindre mesure de la démocratie chrétienne. Elles sont en train de rompre. Quelle qu’en soit leur forme, laisser-aller-espagnol, fusion allemande ou macronisme vampirisateur en France, c’est le fond des politiques de soumission aux traités européens qui les discrédite. Dès lors La coalition européenne des grandes coalitions se conjugue déjà au passé. Car pour M. Macron, qui plus encore que sur l’Allemagne avait misé sur Mme Merkel pour rassembler autour du couple qu’il entend fonder avec elle afin d’enraciner l’ordo-libéralisme à l’échelle du continent, l’échec de la grande coalition serait aussi celui de sa vision de l’Europe.

François COCQ 27 / 02 / 2018

 

 

 

Communiqués AGAUREPS-Prométhée

Ni se résigner ni se soumettre à l’évasion fiscale !

            La décision de l’Union Européenne d’enlever de sa « liste noire » des paradis fiscaux 8 Etats (sur un total de 17…) dévoile son manque de volonté de lutter véritablement contre l’évasion fiscale. C’est ainsi que Panama, Corée du Sud, Emirats-Arabes Unis, Tunisie Mongolie, Macao, Barbade et Grenade ne sont plus ciblés. Mais il ne s’agit que de la partie émergée de l’iceberg. Il va de soi que Malte, Chypre ou Luxembourg ne font partie d’aucune de ces listes. Ce serait faire de la peine à Jean-Claude Juncker, le luxembourgeois devenu Président de la Commission européenne après avoir été Premier ministre de son pays pendant près de 20 ans…

On se souvient des rodomontades de l’ancien Président Nicolas Sarkozy au moment de la crise financière de 2008 qui se faisait fort de régler la question de l’évasion fiscale. Il n’en fut rien. On se souvient également de l’ancien Président François Hollande qui se faisait fort de traiter la finance en ennemie. Il n’en fut bien évidement rien. On observe le nouveau Président Emmanuel Macron faire quelques simagrées ici ou là, et notamment à Davos. Mais le Président des riches reste l’ami de la finance et des oligarchies, ne cessant de donner quitus à l’Union européenne. Ces gens là n’apprennent rien des différents scandales qui se succèdent : Lux Leaks, Panama Papers, Paradise Papers etc.

La lutte contre l’évasion fiscale constitue un impératif. Il y a urgence, car l’évasion fiscale, dont les frontières entre fraude et optimisation sont très poreuses, ronge le pacte républicain et social issu du programme du Conseil national de la Résistance. L’évasion fiscale n’est pas une fatalité à laquelle il faudrait se soumettre. Elle ne se perpétue que par les renoncements et les hypocrisies de gouvernants qui agissent pour satisfaire les intérêts particuliers de la finance, des multinationales et des oligarchies. Evasion fiscale, mais surtout dissolution des principes, évaporation de la volonté !

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée  27 / 02 / 2018

 

Neige ou pas, les camions sur les trains !

Les précipitations neigeuses qui se sont abattues ces derniers jours dans le Languedoc ont provoqué paralysie et panique. La situation permet cependant de rappeler quelques évidences de bon sens. Il y a urgence à infléchir la politique de transports en faveur du développement du ferroutage.

Une des causes majeures des blocages de l’A 9 provient de l’afflux incontrôlé et incontrôlable de camions (accidents ou immobilisations sur l’autoroute, stationnement et arrêt aux alentours des échangeurs autoroutiers). Cette noria de camions occasionne de tels désagréments et dangers qu’un changement des politiques publiques doit être prioritaire. Le ferroutage est une solution conjuguant à la fois vertu écologique et efficacité logistique : combien de poids lourds pourraient-ils être absorbés à moindres coûts par un seul convoi ferroviaire ?

Les camions sur les trains, c’est une orientation stratégique qui doit être favorisée, et pas uniquement quand il neige ! Pour cela, la volonté et les moyens doivent être attribués à un grand service public ferroviaire. Hélas, ce n’est pas la voie retenue par le gouvernement avec son projet dogmatique de casse de la SNCF inspiré par la recherche d’économies à courte vue et de profits immédiats.

Francis DASPE, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée  02 / 03 / 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

Librairie de l’AGAUREPS-Prométhée

 

Alerte à la souveraineté européenne !

Livre de François COCQ, « Alerte à la souveraineté européenne ! La chimère de Macron contre la souveraineté populaire », Eric Jamet éditeur, sortie le 10 mars 2018.

En lançant dès le début de son quinquennat une vaste offensive idéologique et médiatique pour imposer l’idée d’une « souveraineté européenne », M. Macron frappe fort : il s’attelle à une redéfinition complète du concept de souveraineté pour mieux le vider de ce qui en est pourtant l’essence, la souveraineté populaire.

La souveraineté européenne de M. Macron n’est dès lors pas une souveraineté de plus, une forme de souveraineté supranationale : c’est un étouffoir démocratique qui nie les souverainetés existantes et s’affranchit des peuples pour parachever la délégation de pouvoir à l’Union européenne.

Pour que les élections européennes qui se profilent en 2019 ne soient pas pour les peuples un scrutin sans retour, le décryptage du projet de M. Macron s’impose.

 

 

Agenda AGAUREPS-Prométhée Les débats de l’AGAUREPS-Prométhée

 

Conférence/débat 15 mars à Thuir

L’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Thuir jeudi 15 mars 2018, Maison des Jeunes et de la Culture (MJC), salle des aînés, à 19 heures.

Elle portera sur le thème « Quel mouvement social pour quelle alternative ? ».

Les débats seront introduits par Mickaël IDRAC, animateur du groupe d’action de La France Insoumise « Vite, la 6° République ! », Alain MIH, animateur du RCP (Rassemblement Citoyen et Politique), et Francis DASPE, secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée.

 

Conférence/débat 26 avril à Mont-de-Marsan

L’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Mont-de-Marsan jeudi 26 avril 2018, Maison des Jeunes et de la Culture (MJC), salle des aînés, à 19 heures.

Elle portera sur le thème « Quelles recompositions politiques pour renverser la table ? ».

Les débats seront introduits par Céline PIOT co-secrétaire départementale du Parti de Gauche des Landes, conseillère municipale de Mont-de-Marsan, Xavier DUMOULIN citoyen de la gauche républicaine et sociale, et Francis DASPE secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée.

 

 

 

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Conférence / débat de l’AGAUREPS-Prométhée à Thuir sur « Mouvement social et alternative politique »

L’AGAUREPS-Prométhée organise une conférence / débat à Thuir jeudi 15 mars 2018, Maison des Jeunes et de la Culture (MJC), salle des aînés, à 19 heures.

Elle portera sur le thème « Quel mouvement social pour quelle alternative ? ». Les débats seront introduits par Mickaël IDRAC, animateur du groupe d’action de La France Insoumise « Vite, la 6° République ! », Alain MIH, animateur du RCP (Rassemblement Citoyen et Politique), et Francis DASPE, secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée.

Les élections de 2017 ont modifié en profondeur le paysage politique en France. La vague « dégagiste » annoncée a bien eu lieu.

Mais l’élection à la présidence de La République d’Emmanuel Macron et la majorité obtenue par « La République en marche » montrent la capacité de résistance de l’ancien monde à se perpétuer, parfois sous des formes se présentant abusivement comme nouvelles. Les premières mesures de la nouvelle majorité montrent clairement une politique de classe au service de l’oligarchie.

Il revient aux forces de transformation sociale, démocratique, écologique porteuse d’un nouveau monde militant de proposer une véritable alternative. Elle demande une articulation renouvelée entre mouvement social et débouchés politiques, loin des pesanteurs traditionnelles.

Ce projet politique reste à construire. Sur quels contenus programmatiques ? Avec quelles orientations stratégiques ? Pour quelles perspectives politiques ?

Venez en débattre à l’occasion de cette réunion publique à l’initiative de l’AGAUREPS-Prométhée.

Entrée libre.

 

Francis DASPE, Secrétaire de l’AGAUREPS-Prométhée  

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